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Cheyenne du Nord

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Cheyenne du Nord
Publié le:01/05/2009

Composante du peuple cheyenne


 allies des lakotas


Au début des années 1830, une partie des Cheyennes s’éloigne vers le sud, s’alliant aux Kiowas et aux Comanches. Les Cheyennes du Nord, demeurés au Wyoming et au Montana, s’unissent de plus en plus étroitement aux Lakotas, partageant les mêmes territoires de chasse et combattant les mêmes ennemis.
En décembre 1864, les Cheyennes du Montana entendent parler du massacre de Sand Creek perpétré par l’armée américaine le 29 novembre contre les Cheyennes du Sud du chef Black Kettle. Avec les Lakotas Spotted Tail, Red Cloud et Pawnee Killer, les guerriers cheyennes montent une expédition pour venger leurs frères du sud. Le 7 janvier 1865, Cheyennes et Lakotas attaquent la petite ville de Julesburg, à la frontière du Territoire du Nebraska. Les Indiens incendient et pillent la ville dont les habitants ont eu le temps de fuir.
Les guerriers indiens remontent ensuite vers le nord et attaquent les établissements blancs le long de la rivière North Platte. Le 26 juillet 1865, les Cheyennes conduits par  Roman Nose et leurs alliés lakotas attaquent le fort de Platte Bridge. Après un rude combat les assaillants sont repoussés.

La guerre de la Powder river


En août 1865, le général Patrick E. Connor lance une vaste expédition militaire contre les Indiens hostiles. Avec les Lakotas, les Cheyennes harcèlent sans relâche les soldats qui, début septembre, sont mis en déroute. Les Indiens mettent en fuite un groupe de chercheurs d’or qui s’était aventuré dans les Black Hills.
Avec les chefs Dull Knife, Two Moons et Little Wolf, les Cheyennes du Nord participent à la guerre de Red Cloud qui débute dans l’été 1866, quand les soldats installent des forts le long de la Piste Bozeman. Cette piste coupe en plein territoire cheyenne et lakota et amène au Montana des milliers  d’immigrants. Les Cheyennes sont à la bataille de Fort Phil Kearny, le 21 décembre 1866, l’embuscade dans laquelle le capitaine William J. Fetterman trouve la mort, puis le 2 août 1867 au combat de Hayfield.
Les Cheyennes du Nord signent en novembre 1868 le grand traité de Fort Laramie qui met fin aux combats. Il est convenu qu’ils résideront sur le territoire attribué à leurs alliés lakotas. Ils rejoignent les chefs Crazy Horse et Sitting Bull qui continuent à mener la vie traditionnelle sur les territoires de chasse que leur a reconnu le traité, loin de la réserve où se sont installés ceux de Red Cloud et de Spotted Tail.
Etroitement associés aux Lakotas, les Cheyennes du Nord vont, pendant plus de huit ans encore, conduire l’ultime résistance des Indiens des Plaines du Nord.

La guerre pour les black hills


En 1874, de l’or est découvert dans les Black Hills. Ne pouvant contenir la ruée des prospecteurs, le gouvernement cherche à acheter les Black Hills aux Indiens qui refusent. Ordre est donné aux Indiens encore libres de rejoindre la réserve avant le 31 janvier 1876. L’ordre est totalement ignoré.
Dès février 1876, le général Philip H. Sheridan, qui commande l’armée dans les Plaines, monte une vaste expédition contre les rebelles. Le 17 mars, sur la Powder River, le capitaine Joseph J. Reynolds attaque le camp du cheyenne Two Moons sur la Powder River. Les guerriers parviennent à protéger la fuite de leurs familles, puis décrochent.
En juin 1876, à la tête de plus d’un millier d’hommes, le général George Crook quitte Fort Fetterman et se dirige vers la rivière Rosebud ou l’on estime que se cache un très grand nombre d’Indiens " hostiles". Le 17 juin, une centaine de guerriers cheyennes conduits par Little Wolf aide les Lakotas de Crazy Horse à protéger le grand village indien établi sur la Rosebud River. 
Le lieutenant-colonel George A. Custer retrouve leur piste sur les bords de la Little Bighorn River. Des milliers de Lakotas, Cheyennes et Arapahos sont réunis. Au matin du 25 juin, Custer lance son attaque à travers le gué qui mène à l’immense village. C’est là qu’une douzaine de guerriers cheyennes se sacrifient afin de donner le temps de fuir aux femmes et aux enfants qui étaient au bord de la rivière.
Après leur victoire sur la Little Bighorn River et la mort de Custer, les Indiens fuient et se dispersent. Tandis que certains acceptent de rejoindre la réserve, la plupart cherchent désespérément à préserver leur liberté.
Le 17 juillet, près de mille Cheyennes qui suivent Little Wolf tentent de rejoindre Sitting Bull. Ils sont interceptés par l’armée à Warbonnet Creek. L’engagement se réduit à un combat singulier entre le Cheyenne Yellow Hair et Buffalo Bill, éclaireur pour l’armée. Buffalo Bill tue le Cheyenne et le scalpe. Les Cheyennes sont conduits sur la réserve. Little Wolf s’en échappera à nouveau.
Les Cheyennes qui résistent encore se terrent dans les vallées du pays de la Powder River. Le 25 novembre 1876, à Crazy Woman Creek, par grand froid, le colonel Ranald S. Mackenzie attaque le village de Dull Knife. Les Indiens ont trente morts et doivent fuir dans la neige, démunis de tout. Après douze jours d’une marche épouvantable, les survivants atteignent le village de Crazy Horse en proie à la famine. Les Lakotas accueillent les Cheyennes. Au dernier degré de l’épuisement et du découragement, certains Cheyennes décident de se rendre.

deportes en territoire indien


Ceux de Two Moons ne font leur reddition qu’en mars 1877. Les jeunes guerriers seront contraints de s’engager comme éclaireurs dans l’armée. Ils participeront durant l’été à la poursuite des Nez Percés de Chef Joseph. Dull Knife et de Little Wolf, avec neuf cent soixante des leurs, arrivent à Fort Robinson le 27 avril. L’état de maigreur des Cheyennes, les blessures par balles et coups de sabre que beaucoup portent, épouvantent le médecin militaire qui déclare : "Ces gens ont subit une violence innommable".
Dès le mois de mai 1877, on décide de déporter ceux de Dull Knife et de Little Wolf vers le Territoire Indien, l’actuel Oklahoma, où leurs frères du sud ont une réserve. Les Cheyennes, qui espéraient demeurer près de Fort Robinson avec les Lakotas, tentent de résister. Pour les décider, on leur fait croire que, s’ils ne se plaisent pas, ils pourront revenir.
En juillet, ils sont conduits vers le sud sous escorte militaire. Les Cheyennes du Sud, avec lesquels ils ont rompu les liens depuis près de quarante ans et qui ont le plus grand mal à survivre sur une terre ingrate, voient sans plaisir arriver les nouveaux venus.

la longue marche des cheyennes


Les rations immangeables, les essais d’agriculture réduits à néant par la sécheresse, la maladie et la nostalgie de leur beau pays vont pousser trois cent cinquante Cheyennes à fuir vers le nord à l’automne 1878. Ce sera la "Longue Marche des Cheyennes". Quelques centaines de Cheyennes du Nord resteront dans le sud avec le chef  Wooden Leg qui garde les enfants trop petits pour affronter le voyage.
A l’automne 1879, les rescapés de la Longue Marche, ceux qui ont suivi Little Wolf, rejoignent ceux de Two Moons sur la réserve qui vient d’être ouverte sur la Tongue, au Montana, jouxtant la réserve des Crows, leurs ennemis. Certains jeunes Cheyennes deviennent bientôt scouts pour l’armée. Les guerres indiennes ayant pris fin, ils sont employés à des travaux de construction et de bûcheronnage. La plupart se mettent à boire pour oublier la perte de leur liberté, de leur mode de vie, de leur fierté. Le petit groupe de Dull Knife qui se cache sur la réserve de Pine Ridge est finalement "pardonné" et peut rejoindre les Cheyennes du Montana. Ce n’est qu’en 1884 que la réserve des Cheyennes du Nord est officiellement créée.

une vie difficile


Les Cheyennes du Nord se remettent difficilement à vivre, ravagés par la maladie, la tristesse et l’alcool. En 1933, ils perdent leurs plus beaux pâturages, vendus à des Blancs par le Bureau des Affaires Indiennes. L’un de leurs leaders, John Wooden Leg, dira : "Être Cheyenne, c’est vivre sur la terre que nos ancêtres ont achetée au  prix fort, au prix de leur vie".
Aujourd’hui, les Cheyennes du Nord vivent d’élevage, d’artisanat. Un pourcentage des revenus des mines de charbon exploitées sur la réserve est reversé à la tribu. Comme les autres Indiens des Plaines, les Cheyennes connaissent un taux de chômage très élevé, une pauvreté généralisée. A Lame Deer, leur capitale, ils ont créé "Dull Knife Memorial College". Les traditionalistes cheyennes ont établi des relations suivies avec leurs voisins crows qui partagent les mêmes valeurs qu’eux, et la méfiance entre les deux nations s’est estompée. Les sociétés de guerriers existent toujours et des Lakotas y sont toujours accueillis. Désormais, certains aspects de la société et de la religion cheyennes traditionnelles tentent de se reconstituer dans la discrétion.