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Peuple indien des plaines des Etats-Unis
Les Cheyennes s’appelaient eux-mêmes "Tsistsistas" (Notre Peuple). Le nom "Cheyenne" vient du sioux "Sha-iye-na" qui signifie "parle rouge", un nom par lequel les Sioux désignaient un peuple de langue étrangère.
Les Cheyennes ont souvent été considérés comme les plus fiers et les plus braves parmi les Indiens des Plaines, peut-être seulement égalés par les Crows. Les Français les appelaient "les Beaux Hommes". Les Cheyennes étaient connus pour la vertu et la beauté de leurs femmes.
La nation cheyenne a été l’une des tribus indiennes qui s’est battue avec le plus de courage et d’opiniâtreté pour protéger ses terres contre l’invasion blanche et sauvegarder son mode de vie.
Les Cheyennes sont des Algonquins originaires du sud des Grands Lacs. L’explorateur français Cavelier de La Salle les rencontre en 1680 dans le nord de l’actuel Illinois, habitant des villages permanents faits de grandes maisons de terres semblables à ceux des Mandans et des Arikaras. Ils fabriquent de la poterie et cultivent le tabac, le maïs, le haricot et la courge.
A la fin du XVIIè siècle, les Cheyennes se déplacent vers l’ouest, atteignant le Missouri, peut-être poussés par le déplacement des Chippewas et des Sioux. Les Arapahos leurs alliés, un autre peuple algonquin, suivent la même route. Installés le long du Haut-Missouri et de ses affluents, les Cheyennes pratiquent toujours l’agriculture autour de leurs villages.
Dans la seconde moitié du XVIIIè siècle, ils acquièrent les chevaux auprès des tribus du sud. Comme les autres nations des Plaines, ils deviennent des chasseurs-cueilleurs, abandonnant l’agriculture et la poterie, vivant sous des tipis en peau de bison.
Les dernières années du XVIIIè siècle marquent l’arrivée des Cheyennes dans la région des Black Hills où les Lakotas sont déjà installés. Un petit peuple algonquin, les Sutayo, peut-être des Blackfeet, se mêle aux Cheyennes et devient l’un des dix clans de la nation. Après les avoir un moment combattus, les Cheyennes s’allient aux puissants Lakotas au début du XIXè siècle.
Vers 1830, certains clans cheyennes s’éloignent vers le sud, atteignant l’est du Colorado et du Kansas. Ils deviendront les Cheyennes du Sud. Une partie des Arapahos suivra la même voie. Les Cheyennes demeurés au Wyoming et au Montana s’unissent étroitement aux Lakotas et aux Arapahos restés au nord. Ils sont connus comme les Cheyennes du Nord. Chacun de ces groupes va connaître une histoire différente dans la lutte qu’il devra mener contre l’invasion de ses terres par les Blancs.
La culture cheyenne est celle du cheval et du bison, typique des Indiens des Plaines, mais comporte quelques particularités qui méritent d’être soulignées.
Le pouvoir était réparti entre le conseil des chefs et les sociétés de guerriers. Un conseil de quarante-quatre chefs était chargé de conduire la politique générale et d’assurer le bien-être de la nation. Chacun des chefs représentait l’un des clans familiaux de la tribu. Les chefs ne possédaient crédit et autorité que s’ils répondaient à certains critères moraux : sagesse, honnêteté, générosité et courage. On attendait d’eux qu’ils se sacrifient pour les autres. Ils devaient veiller à ce que personne ne manque de nourriture ou d’abri. Ils rendaient la justice, apaisaient les conflits, protégeaient les faibles. Ils organisaient les mouvements des camps, les chasses. Ils décidaient des alliances, de la guerre et de la paix. Chacun de ces chefs venait de l’une des sociétés de guerriers qu’il devait abandonner quand il était nommé au conseil. Les nominations se faisaient par cooptation et les décisions du conseil étaient prises par consensus, souvent après de longues discussions.
Les sociétés de guerriers avaient une grande importance dans la société cheyenne. La plus puissante était celle des "Dog Soldiers" (Hotamitanio) qui a joué un rôle déterminant dans la lutte contre les Blancs au XIXè siècle. Les autres sociétés étaient Fox, Elk, Wolf, Shield et Bowstring. Sous l’autorité civile du conseil des chefs, elles organisaient les expéditions guerrières et assuraient la défense et la sécurité du peuple. Elles fonctionnaient comme des confréries.
Le Grand Esprit des Cheyennes, créateur de l’univers et donneur de vie, était Maheo.
La cérémonie spécifique de la culture cheyenne est celle du Renouvellement des Flèches. Les dix clans de la nation se réunissaient alors en un immense cercle au centre duquel était dressée la loge du Gardien des Flèches Sacrées.
Selon la tradition, ces quatre flèches, deux pour la chasse, deux pour la guerre, avaient été données par Maheo à Sweet Medecine, le héros culturel des Cheyennes, quand celui-ci s’était rendu sur Bear Butte, une haute colline au nord-est des Black Hills. Les flèches étaient conservées dans un « paquet médecine » avec d’autres objets sacrés pour la tribu, en particulier une coiffure en cornes de bison. Cette cérémonie qui durait quatre jours exprimait le renouveau spirituel de la nation et le renforcement des liens entre ses membres. Dans les temps anciens, elle se tenait probablement tous les ans. Quand la tribu s’est trouvée divisée en deux, il est devenu impossible à la nation cheyenne de se réunir pour célébrer le Renouvellement des Flèches. Les Flèches Sacrées ont été emportées par les Cheyennes du Sud, et la coiffure de bison a été conservée par les Cheyennes du Nord. Ces objets sacrés sont toujours sous la garde d’un saint homme mais, de nos jours, le rituel qui s’y rattache est devenu confidentiel.
Les Cheyennes célébraient au solstice d’été la cérémonie de la Loge du Renouveau de la Vie. A la différence de la Danse du Soleil des Lakotas qui se déroulait à ciel ouvert, les Cheyennes construisaient une vaste loge soutenue par vingt huit poteaux d’où partaient autant de perches qui s’appuyaient au centre sur l’arbre sacré et que l’on recouvrait de branchages. Cette « loge médecine » représentait le monde. Son plan de construction était celui la Medicine Wheel (Roue Médecine) du Wyoming, l’une des rares structures de ce type encore à peu près intactes.
Le dernier jour de la cérémonie, les danseurs qui en avaient fait le vœu s’attachaient à l’arbre sacré par des lanières de cuir fixées par des chevilles de bois à la chair de leur poitrine. En dansant, ils devaient parvenir à se détacher, comme pour la Danse du Soleil des Sioux ou l’Okeepa des Mandans. Cette cérémonie n’était pas une initiation des jeunes hommes, comme on le dit souvent, mais un sacrifice consenti pour remercier les esprits de l’univers, personnifiés en Maheo, pour les bienfaits qu’il accordait aux Cheyennes, pour cette terre magnifique où abondait tout ce qui était nécessaire à leur vie et à leur bonheur.
Les cérémonies indiennes ont été interdites par les missionnaires et l’administration américaine dans les années 1880, mais certaines comme la Danse du Soleil ont continué à être célébrées en secret. Ainsi les Crows avaient participé en 1887 à la Danse du Soleil des Cheyennes du Nord.
Depuis les années 1970, les Danses du Soleil sont ouvertement tenues chez les Cheyennes comme sur toutes les réserves des Plaines. Les Cheyennes cependant ont conservé leur cérémonie spécifique de la Loge du Renouveau de la Vie, alors que la plupart des autres tribus pratiquent la Danse du Soleil proprement dite, selon le rituel lakota.
De nos jours, la cérémonie du Renouveau de la Vie est couramment
appelée "Sundance", l’expression servant maintenant à désigner
ce type de rituel sous ses différentes formes.
La nation cheyenne est toujours partagée en deux. Les Cheyennes du Nord vivent sur une réserve du sud-est du Montana, près de celle des Crows. Ceux du sud vivent en Oklahoma, en étroite association avec les Arapahos.