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Chef Joseph (1840-1904)

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Chef Joseph (1840-1904)
Publié le:12/07/2009

Chef des Nez-Percés


Chef Joseph
Chef Joseph
Chef Joseph
Smithsonian National Archives

un guide pour son peuple

 

Heinmot Tooyalaket, qui sera appelé Chef Joseph, est né en 1840 dans la vallée de Wallowa au nord-est de l’actuel état d’Oregon. Son père, Tuekakas, que les Blancs appellent "Old Joseph", est à ce moment le chef de la nation nez-percé. Les premiers missionnaires chrétiens s’installent dans la région. Les relations des Nez Percés avec les Blancs sont bonnes et de nombreux Nez-Percés se convertissent au christianisme.
Le gouvernement obtient en 1863 des Nez-Percés chrétiens la signature d’un traité par lequel ils abandonnent une grande partie de leurs terres et acceptent de s’installer sur une réserve. En 1871, Old Joseph meurt, confiant à son fils Joseph et à son frère Ollicut la destinée des Nez-Percés. Il leur fait jurer de ne jamais abandonner la vallée de la Wallowa où reposent ses ancêtres. Le jeune Joseph est assisté par un conseil de chefs et les décisions concernant l’avenir de la nation sont prises en commun.
Au printemps 1877, devant la pression de plus en plus forte des colons blancs, le gouvernement exige de tous les clans nez-percés une nouvelle réduction de leurs terres et qu’ils s’installent désormais sur la petite réserve de Lapwai, dans le territoire  de l’Idaho. Le général Oliver O. Howard, ami de Joseph, est envoyé pour faire accepter ce nouveau traité. La mort dans l’âme, en juin, pour éviter une effusion de sang, Joseph et les clans nez-percés sont prêts à se rendre à Lapwai. Mais des guerriers du clan de Whitebird, qui ont tué des colons afin de venger l’assassinat de plusieurs des leurs, viennent à lui pour chercher refuge. Pour échapper aux représailles, Joseph et les siens décident alors de prendre le large. Ainsi commence la "Longue Marche des Nez-Percés".

la Longue Marche des Nez-Percés

 

Le 17 juin, les Nez-Percés repoussent l'attaque des hommes du capitaine David Perry à White Bird Canyon. Le général Howard rattrape les fuyards le 11 juillet, sur la Clearwater River. Les Indiens contre-attaquent en traversant la rivière, obligeant les soldats à se retrancher. Les femmes et les enfants ont le temps de fuir. Les Nez-Percés franchissent les Bitterroot Mountains par la Lolo Pass. Les chefs nez percés ont décidé de se réfugier chez leurs alliés, les Crows, au Montana. Les Indiens pensent qu'ils ont enfin semé leurs poursuivants. Ils reprennent des forces sur la Big Hole River. Le 9 août, l'attaque du colonel John Gibbon les surprend totalement. La bataille est acharnée. Les Indiens parviennent à se dégager le lendemain au prix de lourdes pertes parmi les femmes et les enfants. A Camas Meadows le 20 août, les Nez-Percés attaquent le camp du général Howard. Les Indiens parviennent à s’emparer des mules de transport, immobilisant les troupes qui les poursuivent. Les Nez Percés traversent ensuite le parc national de Yellowstone, tuant deux touristes. Apercevant des éclaireurs crows parmi leurs poursuivants, ils renoncent à se rendre chez les Crows et décident de gagner la frontière canadienne. Les soldats du colonel Sturgis rattrapent les fuyards le 13 septembre à Canyon Creek. Les guerriers indiens contiennent les soldats, les empêchant de franchir le canyon. Le reste de la tribu parvient à traverser le Missouri après avoir pillé un entrepôt à Cow Island.Les Indiens ont distancé tous leurs poursuivants. Ils reprennent des forces dans les Bearpaw Mountains à moins de soixante kilomètres de la frontière canadienne.  Mais, à marche forcé, le colonel Nelson A. Miles les rattrape.  Le 30 septembre, un siège très dur commence. Pour épargner la vie des femmes et des enfants, Chef Joseph se rend le 5 octobre. Quelques dizaines de Nez Percés conduits par le chef  White Bird parviennent à rejoindre le Canada. Durant tout ce tragique exode de 1 700 km à travers l’Idaho et le Montana, Joseph, outre son rôle de stratège,  aide surtout à soulager la détresse des femmes et des enfants. Celui que les Blancs ont surnommé "le Napoléon indien", rendant ainsi hommage à son habileté stratégique, a toujours préféré protéger les non-combattants.

un célèbre discours


Le 5 octobre 1877, Joseph se rend au colonel Nelson A. Miles. Il prononce alors son célèbre discours : "Dites au général Howard que je connais son cœur.... Je suis fatigué de combattre. Nos chefs sont morts. Looking Glass est mort. Toolhoolhoolzote est mort. Tous nos vieillards sont morts. Ce sont maintenant les hommes jeunes qui disent oui ou non. Le chef de nos jeunes guerriers n’est plus. Il fait froid et nous n’avons pas de couvertures. Les petits enfants meurent de froid. Les gens de mon peuple, en grand nombre, ont fui dans les collines sans couvertures, sans nourriture. Personne ne sait où ils sont, peut-être sont-ils morts de froid. Je voudrais avoir le temps de rechercher mes enfants, savoir combien d’entre eux je peux retrouver. Peut-être sont-ils parmi les morts. Ecoutez-moi, mes chefs. Je suis fatigué ; j’ai le cœur brisé. A partir de cette heure que marque le soleil, je ne combattrai plus jamais".

"mort de chagrin"

 

Malgré la promesse de Miles de les ramener en Idaho, Joseph et les survivants de son peuple sont déportés à Fort Leavenworth au Kansas, puis en juillet 1878 vers le Territoire Indien de l’Oklahoma. En 1880, Joseph fait le voyage à Washington et réclame en vain le retour des siens dans leur pays, plaidant avec éloquence le droit de son peuple à vivre sur ses terres.
Ce n’est qu’en 1885 que les Nez Percés sont renvoyés dans l’Ouest. Une partie d’entre eux vont en Idaho sur la réserve de Lapwai. Considérés comme trop dangereux, Joseph et cent cinquante de ses compagnons sont assignés à résidence sur la réserve Colville, dans l’Etat de Washington.
Joseph ne reverra jamais la belle vallée de Wallowa où reposent ses ancêtres.  Il meurt à Nespelem, sur la réserve Colville, le 21 septembre 1904. Le médecin diagnostique : "Mort de chagrin".