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Charles Auguste d'Allonville de Louville

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Charles Auguste d'Allonville de Louville
Publié le:07/12/2009

(1664-1731). Le Français qui essaya de gouverner l'Espagne et son roi


Charles Auguste d'Allonville de Louville (1664-1731),Chef de la Maison française du roi Philippe V d'Espagne.
Charles Auguste d'Allonville de Louville (1664-1731),Chef de la Maison française du roi Philippe V d'Espagne.
Hyacinthe Rigaud (Public Domain)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Charles Auguste d'Allonville de Louville, dit Louville, est né le 18 mai 1664 au château de Louville-la-Chenard [1]. Il est mort le 20 août 1731 dans son château de Louville-la-Chenard [2]. Le marquis de Louville a une grande part aux affaires d'Espagne, d'abord durant les trois premières années du règne de Philippe V d'Espagne, puis par la suite au commencement de la régence de Philippe d'Orléans (1674-1723). Selon toute apparence, il est dommage pour la France qu’il ait perdu son crédit à Madrid trop rapidement [3]. Son cousin, le duc de Saint-Simon, dans l'intimité duquel il vit, dit simplement de lui, que jusqu'après la campagne d'Italie, en 1702, il fut le modérateur de la monarchie espagnole, le seul confident du roi, et le distributeur des grâces. C'était assez pour recommander son nom à la postérité, trop peu pour faire apprécier son caractère et sa conduite [4]. Ami de Fénelon et du duc Paul de Beauvilliers, Charles Auguste d'Allonville de Louville est tout d'abord colonel, puis gentilhomme de la manche [5]. Il accompagne le nouveau roi qu'il a élevé en Espagne, où il est nommé chef de la Maison française de Philippe V d'Espagne, le premier Bourbon roi d'Espagne. Il le reste uniquement de 1700 à 1703. Dès 1701, ayant compris que la jeune reine, Marie-Louise de Savoie, pousse son mari à confier ses affaires d'Italie à son père, Louville demande à Louis XIV comment contrer cette influence grandissante. Le roi de France décide que son petit-fils ira en Italie. Louville fait ce voyage avec lui. Chargé d'aller demander au pape l'investiture du royaume de Naples pour le nouveau roi d'Espagne, Philippe V, Louville est bien reçu par le pape Clément XI. Mais, intimidé par la présence d'une armée impériale, le souverain pontife évite de se prononcer sur l'investiture. Philippe V rencontre son beau-père, Victor-Amédée II de Savoie, à Acqui. L'entrevue est froide. Louville déplaît au duc de Savoie, et cela influe sur la suite de sa carrière. Louville a aussi le tort de manifester du mépris pour les Espagnols, et de trop chercher à favoriser les intérêts Français en Espagne. Il est rappelé en France en novembre 1703 [6]. En disgrâce après 1703, il n’est plus que gentilhomme de la chambre du duc Alexandre de Bournonville. Il épouse en 1708 la fille de l'ambassadeur de France à  Constantinople, Nointel. Puis il est au duc de Bourgogne, Louis de France (1682-1712) (de 1703 au 18 février 1712) et au duc de Berry, Charles de France (1686-1714). Nommé gouverneur et grand bailli de Courtrai, le régent lui confie en 1716 une nouvelle mission en Espagne, afin d'engager le roi de ce pays à souscrire au traité de la Triple Alliance et aussi dans le but de prémunir Philippe V contre les menées du cardinal Alberoni. Une intrigue de cour fait rappeler le marquis de Louville avant qu'il ait obtenu audience du roi d'Espagne. Le vieux serviteur des Bourbons se retire sur ses terres A sa mort le marquis de Louville ne laisse que deux filles [7].

 

SA FAMILLE

 

Blason d'Allonville (Beauce) : D'argent à deux fasces de sable (Source : Armorial de Rietstap).
Blason d'Allonville (Beauce) : D'argent à deux fasces de sable (Source : Armorial de Rietstap).
© Guy de Rambaud, Odejea
Wikipédia
La famille d'Allonville est l’une des plus anciennes du pays Chartrain [8] [9]. La branche de Louville possède la seigneurie de Louville depuis la fin du XIVe siècle [10]. Louville étoit un gentilhomme de Beauce, de très bon lieu et dont l'ancêtre paternel étoit chambellan de Louis XI et fort bien avec lui. Il est parent de M. de Beauvilliers, et sa mère étoit Moyencourt, d'un bon nom, alliée à une branche éteinte de Saint-Simon, et M. de Saint-Simon avoit pris soin de cette famille dans sa faveur sous Louis XIII [18] [23]. Charles Auguste d'Allonville de Louville est le fils de Jacques d'Allonville (1628-1707) et de Marie Charlotte de Vaultier de Moyencourt (1646-1704). Son père est capitaine d’une compagnie [11], haut et puissant seigneur, chevalier, seigneur de Louville et de Montuel, à Montigny-sur-Avre (reçue de son oncle Jacques, en 1643) [12]. Il est aussi seigneur de la paroisse de Montigny-sur-Avre, et en 1658, de Herville. Jacques épouse le 17 juillet 1663 Marie-Charlotte de Vaultier de Moyencourt (1646-1704), fille de Charles de Vaultier de Moyencourt et Jeanne Chaillou [13] [14]. Quelques Vaultier de Moyencourt prendront le titre de comte [15]. Jacques d'Allonville est décédé le 9 août 1707, en son château de Louville, et il est enterré à Illiers [16]. Ils ont les enfants suivants :

  • Charles Auguste d'Allonville de Louville est l’aîné
  • Marie d'Allonville (1666-1668).
  • Jacques d'Allonville de Louville, son frère est chevalier, officier du roi et savant.
  • Colombe d'Allonville (1674-1678)
  • Catherine-Charles-Marie d'Allonville de Louville (29 septembre 1678 Louville-la-Chenard – 17 ??) est religieuse à l’abbaye Notre-Dame de l'Eau, le 21 décembre 1694. Appelée en religion sœur des Anges, elle professe le 5 janvier 1696 [17].

 

SA JEUNESSE

 

Charles Auguste d'Allonville de Louville est doué d'une âme forte, d'un sens droit et d'une imagination ardente, comme son frère, Jacques d'Allonville de Louville, de l'académie des sciences, mais il est pétulant et poussé aux affaires par un penchant irrésistible [19].Charles Auguste d'Allonville de Louville fait de bonnes études. Sa famille l'a d'abord confié à un oncle de sa mère, nommé Dorat – certainement parent de Claude Joseph Dorat - homme de mœurs très pures et d'une grande instruction et janséniste. Il se souviendra que son grand-oncle et ses amis ces messieurs, parlaient toujours des jésuites, et rien parlaient jamais que la gorge ne leur enflât, ce qui le frappe beaucoup [19]. L’un de ses parents, ancien évêque de la ville de Québec obtient qu’il soit remis dans les mains des jésuites. Il apprend alors à haïr ses maîtres d’hier. Mais en réalité, trente ans après, il écrit à son ami Paul de Beauvilliers qu’il a toujours rejeté par instinct leurs préjugés et leurs passions. Il soutient une thèse en philosophie contre l’abbé de Langeron, un janséniste [20].

Puis, il est capitaine au régiment du roi-infanterie. Après avoir fait, dans l'armée de terre, plusieurs campagnes de la guerre de la ligue d'Augsbourg entre Louis XIV et la Grande Alliance, celle-ci se termine par le traité de Ryswick, en 1697 [21]. En Espagne en 1702, il commandera en second le régiment de Lombardie avec le titre d'adjudant-mestre-de-camp [22].

Quand on mit des gentilshommes de la manche auprès des princes, M. de Saint-Simon en parla à M. de Beauvilliers, qui ne le connoissoit point. Le père étoit retiré depuis longtemps chez lui, et le fils étoit fort jeune et capitaine au régiment du roi d'infanterie, où il s'étoit même distingué  [18] [23]. Placé en 1690 auprès du duc d'Anjou, en qualité de gentilhomme de la manche, il n’a que 26 ans et le prince royal 7. Il gagne aussitôt l'affection et la confiance du jeune prince, par des manières pleines de franchise et de gaieté. Beauvilliers l’apprécie, et il se fait beaucoup d'amis considérables à la cour. Toute la famille de Beauvilliers et ses amis particuliers, Pomponne, Jean-Baptiste Colbert de Torcy, même Louis François Le Tellier, marquis de Barbezieux, en font le leur. Il étoit fort instruit, avoit beaucoup d'esprit et de ces conversations charmantes par un amusement et des saillies toujours nouvelles, et avec cela tout le solide et la mesure possible. Il entra fort avant dans la confiance de M. de Beauvilliers et lui fut attaché et aux siens en tout temps avec une fidélité et une ardeur inviolables [24]. Charles Auguste d'Allonville de Louville est choisi par le duc de Saint-Simon pour demander au duc de Beauvilliers une entrevue secrète relativement à une proposition de mariage. Il procure à Saint-Simon une nouvelle entrevue, puis une autre avec Madame de Beauvilliers [25]. Ses liaisons étroites avec le duc de Beauvilliers lui procurent de bonne heure l'amitié particulière de Fénelon. Le testament de Charles II ayant appelé l'un des petit-fils de Louis XIV à la couronne d'Espagne, le 16 novembre 1700, Louville est chargé d'accompagner son ancien pupille, le nouveau roi, à Madrid, comme chef de la maison française [26].

 

CHEF DE LA MAISON FRANCAISE DU ROI  D’ESPAGNE (1701-1703)

 

Le duc de Beauvilliers lui a remis avant le départ des instructions, sage développement de celles que Philippe V d'Espagne (1683-1746) a reçues de Louis XIV. Fénelon lui écrit, à la même occasion, le 10 octobre 1701, une admirable lettre [28]. Le marquis de Louville est nommé pour accompagner le duc d'Anjou en Espagne et pour y demeurer en qualité d'écuyer du roi [29], mais il est rapidement nommé chef de la chef de la maison civile de Philippe V d’Espagne [30] et gentilhomme de la Chambre du roi. Louville reçoit en novembre 1701 des instructions verbales de Louis XIV lui-même [31]. Le marquis de Louville obtient du roi la grandesse pour le cardinal d'Estrées et l’ordre de la Toison d'or pour le frère du duc d'Harcourt, ambassadeur de France [32]. Le marquis de Louville devient aussi le correspondant intime de Jean-Baptiste Colbert de Torcy et de Beauvilliers [27]. Les rapports qu'il fait au roi et à Madame de Maintenon vont lui aliéner  la reine d’Espagne [33].

Charles Auguste d'Allonville de Louville obtient du roi, à la prière du duc de Monteleon, une permission tacite de faire enlever sa fille pour la marier en France au marquis de Westerloo. Par la suite, instruit de l'arrêt épouvantable rendu par le conseil de Castille contre le duc de Monteleon, il va trouver le roi et en obtient un ordre pour en empêcher l'exécution [34].Selon le duc de Saint-Simon, il gouverne bientôt le roi et l'Espagne [35]. Annie Molinié, Annie Molinié-Bertrand et Alexandra Merle, auteurs de L'Espagne et ses guerres: de la fin de la reconquête aux guerres d'indépendance (Presses Paris Sorbonne, 2004) nous disent qu’ils rédigent les courriers du roi. Il est vrai qu’il est aussi très familier avec le roi ce que l’étiquette espagnole ne le permet pas.

En 1694, alors que le prince n’avait que neuf ans, il lui demanda toute une série de faveurs. L’enfant répondit à son placet en écrivant Bon pour quatre-vingt ans. Mais, à la cour d’Espagne il se fait beaucoup d’ennemis. Car, c'est un Français spirituel, satirique, arrogant et frondant tout ce qui n'est pas français. Et puis, il est l’ennemi personnel de la princesse des Ursins, à qui il nuit beaucoup à Paris par la causticité de ses rapports [36]. Or, Marie-Anne de La Trémoille, princesse des Ursins, est en rapport avec le roi de France. Au dire de Louville, elle se croie déjà reine d'Espagne [37]. Son rôle politique est d’ailleurs de premier ordre à la cour d'Espagne en tant que Camarera Mayor de la future épouse du roi Philippe V, Marie-Louise Gabrielle de Savoie. Comme il arrive souvent dans les intrigues de cour, il se fait à Madrid un changement soudain dans la situation des personnes. La princesse des Ursins se voit au comble de la faveur auprès du roi et de la reine et s'en sert pour éloigner de la cour tous ceux qui peuvent lui faire ombrage. Ainsi le cardinal d'Estrées, à qui elle doit en partie son élévation, et Louville, chef de la maison française de Philippe V, et devenu le confident de ce prince, doivent s'éloigner de Madrid en 1703. Il est vrai que Louville qualifie lui-même de fureurs les emportements du cardinal d'Estrées, donc la reine et la princesse des Ursins n'exagèrent point en se servant du même terme [40]. Mais, beaucoup d'autres Français, qui ont acquis quelque influence à la cour d'Espagne, sont ainsi contraints de la quitter [38] [39].  Louville écrit Saint-Simon dans ses « Additions à Dangeau » est celui de tous ceux qui étoient à Madrid à qui la princesse des Ursins, faisoit le plus de caresses et a l'expulsion duquel elle travailloit avec le plus de soin, parce qu'il avoit la plus grande part dans l'habitude et dans la confiance du roi d'Espagne et dans celle du duc de Beauvilliers et de Torcy, et qui avoit le plus d'esprit pour la cour et de vues et de capacité pour les affaires. Sa liaison avec les cardinaux, dont le cardinal d'Estrées, et avec tous ceux qui avoient eu part au testament lui étoit encore insupportable [41].

 

L’ATTITUDE DE LA REINE D'ESPAGNE

 

Le marquis de Louville va sur les frontières du Roussillon faire les compliments du roi à la nouvelle reine [42]. Charles Auguste d'Allonville apprécie beaucoup, dès qu’il la rencontre, Marie-Louise Gabrielle de Savoie [43]. Le marquis de Louville, rendant compte à son ami le ministre Jean-Baptiste Colbert de Torcy de l’admirable conduite de la reine cite ce mot d’elle : J'ai toujours eu envie de n’avoir d’autres volonté que celle que je dois avoir [44]. Il va rapidement changer d'avis. Après la nuit de noces du couple royal à Figuières, le 3 novembre 1701, Louville est stupéfait en apprenant du roi que, dans les premiers instants de leur union, la reine, digne fille de Victor Amédée II de Savoie, ne l'a entretenu que de politique. Elle  recommande avec insistance à Philippe V de ne point quitter son royaume, et de confier à son père le soin de ses affaires d'Italie [45].

Le 12 novembre 1701, Louville vient à Fontainebleau chercher les ordres de Louis XIV en 1701. Louis XIV décide que son petit-fils ira en Italie et sera à la tête de l'armée des deux couronnes. Louville doit faire ce voyage avec lui. Il  s'oppose en maintes occasions aux prétentions du duc de Savoie, qui veut dominer sous le nom de son gendre cette partie des États espagnols [46]. Chargé d'aller demander au pape l'investiture du royaume de Naples pour le nouveau roi d'Espagne, Louville est bien reçu par Clément XI. Mais, intimidé par la présence d'une armée impériale, le pape évite de se prononcer sur l'investiture. Le marquis de Louville est envoyé aussi à Rome pour presser le pape d'envoyer à Naples un légat a latere. Il réussit dans sa mission malgré l’hostilité du cardinal Grimani [47].

Selon Annie Molinié, Annie Molinié-Bertrand et Alexandra Merle, auteurs de L'Espagne et ses guerres: de la fin de la reconquête aux guerres d'indépendance, le roi Philippe V est tellement fidèle à sa femme qu’il en tombe malade.  Louville écrit à Torcy : il est désagréable qu'une pareille vertu fasse de si mauvais effets. Or cette fidélité n’est pas réciproque. Une anecdote racontée par Saint-Simon et Louville leur permet d'affirmer que la reine et son secrétaire, d’Aubigny, ont à la même époque des rapports très intimes.

Le jeune souverain rencontre son beau-père, Victor Amédée II de Savoie, à Acqui. Louville déplaît fortement au duc de Savoie, et cela va influer sur la suite de sa carrière [48]. C’est un politique rusé qui une entrevue d'affaires avec un roi de 18 ans, naïf et insouciant. Mais, par un fâcheux contretemps, il trouve auprès de cette proie, un surveillant aussi fin que le chasseur, et de plus très franc et très hardi. Ce surveillant, c'est Louville. Victor Amédée II de Savoie le flatte et lui fait des cadeaux [49]. Le soir de cette rencontre, il arrive donc pour souper, plein d'espoir [50]. Selon le duc de Saint-Simon, le marquis de Louville est averti par Vaudémont que Victor Amédée II de Savoie doit avoir un fauteuil devant le roi. Il signale au roi que les princes de Savoie ne l'ont jamais eu devant les princes de la maison de France, ni prétendu l'avoir. Le fauteuil est retiré [51]. Louville s'étant montré hostile aux prétentions du duc de Savoie, celui-ci le dénonce à la reine d'Espagne, sa fille, comme un ennemi. À son retour en Italie, le marquis de Louville se voit écarté du roi. Il perd son logement dans le palais [52]. Il retourne à Paris en déclarant partout à propos de Philippe V : C’est un roi qui ne règne pas et qui ne régnera jamais.

 

L’ATTITUDE DES GRANDS D’ESPAGNE

 

Dans ses rapports à Jean-Baptiste Colbert de Torcy, le marquis, avec sa vivacité ordinaire, écrit que le duc de Medinaceli, le champion du parti espagnol, est un homme sans religion et sans probité, sept fois grand d'Espagne, et par conséquent sept fois plus corrompu que les autres [53]. De retour à Paris Louville se voit reprocher son mépris pour les Espagnols et d'avoir cherché à réserver exclusivement aux Français la direction des affaires d'Espagne [54]. Cette attitude est justifiée par le choc que produit en lui la misère du peuple espagnol et le fait que la hiérarchie catholique accapare les richesses et s’empare du pouvoir. Il écrit dès 1700 et 1701, au marquis de Torcy, ministre de Louis XIV [55] : Souvenez-vous bien que vous aurez deux prêtres proposés pour la présidence de Castille. Nous avons déjà un prêtre gouverneur du Mexique, et un autre âgé de soixante-dix ans qui dirige notre commerce à Séville avec le succès que vous savez. A mesure que les présidences des conseils deviendront vacantes, on proposera des prêtres pour les remplir, et je ne désespère point de voir des nominations semblables pour les commandemens des armées et des escadres quand nous en aurons. Charles Auguste écrit à peu près à la même époque que quand même un ange descendrait du ciel pour prendre les rênes du gouvernement, on se trouverait désappointé dans les espérances que l'on s'était forgées, vu l'état présent de l'Espagne, qui était gangrenée d'un bout à l'autre [56].

A la cour les Grands sont odieux. À l’armée, pendant la guerre de Succession d'Espagne, c’est encore pire. L'un des officiers français de son régiment de Lombardi est assassiné par nos soi-disant alliés espagnols [57].  Nous sommes écrit Louville à Beauvilliers, les 22 juillet et 15 septembre 1702, environ soixante-deux mille hommes, y compris le corps de M. de Vaudémont, savoir : soixante mille Français ou Piémontais, et deux mille Espagnols, le tout sous les ordres du duc de Vendôme en Italie... Pour les grands officiers [espagnols] qui avaient suivi Philippe V en Italie, l'armée ne consistait que dans leurs deux mille hommes Louville à Torcy. 8 août 1702. Peu s'en fallait qu'ils ne prissent les autres corps pour des bandes aventurières que l'on pouvait traiter comme une troupe de serviteurs à gages.

Louville continue ses critiques [58] : Il fallait entendre discourir ces illustres frondeurs, les Grands. S'agissait-il de troupes ? L'Espagne avait besoin de soldats, sans doute ; mais c'était à la France à en fournir, à condition que les généraux seraient espagnols. De l'argent ? La France en retirait assez de son commerce avec l'Espagne, pour payer les trois quarts des dépenses de la guerre, ce qui ne devait pas empêcher que les Indes ne fussent absolument fermées aux vaisseaux français, et ainsi du reste. Avec cela, une indolence, une incurie pour les premiers intérêts de cette patrie dont on se montrait si jaloux, que les esprits les plus prévenus pour la grandeur castillane ne pouvaient que gémir à ce spectacle, ou s'indigner. La perte de Gibraltar fut un effet de cette orgueilleuse paresse ; Gibraltar, la clef des deux mers, ce redoutable rempart qui faisait respecter l'Espagne des deux mondes, n'était pas gardé par cent hommes. Le duc de Grammont sut que les Anglais en méditaient l'attaque ; il en prévint le conseil de Madrid, qui ne tint compte de l'avertissement, et Gibraltar tomba le 4 août 1704.

Certains des Grands voient en lui un Français de la cour d’Espagne, dominé par l'imagination, se mêlant de tout, soit par zèle, soit par intrigues. Selon Saint-Simon [59]., Louville commence à décrier les Espagnols et à intoxiquer le ministère de France d'idées chimériques, en l'excitant à gouverner l'Espagne avec empire, comme s'il suffit pour cela de le vouloir. Les affaires languissent, les cabales se forment, les mécontentements se multiplient ; de petites choses deviennent graves par les effets. Des mots, ou le silence même, aigrissent les cœurs. Louis XIV trouve de l'opposition à ses vues les plus utiles, et il sent à chaque pas combien l'agrandissement de sa race est un fardeau accablant pour sa personne et pour son royaume [60].

Louville, honoré de l’amitié de Philippe V d'Espagne et de la confiance du ministre Torcy, a par ses conseils une influence parfois utile, souvent dangereuse. En somme, c'est un brouillon qui, dans ses rapports avec le roi et la reine d'Espagne, a la maladresse de vouloir mettre le doigt entre l'arbre et l'écorce. À Versailles, on lui reproche, avec assez de raison, trop de précipitation dans les affaires, trop de familiarité avec Philippe, trop de hauteur avec les Espagnols. Quoi qu'il en soit, ses services paraissent encore nécessaires; Torcy va vouloir qu'il retourne en Espagne. On croit que l'expérience le rendra plus modéré. On ne prévoit pas les orages de la cour, où son caractère ardent peut attiser le feu de la discorde [61].

Le marquis de Louville est rappelé en France en novembre 1703. Il attribue cette disgrâce au confesseur du roi, Guillaume Daubenton, et accuse aussi les Jésuites [62]. Mais Guillaume Daubenton va être victime lui aussi de la princesse des Ursins et ne reviendra en Espagne qu’en 1716, comme Louville, après la disgrâce de cette dame. Donc, qu'ils soient prêts à beaucoup de compromis comme un Daubenton ou critiques comme Louville, les Français avec des fonctions importantes à la cour d'Espagne sont condamnés dès le départ à être renvoyer vers le royaume de France.

 

LA DISGRÂCE (1703)

 

Portrait du duc Bourgogne, Louis de France (1682-1712)
Portrait du duc Bourgogne, Louis de France (1682-1712)
Hyacinthe Rigaud (Public Domain)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD

Il est possible de résumer les faits ainsi : Louis XIV avait souvenance que c'était presque toujours cet entourage de Français qui avait perdu les princes de la maison de Valois et de Bourbon appelés à régner sur les nations étrangères. Il avait néanmoins excepté de cette exclusion générale le marquis de Louville. Charles Auguste, marquis de Louville, appartenait à une bonne source de noblesse, possédant fiefs au pays Chartrain ; avait vaillamment combattu depuis l'âge de quinze ans comme un brave gentilhomme ; ensuite on l'avait attaché au duc de Beauvilliers, qui lui fit conférer le titre de gentilhomme de la manche de monseigneur le duc d'Anjou. Le jeune prince avait conçu pour Louville la plus vive affection. Ce gentilhomme, âgé alors de trente-trois ans, était doué d'une belle physionomie, impatient de caractère, mais en définitive de bon conseil, d'une éducation excellente, et par-dessus tout dévoué à son beau pays de France. M. de Torcy et le duc de Beauvilliers l'avaient, de concert, chargé de surveiller tous les actes d'administration du jeune prince, et de correspondre directement avec eux sur ce qui pourrait intéresser le service du roi ; il devint le véritable ambassadeur d'intimité et de famille auprès de la couronne d'Espagne [64]. Sa mission était donc voué à l’échec car cette mainmise étrangère sur le roi ne pouvait que déplaire aux Espagnols et à ceux qui comme la princesse des Ursins veulent influencer sa politique et son comportement. La cour de Philippe V était tout espagnole [65]. Toutefois c’est une Française désignée par Louis XIV comme camareria major, qui va combattre ouvertement l'influence de la France! La princesse des Ursins parvient à éloigner du conseil de son souverain le fidèle Louville, le seul gentilhomme français qui accompagne Philippe V dans le sombre Escurial [66].

Louville, quoique de la maison de Philippe V, n'est pas sujet espagnol, et ne l'a jamais été [68]. Il reçoit ordre de revenir de son souverain le roi de France et obtient de lui le gouvernement de Courtray et une grosse pension qui lui rapporte 100.000 livres, avec lesquelles il se bâtit une retraite agréable [69]. Depuis le traité d'Utrecht (1713), qui lui ôte le grand bailliage de Courtrai, il n'est même plus rien à l'Espagne [70]. Louis XIV fait Louville gouverneur de Navarreins en Béarn. Il l'est de 1703 à 1721, et il reste toujours officiellement chambellan de Philippe V, ce qui lui assure une forte pension. Il discute avec ses amis, sans regret de sa fortune, oubliant presque le royaume à gouverner [71].

château de Louville-la-Chenard  (côté cour), dans la Beauce, copie de l’Hôtel d'Humières.
château de Louville-la-Chenard (côté cour), dans la Beauce, copie de l’Hôtel d'Humières.
Archives Guy de Rambaud.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Le marquis de Louville est menin de monseigneur le duc de Bourgogne, Louis de France (1682-1712) et du duc de Berry, de 1703 au 18 février 1712 [72]. Un portrait du duc de Bourgogne par Hyacinthe Rigaud est au château de Louville [73]. Ce portrait est de 1703, nous retrouverons en 1708 l’armure et le casque au niveau du portrait de Louville. Selon la duchesse de Bourgogne il provient du marquis de Louville et pas d'une commande d'un membre de la famille royale.

Le marquis de Louville fait rebâtir son château de Louville sur le modèle de l'hôtel d'Humières, à Paris [74]. Il héberge son cousin lointain, le chevalier Jacques d'Allonville, ancien capitaine au régiment de la reine. Jacques d'Allonville est d'une autre branche de la famille d'Allonville, les Réclainville, seigneurs aussi du Claquin. Ils habitent à La Hauteville, mais ce Jacques d'Allonville meurt dans le château de son cousin, le marquis. Le célèbre Père Paul Cassegrain est nommé chapelain au château de Louville-la-Chenard. Il s'y rend immédiatement, et est reçu avec une joie égale aux regrets qu'il laisse à Sainville. Là, comme partout, il est très estimé. Louville, personnage considérable par les emplois qu'il a occupés à la cour d'Espagne et à Rome sous le pontificat de Clément XI, donne en s'entretenant avec lui les preuves de sa haute considération pour ce prêtre [75].

 

APRES LA MORT DE LOUIS XIV (1715)

 

Le Régent, en 1716, voulant pressentir la cour de Madrid au sujet de la Triple Alliance, envoie Louville comme ambassadeur extraordinaire en Espagne en qualité d'Envoyé Extraordinaire, et le charge d'éclairer Philippe V contre les menées du cardinal Alberoni. Il doit faire connaître au roi d'Espagne la résolution du roi d'Angleterre de lui rendre Gibraltar, en échange de fin des entraves commerciales. Louville ne demande qu'à jouer un rôle; il part plein de confiance. Il arrive à Madrid le 24 juillet 1716. Depuis quelques jours on est informé de son voyage, et la cour a eu le temps de dresser ses batteries. Le premier ministre espagnol, Jules Alberoni, répand en Espagne et en France le bruit que le roi d'Espagne a pris une aversion mortelle contre Louville, depuis qu'il l'a chassé d'Espagne pour ses insolences et ses entreprises. Jules Alberoni, instruit par ses espions de l'arrivée de l'Envoyé Extraordinaire du duc d'Orléans, lui fait donner l'ordre formel de sortir sur-le-champ d'Espagne. Louville reçoit la visite d'Albéroni qui lui renouvelle cet ordre. En vain il montre ses lettres de créances et menace de faire usage de ses pouvoirs. Il a beau aussi s'aboucher en secret avec plusieurs Espagnols mécontents, il en est pour ses frais de diplomatie et doit quitter Madrid sans avoir obtenu une audience du roi. Cette intrigue de cour est dirigée par le duc de Saint-Simon et par le maréchal d'Uxelles, qui font rappeler Louville avant même qu'il est obtenu audience de Philippe V. Saint-Simon se flatte du moins que cet affront est accompagné de quelques marques de violence qui force le régent à prendre fait et cause pour lui, mais en cela encore son espérance est aussi vaine que sa politique. Quelle témérité aussi de retourner si légèrement dans une cour où il s'était fait tant d'ennemis, auprès d'un prince qu'il avait essayé de brouiller avec sa femme ! A la suite de cette mésaventure, le marquis se retire dans ses domaines et se console en écrivant ses Mémoires politiques [78]. L'Espagne ne récupère pas Gibraltar.

Louville quitte parfois son château dans la Beauce pour aller à Paris. En août 1719, le roi Louis XV et le duc d'Orléans travaillent l'après-dînée, durant près de quatre heures, avec le duc de Saint-Simon, le petit Renaut, d’Alleman et Louville sur la dîme royale. Ils ont la patience de se faire lire un mémoire fort long, fait par Louville, et fort bien fait. Le résultat de cette conférence est que le duc d'Orléans ne prendra point son parti sur l'établissement de la dîme royale dans le royaume que dans un an, quand il aura vu comme on s'en trouvera dans la généralité de La Rochelle et dans une élection de Normandie où Cilly l'a établie et dans laquelle élection M. le duc d'Orléans a beaucoup de terres [79].

Ses travaux, ses voyages, le rôle qu'il a joué en Espagne, ont fait acquérir à ce d’Allonville des connaissances précieuses, en matière de finances, de commerce, d'administration générale et de politique. Plusieurs mémoires  dans ses papiers personnels l'attestent. Il s'inréresse aux monnaies, aux principes du change, aux manufactures, et même à  quelques affaires spéciales, telles que celles des princes légitimés lmontrent aussi qu'il n'est pas toujours écouté. Toutefois comme l'atteste l'établissement des conseils à l'instar de ceux d'Espagne, il n’est étranger à aucune des mesures importantes prises par le duc d'Orléans, dans les deux premières années de la régence [80]. Le 16 août 1721, le Régent donne au mari de sa nouvelle maîtresse le gouvernement de Navarreins en Béarn, que Louville vient de lui vendre 80.000 livres [81].

En 1728, Charles Auguste d'Allonville de Louville devient le seigneur du château de Montuel, et vit sur ses terres.Charles Auguste d'Allonville de Louville est mort le 20 août 1731 dans son château de Louville-la-Chenard. Il est inhumé comme toute sa famille depuis des siècles dans l'église de Louville-la-Chenard le 22 août 1731. Toute la noblesse des environs est présente à son enterrement, mais également de nombreux ecclésiastiques [82].

 

SON MARIAGE (1708)

 

Louville à son retour en France en 1703, selon le duc de Saint-Simon, ne pense qu’à retrouver ses amis à Paris et faire rebâtir son château pour le rendre agréable à vivre. Il ne se marie avec Hyacinthe-Sophie Béchameil de Nointel que plusieurs années après le retour de Louville, le 18 juin 1708 [83]. Le duc de Saint-Simon en fait  d'elle un portrait où il s'extasie devant les belles qualités de l'épouse de son cousin. Hyacinthe-Sophie est une grande dame, mais comme son mari elle est restée très simple et bonne. Saint-Simon n’hésite pas à la comparer à un ange, compliment rare chez cet auteur, d’habitude si prêt à critiquer tous ses contemporains [84].Hyacinthe- Sophie est la fille de Louis II Béchameil de Nointel, marquis de Nointel seigneur de Condé, conseiller au parlement de Paris (1674), Intendant de Tours (1680), Chalons-en-Champagne (1689), conseiller d'État et commissaire pour l’exécution des ordres du Roi en la province de Bretagne, fils de Louis Béchameil de Nointel, ancien fermier général [85]. Son beau-père est aussi ambassadeur à Constantinople, et va rapporter les Tables antiques, chargées de noms guerriers, connues au Louvre, sous le nom de Tables de Nointel [76][86]. Sa grand-mère paternelle est une Colbert et sa mère Magdeleine, est une Le Ragois de Bretonvilliers. Elle est la nièce de Nicolas Desmarets (contrôleur général des finances), ministre et grand trésorier des Ordres du Roy et d’Artus Timoléon Louis de Cossé de Brissac, 5e duc de Brissac, Grand panetier de France, pair de France et brigadier. Elle est aussi la cousine germaine de Jean-Baptiste Desmarets et Jean Paul Timoléon de Cossé-Brissac, maréchaux de France [87].

Le marquis de Louville se marie chez le cousin germain de sa femme au château de Bercy.  Charles Auguste d'Allonville de Louville épouse Hyacinthe Sophie Béchameil de Nointel (1688-1757), le 18 juin 1708. La noce a lieu chez le gendre de Nicolas Desmarets (contrôleur général des finances), Charles Henri de Malon de Bercy, conseiller au Grand Conseil, maître des requêtes ordinaires de l’Hôtel du roi, chargé de la direction générale des Ponts et Chaussées de France, conseiller d'État et intendant des finances, membre honoraire de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Cela se passe au château de Bercy, château construit en XVIIe siècle sur l'actuelle commune de Charenton-le-Pont. Outre les familles, la noce est honorée de la meilleure compagnie, dont son cousin et ami le duc de Saint-Simon [88]. Charles Auguste a le bonheur d'épouser une femme bien faite, vertueuse, sensée, gaie, entendue, qui vit comme un ange avec lui, et qui ne songe qu'à ses devoirs et à entretenir ses amis, quoique beaucoup plus jeune, et qui se fait aimer, estimer et considérer partout [89].

Philippe de France, duc d'Anjou, proclamé roi d'Espagne sous le nom de Philippe V le 16 novembre 1700
Philippe de France, duc d'Anjou, proclamé roi d'Espagne sous le nom de Philippe V le 16 novembre 1700
François Gérard (Public Domain)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Charles Auguste d'Allonville fait faire son portrait et celui de sa femme par Hyacinthe Rigaud. Rigaud fait, pour six cents livres, en 1708, les portraits des deux époux; mais finalement Louville figure seul [77]. Il figure aussi au musée historique de Versailles dans le tableau du baron Gérard : Philippe de France, duc d'Anjou, proclamé roi d'Espagne sous le nom de Philippe V, le 16 novembre 1700.

Louville, dont la femme est fille du frère de madame Desmarets, essaie de le raccommoder avec le duc de Saint-Simon. Celui-ci écrit que cela se passe tout à la fin de la vie du roi et ajoute ce dont je n'ai pas voulu en entendre parler [90]. Le 20 décembre 1715 Charles Auguste de Louville, ami intime du duc de Saint-Simon, va le voir et lui demande de pardonner à Nicolas Desmarets (contrôleur général des finances), qui va être éxilé à Maillebois. Louville les réconcilie et Saint-Simon parle dès le lendemain au  Régent. Il obtient que Desmarest ne soit point exilé [91]. Le duc de Saint-Simon écrit [92] : J'avertis promptement Louville de ce que j'avais obtenu, qui, après louanges et remercîments, me demanda si je refuserais de les recevoir de Desmarets. Il alla lui porter la bonne nouvelle, et revint aussitôt me conjurer de lui permettre de venir chez moi. J'eus la malice de me laisser encore presser, puis je consentis à le voir cinq ou six jours après chez Louville, comme par hasard, pour ne pas joindre de si près un raccommodement public à ce qui venait de se passer. On peut juger de ce que Desmarets me dit chez Louville ; il vint après chez moi, et nous nous revîmes.

Le 28 novembre 1705, l'hôtel de Poulpry, 12, rue de Poitiers avait été vendu à Louis II Béchameil de Nointel. Après son décès il passe à sa fille, Hyacinthe Sophie Béchameil de Nointel (1690-1757), veuve de Charles Auguste d'Allonville de Louville en 1738[93]. Le 29 janvier 1757, le corps de dame Charles Auguste d'Allonville de Louville, Hyacinthe Sophie Béchameil de Nointel est inhumé dans l'église de Louville-la-Chenard [94].

 

LEUR DESCENDANCE

 

A sa mort le marquis de Louville ne laisse que deux filles [95] :

Angélique d'Allonville de Louville (1710-1756)
Angélique d'Allonville de Louville (1710-1756)
Jean Marc Nattier, 1735 (Public Domain)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Angélique d'Allonville de Louville (10 février 1710-23 septembre 1756), dame de Louville, épouse le marquis Pierre de Baglion (1700-1799), comte de la Salle, le 16 juin 1733. D’abord officier aux Gardes-Françaises, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, on le retrouve colonel d’infanterie du régiment des gardes, puis gentilhomme de la manche des Enfants de France et du roi, et Premier chambellan du comte d’Artois. Il a le droit aux honneurs de la cour. Angélique est citée le 3 juillet 1747, à Ymonville et est inhumée à Louville, en présence des membres de la noblesse  beauceronne. Pierre de Baglion de la Salle et Angélique ont une fille :

  • Scholastique de Baglion épouse Denis de Beauvoir de Grimoard du Roure (1700-1780), le 24 janvier 1759. Comte du Roure, marquis de Grisac, baron des villes de Barjac, Florac, de Route, et des États de Languedoc, de Tenières, il est également seigneur de Bancoury, de La Bastide, Virac, Saint-Brest, Fraissinet de Lozère, Saint-Frézal de Ventadon, Saint-Andéol de Clerguemort, Saint-Michel de Dèze, Saint-Hilaire de Lavit, Saint-André de Lancize, Saint-Perivat de Vallongue, Grizac, Fraissinet de Fourques, Florac, Frugères, Bédouès, Allenc, Planchamp, Chazorne, Prévenchères, Puylaurens, Chasseradès, Saint-Jean-la-Fouillouse, Pierrefiche et du fait de son épouse seigneur de Louville-la-Chenard, Herville, Villiers, Dignonvilliers, Épinay, Villeneuve-Languedoue, Coltainville... Il est aussi le légataire de la duchesse de La Force. Denis de Beauvoir de Grimoard du Roure est en son temps menin de feu monseigneur le Dauphin, maréchal des camps et armées du roi, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur des villes et citadelles de Pont-Saint-Esprit. Il commande successivement le régiment des Grenadiers de France, celui de Saintonge, et enfin le régiment du Dauphin-Infanterie (en Corse). Denis de Beauvoir de Grimoard du Roure est vénérable de la loge maçonnique de Barjac et prend part en 1789 aux Assemblées de la noblesse du Gévaudan. Scholastique de Baglion est dame de Madame la comtesse de Provence, Marie-Joséphine de Savoie. Son inventaire après décès est réalisé le 26 brumaire en X, dans un hôtel qu'elle loue rue Saint Dominique, à Paris, et au château de Louville.
  • Scipion de Beauvoir de Grimoard du Roure, comte du Roure, descendant par les femmes du marquis de Louville, publiera en 1818 : Les Mémoires secrets sur l'établissement des Bourbons en Espagne (extraits de la correspondance de Louville).

Adélaïde d'Allonville de Louville (1715-1745), sœur d’Angélique, est une fille brune, bien faite, aux yeux de Circassienne [96]. Elle rend fois et hommages en 1733, pour les terres de la fabrique d'Ouarville, au seigneur de la Bezègue, à Villeneuve-Languedoue. Adélaïde épouse le baron Adrien Antoine Bloquel de La Croix (1697-1759) en 1735. Elle a 20 ans. Ce sont de belles noces [97]. Il est seigneur de Wismes, où il réside. Admis au collège Mazarin, sur preuves de noblesse, en 1710, il obtient du roi Louis XV, en mai 1724, des Lettres Patentes en forme de charte qu'il fait enregistrer au Conseil d'Artois, et par lesquelles en considération de son ancienne noblesse, il est autorisé, ainsi que ses descendants, à porter sur l'écu de sa famille, une couronne à 5 fleurons et à prendre pour supports deux griffons. On le retrouve admis en 1747 aux États d'Artois, député à la cour par lesdits États et il obtient par Lettres Patentes de 1759, l'érection en baronnie de la seigneurie de Wismes.

 

NOTES ET REFERENCES DE L’ARTICLE :

 

   1. Notice du Musée impérial de Versailles, Musée national de Versailles, Eudoxe Soulié, C. de Mourgues Frères, 1861, (3), p.203 et Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter, Léon Chrétien Ferdinand Hoefer, Firmin Didot frères, fils et cie, 1862, p.53.

   2. Notice du Musée impérial..., (3), p.203.

   3. Scipion du Roure, Mémoires secrets sur l'établissement de la maison de Bourbon en Espagne: extrait de la correspondance du marquis de Louville, gentilhomme de la chambre de Philippe V, Charles Auguste d'Allonville Louville, Maradan, 1818, Préface, v. 1, p. i.

   4. Duc de Saint-Simon, cité par la préface de Mémoires secrets sur l'établissement..., v. 1, p. i et Nouvelle biographie générale..., p. 55.

   5. Les gentilshommes de la manche, gentilshommes dont la fonction est d'accompagner les fils de France dans leur jeunesse. Ces gentilshommes accompagnent partout les princes, et, comme l'étiquette ne leur permet pas de les tenir par la main, ils ne les touchent qu'à la manche ; de là leur nom.

   6. Nouvelle biographie générale..., p. 55 et Notice du Musée impérial de Versailles..., (3), p.203, Scipion du Roure, Mémoires secrets..., et abbé Millot Mémoires politiques qu'il a rédigés pour la maison de Noailles et Nouvelle biographie générale..., p. 55.

   7. Nouvelle biographie générale..., (3), p.203.

   8. Oeuvres de Fénélon, Par François de Salignac de La Mothe- Fénelon, Augustin Pierre Paul Caron, Jean Edmé Auguste Gosselin, Publié par J. A. Lebel, 1829, p.334.

   9. Guy de Rambaud, La Maison d'Allonville, d'après une généalogie manuscrite dressée au cabinet des ordres du roi, déposée aujourd'hui au cabinet des titres de la Bibliothèque royale. Il y en a un double exemplaire dans le cabinet d'Hozier.

  10. Les Hommes illustres de l'Orléanais : biographie générale des trois départements du Loiret, d'Eure-et-Loir et de Loir-et-Cher, Charles Brainne, J. Debarbouiller, Charles Ferdinand Lapierre, Publié par A. Gatineau, 1852, v.1, p.292.

  11. Mémoriaux du Conseil de 1661, France Conseil du roi, Jean Georges Léon Michel de Boislisle, Renouard, 1905, v.2, p.94.

  12. Bulletin de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, n°.69 2001, p.17 et Oeuvres de Monsieur de Fontenelle, Par Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Publié par Chez Saillant, 1767, Vol. 6, p.545 et Correspondance de Bossuet, Par Jacques Bénigne Bossuet, Charles Urbain, Eugène Levesque, Académie française, Publié par Hachette, 1912, v.6, p.879.

  13. Mémoires de Saint-Simon: augmentée des additions de Saint-Simon au Journal de Dangeau et de notes appendices /par A. de Boislisle et suivie d'un lexique des mots et locutions remarquables, Par Louis de Rouvroy Saint-Simon, Arthur André Gabriel Michel de Boislisle, Jean Georges Léon Michel de Boislisle, Léon Lecestre, Publié par Hachette et cie, 1879, p.4.

  14. Archives du diocèse de Chartres, publié par Charles Métais, 1902, v.6, p.28.

  15. Histoire généalogique et héraldique sur la maison des Tyrel, sires, puis princes de Poix: et sur les familles de Moyencourt et de Poix (en Picardie, en Berry, en Poitou et en Touraine) depuis l'an 1030 jusqu'en 1869, avec tableaux généalogiques et preuves ..., Par Cuvillier-Morel-d'Acy, Publié par L'auteur, 1869, p.253.

  16. Archives du diocèse de Chartres..., v.6, p.28.

  17. Guy de Rambaud, La Maison d'Allonville...

  18. Journal du marquis de Dangeau, Par Philippe de Courcillon Dangeau, Louis de Rouvroy Saint-Simon, Firmin-Didot, 1856, p. 235.

  19. Scipion du Roure, Mémoires secrets..., v. 1, p.3.

  20. Ibid, v. 1, p.4.

  21. Ibid, 1818, v. 1, p.5.

  22. Revue d'histoire diplomatique, Société d'histoire générale et d'histoire diplomatique, 1991, v.105, p.183.

  23. Journal du marquis de Dangeau..., p. 235.

  24.  Ibid, p. 235.

  25. Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence, Louis de Rouvroy de Saint-Simon, Henri de Saint-Simon, publié par A. Sautelet, 1830, I, p.132, 136 et 137.

  26. Nouvelle biographie générale..., p. 55 et Oeuvres de Fénélon..., p.334.

  27. Mémoires complets et authentiques, III, p.119.

  28. Lettres inédites de la Princesse des Ursins, Par Ana M de la Tremoilla Ursinos, Publié par Didier et Cie., 1859, p.114 et 115 et Biographie universelle, ancienne et moderne; ou, Histoire, par ordre alphabétique: de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, Par Joseph Fr Michaud, Louis Gabriel Michaud, Publié par Michaud frères, 1820, t. 25 (Longl-Lyt), p.284.

  29. Mémoires complets et authentiques III, p.48.

  30. Les acquisitions des Archives

  31. Lettres inédites de la Princesse des Ursins..., p.114 et 115.

  32. Mémoires complets et authentiques..., III, p.301 et 305.

  33. Ibid, III, p.245.

  34. Ibid, III, p.122 et 124.

  35. Ibid, III, p.119.

  36. Personnages énigmatiques, histoires mystérieuses, évènements peu ou mal connus, Par Friedrich Bülau, William Duckett, Publié par Poulet-Malassis et de Broise, 1861, Vol. 1, p.183.

  37. Les reines d'Espagne, suivies des reines de Portugal: suivies des reines de Portugal, par A. Celliez, publié par Adamant Media Corporation, 1856, p.213.

  38. Ibid, p.227.

  39. Mémoires, Muséum national d'histoire naturelle (France), Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, publié par Laboratoires Rhône-Poulenc Rorer, 1862, p.158.

  40. Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe: précédés de notices pour caractériser chaque auteur des mémoires et son époque, suivi de l'analyse des documents historiques qui s'y rapportent, Joseph Fr Michaud, Poujoulat (Jean-Joseph-François), publié par Guyot, 1851, Ser. 3, v. 10, p.154.

  41. Lettres inédites de la Princesse des Ursins..., p.114 et 115.

  42. Mémoires complets et authentiques..., III, p.221.

  43. Les reines d'Espagne, suivies des reines..., p.214.

  44. Ibid,  p.220.

  45. Biographie universelle, t. 25 (Longl-Lyt), p.284.

  46. Mémoires complets et authentiques..., III, p.230, 256 et 262 et Lettres inédites de la Princesse des Ursins..., p.114 et 115.

  47. Mémoires complets et authentiques..., III, p.119.

  48. Nouvelle biographie générale..., p. 55 et Notice du Musée impérial..., (3), p.203 et Scipion du Roure, Mémoires secrets..., et Abbé Millot, Mémoires politiques qu'il a rédigés pour la maison de Noailles et Nouvelle biographie générale..., p. 55.

  49. Scipion du Roure, Mémoires secrets..., v. 1, p.282.

  50. La duchesse de Bourgogne et l'alliance savoyarde sous Louis XIV, Gabriel Paul Othenin de Cléron Haussonville, Publié par Calmann Lévy, 1901, v.2, p.408.

  51. Mémoires complets et authentiques..., III, p.312 et 313.

  52. Ibid, IV, p.70 et 79.

  53. Les Hommes illustres de l'Orléanais..., v.1-2, p.210.

  54. Lettres inédites de la Princesse des Ursins..., p.114 et 115.

  55. Mémoires de Noailles, tome II, p. 130, cités par Coxe, dans L'Espagne sous les Bourbons, t. I, p.142 et Souvenirs du Midi, ou, L'Espagne, telle qu'elle est sous ses pouvoirs religieux et monarchique ou L'Espagne telle qu'elle est sous ses pouvoirs religieux et monarchique, Par Raymond Faure, Publié par Chatet, 1831, p.378.

  56. Ibid, p.378.

  57. Ibid, p.380.

  58. Ibid, p.384.

  59. Mémoires complets et authentiques..., III, p.119.

  60. Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe: précédés de notices pour caractériser chaque auteur des mémoires et son époque, suivi de l'analyse des documents historiques qui s'y rapportent, Joseph Fr Michaud, Poujoulat (Jean-Joseph-François), publié par Guyot, 1851, Ser. 3, v. 10, p.3.

  61. Les Hommes illustres de l'Orléanais..., v.1-2, p.210.

  62. Ibid, v.1-2, p.210.

  63. Dictionnaire de la noblesse ... de France, François Alexandre Aubert de la Chenaye Desbois, 1770, p.196.

  64. Louis XIV son gouvernement et ses relations diplomatiques avec l'Europe suivi de Philippe d'Orléans, régent de France, Jean-Baptiste-Honoré-Raymond Capefigue, M. Capefigue, Capefigue (Jean Baptiste Honoré Raymond), Publié par Meline, Cans et compagnie, 1844, Vol. 2, p.180 et 181.

  65. Ibid, Vol. 2, p.208.

  66. Ibid, Vol. 2, p.273.

  67. La duchesse de Bourgogne..., v.4, p.608.

  68. Scipion du Roure, Mémoires secrets..., v. 1, p.210, 211 et Lettres inédites de la Princesse des Ursins..., p.114 et 115.

  69. Mémoires complets et authentiques...,  IV 72.

  70. Scipion du Roure, Mémoires secrets..., v. 1, p.210, 211 et Lettres inédites de la Princesse des Ursins..., p.114 et 115.

  71. Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, Nicolas Viton de Saint-Allais, de Saint-Pons, Publié par au bureau du Nobiliaire universel de France, 1814, Vol. 2, p.336 et Mémoires complets et authentiques..., t.18, p.10.

  72. Nobiliaire universel de France..., v.2, p.336 et Revue d'histoire diplomatique, Par Société d'histoire générale et d'histoire diplomatique, 1991, v.105, p.183.

  73. La duchesse de Bourgogne..., v.4, p.608.

  74. Dictionnaire de la noblesse ... de France, p.196.

  75. Souvenirs de Beauce. Biographies des hommes remarquables d'Angerville la Gate; Cassegrain, Blanchet, Tessier, Ernest Menault, Paul Cassegrain, 1859, p.10.

  76. Nouvelle biographie générale..., p. 55 et Notice du Musée impérial..., (3), p.203 et Scipion du Roure, Mémoires secrets..., Vol. 1, p.183.

  77. Mémoires de Saint-Simon, Par Louis de Rouvroy Saint-Simon, Arthur André Gabriel Michel de Boislisle, Jean Georges Léon Michel de Boislisle, Léon Lecestre, Publié par Hachette et cie, 1902, p.94.

  78. Mémoires complets et authentiques..., et Les Hommes illustres de l'Orléanais..., t.2, p.210 et 211 et Nouvelle biographie générale..., (3), p.203 et Histoire des Français, Par Amédée Renée, p. 281.

  79. Journal du marquis de Dangeau..., v.18, p.96.

  80. Scipion du Roure, Mémoires secrets...,, v.2, p.192 et 193.

  81. Journal et mémoires de Mathieu Marais ... sur la régence et le règne de Louis XV (1715-1737): Publiés pour la première fois d'après le manuscrit de la Bibliothèque impériale, Mathieu Marais, Mathurin Lescure, Firmin Didot frères, 1864, p.186 et Chansonnier historique du XVIIIe siècle, Émile Raunié, A Quantin, 1880, p.39.

  82. Actes de sépulture de la paroisse de Louville-la-Chenard, AD 28 numérisées.

  83. Mémoires de Saint-Simon: augmentée v.11, p.98.

  84. Ibid, t.VI, p.9.

  85. Mémoires complets et authentiques..., III, p.119 et Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise, (Beauvais), 1871 (T8), p.30.

  86. Scipion du Roure, Mémoires secrets..., v.2, p.192 et 193 et Nouvelle biographie générale..., p.53 et La diplomatie secrète au XVIIIe siècle: ses débuts, Par Emile Bourgeois, Publié par A. Colin, 1909, p.218 et Oeuvres de Fénélon..., p.334.

  87. Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon... / publiés par MM. Chéruel et Ad. Régnier fils.... et précédés d'une notice par M. Sainte-Beuve, Hachette (Paris), Chéruel, Adolphe (1809-1891). Éditeur scientifique Sainte-Beuve, Charles-Augustin (1804-1869). Préfacier Boislisle, Arthur-Michel de (1835-1908). Éditeur scientifique Guérin, Paul (1845-1911), t.VI, p.9.

  88. Ibid, t.VI, p.9 et Album Saint-Simon ..., Par Georges Poisson, Publié par Gallimard, 1969, p.124.

  89.  Mémoires de Saint-Simon: augmentée, t.VI, p.9.

  90.  Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence: publiés pour la première fois sur le manuscrit original, Par Louis de Rouvroy Saint-Simon, Henri Jean Victor de Rouvroy Saint-Simon, Publié par Granier, 1853, v. 25-26, p.14.

  91. Journal du marquis de Dangeau...,  v.16, p.267.

  92.  Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon..., v. 25-26, p.16.

  93.  Veyrier Henri, Le faubourg Saint-Germain, Henri Veyrier, 1976, p.163.

  94.  Actes de sépulture de la paroisse de Louville-la-Chenard, AD 28 numérisées.

  95. Nouvelle biographie générale..., p. 55 et Notice du Musée impérial de Versailles, Musée national de Versailles, Eudoxe Soulié, C. de Mourgues Frères, 1861, (3), p.203.

  96.  Ainsi vivaient les Français: des croisades à la Troisième République d'après les archives d'une très ancienne famille, Par Armel de Wismes, Publié par Robert Laffont, 1962, p.308.

  97. Ibid,  1962, p.308.