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Bordeaux

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Bordeaux
Publié le:25/08/2008

Histoire du vin.


L’antique Burdigalia des Romains devint au milieu du XIIe siècle la capitale de la Guyenne avant d’appartenir aux Anglais qui la possédèrent pendant deux siècles.

En 1152, le second mariage d’Eléonore de Guyenne avec Henri Plantagenêt, duc de Normandie, comte d’Anjou, resserra les liens Bordelais-Anglais lors de l’accession au trône d’Angleterre du comte d’Anjou devenu Henri II en 1154. Ainsi, les Bordelais devenaient sujets anglais, le langue française trônait à la cour d’Angleterre et le commerce des vins s’intensifia avec ce pays. Richard Ier dit “cœur de Lion”, fils aîné d’Eléonore d’Aquitaine et d’Henri II, habita Bordeaux et fut un grand amateur des vins du cru. Son frère, Jean sans Terre, prit sous sa protection les marchands bordelais et réglementa la date de mise en vente du vin : novembre et décembre. Le vin mis en fût, il n’existait alors aucun procédé de conservation, aussi était-ce vin le plus jeune qui était le mieux vendu. Le vin vieux étant distribué aux pauvres. Les décrets anglais favorisèrent de plus en plus les Bordelais si bien que les marchands d’autres villes sollicitèrent leur entrée au sein de ces élus de l’Aquitaine.

Pendant la guerre de Cent Ans, les bourgeois bordelais furent solidaires des Anglais dont ils appréciaient les privilèges. La Guyenne tenta pourtant de se détacher du parti des Anglais. C’est alors que le général anglais Talbot, issu d’une famille normande, attaqua et prit Bordeaux mais fut tué dans une bataille, devant Castillon, le 17 juillet 1453. Ce siècle guerrier se terminait et Bordeaux revenait à la France. Les vignobles se répandirent aux alentours de Bordeaux et la ville s’enrichit au point d’user de sa puissance pour empêcher les viticulteurs du Médoc de charger leurs vins le long de la Gironde.

Ce “privilège de Bordeaux”, ou blocus économique, aboli seulement en 1776, fut à l’origine de la disparition de nombreux crus. L’usage du vin se répandant de plus en plus, les excès également. François Ier décréta alors, en 1536, que “quiconque sera trouvé ivre, sera immédiatement jeté en prison  et mis au pain et à l’eau”. En cas de récidive, c’était le fouet. Au troisième faux pas, encore le fouet, mais en public, et si le coupable était pris une quatrième fois, c’était l’amputation d’une oreille. L’on commença à apprendre à boire au XVIe siècle sous Henri III. L’usage voulait que le verre rempli de vin, au fond duquel était placé un croûton grillé, passât de main en main jusqu’à la personne à honorer. Celle-ci vidait alors le verre et mangeait le croûton appelé “tostée”. L’origine du mot toast viendrait de là.

Le commerce du vin de Bordeaux connut un certain calme lorsque furent stoppées les exportations vers l’Angleterre. Le traité de Methuen, passé entre l’Angleterre et le Portugal, taxait très fortement les vins français. Un droit de cinquante-cinq livre par tonne était perçu, alors qu’il n’était que de sept livres par tonne pour les vins portugais. Cette énorme imposition fit basculer les expédition de “clairet” vers les bateaux hollandais qui arrivaient par centaines, chaque année, pour recueillir le vin nouveau. La conservation du vin devint plus facile avec l’apparition de la bouteille en verre soufflé et du bouchon de liège, facilitant les exportations vers des pays plus éloignés dont les Antilles, les Indes, l’Amérique. Bordeaux connut une prospérité avantageuse qui incita Anglais, Danois, Irlandais et  Hollandais à venir s’installer quai des Chartrons et pratiquer le négoce au stade le plus élevé. Cet essor économique fut stoppé par la Révolution française et les guerres de l’empire. La venue de Napoléon n’arrangea pas les choses. Celui-ci, étant grand amateur de vins de Bourgogne, il fallut attendre son exil à Saint-Hélène pour que le commerce vinicole retrouve son plein essor...

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