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Rochefort, Chandernagor, Pondichéry
Benoît Mottet de La Fontaine est né le 4 juillet 1741, au château de Compiègne, et a été baptisé à la paroisse Saint-Antoine de cette ville. Il est décédé le 30 avril 1820, à Pondichéry, rue des Capucins, et enterré au cimetière français de la rue Surcouf.
Fils du baron Claude Nicolas Mottet de La Motte (1692-1768), Benoît est nommé commandant et président du Conseil provincial de Chandernagor. Il est tour à tour Agent général pour la Nation, Préfet colonial (1803) [1], commissaire-ordonnateur des Établissements français de l'Inde, Président du Conseil supérieur à Pondichéry. À l'origine Commissaire de la Marine, li est un gouverneur de Pondichéry, qui est baron [2], mais se dit comte. Mottet est fait chevalier de l'ordre de Saint-Louis, le 7 octobre 1820. Il est aussi chief justice (= juge) et député du Grand Orient de France [3]. Dans A Genealogical and Heraldic History of the Colonial Gentry ..., Bernard Burke, par contre, le dit général, ce qui ne figure pas sur les documents d'archives.
Benoît Mottet de La Fontaine, officier de la plume du ministère de la marine et des colonies, est à l'origine de la branche de La Fontaine, de la famille Mottet, alliée notamment à des familles de l'aristocratie anglaise des Indes.

Pourquoi parler de bourgeois ? Il est vrai qu’une étude complète sur cette famille n’a jamais été tentée. Mottet, Mouttet et Motet sont employés tour à tour pour désigner les membres d’une même famille qui est d’Embrun, d’Arles, de Tarascon et qui a le même blason. L’étude des modifications et constantes des blasons des Mottet de 1300 à 1800 et de la Provence à Versailles démontrent aussi qu’il s’agit là d’une même famille et de ses différentes branches.
Louis Mottet de La Motte (1651-1740)
x (1683) Marguerite Herlaut (1667-1745), soeur de Nicolas-Jérôme Herlaut
¦ +-> Anne Mottet (1685-1765)
¦ x (1711) Nicolas Rémond (1678-1727) [22].
¦ ¦ +-> Anne Catherine Rémond (1712-1786)
¦ ¦ x (1741) Jean-Michel Chevotet (1698-1772)
¦ ¦+-> Anne Michelle Chevotet (1743-1807)
¦ ¦ x (1765) Jean-Baptiste Chaussard
¦ ¦ +-> Pierre-Jean-Baptiste Chaussard
¦ ¦+-> Louise Gabrielle Rémond (1720-1804)
¦ x (1752) Jean Valade (1710-1787)
¦
¦+-> Antoinette Mottet (1686-1754)
¦ x Pierre II Moreau de Champlieu
¦
¦ +-> Nicolas Mottet de La Motte (1693-1768), baron
x (1723) Madeleine Coustant (1705-1771), fille de Charles Coustant de Belle-Assise.
¦+-> Madeleine Mottet (1724-1808).
¦ x (1757) Louis Segoing, baron [4]
¦ +-> François Mottet (1728-1808) [5].
¦ +-> Louis Melchior Mottet (1735-1811) [6].
¦ x (1763) Jeanne Agathe Le Proux de La Rivière (1735-1811) [7].
¦ ¦ +-> Agathe Mottet-de Rambaud
¦ ¦ x (1785) Benoît de Rambaud (1750-1787) [8]
¦ ¦ ¦ +-> Auguste de Rambaud (1786-1834)
¦
¦ +-> Benoît Mottet de La Fontaine
x (1787) Marie Marguerite Villon de Fécamp [9].
¦ +-> Victorine Mottet de La Fontaine
x (1808) John Doveton
¦
¦ +-> Édouard Mottet de La Fontaine [10]
¦
¦ +-> Clotilde Mottet de La Fontaine
¦ x (1816) Henry II Russell
¦ ¦ +-> Charles Russell de Swallowfield
¦ ¦
¦ ¦ +-> George Russell de Swallowfield
¦ ¦ x (1867) Contance Lennox
¦ ¦ ¦ +-> Marie Clothilde Russell
¦ ¦ ¦ x (1903) Arthur Ernest Guinness of Iveagh
¦ ¦ ¦ ¦ +-> Aileen Sibell Mary Guinness
¦ ¦ ¦ ¦ x (1927) Brindsley Sheridan Bushe Plunket
¦ ¦ ¦ ¦ ¦ +-> Doon Aileen Plunket
¦ ¦ ¦ ¦ ¦ x (1958) James Leweson-Gower
¦
¦ +-> Adolphe Mottet de La Fontaine [11].
x (1829) Élisabeth de Warren [12]
¦ +-> Claire Mottet de La Fontaine
¦ x (1869) Prosper d’Épinay
+-> Marie Mauricia d’Épinay [13]
+-> Georges d’Épinay [14]
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Ce frère cadet de Louis Melchior, Benoît Mottet de La Fontaine, fait comme ses frères aînés des études à Compiègne. Au début de sa carrière, nous le retrouvons :
· Le 1er janvier 1764, Commis au bureau des colonies au ministère de la marine à Versailles. Il a 18 ans.
· En décembre 1764 à 1768, Commis à Rochefort,
· Le 16 août 1768, Écrivain de la Marine
· En 1770, Écrivain au bureau de contrôle de la marine
Assez bizarrement, c’est lui qui est baron fieffé de La Motte et de La Fontaine, après son père, alors qu’il a plusieurs frères aînés [17]. Selon le dessin du blason des Mottet sur leurs tombes à Dinan, les Mottet de La Fontaine portent : D'argent au chevron d'or accompagné de trois roses de gueules tigées et feuillées de gueule, et au chef d'argent chargé de trois étoiles d'or. Bord et Gaudard de Soulages, dans Dictionnaire généalogique des familles de l’Inde Française, affirment que le chevron est d’azur et remplace en pointe e une rose par un mont de sable d’un coupeau et que le chef est d’azur. Il s’agit là du blason des Mottet de La Motte, dont les La Fontaine sont une branche cadette, la branche aînée est celle de Louis Melchior. La généalogie des Lantivy parle de deux marguerites et un besant d’or en pointe.
À Rochefort, Benoît a des responsabilités assez importantes. Il est un serviteur du roi zélé et intègre, comme son frère Louis Melchior et le beau-père de celui-ci, Éloy Le Proux de la Rivière. Il demande un seul congé, le 16 septembre 1771, du fait du décès de sa mère à Compiègne.
Puis ils doivent attendre Suffren et l’armée décimée par le scorbut reste à l’Île Maurice. Le quart des effectifs y laisse la vie. Benoît doit ensuite s’acquitter d’une mission impossible : ravitailler la flotte de Suffren et les armées de Bussy. Il est Sous-commissaire à Pondichéry, le 1er janvier. Il gagne 340 livres et à 170 livres de gratifications. Du fait de la guerre il se plaint de ne pas être payé de cette solde peu importante au ministre.
Mottet est nommé Commissaire Ordonnateur de Trinquemalay en 1779. Il voyage avec sa fille de Pondichéry à Trinquemalay sur le Sévère. Tandis que Benoît de Rambaud (1750-1787) après avoir participé à la prise du fort par Suffren, le restaure et essaie d'améliorer des défenses, son futur oncle est chargé par le Commissaire général Cheureau de tout ce qui est problème administratif à Trinquemalay. Leur but doit être de faire de ce port militaire une base pour l'escadre de Suffren. Les appointements de Mottet en tant que Commissaire sont de 3.000 livres par an, auxquelles s'ajoutent 1.500 livres comme Ordonnateur, ce qui équivalent à la solde. 4.500 livres c'est une solde qui équivaut à celle de certains commissaires généraux.
En 1784, il est sous-commissaire à l'isle Bourbon (= Réunion) [18]. Benoît est cité comme administrateur civile de l'île, et le futur mari de sa nièce comme lieutenant de la Troisième légion des volontaires étrangers de la marine, par L'Île de France contemporaine, d'Hervé de Rauville et L'Etat des colonies de 1784, publié par le ministre de la Marine de Castries.À cette époque, François Le Proux de La Rivière (1755-1783), le mari de l'une de ses nièces, procureur du Roi pour la juridiction de l'Isle de Bourbon vient de décéder peu de temps après son arrivée dans l'île.
Suffren pour le remercier d’avoir accompli des miracles appuie la confirmation de sa nomination provisoire, au titre de Commissaire ordinaire des colonies, par la commission locale. Cela ne devient officiel que le 24 mai 1785[19].
L'an 1785, le 12 septembre, le Conseil Supérieur de Pondichéry s'assemble pour reprendre ses fonctions discontinuées depuis le 17 octobre 1778. Nous apprenons dans les Arrêts du Conseil supérieur de Pondichéry, tome 4, analysés par Gnanou Diagouque que Benoist Mottet de La Fontaine y participe en tant que commissaire ordinaire des colonies. Il signe un certain nombre de doduments à cette époque venant du roi ou lui étant destinés.
Et de suite Mottet de la Fontaine présente à la Cour de Pondichéry un brevet qui a été enregistré et dont suit la teneur :
Aujourd'hui 15 août 1784 le Roi étant à Versailles, desirant pourvoir et commettre aux fonctions de commissaire des colonies conservées provisoirement sous cette dénomination par son ordonnance du 27 Septembre 1776, pour la suppression du corps des officiers d'administration et des écrivains de la marine, des personnes qui s'en acquittent dignement; Sa Majesté a estimé, sur le bon et louable rapport qui lui a été fait de sa bonne conduite, fidélité et affection au service, du sieur Benoist Mottet de la Fontaine, ne pouvoir faire un meilleur choix que de lui. En consèquence et en confirmant la commission provisoire qui lui a été expediée par le sieur de Bussy commandant général de ses possessions au delà du Cap de Bonne Espérance. Elle l'a commis ordonné et établi; commet ordonne et établit pour faire les fonctions de commissaire ordinaire des colonies conservées provisoirement par la sus dite ordonnance, sous les ordres des Intendants et commissaires généraux par elle départis pour faire la revue des troupes, etc. Mande Sa Majesté à Mr. le Duc de Penthievres amiral de France, aux vice-amiraux...
Comme on peut le voir les nominations du roi mettent un an à être appliquées aux Indes.
Benoist est aussi juge en la chambre du Conseil Supérieur de Pondichéry. Nous trouvons dans Arrêts du Conseil supérieur de Pondichéry, décision du 13 Mai l'an de grâce 1786, signée Mottet et Boucher :
Louis par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre au premier huissier de notre Conseil Supérieur de Pondichéry, ou autre huissier ou sergent sur ce requis, à la supplication de Sieur Jean-Baptiste Fulgence de Bury, capitaine d'infanterie au nom et comme exécuteur testamentaire de feu Saint François Antoine Alexandre de Bury, Nous demandons contraindre par toutes voies dues et raisonnables, Dame Marie Anne Cosson de la Lande veuve de feu Sieur Jean Baptiste Solminihac chevalier de l'ordre Militaire et Royal de Saint Louis, capitaine de port à Pondichéry, à payer au dit Sieur de Bury
1° la somme de 6. Rs. 4 fs. montant des dépens auxquels par arrêt de notre Cour du 29 Mars dernier, la dite Solominihac a été condamnés envers le dit Sieur de Bury,
2° celle de 4 Rs. pour frais du présent exécutoire et signification d'icelui, de le faire te donnons pouvoir.
La Dame Marie Anne Cosson de la Lande est la grand-mère de sa future épouse.
Le 9 septembre 1786, Benoît propose à son frère, Louis Melchior Mottet, commissaire général au ministère de la Marine, responsable des colonies de prendre un de ses fils, pour travailler sous ses yeux.
Installé à Pondichéry, il reçoit un ordre de mutation pour remplacer Dangereux à Chandernagor le 1er octobre 1787 et devient le Président du Conseil provincial de ce comptoir français aux Indes orientales. Dans le même temps il est fait Commissaire des Colonies [19]. Dangereux peut se consacrer désormais au soin de sa Compagnie française des Indes orientales [20]. Mottet apporte dans cette dure position toute l'intelligence, la sagesse et la prudence possibles et acquiert l'estime et la confiance de l'administration anglaise jalouse de faire ce qui lui était agréable.
Une proposition est faite par le roi d'Ava, d'Arakan et du Pégou (Birmanie) à Mottet, agent pour le Roi au Bengale, en 1787, pour lier des opérations commerciales entre son royaume et la France. La pièce qui prouve l'existence de cette demande est une lettre de Mottet à Billon, chef à Chatigan, du 22 décembre 1787 [21]. Mottet est envoyé par Camille Charles Le Clerc, chevalier de Fresne, commandant en second des Établissements français de l'Inde, pour essayer de redynamiser le négoce dans le comptoir après la guerre [22].
Hélas pour ses administrés Mottet, ami de Camille Charles Le Clerc, chevalier de Fresne et plein comme lui de jugement et de pondération, est remplacé, en 1788, d'une fait d'une décision de Thomas Conway, par le sieur de Montigny qui va gagner la gageure de se faire un ennemi de chacun de ses administrés
Benoît Mottet de La Fontaine se remarie le 20 mai 1787 à Pondichéry avec Marie Marguerite Villon de Fécamp, fille du marquis Louis Victor Villon (1729-1791), et de Catherine Solminihac de Chaune (1734-1825) [23].
Son beau-père est capitaine d'infanterie, chef de la loge de Cassimbazar. Dans sa jeunesse il se trouve à Pondy à l'arrivée de Lally, en avril 1758, participe à toutes les batailles et aux pillages des troupes françaises. Mais, le vent tourne et Pondichéry est assiégée en septembre 1761. Catherine de Solminihac, sa Femme, qui est enceinte doit se réfugier, avec une partie des civils, à Tranquebar. C'est là que naît la future épouse de Benoît de La Fontaine. Pondichéry capitule le 17 janvier 1761, et Mahé en février. La belle cité périt sous les flammes britanniques, lors de l'attaque de janvier 1761. Elle est entièrement rasée, l’église des Capucins n’est pas épargnée. Le Major Villon de Fécamp, de son côté, se distingue lui aussi au siège de Gondelour, cette place forte en face de Pondichéry. Une lettre de Bussy datant de 1785 demande pour lui la croix de Saint-Louis. Le marquis de Fécamp est nommé en 1789, responsable de la loge de Kassimbazar [24]. Ce titre de marquis est un peu surprenant. Si la famille Villon est citée, comme les Baudouin, le colonel Arnaud n'a trouvé comme référence que le Dictionnaire généalogique des familles de l'Inde française.
Les Solminihac de Chaune descendent du frère d'Alain de Solminihac (1593-1659), né au château de Belet, à Saint-Aquilin, dans le Quercy. Cet évêque de Cahors est béatifié en 1981 par le pape Jean-Paul II. C'est une famille de la noblesse pauvre. Jean-Baptiste Solminihac de Chaune (1700-1783), le grand-père maternel de la Femme de Benoît, écuyer, vient s'installer à Pondichéry, où il est capitaine de port et chevalier de Saint-Louis. Les femmes européennes sont rares. Il se marie en 1732 avec Anne Marie Cosson de La Lande (1710-1769) [25], qui a une grand-mère indienne. Sa belle-mère a un frère, Pierre Paul Solminihac de Chaune (1700-1783), sous-ingénieur et capitaine au bataillon des indes, puis de port, chevalier de Saint Louis. Il se marie en 1766 avec Jeanne Braud de La Fond. Leur fille, Émilie, se marie avec Charles-Camille Le Clerc de Fresne, le 20 juin 1788 à Pondichéry [23]. Ce jour là le chevalier de Fresne, ami de Mottet, devient le cousin germain de sa femme. En 1789, il est nommé Gouverneur des Établissements français des Indes et va le rester jusqu'en 1792.En 1791, Catherine Soliminihac de Chaune, sa belle-mère, se retrouve veuve de Louis Victor Villon de Fécamp. Elle écrit au ministre qu'elle est sans revenu. Charles-Camille Le Clerc de Fresne, son neveu, de son côté, affirme qu'elle tire sa subsistance de taxes sur la vente de l'opium. C'est pour le moins exagéré. En 1796, elle touche certainement une partie de la pension de son mari. Mais le recensement anglais des habitants de Pondichéry nous dit qu'elle vit avec l'une de ses filles, rue Royale, à Pondichéry, et 24 domestiques. Certes nous sommes en Inde au XVIIIe siècle, mais ce chiffre montre qu'elle a des revenus importants.
La mariée a quinze ans.
Benoît Mottet de La Fontaine est, en 1788, administrateur Général des Etablissements Français dans le Bengale et Président du conseil Provincial de Chandernagor. Montigny ne s'entent pas avec lui.
Nous le retrouvons, en 1789, commissaire ordonnateur du roi et président du Conseil supérieur de Pondichéry, avec Banal, Boistel, Law de Lauriston, l’un des frères Monneron. Le commissaire ordonnateur d’une colonie se charge de toute l’administration civile, y compris les finances, le commerce, la navigation, la police et la justice.
Dès 1788, à Pondichéry une minorité de blancs importante et très active qui déteste les Anglais et est révolutionnaire s’agite. Le départ de Conway et des troupes leur donne des arguments et renforce leur position. La fièvre révolutionnaire gagne les Etablissements français de l'Inde, un an après son déclenchement dans la métropole, à l’arrivée le 25 février 1790 d’une flûte venant de Saint-Maurice et annonçant ce qui est surnommé « la Révolution de Paris. » Le navire vient chercher des munitions, des soldats, et du matériel. La foule se rassemble devant l’hôtel du Gouverneur et demande qu’ils restent à Pondichéry et la formation d’une milice. Dès le lendemain les habitants se réunissent en « Assemblée nationale » et redemandent la formation d’une garde nationale à Pondichéry. Le Gouverneur du Fresne se prête au jeu et demande aux 65 membres « élus » une première mesure : la proclamation de la loi martiale. L’Assemblée accepte, car les métis et les Indiens veulent être associés à ces réformes. En effet, toute cette agitation n'est pas sans avoir d'écho dans la population indienne. Les cipayes animés d'un esprit de révolte qui commence à faire réfléchir les plus ardents parmi les Européens. Le comité représentatif, voulant se décharger de la responsabilité qui pesait sur lui, convoque les citoyens. Le but de la réunion est de nommer une assemblée, composée de quinze députés, chargés d'administrer la colonie, de discuter les affaires locales et de correspondre avec la métropole. Il y a cent quatre-vingt-quinze votants. Le surlendemain une affiche demande la suppression du Conseil Supérieur de Pondichéry, dont Benoît est le président. Le navire avait apporté sa nomination comme « Agent Général pour la Nation ». Commissaire des colonies provisoirement agent pour les révolutionnaires il décide de faire des réformes. Les indigènes doivent payer un nouvel impôt et être enrôlés pour défendre les révolutionnaires des Anglais.
Nous avons vu les liens qui existe depuis 1787 entre le roi d'Ava et du Pégou et Benoît Mottet de La Fontaine. Ce dernier est envoyé avec un certain Boytard, chef du comptoir de Monnepour dans ce royaume, en 1790. Ils doivent rétablir les relations que nous avions autrefois avec le Pégou. Ils ne peuvent accomplir cette mission en raison de la guerre qui existe dans le sud de la Birmanie [27]. Des sources plus récentes nous précisent que ce roi veut surtout acheter des fusils à la France [28].
Benoît Mottet de La Fontaine revient au Bengale avec Boytard. Il apprend qu'il est nommé commandant à Chandernagor [27].
Le gouverneur général de l'Ile de France, Thomas Conway, désigne, un certain Canaples, comme gouverneur de Chandernagor. Mais il ne vient pas sur place. Charles-Camille Le Clerc de Fresne, Gouverneur des Établissements français des Indes, déférant au désir de Lord Cornwallis qui réclame un chef légal avec lequel il puisse traiter les questions de l'opium et du sel, s'en résout à envoyer un intérimaire au plus tôt. Il espère aussi, ce faisant, faire rentrer chacun dans son devoir et calmer l'agitation au Bengale, fort préjudiciable aux intérêts des Pondichériens, choisit judicieusement son cousin germain par alliance et ami Benoît Mottet qui avait commandé Chandenagor avant Montigny et qui avait su acquérir dans l'exercice de cette ingrate fonction l'estime du Conseil supérieur de Calcutta et celle même des membres du comité de Chandernagor [29].
Malheureusement cette heureuse décision arrive trop tard les rebelles ayant pillé toutes les caisses et craignant quelques sanctions sévères ne rêvent plus qu'émancipation totale[29]. La démission de Montigny n'a rien terminé contrairement à ce que Pondichéry a la naïveté d'espérer. Les agitateurs sont en bon nombre à Chandernagor.
À tel point que les premiers troubles éclatent avant son arrivée. Le 29 juillet 1790, Charles-Camille Le Clerc de Fresne et Mottet (ce dernier nommé depuis le 21 juillet ordonnateur en remplacement de Léger rentré par la Thétys en France) ont demandé au Conseil supérieur l'enregistrement et le dépôt au greffe de la proclamation du Roi sur le décret de l'Assemblée Nationale relatif aux créances arriérées et aux fonctions de son comité de liquidation. De ce fait, deux notables Indiens se trouvent sans ressources, leurs créanciers les font saisir. Comme en témoigne une requête des Mahanattars à Messieurs du Bureau de Liquidation du 6 Août 1791, ces Indiens sont en même temps les créanciers de la Nation [30].
Les révolutionnaires l'acceptent provisoirement, mais en réservant tous les droits du Comité. Jusqu'au moment où la constitution sera votée, l'administration des finances et la police doivent rester aux mains du Comité qui aura toujours le pas sur lui dans toutes les cérémonies. La justice sera exercée par des juges choisis par et parmi les citoyens.
Mottet a la consigne de n'avoir aucun rapport avec les chefs hollandais et danois qui avaient eu une conduite indécente avec le Comité. Puisqu'il faut à cause du commerce, traiter avec les Anglais il doit leur demander réparation de leurs insultes. Il doit faire exécuter les lois établies par le Comité. Par grâce, ils consentent pourtant à le laisser correspondre avec Charles-Camille Le Clerc de Fresne, pour la politique. Le comité avise en même temps Charles-Camille Le Clerc de Fresne qu'on accepte Mottet qui a mérité précédemment l'estime de la Colonie, mais que puisque Chandernagor a été abandonné, ils veulent y établir une constitution libre. Ils terminent en disant : nous prendrons un chef mais nous bornerons ses pouvoirs.
Comme il n'y a si beau tableau qui n'ait ses ombres, on a, ce même jour, à déplorer la conduite d'un militaire nommé Langlois, qui juge bon d'aller insulter l'Ordonnateur Benoît Mottet. Car, malade, il ne s'est pas rendu à la fête du 2 avril. Trois membres de l'Assemblée vont lui témoigner leurs regrets [30].
Thomas Conway à l'Assemblée coloniale de l'Isle de France se réjouit de cette situation. Il déclare : il y a t à parier à cent contre un que l'administration de Pondichéry a renvoyé Mottet à Chandernagor. C'est une querelle de personnes. Mottet est parent, ami et l'allié à Charles-Camille Le Clerc de Fresne. Thomas Conway l'a, dix-huit mois auparavant, destitué de ses fonctions de commandant de Chandernagor [30].
Mottet estime à 60.000 Rs. les dilapidations passées du Comité et établit ses dépenses à 142.000 livres contre les 15.300 que le budget approuvé par le Roi attribue à ce comptoir. Sans connaître ces chiffres par le menu, Mottet se doute bien qu'il faut diminuer sérieusement le chapitre des dépenses et reconstituer le commerce réduit à rien. Les vaisseaux n'osent plus en effet aller à Chandernagor, et les habitants fuient[30].
Face à l'attitude de Thomas Conway et surtout des révolutionnaires qui réduisent son rôle à néant et lui enlèvent la possibilité de remplir sa mission, à savoir contrôler les finances de la colonie, Mottet comprend qu'il ne peut accepter le titre d'agent et se borne à celui de conciliateur[30]. Ayant besoin d'argent il le laisse vendre pour 106.510 Rs d'opium.
Les gazettes de Calcutta signalent que le nouveau ex-Gouverneur de Chandernagor craignant le froid confort d'un cachot vient s'installer dans leur ville, où se trouvent déjà Montigny, Brettel, Des Marchais, Dayot et Greffier.
Verinnes, président de l'assemblée locale, écrit à son ami Lagénée le 13 décembre 1790 :
Je voulais vous dire quelque chose de positif sur l'effet que produirait l'arrivée de M. Mottet. Mes doutes sur sa mission se sont réalisés. Les conditions que le Comité lui a faites pour le recevoir sont si révoltantes, qu'il a été obligé de quitter la place sous le prétexte d'aller traiter à Calcutta de l'affaire du sel qui est aujourd'hui très majeure pour les marchands français.
De Pondichéry, Charles-Camille Le Clerc de Fresne écrit au Comité que n'ayant pas le pouvoir de destituer Montigny, il n'avait pu envoyer un chef plus tôt. M. de Civrac, le 16 décembre 1790, demande personnellement à Richemont pourquoi il a fait de telles conditions à l'agent de la Nation, dépositaire légal du Pouvoir Exécutif. Il le flatte en lui recommandant, personnellement, de bien accueillir Canaples qui, bien que nommé par Thomas Conway, est accepté par Cossigny[30].
Peine perdue, le Comité confiant dans une mission qu'il vient d'envoyer à l'Isle de France ne veut rien entendre. Les choses restent en état et Mottet à Calcutta, chez Alex Calvin, à raison de 675 livres tournois par mois.
Tandis que les émigrés vivent dans la misère ou sont escroqué les Anglais, les habitants restés à Chandernagor se déchirent entre eux à propos d'un soi-disant complot fomenté contre le comité. Le procès ridicule fait à ce propos n'a d'autre intérêt que celui de nous prouver que bien des citoyens sont las de la dictature du révolutionnaire Richemont[29].
N'a t-on pas projeté à Chandernagor de pendre Mottet en effigie, parce qu'il a réarmé le Chandernagor, ainsi que Bartro, qui en a pris le commandement ? On les accuse et tous deux de lesnation (sic) alors que le Chandernagor est allé tout simplement porter du riz à Pondichéry en demi-famine.En même temps les membres du Comité dont la folie arrive à son comble, jettent une partie de la population dans les cachots, les fers aux pieds sous prétexte qu'ils ont conspiré contre eux et voulu avec d'autres conjurés, au nombre de 40, faire rentrer Mottet dans la place. Benoît a connaissance de ce nouvel abus de pouvoir par une lettre de Mme Sainte-Croix le suppliant de venir au secours de son mari jeté en prison. Un certain Gomain, élargi, lui porte une supplique au nom des autres détenus emprisonnés par le Comité sans savoir pourquoi qui ont pris connaissance de la supplique par un grillage, supplique qu'ils n'ont pu signer faute de moyens. Ils se plaignent de traitements inhumains, en particulier d'être restés 26 heures sans manger. En feuilletant les procès-verbaux de ce procès ridicule nous y trouvons qu'on reproche aux inculpés : Le Chapelier, Nègre de Sainte-Croix, Bernes, Charpentier, Manimot et Dubois et particulièrement à Tinglet de Neuville, d'être prêt d'accueillir avec joie Mottet[30]. Fort heureusement presque tous les prisonniers vont s'évader et se réfugier soit à Chinchurat, soit à Serampour, excepté Le Chapelier, qui, malade, est mis à l'hôpital.
Benoît Mottet de La Fontaine trouve décidément que les choses vont de mal en pis. Il se laisse aller à dire qu'il n'y a qu'un parti à prendre et que Lord Cornwallis laisserait volontiers passer des troupes. Il fait pourtant une dernière tentative, écrit au Comité pour le ramener à de meilleurs sentiments lui représentant que jamais l'Isle de France n'approuvera, que l'argent de l'opium tombe dans sa caisse. La réponse est un éloge de Richemont, de son cru, peut-être même de sa plume, et une dernière protestation contre l'établissement de Mottet au Bengale[30].
Canaples écrit aussi à cette époque : Je n'aurais pas souffert qu'ils se fussent emparé des propriétés de leurs concitoyens, qu'ils se fussent approprié les magasins et la caisse du Roi, qu'ils eussent pillé ceux de la Compagnie des Indes qu'ils eussent mis la main sur des dépôts, qu'ils eussent menacé la vie même de M. Mottet.
Le 30 avril 1791, Cossigny écrit à de Fresne. Il lui accuse réception de la copie des conditions que le Comité de Chandernagor entend imposer à Mottet, envoyé par de Fresne pour rétablir l'ordre dans ce comptoir. Cossigny écrit : J'ai reçu cette pièce vraiment curieuse, qui tient comme tout ce qui s'est passé dans ce pays, au délire le plus inimaginable.
Charles-Camille Le Clerc de Fresne est très heureusement secondé par deux administrateurs de carrière, Léger et Mottet, qui remplissent auprès de lui les fonctions d'Intendant et d'Ordonnateur et qui sont tous deux des hommes fort remarquables, écrit le Catalogue des manuscrits des anciennes archives de l'Inde française. Pondichéry, 1816-1855.
En juillet 1791, les habitants de Chandernagor pillent les magasins et menacent Mottet de mort. Celui-ci continuer à écrire des terres ou les certifier. En juillet 1791 Mottet fait appliquer un décrét de l'Assemblée nationale fait saisir les biens de deux riches Tamouls pour dettes. Cette communauté n'apprécie pas cette mesure révolutionnaire. Leurs biens d'une valeur de 75.000 livres sont vendus pour 22.000.
Les anarchistes de Chandernagor ont parfois des demandes normales. Ils écrivent, le 25 août, à Charles-Camille Le Clerc de Fresne et Mottet pour leur faire part du voeu que les habitants des Seychelles leur avaient exprimé à leur passage attirer parmi eux un ecclésiastique de bonnes vie et moeurs auquel ils se proposaient de faire un sort convenable s'il consentait à se fixer dans cette île pour y exercer les fonctions de son ministère .... S'il y avait à Pondichéry un ecclésiastique que la solitude n'effrayât point et qui connût le prix d'une vie douce et paisible, en se bornant aux fonctions de son état ; ils seraient obligés à M.M. de Fresne et Mottet de lui assurer les moyens de passer aux Seychelles.
Les révolutionnaires l’emportent. A Chandernagor, un homme fort, le capitaine du port, Fidel Armand Blouet, finit par se proclamer en 1792 chargé par intérim de la Nation au Bengale. Même le beau-père de Benoît, le marquis, écrit de Kassimbazar : Vous avez appris la révolution arrivée à Chandernagor. Partout, les esprits se montent. Si c'est pour un bien, Dieu en soit loué ! L’oncle de sa femme, Solminihac, va plus loin, nouveau capitaine du port de Pondichéry, il signe des libelles contre Montigny. Pourtant en février 1789, le fils de cet ardent révolutionnaire, Benoît François de Solminihac, avait eu comme parrain Montigny et comme marraine Marguerite de Fécamp, épouse de Benoît Mottet. Les Français de l'Inde toujours prêts à s'entredéchirer ne formaient qu'un tout petit cercle, conclut Michel Rougé, l’un des descendants des Mottet, dans son manuscrit : La France en Inde, Histoire d'une famille française.
Canaples, qui agit au nom de l'assemblée coloniale de l'Île de France, n'a pas plus de succès avec eux. Il est déclaré traître à la patrie[33]. Un correspondant du gouverneur de l'Isle lui parle des conditions tenant du délire le plus inimaginable, comme tout ce qui s'est passé dans ce pays qui prétendait imposer le comité de Chandernagor à M. Mottet[26]. Mais ce dernier et Charles-Camille Le Clerc de Fresne demandent qu'on ne leur envoie pas de troupes en renfort.
Néanmoins à Pondichéry la Révolution n'empêche pas Benoît de devenir président du Conseil supérieur et en même temps responsable des finances et chef de l'administration locale. Comme l'écrit l'un de ses descendants, Michel Rougé, il enregistre sans sourciller les actes de l'Assemblée coloniale qui s'était crée spontanément [26].
Benoît Mottet de La Fontaine reçoit des consignes d'Antoine François de Bertrand de Molleville, ministre de la Marine, le 8 octobre 1791 qu'il essaie tant bien que mal d'appliquer[35]. En effet, il écrit à Charles-Camille Le Clerc de Fresne et Mottet. Bertand leur envoie des deux lois du 28 septembre relatives aux colonies (N° 1494 et 1495) et des instructions pour leur application. La lettre fait état du désir qu'a Louis XVI de voir renaitre l'union et la tranquillité dans les colonies.
Benoît vit, à partir de 1791, avec sa famille, la plupart du temps dans la résidence de l'Ordonnateur, qui est située à l'emplacement actuel de la poste[36]. Édouard de Warren, jeune officier anglais retrouvera en 1834 sa famille dans les salons de l'ordonnateur. Ils possèdent pourtant l'hôtel Mottet de La Fontaine, rue des Capucins et à cette date les Mottet sont officiers au service du Nizam. Le recensement anglais des habitants de Pondichéry en 1796, cinq ans plus tard, nous informe que Madame Marie Fécamp Mottet, son mari et ses six enfants habite un hôtel particulier rue du Gouvernement (devenue la rue de Chartres, puis la rue François Martin). Ils ont sept domestiques à leur service. Mais ils ont aussi une autre demeure rue des Capucins (rue Romain Rolland) avec quinze serviteurs. Le nombre de domestiques ou d'esclaves par habitant est de 1,5 dans cette rue, où le train de vie des habitants est le plus important. Benoît, avec ses 22 domestiques, est le notable qui a le plus de personnes à son service. Sa demeure de la rue des Capucins (rue Romain Rolland) existe toujours, mais elle a été transformé en tannerie et est très délabrée.Benoît Mottet de La Fontaine enregistre après la fin de la monarchie les décisions au nom de la nation et de la loy. Il est l'Ordonnateur de Pondichéry en 1793 [37]. De cette période il nous reste un relevé de comptes qui commencé par Furmeron est continué par Boyé, son écrivain à Calcutta. Ce dernier note, le 12 avril 1793, une lettre de Mottet : Je vous ai autorisé à emprunter l'argent nécessaire aux besoins du service courant et indispensable [30].
Le 11 juillet 1793, l’armée anglaise est sous les murs de Pondichéry. Afin d'affaiblir la résistance des assiégés, les Anglais jettent dans la ville des bombes contenant des tracts avec le portrait de Louis XVI avec cette légende : Je meurs innocent, et des journaux annoncent la mort du roi. La discorde parmi les Français facilite la prise de la ville par les Anglais. Selon Castonnet des Fosses, La révolution et les clubs dans l’Inde, les blancs et les métis crient : Vive le roi ! Vive Louis XVII ! A bas les Jacobins ! A bas la guerre ! Les Indiens accueillent les soldats anglais comme des libérateurs. La capitulation est signée, la garnison reste prisonnière, les officiers gardent, leur épée, les propriétés et les lois sont garanties. La municipalité de la révolution est dissoute et remplacée par un lieutenant de police. Le 23 août 1793, à 9 heures du matin, les Anglais entrent dans la ville et en prennent possession. Le général Floyd est nommé gouverneur de Pondichéry. Le lendemain, un service a lieu pour Louis XVI, dans l'église de Notre-Dame des Anges. Toute la population européenne et indigène y assiste. Puis ils sortent de l’église en hurlant : Vive le roi ! Vive Louis XVII !
Les autres comptoirs, qui ont eux aussi connu quelques instants d'exaltation révolutionnaire, tombent les uns après les autres. Les attributions du Commissaire ordonnateur sont transférées à un Commandant anglais dépendant de Madras. En France, c’est le règne de la Terreur. Une partie de la population est déportée en métropole par l’occupant. Benoît et les siens choisissent de rester, craignant d’être guillotinés. Les ecclésiastiques reviennent à Pondichéry. L’agitation est finie. Les Anglais conservent le Conseil supérieur de Pondichéry comme tribunal suprême, sans en changer la composition. Benoît Mottet garde la présidence de ce Conseil pendant les 23 années de l’occupation anglaise et sa résidence de fonction [38]. L'autorité du tribunal est distribuée au district de Cuddalore.
Les attributions du commissaire ordonnateur sont transférées à un commandant anglais dépendant de Madras. Une partie de la population est déportée en métropole par l’occupant, mais Mottet et les siens choisissent de rester, craignant d'être victimes de la Terreur en France. Benoît Mottet garde néanmoins la présidence du Conseil de Pondichéry pendant les 23 années de l’occupation anglaise et sa résidence de fonction.
Marie Villon de Fécamp, la femme de Benoît va en France en 1793-1794. Elle rencontre à Paris Panon-Desbassayns. Le monde des anciens officiers du roi fait partie intégrale de l’univers parisien de ce célèbre réunionnais. La franc-maçonnerie continue à les unir. Elle crée aussi des liens entre les Mottet et les frères officiers ou administrateurs anglais, presque tous initiés.
La frégate la Belle-Poule, détachée en mer de la division que commande le vaisseau Le Marengo, se présente le 27 Prairial devant Pondichéry, pour prendre possession de cette place, sous laquelle stationnent encore cinq vaisseaux de ligne, trois frégates et deux corvettes commandées par l'amiral britannique Rainier. Mais au mépris des conventions stipulées depuis un an déjà, entre les gouvernements britannique et la république, cet amiral, après avoir pris connaissance des dépêches du commandant français, refuse à la Belle-Poule l'autorisation de communiquer avec la terre, et ce n'est que vingt-cinq jours après avoir retenu cette brigade prisonnière sous le canon de son escadre, que Rainier, voyant arriver à Pondichéry la division Linois, veut bien permettre au général Decaen, de mettre une garnison dans la ville.
Tandis que les navires de Decaen mouillent devant Pondichéry, Binot descend à terre. Un courrier est arrivé de la part du capitaine-général à l'adjudant commandant Binot, venu sur la Belle-Poule. Il est provisoirement nommé capitaine général de l'établissement. Mottet, ancien chef d'administration, doit provisoirement occuper la place de préfet colonial [39]. Les Anglais consentent à peine à l’accueillir à Binot. Ils font exprès de ne pas évacuer Pondichéry, dans la perspective d’une réouverture des hostilités.La prise de possession tardive de Pondichéry ne doit pas être de longue durée : le lendemain même de son départ à Pondichéry, Decaen reçoit l'ordre par le brick le Bélier, parti de Brest dix jours après lui, de juste laisser son bataillon expéditionnaire à terre.
Wellesley fait venir dans la ville une escadre de 9 navires, et Decaen doit se replier pour protéger l'Île de France. Là, ou il doit attendre la rupture imminente de l'éphémère convention d'Amiens. Mottet est nommé définitivement à la place du préfet colonial [40]. Dans la ville les troupes françaises ne commettent pas d’exactions, ce qui étonnent les missionnaires de Pondichéry, selon Adrien Launay, et son Histoire des missions de l'Inde. Les Mémoires et journaux du général Decaen nous donnent donne une version un peu différente des faits:
Un signal auquel l'escadre anglaise répondit par deux coups de canon suivis, un instant après, d'un troisième coup, pour faire sans doute appareiller cette escadre), enfin une telle conduite qui n'était pas, à coup sûr, celle d'un état de paix, m'a prouvé de plus en plus qu'il fallait agir promptement et secrètement. D'après cette détermination, je donnai donc l'ordre ci-joint, n°7, à l'adjudant commandant Binot. Le préfet colonial laisse une instruction au citoyen Mottet qui est désigné pour chef d'administration, et le contre- amiral se disposa pour faire appareiller le soir même [41].
Les Anglais somment Binot de se rendre, ce qu’il refuse d’abord de faire. Mais, les habitants de Pondichéry lui adressent une pétition soulignant les conséquences désastreuses d’une tentative de résistance et Binot doit se rendre en septembre 1803.
Anglais et protestants, redoutant la présence de nos compatriotes, contre les quels ils guerroyaient en Europe, les maîtres de l'Inde, à de rares exceptions près, ne donnèrent aucune preuve de sympathie à des prêtres catholiques et français; ces derniers, se sentant tenus en suspicion, demeurèrent à l'écart; ils ne se permirent pas en général de solliciter des secours; ou de faire entendre des réclamations, contre la protection donnée aux païens ou contre les injustices dont les fidèles furent les victimes. Ils virent des collecteurs et des officiers anglais assister aux fêtes idolâtriques, le gouvernement donner de l’argent pour réparer ou construire des pagodes; les agents de police; même chrétiens, intervenir en faveur des processions qui honoraient de fausses divinités, ils gardèrent le silence, sûrs d'avance que leurs plaintes ne seraient pas écoutées.
Les enfants Warren sont néanmoins un exemple de ces mariages entre Anglais et Français. Leur père, le comte Jean-Baptiste de Warren, officier français émigré, qui revient en 1820, à Pondichéry et redevient Français, en 1824. Il est d’abord Conseiller à la Cour royale, puis veuf et malade. La généalogie des Warren remonte jusqu'à un chevalier viking, seigneur de Varenne, marié à une fille de Guillaume le Conquérant. Il suivit son beau-père en Angleterre en 1066. Les descendants de ce conquérant normand revinrent sur le continent pour suivre les Stuart. Ils passèrent au service des Lorraine et des Habsbourg. Bien que fixé un temps en Lorraine, cela les amena jusqu'à Vienne et en Toscane. Jean-Baptiste est né à Livourne. Son père était marié à une Meurers (des barons du Saint Empire). Les descendants de cette famille, déjà très européenne, sont nombreux parmi les grandes familles des U.S.A. Les Warren descendent aussi des anciens Rois de l’Ecosse. Leur mère est une Française, fille d'un greffier en chef, député révolutionnaire. Elisabeth, à gauche sur ce tableau, se marie en 1829 avec Adolphe, le fils cadet de Benoît, qui sert Louis XVIII, puis le Nizam d'Hyderabad, pour le compte des Anglais.Fallowfield vient à Pondichéry pour y implanter fortement la Compagnie. Le gouvernement lui demande d'implanter une Cour de justice dans la ville, selon Rise and progress of the British power in India, de Peter Auber. Donc Benoît Mottet de la Fontaine est nommé 2e juge à Pondichéry le 15 mai 1805 et son neveu frère d'Agathe Mottet obtient le même jour une Commission de Procureur du Roi à Pondichéry.
Les fils de Benoît Mottet de La Fontaine partent faire leurs études en France, notamment à Compiègne, chez leur vieil oncle François Mottet (1728-1808), qui a été président du district de Compiègne, pendant la Révolution, puis chez Louis Melchior Mottet (1735-1811), un autre oncle.
EW exerce ses fonctions jusqu'en 1811, Lockhart et Hugh Fraser le remplacent à Pondichéry.
John Doveton est né en janvier 1783 à Mount Pleasant et il est mort le 23 septembre 1857, au 5, Sussex Square, à Hyde Park, London [40]. Le général John Doveton est le fils du seul habitant de Sainte-Hélène à avoir été anobli. Les membres de sa famille, les Dovetons, servent aux Indes pendant des siècles. John réorganise les forces armées du Deccan avec l’aide d’Henry II Russell de Swallowfield et bat les ennemis de la Compagnie anglaise des Indes orientales. John Doveton K.C.B. [44] obtient en 1838 à la fin de sa carrière le commandement de la division du Centre, aux Indes [40]. John Doveton se marie avec Victorine Mottet de La Fontaine (1790-1860), le 14 mars 1808, à Pondichéry. Il devient ainsi le gendre de Benoît Mottet de la Fontaine et un membre de cette famille certes française, mais dont tous les membres sont soit officiers de l’armée anglaise des Indes, soit mariés à des officiers britanniques. Contrairement à ses frères et sœurs Victorine Mottet de La Fontaine (1790-1860) n’a pas d'enfant. Donc ils adoptent un de leurs très nombreux neveux : John Holroyd. Il est né le 20 décembre 1823, à Londres, et le fils de George Chaplin Holroyd, officier et banquier, et de Virginie de La Fontaine (1796-1845). Pendant un temps George vit avec eux sans être adopté. Puis le 23 septembre 1857, il change son nom en John Holroyd-Doveton et est adopté officiellement. Assez bizarrement c’est le jour de la mort de son oncle et parrain. Lady Victorine Mottet de La Fontaine (1790-1860), sa mère adoptive, décède le 16 mai 1867 à London Kensington. John Holroyd-Doveton va être capitaine, puis colonel du 3e régiment de cavalerie de Madras. Il terminera sa vie comme consul de Grande-Bretagne à Pondichéry, où il mourra et sera enterré en 1874, âgé de cinquante ans. Ce John Holroyd-Doveton épouse le 5 juillet 1847 à Pondichéry une jeune fille appartenant à l'un des rameaux de la famille Law, établi dans cette ville, Pauline Law de Clapernon (1832-1886). Elle est la fille d’Armand Law de Clapernon et la descendante de Guillaume Law, baron de Lauriston.
Benoît Mottet de La Fontaine est nommé commissaire ordonnateur de l’ensemble des établissements français de l'Inde et président du Conseil supérieur à Pondichéry, mais pour quelques semaines seulement, puisqu’il prend sa retraite - avec octroi de l’honorariat - le 1er janvier 1817.
Benoît Mottet de La Fontaine rejoint l'orient éternel, le 30 avril 1820, à l’âge de 75 ans. Sur sa tombe il est inscrit : Ci-gît. Benoît Mottet de la Fontaine, ancien ordonnateur des Etablissements français de l'Inde et président du Conseil Supérieur de Pondichéry. Né à Compiègne, département de l'Oise, le 4 Juin 1745 (sic), décédé le le 30 Avril 1820. Le roi le fait chevalier de Saint-Louis, le 10 juillet 1820.
Descendance de Benoît Mottet de La Fontaine
Entre autres alliances illustres de ses descendants, Doon Aileen Plunket, fille d'un héros de la bataille d'Angleterre, se marie en 1958 avec le comte de Granville, James Leweson-Gower, cousin germain de la reine Elizabeth II et donc neveu du roi George V.
Madame Mottet récolte des fossiles que le cousin de son mari, Philippe Édouard Poulletier de Verneuil, signalera en 1848 [46].
Marie Villon de Fécamp meurt à l’âge de 65 ans le 4 mars 1827. Elle est enterrée au cimetière européen catholique de Saint-Lazare à Pondy, avec sa mère et l’une de ses petites-filles, morte jeune. Ils ont eu 7 enfants, 5 sont encore en vie en 1827. Comme le constatera la Société d'anthropologie de Paris, dans son bulletin de mai 1859-déc. 1860, les Européens meurent incomparablement plus en Inde qu’en France. Même les Topaz, métis de Pondichéry, ont peu de vitalité.
Henry II Russell de Swallowfield est né le 27 mai 1783 à Douvres en Angleterre (Kent) et il est mort le 19 avril 1852 au château de Swallowfield Park (Berkshire). Fils du Chief justice (= Doyen de la Cour de justice) du Bengale, premier baronnet de Swallowfield et la sœur du comte Charles Whitworth, Henry II Russell arrive à Calcutta, où il devient interprète dès l'âge de quinze ans. Richard Colley Wesley, marquis de Wellesley, Lord Mornington, frère de Wellington, n'apprécie pas du tout son père, mais va devenir son protecteur. En 1800, Henry II Russell est nommé assistant secrétaire du British Resident à Hyderabad, avec un salaire presque équivalent à celui d'un maréchal de l'Empire. En 1802, il est le secrétaire de James Kirkpatrick et son plus proche ami. En 1804, grâce à James, Henry II Russell est secrétaire général de la Résidence. À sa mort en 1805, il le remplace très provisoirement. Henry II Russell est le troisième membre de la Commission nommée pour enquêter sur les revendications du Nabab du Carnatique, en 1807. Il devient l'amant de la célèbre Bégum Khair-un-Nissa, veuve de son ami l'ancien British Resident, une princesse qui joue les Lady Butterfly indienne. Mais Henry II Russell se marie avec une anglo-espagnole en 1808. Deux mois après leurs noces, elles meurent et Henry retourne en Angleterre où il écrit des poèmes consacrés à son grand amour défunt. Henry II Russell est British Resident à Poona de 1809 à 1811. En 1810, Wellesley, son protecteur, le fait venir à Calcutta, pour lui expliquer quels sont les objectifs de la nouvelle politique coloniale britannique. De 1811 à 1820, Henry II Russell est le représentant britannique à la Cour de Hyderabad. Le Gouverneur général lui attribue un salaire annuel de £ 20.000, soit 500.000 francs de l'époque.
En 1812, son père est fait baronnet de Swallowfield. A cette époque, sous le pseudonyme de Civis, Henry II Russell de Swallowfield écrit des lettres dans le Times sur la question indienne.. Elles sont éditées sous le titre : Letters of Civis upon the India question, London : C. Chapple, 1813. Revenu en Angleterre, il écrira d'autres lettres qui viennent d'être publiées. Henry se marie en 1816 avec Clotilde Mottet de La Fontaine (1795-1872). A Hyderabad, Henry II Russell de Swallowfield va être à l'origine de l'alliance avec cet état princier et de la Russell's brigade. Lors de la troisième guerre anglo-mahratte, l'armée du Nizam va se révéler d'une grande utilité. Mais pour moderniser cette armée et l'état princier, il a dû conseiller au Nizam et ses ministres d'emprunter £ 600.000 (= 15.000.000 de francs de l'époque !!!). Considéré comme trop dépensier, Henry II Russell de Swallowfield doit donner sa démission et repart en Angleterre. Lui, et sa femme, Clotilde Mottet de La Fontaine (1795-1872), qui est enceinte et son fils, font escale à Sainte-Hélène pour rencontrer en vain l'empereur. Il est vrai que le jeune couple annonce partout qu'ils désirent s'adresser à lui sans lui donner ce titre. Au Royaume-Uni, du fait du caractère de son père et du sien, Henry II Russell de Swallowfield déménage souvent et vit dans les châteaux de ses proches. Finalement, en 1828, il s'installe à Swallowfield Park. En 1836, à la mort de son père, il devient le 2ème baronnet de Swallowfield. Henry II Russell de Swallowfield écrit de nombreuses lettres, gère ses biens, soulage la misère des pauvres, fréquente de nombreux intellectuels et Wellington...
George Chaplin Holroyd (1790-1871) est le fils de George Sowley Holroyd (1758-1831), l'un des juges de la Court of King's Bench, et de Sarah Chaplin (1768-1848). Il est l'oncle de Sir Edward Dundas Holroyd (1828-1916), conseiller du Roi, juge australien.
George est au service de l'East India service, entre autres à la cour du Nizam d'Hyderabad. Il devient un banquier à son retour en Angleterre, et un défenseur actif de l'homéopathie. Le 3 Juillet 1810, il est blessé dans un combat entre la Ceylan, le Windham, et l'Astell et deux grandes frégates et une corvette françaises. Il est à l'époque un cadet et commande le tir de deux canons.
George Chaplin Holroyd épouse, le 2 avril 1818, à Hyderabad, dans l'Andhra Pradesh, Virginie de La Fontaine (1796-1845). Ils ont six enfants, y compris John Holroyd Doveton (1823-1874), un général, un colonel, un juge et une femme de général.
George Chaplin Holroyd est un agent de la Direction générale de la Banque d'Angleterre, et il a rejointCole, Holroyd & Co à Exeter en 1833 (avec William et John Cole, Holroyd a également dirigé le Devon County Bank). Cette banque privée s'établit à Exeter en 1807. Ses partenaires sont Robert Russell, John Cole, Joseph Green, Philippe et Charles Perring Brooke.
En 1822, le partenariat, connu sous le nom John Cole, William Cole Dicker & Co, prend le nom de la Banque du Comté de Devon.
En 1842 l'affaire est vendue à la National Provincial Bank of England des banquiers de Londres, pour 13.000 livres.
Édouard Mottet de la Fontaine (1795-1884) est d'abord page de Louis XVIII en 1814 et cela figure même sur sa pierre tombale à Dinan. Il continue à servir le roi, comme ses garde du corps [16] avec ses cousins germains Mottet et leurs beaux-frères ou neveux Labrousse et Picot de Buissaizon. Selon Edouard de Warren il revient aux Indes à l'âge de 14. À Bolarum il est capitaine, puis major de brigade de la division d'Hyderâbâd [47].
Négociant à la fin de sa vie, il est membre de l'assemblée des notables, qui compte dix membres élus [48].
Édouard se marie le 4 février 1828, à Pondichéry, avec Georgia Honoria Fallowfield (1811-1881), fille d’Ernest William Fallowfield (1785-1874) et Élisabeth du Rhône de Beauvers (1785-1874) [49]. Ils établissent leurs cinq enfants en Inde. Les trois garçons deviennent officiers de l'armée anglaise des Indes. Les deux filles se marient à des Français de Pondichéry. Ils sont les grands-parents entre autres du colonel VHM de La Fontaine (1879-1917).
Adolphe Mottet de la Fontaine (1795-1884), occupe après la défaite de Napoléon, une haute situation dans l'Inde, où ses sœurs deviennent Lady Doveton, Lady Holroyd et la Baroness Henry Russell [50]. Il est capitaine au service du Nizam Asaf Jah IV dans les Indes orientales et membre correspondant en 1848 de la Société orientale de France [51]. Il revient en France, où il termine ses jours au 8 boulevard Haussman, à Paris, en 1868.
Adolphe se marie, le 26 novembre 1829, Pondichéry, avec la jolie Elisabeth de Warren (1814-1893), fille du 24e comte Jean-Baptiste de Warren, lieutenant-colonel, astronome, Conseiller à la Cour royale de Pondichéry. Sa femme peint des aquarelles sur la vie des Indiens. Elle de maladie de langueur. Ils ont huit enfants, dont Claire Mottet de La Fontaine, mariée en 1869 à Prosper d’Épinay. Ils sont donc les grands-parents de Marie Mauricia d’Épinay [13] et du colonel-comte Georges d’Épinay (1876-1950). Ils sont aussi les parents des colonels Henry Edouard et Arthur Mottet de La Fontaine, en garnison à Vianazagram et Madras. Un autre de leurs gendres, le comte Victor de Résie est directeur des chemins de fer romains.
1. Annuaire statistique des établissements français dans l'Inde, Pierre-Constant Sicé, p. 287.
2. Annales historiques de la révolution française, organe de la Société des études robespierristes ... Société des études robespierristes - 1930, Page 279.
3. Mémoires et documents - page 369 , France Commission d'histoire économique et sociale de la Révolution française, France Commission recherche et de publication des documents relatifs à la vie économique de la Révolution, France Ministère de l'éducation nationale - 1930.
4. Fils du marquis Jean Constantin Segoing de La Fortemaison, arrière-petit-fils de Charles Segoing, auteur du Grand Armorial Universel
5. Lieutenant du maire de Compiègne (1789), président en nivôse an III du district de Compiègne.
6. Chef et premier commis de la marine, chargé des fonds de la marine, des colonies, et des invalides, selon L'Almanach Royal de 1785 et celui de 1786, puis Commissaire général des ports et arsenaux.
7. Fille d’Eloy Le Proux de La Rivière, Chef et premier commis de la marine, chargé des fonds de la marine, des colonies, et des invalides avant son mari. Petite-fille d’un officier du comte de Toulouse, un des fils de Louis XIV. Descendante de François Le Proust du Ronday et de la maison d'une famille de maires de Poitiers, les Herbert, dont un ancêtre pendu en 1562 par les catholiques.
8. Ecuyer, ingénieur-géographe de la marine, commandant la troupe du Sénégal, chevalier de Saint-Louis, mort pour le Roi.
9. Fille de Louis Victor Villon, marquis de Fécamp et de Catherine de Solminihac de la famille de Alain de Solminihac
10. Capitaine, puis major de brigade de la division d'Hyderabad, membre de l'assemblée des notables (''Annuaire statistique des établissements français dans l'Inde'', Pierre-Constant Sicé, p. 150).
11. Capitaine au service du Nizam de l'Hyderabad Asaf Jah IV.
12. Artiste peintre, illustratrice, arrière-arrière-grande-tante de Raoul de Warren, historien et généalogiste, juriste. Président de la Commission des preuves de l'Association d'entraide de la noblesse française.
13. Artiste-peintre, amie de Victor Hugo, de Gérard de Nerval et de leurs proches...
14. Comte, Saint-Cyrien, colonel, l’un des rares Français décorés de la Victoria Cross en 14, en tant que commandant du 1er escadron du 3e régiment de dragons
15. On ne connaît que quelques noms de ces députés, mais celui de Benoît Mottet de la Fontaine est souvent cité.
16. Lucien-Jean Bord et Michel Gaudart de Soulages, Dictionnaire généalogique des familles de l'Inde française, Bord 1984.
17. Burke's Peerage & Gentry 1837 : a baron fieffe Burke's Peerage & Gentry 1900: Benoit Mottet de la Fontaine, Baron Fieffe de St Corneille, Seigneur de la Motte et de la Fontaine, in Picardy. Voir aussi : Agnès de Place, Dictionnaire généalogique et Armorial de l’Inde française, Bord et Gaudard de Soulages, Dictionnaire généalogique des familles de l’Inde Française, Houël de Chaulieu, Héraldique et Généalogie, Henri de la Messelière, Filiations bretonnes.
18. Almanach américain, ou État physique, politique, ecclésiastique & militaire de l'Amérique ..., Lamy, 1784.
19. Résumé des brevets, provisions et commissions du Roi et des nominations faites par les directeurs de la Compagnie des Indes et le Conseil supérieur de Pondichéry, Deront, Mme G., E. Leroux, (Pondichery) 1931.
20. La dernière compagnie française des Indes (1785-1875) Avec la liste des principaux actionnaires,Jules Conan, Librairie des sciences politiques et sociales, M. Rivière, 1942, p. 83.
21. La France en Chine au XVIIIe siècle : documents inédits / publiés sur les manuscrits conservés au dépôt des affaires étrangères, avec une introduction et des notes, Cordier, Henri (1849-1925), E. Leroux (Paris) 1883, p.xxxix..
22. Union Territory of Pondicherry, Francis Cyril Antony, Administration of the Union Territory of Pondicherry, 1982, p. 220.
23. A Genealogical and Heraldic History of the Colonial Gentry, Sir Bernard Burke, p. 26
24. Les dernières années de l'Inde française, Vérités pour l'histoire, Michel Gaudart de Soulages, Philippe Randa, Dualpha, 2005, p.79.
25. Résumé des actes de l'état civil de Pondichéry: de [1676] à 1760, Volume 2, Numéros 31 à 33 ; Numéro 37 de Archives de l'Inde française, Résumé des actes de l'état civil de Pondichéry: de [1676] à 1760, Société de l'histoire de l'Inde français, Société de l'histoire de l'Inde français, 1920.
26. Michel Rougé : Évocation de l'Inde d'autrefois : à propos de la tombe d'Édouard et Georgina Mottet de La Fontaine au cimetière de Dinan, Le pays de Dinan, Année 1995, Tome XV.
27. Catalogue des manuscrits des anciennes archives de l'Inde française. Tome 8, Bibliothèque publique (Pondichéry), E. Leroux (Paris), Gaudart, Edmond (1859-19..), 1922-1936, p.2 et La France en Chine au dix-huitieme siecle; documents inedits publies sur les manuscrits conserves au depot des affaires etrangeres avec une introduction et des notes, Volume 1, Documents pour servir à l'histoire des relations politiques et commerciales de la France avec l'extrême orient, Henri Cordier, E. Leroux, 1883.
28. France-Asie/Asia, Volume 21, Numéros 187 à 191, Maison franco-japonaise (Tokyo, Japan), 1966.
29. Revue de l'histoire des colonies françaises, Société française d'histoire d'outre-mer, H. Champion (Paris), E. Larose (Paris), 1930 (A18,T23,N73).
30. La Révolution et les Établissements français dans l'Inde, 1790-1793, d'après les archives de Pondichéry, des notes et des correspondances inédites, Marguerite V. Labernadie, Bibliothèque coloniale (Pondichéry), Ernest Leroux (Paris) 1930.
31. Correspondance de MOTTET ( C. GAUDART tome 2 N° 1304) Comptes de la gestion de MOTTET (R. 97).
32. The French in India, 1763-1816, Siba Pada Sen, Manoharlal, 1971.
33. Histoire maritime de France contenant l'histoire des provinces et villes maritimes, des combats ..., Léon Guérin, p. 264.
34. Archives du dépôt des fortifications des colonies: Indes, Archives nationales (France), Alexis Rinckenbach, Centre des archives d'Outre-Mer, 1998.
35. Bengal, Past & Present, Journal of the Calcutta Historical Society, p. 113 et Ports, routes et trafics, École pratique des hautes études (France) Centre de Recherches Historiques, p. 368.
36. L'Inde anglaise avant et après l'insurrection de 1857, Édouard de Warren, Kailash, 2e ed. 2005.
37. Annuaire statistique des établissements français dans l'Inde, Pierre-Constant Sicé, p. 514.
38. Union Territory of Pondicherry, Volume 1, Gazetteer of India, Francis Cyril Antony, Administration of the Union Territory of Pondicherry, 1982, p.223.
39. Voyage commercial et politique aux Indes Orientales: aux Iles Philippines, a la Chine, avec des notions sur la Conchinchine et le Tonquin, pendant les années 1803, 1804, 1805, 1806 et 1807 ..., Félix Renouard de Saint-Croix, Clament (Hermanos), Clament frères, libraires-éditeurs, 1810, p.36.
40. Annuaire statistique des établissements français dans l'Inde, Pierre-Constant Sicé, p. 287.
41. Mémoires et journaux du général Decaen. Tome II. 1800-1803. Armée du Rhin, Bonaparte et De Caen, départ pour l'Inde. 2e édition / publiés... Ernest Picard,... et Victor Paulier, Decaen, Charles (1769-1832, Plon-Nourrit et Cie (Paris) 1910-1911.
42. Two views of British India: the private correspondence of Mr. Dundas and Lord Wellesley, 1798-1801, Viscount Henry Dundas Melville, Richard Wellesley Wellesley (Marquess), Edward Ingram, Adams & Dart, 1970.
43. The Peerage, Baronetage, and Knightage, of Great Britain and Ireland, for 1860, Robert P. Dod, Esq., 1860, p.223
44. Commandeur de l'Ordre du Bain.
45. Hart's annual Army list, Militia list, and Imperial Yeomanry list, Murray, 1872, p.410.
46. Journal of the Palaeontological Society of India, 1956, p. 10.
47. Rambaud, Guy de, Pour l'amour du Dauphin, édition Anovi, p. 149 et Notes and Queries, Martim de Albuquerque, p. 326.
48. Annuaire statistique des établissements français dans l'Inde, Pierre-Constant Sicé, p.150 et 151.
49. The Quarterly oriental magazine, review and register, Volume 8 p.cccxvii 1828
50. Le Carnet, Volumes 19 à 20, 1904.
51. The Asiatic journal and monthly register for British and foreign India p.36, 1830.
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