Un passage fugace à l’Olympia et une tournée dans les plus grandes villes de province, voici les B.B. Brunes de retour sur scène pour le plus grand plaisir de leurs fans.
Cinq ans après leur participation aux Rock’n’Roll Friday, organisés par le magazine Rock’n’Folk sur la scène du Gibus à Paris, guitares au poing, les B.B. Brunes, fleuron de la scène parisienne des « teenagers rockers » de l’époque ont prouvé qu’ils n’étaient pas, comme tant d’autres groupes, qu’un feu de paille, mais un groupe qui non seulement veut durer mais qui en a l’audace, les capacités et le talent. Quels que soient les qualificatifs dont la presse et les médias les affublent, leur leitmotiv est la musique et seulement la musique, au-delà de tout calcul de carrière, de ventes de disques et d’image. Les B.B. Brunes, avec l’insouciance de la jeunesse, sont là avant tout pour se faire plaisir, guitares ravageuses et énergie brute à la clé.
C’est en 2000 que quatre copains d’enfance, à peine âgés de 11 ans, Adrien Gallo (chant et guitare), Raphaël Delorme (guitare), Bérald Crambes (basse) et Karim Réveillé (batterie), se lancent dans l’aventure du rock en formant un groupe appelé Hangover. Leur répertoire se limite tout d’abord à quelques morceaux en anglais, mais, très vite, Adrien ressent le besoin d’écrire ses propres textes et ses propres compositions. Ils se produisent alors pour la première fois sur une scène en mai 2005, au Gibus à Paris, lors du rendez-vous hebdomadaire du magazine Rock’n’Folk, les Rock’n’Roll Friday. Repérés par le label Kurtis Productions, une série de concerts débute et c’est en 2005 qu’ont lieu les premiers enregistrements. Après le départ de Raphaël Delorme, ils sont rejoints par Félix Hemmen à la guitare et, fortement inspirés du punk rock des Clash, le groupe nous sert un rock énergique, cohérent, particulièrement mâture pour ces adolescents en proie aux turpitudes liées à leur âge. En hommage à l’un de leurs morceaux fétiches, Initials BB (Serge Gainsbourg), et au boulevard Brune où se situe leur studio de répétition, le nouveau quatuor prend le nom de B.B. Brunes.
C’est en 2006 que sort leur premier single, le Gang, puis, en 2007, l’album Blonde comme moi au son brut et au chant écorché. Les textes simples et actuels, accompagnés d’un son efficace, parlent à toute une génération d’adolescents qui s’identifie d’emblée à ce groupe de teenagers proche du rock des anglo-saxons et plus précisément des Libertines. J'écoute les Cramps, Blonde comme moi ou Dis moi, titres phares de l'album, séduisent un public jeune mais aussi la critique rock qui voit dans ces quatre jeunes garçons dans le vent un groupe qui devrait à n'en pas douter s'inscrire très rapidement dans l'histoire du rock français.Leur énergie, leur maîtrise de la musique et de la scène leur vaut une victoire de la musique dans la catégorie « Meilleure révélation scène de l'année 2009 ».
Avant d’enregistrer un deuxième album très attendu, les B.B. Brunes avaient déjà dans leurs bagages une bonne quarantaine de chansons. La vraie difficulté fut d’en faire le tri. Retirés dans le studio du Hameau, au cœur de la campagne normande, sous la houlette d’Antoine Gaillet, ils jettent les bases de dix-huit titres en une semaine. Des morceaux joués quasiment live, yeux dans les yeux, têtes à têtes, quatre à quatre. Des chansons proposées par Adrien, sur lesquelles les trois autres ajoutent leur patte, peaufinent les arrangements, concoctent les breaks et édifient les ponts : un ouvrage en forme d’architecture de groupe.
D’emblée, on reconnaîtra le son déjà familier des B.B. Brunes : ces guitares effervescentes, ces tempos débridés, ces mélodies agiles, ce mélange de candeur et de mélancolie. À une différence près, de taille : celle de la maturité. Car nos fans des Beatles et des Strokes, de Clash et des Arctic Monkeys, de Gainsbourg, de Dutronc et de David Bowie, ont su dépasser leurs influences jusqu’à se forger leur propre identité. Ce qui n’empêchera pas les oreilles averties de dénicher ça et là quelques « clins d’œil sonores » : le sitar de Quart d’heure, hommage au Harrison des Fab Four, le rythme de Ma mods, évocation du Lust for life d’Iggy Pop, ou les violons de Britty Boy, qui rappellent les riches heures du rock psyché. Jusqu’au morceau intitulé Black and Blue, référence stonienne sur un riff que les White Stripes n’auraient pas désavoué, mais pris ici au sens originel de l’expression : être couvert de coups et de bleus…
Coups de tête et bleus à l’âme. Jamais l’écriture d’Adrien, à la singulière texture sonore et rythmique qui joue avec les allitérations et les abréviations, n’aura autant reflété les émois et les désarrois d’une génération : angoisses amoureuses (Seul ou accompagné, BoucheB, Cola Maya), tentations et addictions en tous genres (Dynamite, M. la maudite, Illumination), besoin d’aventure et d’évasion (Nico Teen Love, version moderne de Bonnie and Clyde et titre de l’album), goût du paraître (Ma mods, dédié à toutes les fashion victims), romantisme juvénile (Britty boy, La la love you), humour absurde (Gare au loup, interlude acoustique aux entrechats quasi folkloriques) et même …fantasme érotique (Peut-être pas cette fois).Le deuxième opus des B.B. Brunes s’intitule Nico teen love. Un album en forme de mue à défaut de mutation, jusqu’à la voix d’Adrien, désormais aussi à l’aise dans les basses sensuelles que dans les aigus féroces. Un album énergique et mélancolique, fougueux et laconique. Un album de chansons rock. Bref un groupe à suivre intensément !