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Apache

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Apache
Publié le:02/05/2009

Peuple indien du sud-ouest des Etats-Unis


 Les Apaches sont parmi les plus connus et les plus redoutés des Indiens. Peuple du désert et des montagnes, nomades braves et belliqueux, ils ont longuement et courageusement résisté aux Espagnols, Mexicains et Américains qui menaçaient leur liberté. Ils ont été les derniers Indiens à se rendre.

des peuples, une culture


Les ancêtres des Apaches sont des Athapascans venus vers le Xè siècle du nord-ouest du Canada pour s’installer dans les actuels états d’Arizona et du Nouveau-Mexique. De cette migration sont issus également les Navajos arrivés un peu plus tardivement.
Les Apaches, dont le nom viendrait d’un mot zuni signifiant "ennemi", s’appelaient eux-mêmes Tideh ou N’de, le Peuple. Ils ne formaient pas une nation politiquement unie, mais un ensemble de peuples dispersés qui partageaient cependant une langue, une culture et une tradition religieuse. Ils n’ont probablement jamais été plus de six à sept mille.
Les Apaches croyaient en Usen, le Donneur de vie. Leur héros culturel était l’Enfant de l’Eau, fils de la Femme Peinte en Blanc, qui avait débarrassé la terre de ses monstres. De nombreux esprits liés aux phénomènes naturels, à la terre, aux animaux, habitaient leur monde. Les Gans, les Esprits de la Montagne, liés au Mont Graham, participaient aux cérémonies de guérison comme assistants des chamans. Les Apaches craignaient particulièrement les fantômes des morts.
Les White Mountains, Aravaipas, Tontos et Cibecues étaient les tribus de l’ouest, vivant au sud de l’actuel état d’Arizona dans les Monts Mongollon. Chiricahuas et Mimbreños, ceux du sud, occupaient  les Monts Mimbres, les Monts Chiricahuas et du Dragon, ainsi que la Sierra Madre dans le nord de l’état de Chihuahua. Les Apaches de l’est étaient les Mescaleros, vivant dans l’est de l’actuel état du Nouveau-Mexique. Les Jicarillas étaient au nord du Nouveau Mexique et de l’actuel Colorado et les Lipans, les Apaches des Plaines, occupaient l’ouest du Texas. 

Les Apaches de l’ouest et du sud vivant par petites bandes autonomes construisaient de simples abris de branchages en forme de dôme ou de cône recouverts de peaux ou de nattes tressées, les wickiup. Jicarillas, Lipans et Mescaleros, ainsi que certains clans chiricahuas, en contact avec les tribus des Plaines et qui chassaient occasionnellement le bison, habitaient des tipis de peau. Un petit groupe athapascan, les Cataka ou Catawa, mais qui n’appartenait pas aux Apaches, s’était lié aux Kiowas et formait l’un des clans de leur nation. Ils sont connus sous le nom de Kiowa-Apaches.
Les Apaches étaient, pour la plupart, des chasseurs-cueilleurs nomades du désert et des montagnes. Les hommes chassaient le cerf, le daim et le petit gibier, tandis que les femmes recueillaient les nombreuses plantes comestibles du désert, spécialement les graines de mescal. Hommes et femmes cultivaient occasionnellement maïs, haricots et courges. Les femmes apaches fabriquaient de beaux paniers de feuilles de yucca tressées qui servaient à entreposer et à transporter les récoltes et les cueillettes.
Une partie des ressources alimentaires, ainsi que chevaux, bétail, étoffes et objets divers provenaient des échanges auxquels les Apaches se livraient avec les tribus voisines, plus tard avec les Mexicains, mais aussi des raids qu’effectuaient les guerriers apaches sur leurs  voisins Pueblos, Zunis, Papagos, Pimas. Les Apaches prélevaient un tribut sur les récoltes, s’emparant parfois de femmes et d’enfants qu’ils intégraient à leur peuple. Les Apaches ne cherchaient pas à conquérir de territoires, ni à anéantir des peuples dont ils tiraient une partie de leur subsistance, mais menaient des expéditions pour venger leurs guerriers tués lors des raids.
Bien que peuple prédateur, les Apaches n’avaient pas encore au XVIè siècle acquis cette réputation d’extrême cruauté qui sera la leur au XIXè siècle quand ils devront combattre pour leur survie. Le conquistador Francisco de Coronado les reconnaissait comme "un peuple aux mœurs douces, fidèle en amitié".
La plupart des vêtements apaches, robes, pagnes, guêtres, mocassins, étaient faits de peau de daim ou de cerf. Bien avant l’arrivée des Blancs au XVIè siècle, les Apaches se procuraient, par le commerce ou par le vol, des étoffes de coton auprès de leurs voisins agriculteurs. Puis les cotonnades européennes ont supplanté les étoffes indigènes.

Le guerrier apache


Le guerrier apache du XIXè siècle portait un pagne de coton blanc aux longs pans flottants, une chemise de cotonnade resserrée à la taille par une ceinture de cartouches et des bottes souples à la pointe relevée.  Une large bande de tissu retenait ses longs cheveux tombant sur ses épaules. Certains portaient une coiffure faite d’un bonnet de daim brodé surmonté d’une touffe de plumes. Les armes traditionnelles des Apaches étaient l’arc et les flèches, ainsi que la lance et un petit bouclier rond. Les Apaches fabriquaient les flèches les plus parfaites parmi les peuples d’Amérique du Nord.
De taille moyenne, minces et musclés, les Apaches étaient connus pour leur habileté de chasseurs et de guerriers,  leur indomptable courage, leur énergie, leur endurance à la fatigue, à la douleur, aux privations, des qualités physiques et morales qui leur ont permis de survivre dans un milieu hostile et de résister efficacement et plus longtemps que tous les autres Indiens aux tentatives des Espagnols, des Mexicains et finalement des Américains pour les soumettre. Leur endurance à cheval était presque incroyable, et un guerrier pouvait couvrir en courant une soixantaine de kilomètres dans le désert sans manger et pratiquement sans boire.
Dès le XVIIè siècle, les Apaches ont apprécié les armes à feu qu’ils se procuraient auprès des Blancs, ainsi  que les chevaux introduits par les Espagnols dans le Sud-Ouest à la même époque. Le cheval et le fusil ont rendu les bandes apaches plus mobiles et plus redoutables, leur permettant de poursuivre des raids plus lointains et plus fructueux, mais accroissant aussi leurs capacités de résistance à l’invasion qui les menaçait.  
Les femmes apaches portaient une longue jupe de coton imprimé et une blouse retenue par une ceinture d’orfèvrerie souvent d’origine pueblo ou navajo. Elles relevaient souvent leurs cheveux en chignon. Les femmes montraient un égal courage dans l’accomplissement de leurs rudes travaux et dans l’acceptation des fatigues et des duretés de leur vie.

l'invasion d'apacheria


C’est vers 1540 que les Apaches rencontrent l’expédition de l’Espagnol Francisco de Coronado venant du Mexique conquis vingt ans plus tôt. Les premiers contacts sont plutôt amicaux. Mais les Apaches ne tardent pas à lancer des raids sur les "presidios" espagnols afin de s’emparer du bétail, des chevaux et des armes qu’ils convoitent. De leur côté, les Espagnols attaquent les villages apaches et capturent les femmes et les enfants pour les vendre comme esclaves au Mexique. Les gouverneurs espagnols mettent à prix les scalps apaches, y compris ceux de femmes et d’enfants. Les Blancs offrent de l’alcool aux Apaches chaque fois qu’ils le peuvent pour mieux les tromper et pour les tuer. Les tentatives de christianiser les Apaches connaissent peu de succès. Cette situation se prolonge pratiquement jusqu'à la fin du XVIIIè siècle. 

mexicains et américains


En 1821, le Mexique et les territoires qu’il possède au nord du Rio Grande se libèrent de la tutelle espagnole. Mais pour les Apaches la situation demeure la même.
Les primes offertes pour les scalps apaches donnent des idées à certains. En avril 1835, dans l’état de Sonora, John Johnson, un marchand américain invite ses amis apaches à une fête dans la petite ville de Santa Rita del Cobre. Les Apaches sans défense sont massacrés par les hommes de Johnson et leurs scalps vendus.
En 1848, par le traité de Guadalupe Hidalgo, le Mexique cède aux Etats-Unis toutes ses possessions au nord du Rio Grande. C’est maintenant avec les Américains que les Apaches vont avoir à traiter.
Des postes de commerce, des lignes de diligences sont ouverts sur le territoire apache. Encore peu conscients du danger, les Apaches accueillent  bien ces Blancs peu nombreux, mais poursuivent leurs déprédations contre les haciendas et les petites villes mexicaines.
Cependant, en 1849, les Jicarillas s’allient aux Utes pour tenter de résister aux colons américains qui envahissent leurs terres. Défaits par l’armée, les Jicarillas sont installés sur une réserve où ils se mettent à l’agriculture. Ils seront à quatre reprises chassés de réserve en réserve par des colons blancs qui convoitent leurs terres. 

La bataille d'Apache pass (15 juillet 1862)

 

En février 1861, c'est "l'incident Bascom" près d'Apache Pass. Le grand chef chiricahua Cochise va déclencher une guerre qui va durer dix ans. Colons et mineurs se font de plus en plus nombreux et les troupes américaines affluent sur le territoire apache.

Au début de juillet 1862, le général James H. Carleton quitte la Californie avec le 2ème régiment de Volontaires Californiens en direction du Nouveau-Mexique pour combattre les Confédérés. Ils doivent traverser le territoire des Apaches Chiricahuas.
Le 15 juillet en fin d’après-midi, le capitaine Thomas Roberts et ses cent vingt-six cavaliers accompagnés de deux obusiers de campagne s’engagent dans Apache Pass, un défilé stratégique qui commande l’entrée du territoire chiricahua, et où s’est déroulé dix-huit mois plus tôt "l’incident Bascom". C’est là que les Chiricahuas conduits par Cochise et les Mimbrenos de Mangas Coloradas ont décidé d’arrêter l’invasion de leur territoire par l’armée.
Un fort contingent de fantassins et un convoi de chariots suivent à plusieurs heures, conduits par le capitaine John C. Cremony. Sept cents guerriers apaches ont pris position sur les hauteurs dominant le défilé et la source. Les jeunes chefs Geronimo et Victorio sont avec eux.
Alors qu’ils atteignent la source de l’autre côté du col, les soldats de Roberts sont soudain pris sous un tir nourri venant des hauteurs. Les Apaches font dévaler d’énormes quartiers de rochers sur les soldats qui se replient. Pendant plusieurs heures, le combat fait rage. Mais le capitaine Roberts parvient à mettre en batterie les deux obusiers. Les obus explosent dans les rochers, causant des ravages parmi les Apaches, surpris par ces  armes très meurtrières qu’ils ne connaissent pas encore.
A la nuit, Roberts envoie une patrouille à cheval rejoindre le capitaine Cremony. Mais des guerriers conduits par Mangas Coloradas attaquent les cavaliers. Un soldat, s’abritant derrière son cheval, abat un Indien. Les Apaches refluent précipitamment : Mangas Coloradas vient d’être grièvement touché. Dans la nuit, Cochise et quelques guerriers emmènent le blessé jusqu’à la petite ville mexicaine de Janos, à plus de deux cents kilomètres de là, où ils savent trouver un médecin. Cochise menace :  "S’il meure, cette ville mourra !". Le chef mimbreno sera soigné et sauvé.
Le lendemain, Cochise reprend l’offensive contre les forces de Roberts et Cremony. Les obusiers délogent à nouveau les Apaches qui doivent se retirer avec une soixantaine de morts.
Le 27 juillet, Carleton franchit Apache Pass avec le gros de ses troupes. Près de la source, il fera construire un fort qu’il nommera Fort Bowie. 

Pendant ce temps, plus à l’est, le général Carleton dépêche contre les Mescaleros des troupes guidées par le scout Kit Carson. Poursuivis sans relâche, les Mescaleros sont contraints à se rendre et sont emprisonnés au Bosque Redondo, dans la vallée du Rio Pecos où les Navajos les rejoindront.

En 1871, c’est le massacre du Camp Grant perpétré contre les Aravaipas pacifiques du chef Eskiminzin par des citoyens de Tucson.
Les Apaches de l’ouest, White Mountains et Cibecues, font leur soumission et s’installent sur les réserves de Fort Apache en Arizona central. La réserve de Camp Verde est attribuée aux Tontos.
C’est sur les instances de son ami Tom Jeffords que Cochise accepte en 1872 de faire la paix avec le général Oliver O. Howard. Les Chiricahuas se voient attribuer une réserve autour de Fort Bowie, le fort qui contrôle le défilé d’Apache Pass, tandis que les Mimbreños sont installés sur la réserve de Warm Springs (Ojo Caliente) sur leur terres des Monts Mimbres.


Salt river Canyon (28 décembre 1872)

 

Dans le cadre de la campagne du Tonto Basin (1872-1873), les troupes du général George Crook poursuivent sans relâche les Apaches dans l'ouest de l'Arizona, s’efforçant de contraindre les Indiens encore libres à se rendre dans les réserves. Les soldats sont guidées par les meilleurs éclaireurs apaches. Le 28 décembre 1872, les scouts pimas du major William H. Brown repèrent un groupe d’Apaches dans Salt River Canyon. Les soldats approchent de nuit. Les Apaches du chef Nanni-Chaddi sont installés à l’entrée d’une immense caverne qui s’ouvre dans la paroi du canyon. D’énormes rochers défendent l’ouverture, rendant la position imprenable. Des soldats s’installent au fond du canyon face à la caverne, d’autres au sommet de la falaise surplombant l’entrée de la grotte. Ne pouvant atteindre directement les assiégés, les soldats concentrent leur tir sur les parois intérieures de la caverne. Bientôt, les cris des blessés frappés par les balles qui ricochent montrent l’efficacité de cette tactique. Mais les Indiens résistent toujours. Ils tentent plusieurs sorties mais les soldats les abattent dès qu’ils se montrent. On leur offre de se rendre, mais les Indiens refusent. Le major Brown fait descendre au bout d’une corde deux volontaires qui déchargent leurs revolvers sur les Indiens terrés au fond de la caverne. Puis les soldats font rouler de lourds quartiers de roche qui, rebondissant vers l'intérieur sur les pierres devant l'entrée, vont écraser indistinctement hommes, femmes et  enfants.
Quand les soldats pénètrent dans la grotte, ils découvrent les cadavres de soixante-quinze personnes. Tous les hommes sont morts. Une vingtaine de femmes et d’enfants blessés sont emmenés à Fort Mc Dowell.
Le major Brown poursuit sa mission, attaquant les Indiens partout où il en rencontre. Il sera félicité par ses supérieurs pour avoir tué plus de cinq cents Indiens au cours des quatre mois qu’a duré son périple.

San carlos


La réserve de San Carlos, aride et malsaine, est ouverte au nord de Tucson sur les terres basses du Rio Gila. Les Aravapais, les rescapés du massacre de Camp Grant, y sont envoyés, avec des Apaches de l’ouest, Pinals, Coyoteros et Yavaipas.
En 1876, San Carlos voit s’installer les Chiricahuas et les Mimbreños, ainsi que des White Mountains déplacés de la réserve de Fort Apache. La surpopulation crée sur la réserve des conditions de vie épouvantables. L’eau manque, la maladie s’installe. Les Apaches, surtout les enfants, meurent par centaines. John Clum, l’agent nommé sur la réserve, honnête mais intransigeant, mène une politique dure et répressive. S’appuyant sur des rivalités entre tribus, il utilise des policiers apaches pour imposer la "civilisation" et faire régner l’ordre sur la réserve. Geronimo, avec ses Chiricahuas-Bedonkohes s’est réfugié à Warm Spring, sur la réserve mimbreño.
Geronimo et les siens, capturés par la police de l’agent Clum, sont envoyés à San Carlos en avril 1877. Les Mimbreños-Chihennes des chefs Victorio, Nana, Loco, les y rejoignent, puis s’enfuient quelques mois plus tard.  
Bien que certains fassent un courageux effort pour s’adapter, la plupart des Apaches supportent très mal l’installation sur les réserves où la chasse est limitée, les déplacements contrôlés, où agents indiens et militaires  leur font subir toutes sortes de vexations. Les Apaches boivent, se battent, se révoltent et finalement s’enfuient pour reprendre leur liberté.

les derniers résistants


Les bandes apaches en fuite terrorisent les établissements blancs de part et d’autre de la frontière mexicaine, commettant, dans leur fureur, d’épouvantables atrocités. Les raids et les pillages, qui n’étaient autrefois qu’occasionnels, sont devenus le seul moyen de survie pour ces populations qui, traquées par l’armée et les milices, ne peuvent plus ni cultiver, ni récolter et pour lesquels la chasse même est devenue difficile.

Victorio et Nana vont mener trois années d’une résistance acharnée dans les montagnes du sud. Victorio et les siens sont anéantis en octobre 1880. Le vieux Nana, avec quelques dizaines de survivants, rejoint Geronimo qui mène un combat désespéré. Les soldats du général Crook ont obtenu l'autorisation de pourchasser les Apaches de l'autre côté de la frontière, utilisant des scouts apaches pour les débusquer et les amener à se rendre.

 

l'ultime reddition de geronimo (1886)


A la fin de mars 1886, Geronimo négocie sa reddition avec le général Crook au Canyon de Los Embudos, mais craignant pour sa vie, il s’enfuit à nouveau. Les chefs Chihuahua et Nana, avec quelques guerriers et leurs familles sont embarqués début avril en direction de Fort Marion en Floride où le gouvernement a décidé de déporter tous les Chiricahuas et une partie des Mimbreños.
Le général Nelson A. Miles qui succède à Crook en juin est chargé de mener une politique de fermeté vis-à-vis des Apaches. Il dissout les compagnies de scouts indiens, met en œuvre de gros moyens militaires, mais les rebelles restent insaisissables.
Fin août, une rafle de Chiricahuas est opérée sur les réserves de Fort Apache et de San Carlos. Un convoi de trois cent quatre-vingt déportés part de Fort Bowie pour la Floride le 2 septembre. Il y a parmi eux quarante-cinq scouts apaches qui avaient servi l’armée.
Geronimo et ses derniers fidèles font leur reddition au général Miles le 3 septembre 1886 à Skeleton Canyon. Trois jours plus tard, ils prennent à leur tour le train pour la Floride. Un dernier convoi part fin octobre.

trente annees d'exil


Les hommes sont incarcérés à Fort Pickens sur la presqu’île de Pensacola, tandis que les femmes et les enfants rejoignent à Fort Marion ceux du convoi d’avril. Ils y seront gardés pendant deux ans comme prisonniers de guerre.
En 1888, les Chiricahuas sont transférés à Mont Vernon en Alabama. Environ un quart des Apaches sont morts de tuberculose, de paludisme, de malnutrition, de désespoir quand, en 1894, le gouvernement envisage de ramener les ramener dans l’Ouest. Mais les Blancs s’opposent à leur retour en Arizona. Les exilés trouveront refuge à Fort Sill, sur la réserve kiowa-comanche du Territoire Indien. Geronimo meurt prisonnier en 1909 sans avoir revu ses montagnes. Ce n’est qu’en 1914 que les Apaches sont totalement libérés. Certains demeureront à Fort Sill, d’autres regagneront l’Arizona. La plupart s’installent sur la réserve Mescalero.

Aujourd'hui


Les Apaches actuels vivent surtout de l’élevage de bovins, de moutons et de chevaux, d’un peu d’agriculture et d’artisanat traditionnel. Mais beaucoup d’entre eux doivent prendre des emplois salariés pour faire vivre leurs familles, souvent hors de la réserve. Eleveurs et cavaliers habiles, ils sont surtout employés dans les ranchs. Plusieurs tribus apaches, en particulier les Jicarillas, ont commencé à développer le tourisme sur leur réserve. Des casinos ont été ouverts sur certaines réserves, mais ils sont d’un faible rapport. La plupart des Apaches vivent dans la pauvreté, avec un taux de chômage élevé.  
Bien qu’ils soient presque tous officiellement chrétiens, de nombreux Apaches ont conservé leurs croyances,  leurs cérémonies traditionnelles et le lien très fort qu’ils ont avec leur terre. La cérémonie marquant la puberté des jeunes filles est à nouveau ouvertement pratiquée depuis les années 1970.
Les traditionalistes apaches se battent depuis le début des années 1980 pour empêcher la construction sur le Mont Graham, la montagne sacrée des Gans, d’un vaste complexe astrophysique sponsorisé par l’Université d’Arizona.