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Mouvement des Indiens d'Amérique
Le plus actif des mouvements d’opposition indiens aux Etats-Unis. Il s’est fait connaître dans les années 1970 par de nombreuses actions spectaculaires, en particulier la manifestation au Bureau des Affaires Indiennes à Washington en 1972 et l’occupation du village de Wounded Knee sur la réserve de Pine Ridge en 1973.
L’A.I.M. est fondé en 1968 à Minneapolis, Minnesota, par Dennis Banks, John Mitchell et les frères Bellecourt, des Chippewas.
Dans les années 1950-1960, la politique de "relogement" a poussé nombre d’Indiens des réserves à s’installer dans les villes où la plupart d’entre eux connaissent bientôt l’alcoolisme, le chômage, la misère. L’A.I.M. se propose de défendre ces Indiens des villes contre le racisme et les violences policières en créant des réseaux de solidarité. Au début des années 1970, l’A.I.M. prend une stature nationale.
Le respect des traités conclus au siècle dernier entre les nations indiennes et les Etats-Unis est l’une de ses principales revendications. L’A.I.M. soutient le traditionalisme indien contre l’assimilation à la culture blanche. Il aide au renouveau et à la diffusion des cultures indiennes, des langues, des cérémonies traditionnelles, en particulier de la Danse du Soleil. Les plupart des militants de l’AIM sont danseurs du soleil. L’A.I.M. s’efforce de combattre l’usage d’alcool et de drogue qui détruit la société indienne.
L’A.I.M anime les principaux événements qui marquent la résistance indienne dans les années 1970-1980. De 1969 à 1971, c’est l’occupation de l’îlot d’Alcatraz dans la baie de San Francisco. En janvier 1972, c’est la manifestation contre le meurtre, non puni, de Raymond Yellow Thunder, un Oglala tué par quatre jeunes Blancs. A l’automne 1972, c’est l’occupation du Bureau des Affaires Indiennes à Washington et en février 1973, les violentes émeutes de Custer au Dakota du Sud, après le meurtre, non puni, d’un jeune Oglala poignardé par un Blanc.
De février à mai 1973, l’A.I.M. et ses partisans occupent le village de Wounded Knee sur la réserve de Pine Ridge, où s’est déroulé en 1890 le massacre de trois cents Lakotas. Ce sera "Wounded Knee II".
C’est dans un camp de l’A.I.M. établi près d’Oglala sur la réserve de Pine Ridge, que le 26 juin 1975, deux agents du F.B.I. sont abattus. C’est ainsi que commence l’affaire Leonard Peltier.
En 1974, sur la réserve de Standing Rock, l’A.I.M. fonde l’ "International Indian Treaty Council" (IITC) qui acquiert quelques années plus tard un statut d’organisation non gouvernementale auprès de l’ONU.
En 1978, c’est la "Plus Longue Marche" des Indiens de toutes les nations entre San Francisco et Washington. Ce sera la dernière grande manifestation indienne aux Etats-Unis.
Depuis le début des années 1980, l’opinion américaine semble moins favorable aux revendications indiennes. L’A.I.M. abandonne les manifestations spectaculaires au profit des actions de terrain menées par de petits groupes autonomes.
L’A.I.M. a souvent été considéré comme un mouvement violent. Il n’a pourtant jamais cautionné d’assassinats politiques. Les Indiens reconnaissent que l’A.I.M. leur a rendu leur fierté d’être indien, qu’il leur a fait prendre conscience de leur identité à une époque où l’assimilation à la société blanche paraissait être la seule voie possible pour le peuple indien.