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Néologisme repris par Jacques Lacan
Alphabêtir (s') :
Ce néologisme qui semblait inventé par Jacques Lacan est en fait plus ancien dans la littérature.
On peut lire son utilisation chez Barbey : Il n'est pas nécessaire de lire les journaux et de s'alphabêtir, mais si cela te démange si fort de les lire, lis-les avec réserve et nonchalance, lis comme si tu ne les lisais pas, lis comme un somnambule. (cité par Chaunes et Sylvoisal, 1985, p.19)
De même, on peut lire chez Sainte-Beuve : L'Université alphabêtit les jeunes gens et les rend grossiers et prétentieux. La plupart d'entre eux confondent le bavardage et la politique. Dans leurs conciliables enfumés, ils comptent pour rien les droits les mieux établis et les traditions les plus respectables. (Id, p.19)
De même, Jacques Lacan l'utilise dans la Postface au séminaire "Les quatre concepts de la psychanalyse"
Ce terme a quelque chose d'ironique et est la contraction "d'alphabet" et de "s'abêtir". Lacan utilise ce néologisme pour critiquer le système de pédagogie et d'éducation donné par l'Ecole.
"L'école, dite sans doute maternelle de ce qu'on y procède à la dématernalisation : soit qu'on apprenne à lire en s'alphabêtisant." (cité par Bénabou, Cornaz, Liège, Pélissier, 2002, p.16)
Il semble donc que cette dernière critique apportée par Lacan renvoie à la forte différence entre la famille, avec l'aspect maternelle, et l'école, pris comme lieu de contraintes où on "s'alphabêtit."
Bibliographie :
Bénabou, Cornaz, Liège, Pélissier, (2002) 789 néologismes de Jacques Lacan, Epel : Romans sur Isère
Chaunes et Sylvoisal (1985), Le Verbiaire, Editions l'âge de l'homme : Lausanne