SERVICES
Article Contributeur
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail

Agathe Mottet, Madame de Rambaud

Note moyenne : pour 46 votes
Commentaires (100) Ajouter un commentaire Signaler un abus Votre vote  
En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse
Agathe Mottet, Madame de Rambaud
Publié le:28/12/2011

Louis XVII, La Révolution, Naundorf


Article à la une du Journal des débats politiques et littéraires.
Article à la une du Journal des débats politiques et littéraires.
© 1929/02/07 (Numéro 37)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k505772q.r=mottet+rib%C3%A9court.langFR
Agathe Mottet, épouse de Rambaud, plus connue sous le nom de Madame de Rambaud, est née à Versailles et est baptisée en l'église Saint-Louis de Versailles le 10 décembre 1764 [1]. Agathe est morte à Aramon, dans le Gard, le 19 octobre 1853 et enterrée à Aramon, puis au cimetière Saint-Véran, à Avignon, mais en 1891.

Agathe Mottet se marie se marie vingt jours avant la naissance du duc de Normandie (= Louis XVII), le 7 mars 1785,  avec André de Rambaud, protégé de Suffren, ami de Villaret de Joyeuse. Son mari, Benoît-Thérèse de Rambaud, meurt en revenant d’une expédition à Galam, au coeur de l'Afrique Noire, le 5 octobre 1787. Agathe est à Versailles la berceuse des Enfants de France, puis aux Tuileries, elle est attachée à la personne du Dauphin, le futur Louis XVII. Elle est la personne la plus proche de ce prince, comme le rappellera Alain Decaux, de sa naissance au 10 août 1792. Après l'avoir protégé des années pendant les funestes journées révolutionnaires, elle doit s'enfuir des Tuileries ce 10 août, après la prise des Tuileries, avec le fidèle Cléry. Il racontera, dans son Journal, comment ils ont évité de peu les prisons des massacreurs de septembre. Alors que son cher Dauphin est emmené au Temple, elle demande néanmoins à être emprisonnée avec lui pour pouvoir le servir à nouveau. Puis, Agathe de Rambaud, comme tous les autres fidèles serviteurs de la famille royale, doit se terrer. Elle verra sa fille, Marie Célinie, mourir de privations.

Thermidor sauve Agathe et son fils, prénommé Auguste, comme le roi-martyr. Son beau-frère, Georges Pléville Le Pelley devient amiral et ministre. Le frère d'Étienne Guillaume Picot de Bazus, un autre de ses beaux-frères, le savant Philippe Isidore Picot de Lapeyrouse, est maire de Toulouse. Elle revoit même par la suite son ami, le prince de Poix.

Connaissant le comte de Provence et Artois, elle ainsi que le prince ne s’attendent qu’à de l’ingratitude des frères de Louis XVI sous la Restauration. La naissance de Louis XVII avait contrarié les plans du futur Louis XVIII. Marie-Antoinette avait empêché de peu que son bébé mange du verre pilé introduit dans sa nourriture. Sous la Restauration, Agathe touche néanmoins une pension, qui s’ajoute à ses revenus qui sont d’environ 10.000 francs, somme assez considérable. Elle est invitée régulièrement aux Tuileries et rencontre la duchesse d’Angoulême et surtout la duchesse de Berry, princesse qui fréquente aussi sa cousine, mariée à un Russell  de Swallowfield. Avec le général Wellington, cette grande Dame va permettre à Édouard de Warren, cousin d’Agathe, de devenir officier dans l’armée anglaise des Indes.  

Louis XVII
Louis XVII
Dessin rehaussé d'aquarelle
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Madame de Rambaud dans les années 1830 va avoir 70 ans, et même ses rares ennemis disent qu’elle en paraît 10 ans de moins. C’est quelqu’un de très moderne et même si désormais des romans de gare la disent très bigote, ses amis ecclésiastiques lui reprochent de ne pas être catholique pratiquante. La réalité est que sa famille et ses proches sont tous francs-maçons, tout en étant royalistes. Ce qui, à l’époque, était possible en France, comme de nos jours de Madrid à Oslo, et bien entendu à Londres.

Quand en 1834, Naundorff, un étrange personnage venu de Prusse, arrive à Paris et prétend être Louis XVII. Agathe le rencontre et après une série de questions, en arrive à la conclusion qu’il est son prince. Celui-ci va vivre plus d’un an chez elle, en étant malade. Agathe de Rambaud va reconnaître sur son corps les mêmes marques et cicatrices qu'elle avait observées chez le Dauphin et confronter ses souvenirs avec le prétendant. Convaincue de la justesse de sa cause, elle devient l'un des plus fidèles partisans de ce Naundorf et regroupe autour d'elle d'autres anciens proches de la famille royale. Commence alors ce qui sera le dernier combat de sa vie, le plus passionné aussi, pour faire reconnaître son prince et le faire rétablir dans ses droits et prérogatives. Elle n’est en rien sénile. Au contraire, son témoignage pousse ceux qui la connaissent à reconnaître le prince, comme par exempleb le comte  Charles d’Hozier ou à être fortement ébranlé dans leurs convictions. C’est le cas du duc Sosthène de La Rochefoucauld, sorte de ministre de la culture de Charles X, et espion de la duchesse d’Angoulême, qui n’a aucune envie de partager son énorme héritage. Ou bien encore le comte d’Hozier. Elle n’est en rien intéressée, comme le proclame aujourd’hui des personnes qui ne connaissent pas cette énigme. Bien au contraire, elle se ruine pour son prince, comme le prouvent les actes notariés de sa famille.

Tant de calomnies ont occulté la vérité sur cette femme qu'il importait de lui restituer sa vraie personnalité m’a écrit Georges Bordonove, historien de nos rois. Dans ma biographie de mon ancêtre, Pour l’amour du Dauphin, j’ai essayé de lui restituer sa vraie personnalité. J’ai parlé aussi très longuement de la vie de Louis XVII et ses proches à Versailles, puis aux Tuileries. Et bien entendu j’ai raconté la survie des anciens serviteurs du roi pendant la Terreur. En ce qui concerne l’affaire Naundorff, à partir de nombreux documents en partie inédits, comme l’a écrit Philippe Delorme j’ai essayé de décrire l’ambiance régnant parmi  les partisans de la survivance, qui sont souvent des membres de la famille d’Agathe de Rambaud. Celle-ci passe ses dernières années à Avignon, chez sa petite-fille, qui possède un hôtel particulier au pied du palais des Papes. Elle décède dans une métairie appartenant au mari de sa petite-fille à Aramon.

 

SA FAMILLE

 

Blason Mottet de La Motte
Blason Mottet de La Motte
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
L’une des calomnies les plus fréquentes à l’encontre d’Agathe Mottet-de Rambaud porte sur ses origines. Selon un ministre de Louis-Philippe, Naundorf est un juif de la Prusse polonaise ; la duchesse d'Angoulême parle d’une fausse Madame de Rambaud. D’autres affirment sans preuve que les Mottet de Provence sont des bourgeois et le grand-père de Madame Rambaud n’est pas baron. Et pourtant :

La famille de Mottet de la ville de Tarafcon, eft une des plus anciennes de cette Ville, & elle conferve encore les provifions de la Commanderie de Bourdeaux qui fut donnée le 18 de Novembre de l'an 1417 à Galiot Mottêt, Chevalier de Rhodes. Jean Mottet qui étoit apparemment le neveu de ce Commandeur, & qui étoit Confeiller du Roi René, fit fon Teftament l'an 1441, par lequel il inftitua son héritier, Jacques Mottet fon fils. Jacques eut deux fils, Jean l'aîné, & Jean le puîné. Jean l'aîné époufa l'an 1544. Anne de Grille, de laquelle il eut Guillaume Mottet, qui fut Gentilhomme fervant de la Reine Catherine de Médicis, par Lettres de l'an 1580 et qui de Pierrette de Gras fa femme, eut François de Mottet marié l'an l’an 1611 avec Ifabeau de Guibert.

 

L'histoire de sa famille est fort ancienne :

Les Mottet de Provence

Les Mottet en Ile-de-France

Les Mottet de La Fontaine (Indes)

 

Benoît Mottet de La Fontaine, baron, commissaire-ordonnateur des établissements français de l'Inde.
Benoît Mottet de La Fontaine, baron, commissaire-ordonnateur des établissements français de l'Inde.
Ancêtre de la branche de la Fontaine de la famille Mottet (Indes-Bretagne). Archives Guy de Rambaud.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Sans oublier la descendance de son oncle, le baron Benoît Mottet de La Fontaine, député du Grand Orient de France, commissaire-ordonnateur des établissements français de l'Inde, gouverneur de Pondichéry [2] :

 

 

Il ne s’agit que de quelques membres de sa famille proche, qui permettent d’expliquer la présence de Raoul de Warren à l’enterrement de son arrière-petit-fils, Jean de Rambaud. Le témoignage d’Agathe de Rambaud et ses qualités font certainement que ce cousin lointain,  Président de la Commission des preuves de l'Association d'entraide de la noblesse française, il écrit Les Prétendants au trône de France. Faits nouveaux. Prétendants nouveau, ouvrage qui lui vaut beaucoup de critiques.

Par sa grand-mère, Madeleine Coustant (1705-1771), membre de la famille Coustant  est une arrière-arrière... petite-nièce de Guillaume d’Ercuis (1255-1315), lui aussi précepteur et familier d'un prince, mais devenu roi Philippe Le Bel. Elle est une petite-nièce de Charles Coustant de Belle-Assise. Sa grand-mère est la sœur d’Antoine-François Coustant, écuyer, conseiller du roi, avocat en parlement, maître particulier de la maîtrise des eaux et forêts de Compiègne, ayant eu de son union avec Gene­viève-Charlotte Ségoing,  d’une famille de l'Orléanais, qui a donné un avocat au parlement, historiographe du roi, et un lieutenant général en l'élection d'Or­léans [3].  Cette tante, baronne de Segoing (1724-1808), descend du célèbre généalogiste du même nom. L’hôtel des Rats à Compiègne et l’hôtel des Fours, qui lui est  mitoyen, lui appartiennent. Une autre de ses tantes est mariée à un Poulletier de Gannes, écuyer, Commissaire ordinaire des guerres et Conseiller du roy, qui est l’ancêtre du savant Philippe Édouard Poulletier de Verneuil, mais aussi des princes et ducs de Broglie et de Broglie-Revel, du fait du mariage du mariage des sœurs Vidart, ses arrière-petites-filles, avec deux fils du prince Alphonse Gabriel Octave de Broglie (1785-1865).

Commissaire de la Marine à la fin de l'ancien régime.
Commissaire de la Marine à la fin de l'ancien régime.
Archives Guy de Rambaud (vieille gravure)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Agathe Mottet est la fille de Louis Melchior Mottet (1735-1811), commissaire général des ports et arsenaux au ministère de la Marine et des colonies, le responsable des colonies françaises jusqu’en 1786. Ce grade correspond à celui de contre-amiral. Il n’a jamais été huissier de la Cour. Le CARAN m’a envoyé 40 photocopies de son dossier qui précisent ses fonctions avec un grand nombre de détails. C’est un officier supérieur du corps de la plume.  En mai 1811, sa veuve parlera des 10.000 francs de pension de retraite dus à la générosité de Louis XVI. Louis Melchior Mottet est un fonctionnaire zélé. Il ne revendique aucun titre de noblesse, mais il est très fier de ses fonctions importantes.

En 1769 quand on assiste à la suspension du privilège de la Compagnie pour le commerce en Inde, son grand-père perd la dot de sa femme, soit 30.000 Francs, somme correspondant à cinq années de solde pour un colonel. La mère de la future Madame de Rambaud, Jeanne Agathe Le Proux de La Rivière (1744-1814), est la fille de ce Premier commissaire de la Marine, un peu trop confiant. La famille Le Proux de La Rivière est fort ancienne, mais pas noble. Son titre de premier commis correspond à cette  époque à une charge considérable (Colbert était Premier Commis des Finances). Il lui est confié des missions par ordre du Roy à Brest, Rochefort, Bordeaux et aux Antilles. En 1771, il est commis chef des fonds des Colonies à la cour et il touche 15.000 livres d'appointements.

L’histoire de la famille Le Proux est intéressante. Ils sont originaires de Bretagne : Cette famille fe prétend iffuë des le Prouft de Bretagne, Seigneurs de Kergonadech [4]. A la fin du Moyen-Âge, deux branches de cette famille bretonne viennent s’établir l’une à Loudun, l’autre dans le comté du Maine. Le blason de celle de Loudun est : De gueule à un chevron d'or accompagné au chef de 2 coquilles d'argent et en pointe d'une étoile d'or [5]. Celle du Maine porte : D'azur, à un chevron d'or, accompagné en chef de 2 étoiles de même, en pointe une levrette courante d'argent [5]. Étienne Le Proust, arrière-grand-père de François Le Proust du Ronday est receveur des aides et tailles du bailliage de Loudun, sous les règnes de Louis XI (1461-1483) et de Charles VIII (1483-1498). Nous ne sommes pas en présence d’une famille noble, mais, Jacques Le Proust, bourgeois de Loudun, d'après un contrat passé en France en 1582 partage ses biens avec les membres de sa famille sous l'autorité de la reine douairière d'Écosse, Marie Ière d'Écosse (1542-1587). Le père de François Le Proust du Ronday est cité par François Rabelais (Au I.IV. ch. 27). Sa mère, Marguerite Ferron, dame du Ronday est d’une très riche famille bourgeoise de Loudun, dont parle Beauchet-Filleau, dans son Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou.

François Le Proust du Ronday (1555-1615)  est  le membre le plus connu de cette famille de jurisconsultes et de médecins protestants de Loudun. Son frère Joseph se marie avec la fille de Jacques Herbert, sieur de l' Isle,  maire de Poitiers, comme ses ancêtres. Ils sont eux aussi huguenots. Ce Jacques Herbert, ancêtre des Le Proux, est supplicié [6].

Maistre François Le Proust (1580-1639), ancêtre des Le Proux et son frère Jacques (1584-1644) s’installent au Blanc, dans l’Indre. Ils sont seigneurs de La Sellounière (ou Sillounière) et figurent au niveau de quelques actes. Le 3 septembre 1627, ils sont cités comme cohéritiers des biens de feue Rachel de Vernou, femme de Nicolas de Sainte-Marthe, conseilleur du roi, lieutenant- général en la sénéchaussée et siége présidial de Poitou [7]. Mais ils n’occupent aucune charge dans l’armée et l’administration de sa majesté très catholique. La Salonnière n’est d’ailleurs qu’un arrière-fief à peine cité dans les écrits sur Le Blanc. Aux générations suivantes, les Le Proust contribuent à la création de l’école de chirurgie du Blanc, dont parle Chantal de La Véronne dans son Histoire du Blanc. François II Le Proust de La Salonnière, fils de Jacques Le Proust de La Seillonnière, est maître-chirurgien du Blanc. Toutefois si son cousin germain, Estienne (1630-1685), est sieur des Varennes, un petit fief de la paroisse Saint-Génitour (rive berrichone), il est également marchand, certainement pour survivre. D’ailleurs, nous retrouvons son fils, un trisaïeul d’Agathe de Rambaud, à Versailles. Il essaie péniblement de retrouver le lustre de ses ancêtres  En 1692, un nommé Leproust, dit des Varennes acquiert la moitié de la maison (construite en 1674 de l’un des héritiers d’Hourlière, boulanger du roi, située au 19-21 rue Hoche, et l’autre moitié de Charles Loysel qui l’avait acquise lui-même d’un autre héritier. Ce Leproust joue au bourgeois gentilhomme. On le retrouve sous le nom de Leproust de Varenne et sa fille a épousé Victor O’Toole, seigneur de Porte Korte. La maison de Leproust est appelée l’hôtel de Varenne [8].

Si certains anti-naundorffistes primaires veulent à tout prix trouver faire des Mottet des petits bourgeois, à l’inverse, d’autres personnes donnent à Agathe le titre de comtesse de Ribécourt [9]. Aucun document connu ne semble être à l’origine de ce titre. D’ailleurs elle signe Mottet, Mottet-de Rambaud ou bien encore Mottet de La Motte et n’usurpe pas de titres. Son mari s’appelle à la fin de sa vie de Rambaud et est écuyer comme ses descendants sur tous les actes d’état-civil. La seule exception est Ernest, son petit-fils, qui est dit chevalier sur certains actes, mais c’est dû à un titre italien qui lui est accordé du fait de ses exploits pendant la campagne d’Italie. De toutes façons en 1789, selon Bluche, 50 % au moins des nobles sont écuyers. Et un écuyer compétent et courageux est mieux apprécié par Louis XVI que certains faux marquis. Les titres de noblesse ne sont en rien des grades.

 

SA JEUNESSE

 

 

Agathe de Rambaud adulte
Agathe de Rambaud adulte
Archives Guy de Rambaud-Rodolphe Gaillard de Saint-Germain
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Agathe Mottet naît à Versailles à deux pas de l’actuelle paroisse. Tous ses proches pendant son enfance sont soit commissaires de la marine, soit officiers et gardes du corps du roi. C’est une enfance heureuse, quoiqu’elle étudie beaucoup et soigne ses dix frères et sœurs. Elle voit régulièrement la famille royale. Son père est le responsable des colonies au ministère de la Marine et Colonies, où se rend régulièrement le roi Louis XVI, qui veut et va enlever la maîtrise des mers aux Anglais. Louis Melchior Mottet, serviteur zélé du roi, et son beau-père Eloy Pierre sont très appréciés des ministres qui se suivent et de ce monarque.

C’est certainement pour cela qu’elle va être Berceuse du duc de Normandie. C’est au départ une fonction honorifique qui laisse supposer une présence très limitée auprès du prince qui va naître. Si, bien des années plus tard, Agathe précise qu’elle est entrée en fonction en 1784, c’est que tout simplement la naissance devant avoir lieu en mars,  la Maison des Enfants du Roi est complétée dès fin 1784. D’ailleurs, elle est payée dès le 1er janvier.

Agathe Mottet n’est pas gouvernante du Dauphin et ne le sera jamais. L’enfant que tout le monde appelle Charles est duc de Normandie. Il a un frère et une sœur, la fameuse duchesse d’Angoulême. Sa gouvernante est Madame de Polignac et après le déclenchement des événements, Madame de Tourzel. Mais ses grandes dames se soucient fort peu de l’enfant. La Polignac s’amuse très souvent avec la reine. Madame de Tourzel, comme la reine aux Tuileries se soucient surtout de politique. Durant ces sept ans, elle ne l'a pas quitté, elle l’a bercé, elle l’a soigné, elle l’a vêtu, elle l’a consolé, elle l’a grondé. Dix fois, cent fois plus que Marie-Antoinette, elle a été pour lui, une véritable Mère [10].

Voici ce que dit Madame de Genlis de l’éducation des princes de France, même après la parution de L'Émile, de Jean-Jacques Rousseau : C'est un miracle à la Cour d'élever un prince ou une princesse. La nourrice n'a d'autres fonctions que de donner à téter à l'enfant quand on le lui apporte; elle ne peut pas le toucher. Il y a des remueuses préposées pour cela, mais qui n'ont pas d'ordre à recevoir de la nourrice. Il y a des heures pour remuer l'enfant, trois ou quatre fois dans la journée. Si l'enfant dort, on le réveille pour le remuer. Si après avoir été changé, il fait dans ses langes, il reste ainsi trois ou quatre heures dans son ordure. Si une épingle le pique, la nourrice ne doit pas l'ôter; il faut chercher et attendre une autre femme : l'enfant crie... C'est une vraie misère que toutes ces cérémonies.

Sa tâche dans un premier temps va consister à dormir aux côtés de l’enfant sur un lit de sangles, à le réconforter quand il fait un cauchemar, à le soigner quand il est malade. Elle est présente à son coucher et à son réveil. Comme elle a été élevée par ses parents et a élevé ses frères et sœurs, contrairement aux nobles de son temps, Agathe connaît les gestes, les mots, les chansons et les jeux qui plaisent aux tous petits.

Quand le petit Charles a trois ans, son frère décède pour des raisons étrange, selon Madame d’Abrantès qui écrit : Ce jeune Prince  mourut peu de temps avant l’ouverture des États Généraux. Il était tombé en quelque mois d’une santé florissante dans un rachitisme qui lui avait courbé le dos, allongé les traits du visage et rendu les jambes si faibles qu’on le soutenait comme un vieillard pour le faire marcher. En réalité, l’enfant semble être mort d’une carie vertébrale. La reine affirme que si son fils était celui d'un particulier, il se porterait bien, que veut-elle dire ? Avant 1789, la présence de verre pilé retrouvé dans la nourriture de Charles oblige ses proches à surveiller la nourriture de l’héritier de la couronne très convoitée. En effet, Madame d’Abrantès écrit : La Reine venait pour voir tout ce qu’on lui donnait à manger. Un jour, elle voulut même le faire manger. On lui servit une sorte de panade faite avec du pain séché au four et pulvérisé avec un rouleau à pâtisserie, puis ensuite délayée avec du bouillon. La Reine mit le jeune Prince sur ses genoux et tout en remuant la panade pour la lui faire manger, elle sentit quelque résistance au fond de l’écuelle de vermeil contre la cuillère. On appela la Berceuse chargée du soin de faire la panade et la Première Femme qui devait aussi y donner sa surveillance. Toutes deux ne répondirent autre chose, sinon qu’elle était faite comme toujours. Mais une mère et une femme comme Marie Antoinette ne se laissa pas persuader par des paroles. Elle sentait toujours cette résistance au fond de la jatte de vermeil. On versa la panade dans un autre vase et après un examen on trouva plusieurs morceaux de verre brisé au fond de l’écuelle de vermeil. Son premier mouvement fut d’être tellement effrayée qu’elle s’écria :

-           Sire, on a voulu tuer le Dauphin !

Cette affaire ne m’a jamais paru bien claire. Elle ajoute : Je crois que la vérité est d’abord sortie de la bouche de la Reine et qu’on a voulu tuer Monsieur le Dauphin. Je n’en suis pas sûre. Mais après tout il y avait bien des gens intéressés à ce que Louis XVI n’ait pas d’héritiers.

Après 1789, Madame de Rambaud va chercher à manger dans le Paris révolutionnaire, au mépris du danger, pour que son royal pupille puisse manger en toute sécurité. Mais là, la raison est différente : l’entourage de la reine se méfie de certains membres du personnel des cuisines.

 

SON MARIAGE

 

Uniforme d'ingénieur géographe de la Marine avant 1789
Uniforme d'ingénieur géographe de la Marine avant 1789
© anonyme
gravure ancienne
Agathe Mottet se marie avec Benoît-Thérèse de Rambaud, le 7 mars 1785,  20 jours avant la naissance du Dauphin, à Versailles, en l’église Saint-Louis [11]. Cet acte de mariage figure au milieu d’un certain nombre d’actes de personnes illustres conservés par les archives de la mairie de Versailles. André Rambaud est le figure de Jean, armateur, négociant avec l’outre-mer, corsaire dont un ancêtre figure dans l’Armorial de la ville de Marseille : recueil officiel dressé par les ordres de Louis XIV [12]. Son aïeul, Honorat Rambaud est un grammairien célèbre. Joseph Roman, le spécialiste de la noblesse des Hautes-Alpes, le classe parmi les Rambaud de Gap, dont sont issus Jacques Rambaud de Furmeyer et son frère le capitaine Furmeyer. André Rambaud a été élevé dans une famille de marins que l’on retrouve à Saint-Chamas, Martigues et Marseille. Ils se marient d’abord à des familles qui vont devenir illustres, comme les Fabre, les Reynier-Manoly et les Laveison (futurs comtes autrichiens) ou à une descendante d’une branche cadette des Rians. Les dernières alliances sont avec des filles de patrons de barques. Jean Rambaud, beau-père d’Agathe, s’installe et y fait fortune. Sa fille aînée se marie avec Georges Pléville Le Pelley, capitaine des vaisseaux du roi et du port de Marseille.

Benoît-Thérèse de Rambaud est ingénieur, capitaine et un jeune chevalier de l'Ordre de Saint-Louis. Les témoins du marié sont :

  •  le père de la mariée, le Commissaire général des ports et arsenaux Louis Melchior Mottet, et son épouse, née Agathe Le Proux de La Rivière, fille de Commissaire Principal de la marine,
  • Haut et puissant Seigneur Pierre André de Suffren de Saint-Tropez, chevalier des Ordres du Roi, Grand croix de Saint Jean de Jérusalem, vice-Amiral de France. Ambassadeur de l'Ordre de Malte
  • Godefroy de Chourses (1739-1786) chevalier des Ordres Saint-Louis et Saint Lazare, seigneur du Bois Frelon. Il est issu d'une famille du Maine connue dès le XIe  s., selon Le Grand dictionnaire historique, de Moreri. Louis Thomas Villaret de Joyeuse, lieutenant des vaisseaux du Roi, chevalier de Saint Louis, membre de la loge L'Union de Lorient, futur amiral de la 1ère République.
  • David Jacques François Le Proux de La Rivière (oncle de l'épouse, futur commissaire pendant la Convention, négociateur des accords de Bilbao avec l'Espagne).

Acte de baptême d'Auguste de Rambaud, Registres paroissiaux AD 78
Acte de baptême d'Auguste de Rambaud, Registres paroissiaux AD 78
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Auguste de Rambaud, premier enfant de Messire André Benoît-Thérèse de Rambaud, écuyer, naît le 11 janvier 1786 et est baptisé le lendemain à la paroisse Saint-Louis de Versailles. Le parrain est son oncle, Georges Pléville Le Pelley, futur amiral et ministre de la Marine et des Colonies du Directoire [13].

Quand naît Madeleine Célinie de Rambaud le 29 juillet 1787, à Versailles, son père nommé commandant de la troupe au Sénégal, de trois forts et gouverneur du royaume de Galam, pour la compagnie du Sénégal remonte le fleuve du même nom. On parle à Saint-Louis  du pays de Galam, ce grand cimetière des Européens du Sénégal assez osés pour vouloir s'y établir en permanence [14]. Il meurt le 5 octobre 1787 après l’échec de son expédition dans le soi-disant hôpital de Saint Louis du Sénégal et est enterré dans le cimetière européen à la pointe sud de l’île. Le roi fait Benoît-Thérèse de Rambaud lieutenant-colonel, à titre posthume. Marie Antoinette essaye de consoler Agathe. Elle lui offre un salon tapissé par les jeunes filles de Saint-Cyr et une magnifique horloge. Peu à peu, des liens vont se créer entre cette jeune veuve de 25 ans, le couple royal et l'enfant, dans une période troublée, où la plupart des courtisans vont devoir fuir, ce qui révolte Marie Antoinette. Lui attribuent-ils le titre de comtesse de Ribécourt, qui figure dans les différentes généalogies et des livres d'histoire consacrés à l'affaire Naundorf ? C'est peut-être un titre de cour, forme de courtoisie royale, qui a pour but de créer des familiers autour des personnes royales et de hiérarchiser le groupe. Bien souvent ainsi nommés par le Roi, les bénéficiaires conservent le titre dans la vie extérieure à la cour. Ces titres de courtoisie ou d'usage ne sont bien sûr pas héréditaires.

 

La descendance d'André Rambaud

 

André Rambaud (1438-1503)

  x 1483  Annette Richier (1465-1532)

  I

  | --> Jeanne Madeleine Rambaud  

  |      x  Olivier Martin de Champoléon (1454-1536)

  |      |     

  |      | --> Marguerite Martin de Champoléon (ca1500-1568)

  |      I      x 1517 Georges Serre du Rivail (ca1480-1540)

  I      I      I

  I      I      I --> Jeanne Serrre du Rivail (1520-15??)

  I      I      I     x 1540 Antoine de Bosse (1520-1544)

  I      I      I     I

  I      I      I     I --> Louis de Bosse (1520-15??)

  I      I      I     I      x Antoinette du Périer 

  I       I      I     I     I

  I      I      I     I      I --> Isabeau de Bosse 

  I      I      I     I      I      x Antoine David 

  I       I      I     I      I     I

  I      I      I     I      I      I -->  Hélène David

  I      I      I     I      I      I      x 1645 Étienne Lions (ca1620-1692)

  I       I      I     I      I     I      I

  I      I      I     I      I      I      I -->  Antoinette Lions (1649-1708)

  I      I      I     I      I      I      I       x  1665 Abraham Jordan (1638-1702)

  I       I      I     I      I     I      I       I

  I      I      I     I      I      I      I       I -->  Hélène Jordan (1689-17??)

  I      I      I     I      I      I      I       I      x  1711Claude II du Puy 

  I       I      I     I      I     I      I       I      I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I -->  Marie Elizabeth du Puy (1719-1798)

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       x  1741 Jacques II Périer (1703-1782)

  I       I      I     I      I     I      I       I      I       I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I -->  Rose Euphrosine Périer (1748-1797)

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I     x  1766 Pierre François Duchêne (1749-1821)

  I       I      I     I      I     I      I       I      I       |     I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I     I -->  Philippine Duchêne  (1769-1852)

  I       I      I     I      I     I      I       I      I       I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I -->  Marie Elizabeth Périer (174?-1792)

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I     x  1765 Pierre Jordan (1727-1791)

  I       I      I     I      I     I      I       I      I       I     I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I     I -->  Camille Jordan (1771-1821)

  I       I      I     I      I     I      I       I      I       I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I -->  Claude II Périer (1742-1801)

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I     x  1767 Marie Charlotte Pascal (1749-1821)

  I       I      I     I      I     I      I       I      I       I     I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I     I -->  Augustin Périer (1773-1833)

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I     I     x  1798  Églantine de Berckheim (1772-1863)

  I      I      I     I      I     I       I       I      I       I     I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I    I --> Casimir Périer (1777-1832)

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I    I      x  1805  Marie-Cécile Loyer (1788-1865)

  I      I      I     I      I     I      I       I      I       I     I      I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I    I      I --> Auguste Casimir-Perier (1811-1876)

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I    I      I     x  1841  Camille Fontenillat (1823-1907)

  I      I      I     I      I     I      I       I      I       I     I      I     I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I    I      I     I --> Jean Casimir-Perier (1847-1907)

  I      I      I     I      I      I      I       I      I       I    I      I     I      x  1873  Hélène Perier-Vitet (1854-1912)

  | --> Guélis II Rambaud 

  |      x 1516  Anne Matheron de Peynier

  |      |     

  |      | --> Antoine Rambaud

  |      |    

  |      | --> Jacques Rambaud

  |      |     

  |      I --> Marguerite Rambaud

  |      I    x  1535 Simon Montauban du Villard 

  I      I    I 

  I      I    I --> Isabeau de Montauban-Rambaud

  I     I          x 1581 Joseph de Martinel

  I      I        I

  I      I        I --> Jacques de Martinel  (1583-1615)

  I      I      I     x 1604 Blanche Alleman d'Allières (ca 1585-1627)

  I      I      I     I

  I      I      I     I --> Bonne de Martinel  (1520-15??)

  I      I      I     I      x  1621 Antoine Caritat de Condorcet (ca1600-1660)

  I       I     I     I      I

  I      I      I     I      I --> Laurent Caritat de Condorcet 

  I      I      I     I      I       x  1668 Marie Yse de Rosans 

  I       I      I     I      I     I

  I      I      I     I      I      I -->  Antoine II Caritat de Condorcet 

  I      I      I     I      I      I      x 1693 Judith Amieu 

  I       I      I     I      I     I      I

  I      I      I     I      I      I      I -->  Antoine III Caritat de Condorcet (1700-1746)

  I      I      I     I      I      I      I       x  1740 Marie Madeleine Gaudry (ca1720-1784)

  I       I      I     I      I     I      I       I

  I      I      I     I      I      I      I       I -->  Nicolas Caritat de Condorcet (1743-1794)

  I      I      I     I      I      I      I       I      x  1786  Sophie de Grouchy (1764-1822)

  I       I      I     I      I     I      I       I      I

  I      I      I     I      I      I      I       I      I -->  Elisa Caritat de Condorcet (1790-1859)

  I      I      I     I      I      I      I       I      I     x Arthur O'Connor (1763-1852)

  |     

  | --> Antoine Rambaud 

  |       x Jeanne Montauban du Villard 

  |      |     

  |      I --> (hyp) Honorat Rambaud

  |      I                 x  Catherine Fabre

  I      I                 I 

  I      I                 I --> André II Rambaud

  I      I                 I

  I      I                 I --> Pierre Rambaud

  I      I                 I        x 1585 Lucresse Reynier-Manoly

  I      I                 I        I     

  I      I                 I        I --> Jeanne Rambaud 

  I      I                 I        I       x 1629 Jean Christophe de Tournon

  I      I                 I        I       

  I      I                 |        I --> Diane de Tournon  

  I      I                 I        I       x  1662 Antoine de Chateauneuf

  I      I                 I        I     

  I      I                 I        I --> Melchion  Rambaud 

  I      I                 I        I       x  1629 Alexandra de Lavison

  I      I                 I        I       I     

  I      I                 I        I       I --> Magdalene Rambaud 

  I      I                 I        I       x  1644 Claude Gabriel de Molieres 

  I      I                 I        I     

  I      I                 I        I        I --> Jean Rambaud 

  I      I                 I        I        I       x  1655 Jeanne Maillet (fille de Jehanote de Rians)

  I      I                 I        I        I       I 

  I      I                 I        I        I       I --> Jacques Rambaud 

  I      I                 I        I        I       I       x  1698 Catherine Chappus

  I      I                 I        I        I       I       I

  I      I                 I        I        I       I       I --> Jean II Rambaud 

  I      I                 I        I        I       I       I        x  1730 Magdeleine Lieutaud

  I      I                 I        I        I       I       I        I

  I      I                 I        I        I       I       I        I --> Ursule Rambaud 

  I      I                 I        I        I       I       I        I       x  1757 Georges-René Pléville Le Pelley

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I --> Marie Thérèse Pléville Le Pelley

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      x  1777 Luc Laugier-Pléville

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I --> Marie Désirée Laugier-Pléville

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I     x  Jean-Théodore Nicolas-Pléville

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I     I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I     I --> Thérèse Coralie Nicolas-Pléville

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I     I     x  Amédée Couret-Pléville

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I --> Lucie Joséphine Couret-Pléville

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I      x  Ernest Vallée

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I --> Marguerite Vallée

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     x Fernand Bourdet

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I --> Édouard Bourdet

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     x 1909 Catherine Pozzi

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I    I -->  Claude Bourdet

  I      I                 I        I        I       I       I        I

  I      I                 I        I        I       I       I        I --> Jean Michel Rambaud 

  I      I                 I        I        I       I       I        I

  I      I                 I        I        I       I       I        I --> Benoît-Thérèse de Rambaud  

  I      I                 I        I        I       I       I        I       x  1785 Agathe Mottet

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I --> Auguste de Rambaud  

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      x  1817 Françoise Gaudelet d'Armenonville

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I --> Ernestine de Rambaud  

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I     x  1844 Léon Verger 

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I     I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I     I --> Louise Félicité Verger

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I     I     x 1868  Eugène Gaillard de S G

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I --> Yvonne Gaillard de Saint Germain

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I      x 1934 Michel Hurault de Vibraye

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I --> Roger Gaillard de S G

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     x Marguerite Collette

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I --> Gen. Jacques Gaillard de S G

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     x 1939 Marie Soulez

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I --> Ulric Gaillard de Saint Germain

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     x  Marie-Thérèse Mariani

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I --> Roger Gaillard de S G

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     x  1948 Nicole des Plas

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     I --> Yannick Gaillard de S G

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     I     x  1975 Jacques de Gaulle

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I --> Raoul Gaillard de Saint Germain

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I      x 1912 Ludovie Lallet de Montulle

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I --> Gen. Raymond Gaillard de S G

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     x  1943 Thérèse Becquet de M

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I --> Arthur Gaillard de Saint Germain

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I      x 1919 Marie Lacretelle

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I --> Gaston Gaillard de Saint Germain

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I      x 1912 Suzanne Duflot

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I --> Ernest de Rambaud  

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      x  1868 Marguerite  Le Clerc de Pulligny 

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I --> Jean de Rambaud

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I     I     x (2)  Ernestine Million

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I --> Pauline de Rambaud

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I      x 1943 Désiré Roy

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I --> Christian Roy-de Rambaud

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     x Susan Heubusch

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I   

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I     I     x (1)  Eugénie Renault

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I --> Gérard de Rambaud

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      I    I      x 1922 Valentine Odant

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I --> Edouard de Rambaud

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     x 1946 Monique Lecouteux

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I --> Michel de Rambaud

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     x 1952 Françoise Coëffet

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I    I -->  Guy de Rambaud

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     I     x Nadia Arrivé

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     I

  I      I                 I        I        I       I       I        I       I      I      |    I     I     I      I --> Olivier de Rambaud

 

LES TUILERIES

 

Journées d'octobre 1789. La famille royale et La Fayette.
Journées d'octobre 1789. La famille royale et La Fayette.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Après ce drame familial, la vie continue. L’une de ses sœurs se marie avec Messire Pierre de La Brousse de Senesac, écuyer, seigneur de Bontems, maréchal des logis de messieurs les gardes du corps du Roy, compagnie du Luxembourg, chevalier de l'ordre militaire royal de Saint Louis. Il sera colonel dans l’armée des émigrés et père du colonel-baron Louis de La Brousse. Ce sont eux qui élèvent Auguste et Célinie, ses enfants. Le petit prince ne veut plus la quitter. C’est une époque très agréable à vivre pour les courtisans. Mais la misère est grande du fait de mauvaises récoltes. Des démagogues promettent des jours meilleurs aux 200.000 nouveaux Parisiens, ayant fui certaines provinces où ils mourraient de faim. Et puis à côté de ces futurs sans-culottes et leurs meneurs, il existe une majorité de gens qui veulent des réformes, comme son beau-frère, Georges Pléville Le Pelley.

 

Le 14 juillet est un événement parisien, mal perçu dans les provinces. A Versailles, la prise de la Bastille effraie. C’est le début de l’émigration. La duchesse de Polignac et le futur Charles X, détestés par une partie du peuple français, fuient. D’autres préfèrent ou doivent rester. La majorité des courtisans ne songe pas encore à émigrer. Pour eux, toute l’agitation va se passer à Paris, et Versailles est une ville sûre.

 

Mais... l’approvisionnement en blé de Paris est désorganisé. Bailly envoie les émeutiers de la faim au château de Versailles. Ils crient dans les rues : Allons chercher le boulanger, la boulangère et le petit mitron ! Parmi eux, des hommes payés par Philippe d’Orléans, les Anglais, et peut-être le futur Louis XVIII, essaient de les manipuler. Le 5 octobre 1789, ils partent au nombre d'environ 6.000, suivis par La Fayette qui veut appuyer, mais surtout contrôler l’événement, avec un détachement de la Garde nationale.

 

Agathe de Rambaud et les autres membres de la Maison des Enfants du Roi reçoivent l’ordre de la reine de préparer les valises pour partir à Rambouillet. A chaque carrefour sur la route, sont disposés des piquets de gardes du corps et de troupes à cheval pour assurer la marche, bien armés et pourvus de torches. Mais le roi, revenant d’une chasse, refuse cette solution et la reine s’y résigne : La personne du Roi est en danger. Jamais, non jamais je ne l’abandonnerai. Je partagerai son sort, quel qu’il soit. Veulent-ils ma mort ? Je saurai l'affronter. Je sais que l’on vient de Paris pour demander ma tête, mais j’ai appris de ma mère à ne pas craindre la mort et je l’attends avec fermeté.

 

 Le lendemain, à l’aube, les émeutiers attaquent le château. N’attendant pas les consignes, Mesdames de Tourzel, de Rambaud, les autres dames et des serviteurs emmènent les enfants chez le roi, le seul appartement qui ne soit pas encore forcé. La Fayette conseille au roi de céder à la volonté de la foule menaçante qui crie : A Paris ! Le roi cède. La reine prend alors son fils dans ses bras et dit à son mari en le lui présentant : Promettez-moi donc, je vous en conjure, au nom de tout ce que vous avez de plus cher, pour le salut de la France, pour le vôtre, pour celui de ce cher enfant, promettez-moi que s’il se présente jamais une circonstance pareille, et que vous ayez les moyens de vous éloignez, vous n’en laisserez pas échapper l’occasion. 

 

La famille royale s’installe aux Tuileries.


UNE ÉTRANGE PREDICTION

 

Louis XVI et sa famille à Varennes.jpg
Louis XVI et sa famille à Varennes.jpg
© Carolus
Wikimedia commons
Excédé de toutes les humiliations que lui font subir les plus révolutionnaires des Parisiens, et craignant le massacre de sa famille, Louis XVI quitte les Tuileries pour le nord-est de la France. C’est ce que l’on a appelé la fuite à Varennes. Les historiens se sont posés des questions sur leur réelle destination. Un livre récent attribue un rôle à mon ancêtre, Agathe, dans cette évasion.

 

En 1792, on trouve à l'abbaye d'Orval la plus célèbre prédiction de l’ère moderne, les prophéties d'Orval, Prévisions d'un solitaire. Antoine Plussihem dans son Nostradamus: Son message aux hommes de bonne volonté (Carnot, 2003) a particulièrement  étudié l'un des quatrains :

 

De nuict viendra par la forest de Reines

Deux pars vaultorte Herne la pierre blanche

Le moine en gris dedans Varennes

Esleu cap. cause tempeste, feu sang tranche.

 

Ce document est ancien. Il est attribué par certains historiens à Nostradamus, qui a séjourné à l'abbaye d'Orval. D’autres spécialistes pensent que l’auteur est en réalité un autre médecin astrologue du nom d’Olivarius. Si le texte est de Nostradamus il est daté de 1541/1542, et donc antérieur de treize ans à la préface des premières Centuries, et date de 250 ans avant les faits décrits.

 

Comme l’écrit Antoine Plussihem, Varennes est une bourgade dont l’histoire ne va retenir le nom que par la venue dedans ses murs, de nuit, en passant par le bois de Beines, du roi. Deux pars vaultorte est un bas latinisme que peut se traduire par pris entre deux partis, ce qui est certes le cas du monarque détesté à la fois par une partie des émigrés, mais également par les plus extrémistes des révolutionnaires. Louis est vêtu d’une pèlerine de moine  de couleur grise. Esleu est peut-être une allusion aux élus révolutionnaires. Cap. sang tranche font penser sans faire preuve de trop d’imagination à la fin sanglante de l’un des derniers rois capétiens. La cause tempeste c’est la Révolution. La pierre blanche peut être une allusion à Robespierre qui est poudré comme un vieux marquis des années 1750 ? Patrick Bernauw, dans son Nostradamus in Orval, traduit ce quatrain différemment :

 

The night falls, trough the forest of Reims they come

In two parts to Orval, Herne, the white stone.

Now that the monk is in Varennes, in black and grey,

will the choice of Capet be the cause of storm, fire, blood, axe...

 

Ce livre n'est pas encore traduit en français. Mais pour lui Vaultorte est l’anagramme de Orvaulte- Orval en ancien français. Selon lui, la famille royale part des Tuileries avec l’intention d’aller à l'abbaye d'Orval. Il est vrai que la reine n’est pas dupe. Elle a trop vu les Gardes françaises et d'autres troupes réputées fidèles passer dans le camp révolutionnaire. Le projet de son mari de mener une contre-révolution à partir d’une portion du territoire français lui semble sûrement chimérique. Patrick Bernauw affirme même qu’ils craignent,  comme Orval est très proche de la frontière, de devoir se réfugier à Herne, dans le Brabant flamand, au coeur des Pays-Bas autrichiens. Il écrit dans la présentation de son livre qu’Agathe de Rambaud, la personne qui élève le Dauphin depuis sa naissance, possède une gentilhommière dans cette bourgade. Cette présence d’Agathe de Rambaud, femme très active et fidèle à son roi, en Belgique est attestée par des descendants de Flamands qui l’ont aidé.

 

LA FIN D’UN MONDE

 

La famille royale lors de la journée du 20 juin 1792
La famille royale lors de la journée du 20 juin 1792
© Carolus
wikimedia commons
Après le retour de Varennes et toutes les épreuves endurées, Louise Elisabeth de Croÿ de Tourzel nous dit que : Le seul délassement de la famille royale est le moment de la réunion, et celui où elle est témoin des jeux innocents du jeune prince et de Madame. La famille royale se donnait aussi, les premiers jours de leur retour à Paris, la petite consolation de voir passer et repasser sous leurs fenêtres les députés du côté droit qui les saluaient avec une expression de douleur et de respect qui excitait leur sensibilité. Mais, l’Assemblée en prit ombrage, et fit fermer les Tuileries, même aux députés, pour priver encore le Roi de cette légère satisfaction.

 

La gouvernante du Dauphin écrit aussi : La France était livrée dans toutes ses provinces aux brigandages les plus affreux. Les bois étaient dévastés, les greniers pillés, la circulation des grains arrêtée par des paysans, qui, sous prétexte de la crainte de disette, refusaient de les laisser sortir de la province où ils abondaient pour alimenter celles qui en manquaient, quoiqu’elles les eussent payés d'avance. Les riches propriétaires n’étaient plus en sûreté contre les pillages; tout annonçait une  prompte dissolution. Simonneau, maire d'Étampes ayant voulu s’opposer à ces excès, fut assassiné par ces furieux, qui hachèrent en pièces un fermier des environs. Ce Jacques Guillaume Simonneau est le frère d’un  des oncles maternels, de Madame de Rambaud, née Mottet, est d’abord battu, puis massacré devant 80 soldats… qui se sauvent.

 

Agathe Mottet-de Rambaud n’arrive plus à distraire le Dauphin. L’insouciance a fait place au doute, à la peur, non  pour lui, mais pour son père. Pendant ce temps, le peuple souffre encore plus de la misère. Le travail se fait rare. Nos productions artisanales et industrielles de luxe ne se vendent plus en France et à l’étranger. Les villes sont de plus en plus mal ravitaillées. Les convois de grains et de numéraire sont arrêtés. Seuls, quelques révolutionnaires professionnels et les plus malhonnêtes des bourgeois profitent du  chaos et même l’organisent. Le roi se fâche.  Le 15 avril 1792, des émeutiers, excités par la libération des quarante soldats de Châteauvieux ne peuvent toutefois prendre les Tuileries du fait de l’excellent travail de la Garde nationale.

 

La journée du 20 juin voit la famille royale et ses serviteurs attaqués, même des leurs appartements. Madame de Rambaud voit des gardes nationaux désarmer les quelques amis du Roi et les canonniers de la Garde fraterniser avec les émeutiers. Toute cette foule ayant perdu la raison monte un canon jusqu’à la salle des gardes suisses, pourtant absents. Ils se répandent dans les appartements en hurlant qu’ils vont tuer le Roi, l’Autrichienne et les aristocrates. Louis XVI, qu’Agathe et ses autres proches n’ont pas abandonné, décide d’aller les affronter avec quelques amis... Pendant ce temps, Agathe s’esquive et avec Hue, un des valets du Roi, va cacher Charles dans les appartements de sa sœur, pour le protéger des émeutiers. Mais, quand un peu plus tard la Reine veut rejoindre son mari, elle doit se cacher dans les appartements de son fils. Ceux-ci sont donc vides et la Reine s’affole. Inconsciente du danger, elle ordonne qu’on le ramène à ses côtés et quand Charles et Agathe arrivent, la foule envahit le logement en cassant les portes et en insultant la Reine.

 

Après ces journées, Chateaubriand constate que Paris n'avait plus en 1792, la physionomie de 1789 et de 1790. Ce n'était plus la Révolution naissante, c'était un peuple marchant ivre à ses destins au travers des abîmes, par des voies égarées. L'apparence du peuple n'était pas tumultueuse, furieuse, empressée, elle était menaçante. On ne rencontrait, dans les rues, que des figures effrayantes ou farouches, des gens qui se glissaient le long des maisons afin de n'être pas aperçus, ou qui rôdaient cherchant leur proie... Madame de Rambaud, quand il lui arrive, très rarement, d’aller voir ses enfants et sa famille à Versailles, ou des proches à Paris,  le constate aussi. Désormais, elle surveille encore plus la nourriture de Charles. Les révolutionnaires ont imposé des hommes à eux aux cuisines, l’un d’eux ne se prive pas de claironner : qu’on ferait un grand bien au pays en abrégeant les jours du Roi. Souvent, pour Charles, Agathe achète des pâtisseries ou des pâtés en croûte, chez les commerçants du quartier.

 

Puis c’est le10 août 1792, la journée la plus funeste de toutes, comme l’écrira Madame de Rambaud à Charles X.  Elle fuit du Palais des Tuileries avec Jean-Baptiste Cléry, qui parle longuement d'elle dans son Journal de ce qui s'est passé à la tour du Temple pendant la captivité de Louis XVI. Ils évitent de peu la prison de l'Abbaye, où vont mourir tant de détenus quelques jours plus tard.

 

DE LA RÉVOLUTION A L’EMPIRE

 

Georges-René Pléville Le Pelley
Georges-René Pléville Le Pelley
Huile sur toile, fin XVIIIe siècle, Musée du Vieux Granville
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Agathe de Rambaud n’a ni les moyens financiers, ni l’envie d’émigrer. Elle est déboussolée. Certes, elle a perdu toutes ses affaires personnelles aux Tuileries, son emploi et  son logement, mais la fin de l’Ancien Régime, de la Cour est surtout perçue, par les serviteurs de la famille royale, comme la fin du monde. D’habitude, quand un Roi était prisonnier, la France entière se mobilisait pour payer sa rançon. Là, la haine contre le roi est tellement grande qu’on saccage le jardin de son pupille de 8 ans et qu’on tue l’un de ses petits chiens.

 

Des liens affectifs qui se sont créés pendant toutes ces années passées à veiller sur le petit Dauphin l’ont marquée à jamais. Son fils, qui a maintenant six ans, pleure de joie du fait de son retour. Célinie, sa fille, âgée de cinq ans, admire cette belle dame qui est sa Maman. Elle bat des mains et la couvre de baisers. Mais, Madame de Rambaud les connaît à peine. Ce sont sa mère et sa sœur cadette qui ont élevé ses enfants.

 

Dès les premiers jours de l'emprisonnement de la famille royale, Madame de Rambaud demande en vain à servir à la prison de la Tour du Temple le Dauphin, Louis Charles, et ses parents.

 

Agathe de Rambaud n'émigre pas, mais doit se cacher du fait de ses anciennes fonctions, comme le font également certains membres de sa parenté. Sa fille est malade. Elle n’a pas les moyens de la soigner correctement. Elle a de la fièvre et il fait froid dans l’appartement misérable. Elle ne touche plus de pension du fait du changement de régime politique. Aller chez un notaire vous condamne à une mort certaine. Eux-mêmes sont guillotinés quand ils ne dénoncent par leurs clients. Les honnêtes gens s’enferment chez eux et attendent en grelottant de froid et mourant parfois de faim, mais en se souvenant de la douceur de la vie d’avant 1789… Agathe et ses enfants craignent les visites domiciliaires» qu’a fait voter Danton, pour arrêter 30.000 traîtres. Célinie meurt de privations. Une lettre du citoyen Mottet, son père, au ministre de la marine montre le sort réservé aux fils des anciens commissaires :

 

 Au citoyen ministre de la Marine,

 Le citoyen Mottet, fils et petit-fils de premiers commis de la marine,  neveu d’un ordonnateur dans les colonies, ayant fait d’excellentes études et travaillé trois ans chez un notaire  est en état d’être chargé de toutes parties de liquidation qu’on voudra bien lui confier, et supplie le ministre de l’admettre dans ses bureaux.

Ce malheureux enfant qui a six frères et sœurs est sans pain. Sous ce double rapport il a le droit aux bontés du ministre d’un département dans lequel ses pères ont servi avec distinction.

 

Le vieil homme qui a la maladie de la pierre vit dans une cabane dans la forêt de Compiègne. Le futur préfet Cambry est choqué de voir le sort réservé à un ancien intendant de la Marine. Il partage son modeste souper dans une cabane de bûcherons. Le 10 août 1793, les sans-culottes de Compiègne envahissent l'abbaye Saint-Corneille et la pille. Les corps des Rois sont dispersés et leurs statues brûlées. Pendant cette fête révolutionnaire, ils font connaître le même sort aux restes du grand-père d’Agathe et à ceux de sa grand-mère Coustant. En octobre 1793, Mme de Rambaud apprend que les restes de Suffren, encore très reconnaissables, sont jetés sur un tas d’ordures. Marie Antoinette est guillotinée. De l’échafaud, elle aperçoit une dernière fois le jardin des Tuileries, où Madame de Rambaud emmenait Charles jouer.

 

 

Philippe Picot de Lapeyrouse (1744-1818)
Philippe Picot de Lapeyrouse (1744-1818)
Bernard Griffoul-Dorval, Toulouse, musée du vieux Toulouse.
© Bernard Griffoul-Dorval
Toulouse, musée du vieux Toulouse.
Après la chute de Robespierre la plupart de ses proches, qui étaient épris d'idées nouvelles et francs-maçons, servent avec zèle la 1re République, le Consulat et le Premier Empire. Elle devient la proche parente de plusieurs ministres, du maire de Toulouse, le savant Philippe Isidore Picot de Lapeyrouse, et de généraux. Georges Pléville Le Pelley, ministre et beau-frère de Madame de Rambaud, obtient un poste pour le père de cette dernière.

 

Elle peut vivre sans crainte. Le 18 mai 1804, Auguste, son fils, quelques jours après son entrée au ministère de la marine, apprend que par Senatus Consulte le gouvernement de la République est confié au général Bonaparte. Il ne sait s’il doit se féliciter de cet événement ou bien rire de ce Corse, produit de la Révolution contre les rois, qui se prend de plus en plus pour un empereur romain.

 

Agathe est invitée en 1814, par son ami le prince de Poix, Louis-Philippe de Noailles, dans un de ses châteaux. Il s’occupe de ses terres depuis son retour d’émigration. Elle passe des moments agréables auprès de lui. Ils se remémorent les heures tragiques, où ils échappèrent de peu à la mort, et ce séjour à Versailles, au début de l’Empire, où ils voulurent passer une soirée au Petit Trianon. Le séjour de Marie Antoinette était devenu une vulgaire hôtellerie. Philippe ayant cru faire plaisir à Agathe en descendant là plutôt qu’à l’hôtel Rambrand. Mais le repas dans l’ancien boudoir de la Reine, les arbres disparus eux aussi, les jardins négligés la choquèrent. Elle se mit même en colère, quand elle vit sur une étiquette attachée à la clé de la chambre du prince, les mots : appartements du Roi. Très courroucée, elle demanda à la maîtresse de maison ce que cela signifiait :

 

- Le Roi n’a jamais eu d’appartement à Trianon, ceci est une supercherie. Comment osez-vous vous servir du souvenir du Roy-martyr ?

 

... Le prince annonce à Agathe que l’Empire va perdre la guerre et que le frère de Louis XVI va régner à son tour. Elle lui demande s’il a changé. Il lui répond, l’air effondré : Non, il est encore plus fourbe ! Mais c’est le dernier des Bourbons !

 

LA RESTAURATION

 

Françoise Gaudelet d'Armenonville-de Rambaud, puis d'Allonville.
Françoise Gaudelet d'Armenonville-de Rambaud, puis d'Allonville.
© Candide Blaize
Archives Rodolphe Gaillard de Saint Germain
Le comte de Provence avait écrit au roi Gustave III, le 5 octobre 1778, à propos de la grossesse de la reine : Vous avez su le changement survenu dans ma fortune... Je me suis rendu maître de moi à l'extérieur fort vite, et j'ai toujours tenu la même conduite qu'avant, sans témoigner de joie, ce qui aurait passé pour fausseté, et ce qui l'aurait été, car franchement et vous pouvez aisément le croire, je n'en ressentais pas du tout, ni de tristesse, qu'on au­rait pu attribuer à de la faiblesse d'âme. L'intérieur a été plus difficile à vaincre; il se soulève encore quelquefois  [15].

 

Pendant la Révolution, le Consulat et l’Empire, Agathe a vu des hommes et des femmes, souvent de basse extraction et sans valeur aucune, devenir des dignitaires du Régime grâce à leurs relations. Madame Mottet-de Rambaud se dit que l’oncle de l’enfant qu’elle a élevé, Louis XVIII, va être roi de France et que cette fonction va changer son attitude. Il va honorer la mémoire de l’enfant-roi. Elle se figure que l’on va récompenser les personnes qui jusqu’au bout ont servi fidèlement Louis XVI et Marie-Antoinette et leur famille, parfois au péril de leur vie… Le retour des Bourbons, c’est pour elle le retour du printemps après un hiver de 22 ans.

 

Le 1er janvier 1814, la campagne de France commence. Auguste, son fils, donne sa démission et rejoint les troupes alliées, puis le roi, à Compiègne le 29 mars 1814. Presque toute la famille se rallie au nouveau régime. Toutefois, les illusions disparaissent rapidement. Agathe ne touche qu'une pension de 1.000 francs du roi, à partir du 6 septembre 1815, en tant qu’ancienne attachée à la personne du Dauphin. Et puis, son fils, Auguste de Rambaud, nommé Commissaire des guerres à Gand, fonction importante, est rapidement mis en demi-solde. Juste au moment où il se marie avec une très jolie jeune fille, le 8 juillet 1817, à Paris. La mariée, âgée de 17 ans, Thérèse Françoise Gaudelet d'Armenonville, est la petite-fille du dernier Trésorier de la Marine Jean-Baptiste III Gaudelet d’Armenonville et de Armand Joseph Dubernad. Elle est la nièce du général-comte Louis Groult des Rivières, ancien capitaine-colonel en survivance de la Compagnie des Suisses de la Garde ordinaire du corps du futur Charles X de France.

 

Agathe de Rambaud, née Mottet (1764-1853)
Agathe de Rambaud, née Mottet (1764-1853)
Gravure datant des années 1830.
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Auguste devient secrétaire du gouvernement de Versailles et le secrétaire particulier du Prince de Poix, Louis-Philippe de Noailles qui, depuis 1816, occupe les fonctions de gouverneur du château de Versailles. Le prince de Poix représente le roi à Versailles. Rambaud et sa femme sont logés à l'hôtel du gouvernement de Versailles, l’ancien hôtel particulier de la Pompadour. En passant par les jardins, il peut accéder directement au château. Hélas, celui  Qui était à tous égards son bienfaiteur décède le 15 février 1819. Le fils d’Agathe part en 1820 aux Indes, où vivent les descendants du  baron Benoît Mottet de La Fontaine, ancien commissaire-ordonnateur des établissements français de l'Inde et gouverneur de Pondichéry [2], l’un de ses grands-oncles. Comme elle l’écrit quelques années plus tard au roi Charles X, il pense mettre son épée au service du Nizam d’Hyderabad. Mais elle oublie de préciser que c’est après n’avoir pas pu obtenir la restitution de la loge de Cassimbazar. En effet, Rambaud est nommé Directeur de cette loge, après le décès de son prédécesseur, le 28 mars 1820. Est-ce le début d’une carrière d’administrateur colonial ou une façon de se débarrasser d’un membre de la conspiration du Bord de l’eau, jugé dangereux par le ministre Clarke ? Cassimbazar est devenue depuis le début du XIXe siècle une ville morte dans un marais malodorant du Bengale. Et puis, le Résidant anglais refuse de redonner aux Français la jouissance d'un privilège absolu de juridiction. Deux administrateurs locaux ne peuvent changer des décisions prises par le gouvernement anglais. Auguste a juste de  la chance de ne pas mourir de la malaria, comme les rares blancs et les indigènes. Les loges de Cassimbazar, Patna et  Jougdia ne sont pas restituées [16]. Auguste revient alors en France. Il est agent comptable des vivres, à Vendôme, pendant quatre ans et décoré de la Légion d’honneur. Il démissionne de cet emploi peu intéressant. Selon des souvenirs familiaux, il donnait des cours de Français à Mexico à des membres de l’aristocratie locale pour survivre. La réalité est un peu différente : Agustín de Rambaud traduit les grands auteurs français, en castillan, pour le compte du gouvernement mexicain, et devient un traducteur assez célèbre à cette époque, encore cité de nos jours [17].

 

Pendant ce temps, Agathe de Rambaud revoit à Montfort-l'Amaury la duchesse d'Angoulême, la duchesse de Berry, et Louise Elisabeth de Croÿ de Tourzel, chez l'oncle de sa bru, le général-comte Louis Groult des Rivières ou les Le Pippre de Tinques. Quand Louis XVIII meurt, Agathe de Rambaud est reçue à la Cour plus régulièrement. Sa petite-fille se souviendra avoir vu sa grand-mère discuter avec la duchesse d'Angoulême, lors du passage du roi de Naples, en 1827, au château, où Charles X, posant sa main sur nos têtes, chacun nous demandant notre âge, causait quelques instants avec notre grand-mère et s'informait de ce qui l'intéresse. Donc, Madame de Rambaud n’est donc pas uniquement une dame connue avant 1792 pour la sœur de Louis XVII. Elle fréquente la bonne société parisienne, aussi bien les amis du duc Sosthène de La Rochefoucauld, qui écrira : Madame de Rambaud fut une femme fort honnête, que ceux du comte Charles d'Hozier, ou bien encore de Philippe Louis Marc Antoine de Noailles, prince de Poix.

 

LA MONARCHIE DE JUILLET

 

 

Naundorff et Louis XVII sont-ils une même et seule personne ?
Naundorff et Louis XVII sont-ils une même et seule personne ?
Archives Guy de Rambaud
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Agathe séjourne chez d’excellents amis à la campagne, quand arrivent des nouvelles de Paris, de ces journées insurrectionnelles restées dans l’histoire sous le nom de Trois Glorieuses. Cela ne la surprend guère. Georges Bordonove a raison d’écrire : Charles X aurait fait un grand Roi à une autre époque. Mais, les esprits sont troublés, même Chateaubriand est devenu un opposant. Les ouvriers, comme les aristocrates, ne pensent qu’à s’enrichir et à comploter. Charles X ne correspond en rien aux idées de son temps.

 

Néanmoins la moitié des hommes de sa famille démissionnent. Fin 1831, Agathe apprend enfin que Louis-Philippe lui maintient sa pension. Agathe Rosalie de Rambaud, née Mottet, semble être l’une des très rares pensionnaires de l’ancienne liste civile digne de recevoir, comme ancienne  femme de chambre du Dauphin, fils de Louis XVI, une pension de 1.000 francs et à sa belle-fille 600 francs, comme enfant d’anciens serviteurs de la Maison des enfants du Roi. En marge de ce chiffre est inscrite cette observation : N’a touché aucun des deux secours. Son fils décède à Mexico en 1834. Sa veuve Françoise Gaudelet d'Armenonville se remarie avec le comte Amédée d'Allonville, un jeune Saint-Cyrien qui lui aussi n’est plus officier de la Garde royale, depuis 1830. Agathe de Rambaud doit élever ses petits-enfants, Ernest de Rambaud, futur polytechnicien, et Ernestine. Elle séjourne fréquemment chez son ex-bru à Versailles ou, en été, au château de La Hauteville.

 

C'est à cette époque qu'un homme qui prétend être Louis XVII devenu adulte ressurgit dans sa vie. Pendant plus d'une année Charles Naundorff va vivre chez elle et elle va le questionner et évoquer de vieux souvenirs, constater également des marques sur son corps identiques à celles qu'elle avait notées à la demande de Marie-Antoinette d'Autriche sur le corps du Dauphin. Elle reçoit dans son salon des centaines de personnes, comme son ami l'ancien ministre Étienne de Joly. Ils deviennent généralement des partisans de Louis XVII, des légitimistes. Dans ces nombreux échanges de courriers avec son prince l’on peut que si ses croyances sont toujours intactes, elle ne suit pas son prince dans ses projets de création d’une nouvelle religion. Certes elle parle beaucoup de Dieu, comme les francs-maçons de son temps, mais cela ne débouche pas sur une quelconque pratique religieuse. En lisant ses lettres, que je cite dans sa biographie, on se rend compte qu’Agathe est une femme libre et moderne, très sensée et en rien sénile ou dupe, comme le constatent ses rares ennemis. Agathe de Rambaud mène presque jusqu'à sa mort un long combat pour défendre vigoureusement les droits de Charles Guillaume Naundorf. Son appartement est perquisitionné par des policiers qui saisissent outre des centaines de documents appartenant aux princes, des archives familiales et même des cadeaux de la famille royale. Elle séjourne chez lui plusieurs fois en Grande-Bretagne, quand il est expulsé. Sa nièce, Madeleine Françoise de Labrousse, la baronne de Générés, s’occupe de l’éducation des enfants de Naundorff et se marie avec son avocat Xavier Martin de Laprade.

 

LA FIN DE SA VIE

 

Plaque sur le caveau d'Agathe de Rambaud, née Mottet au cimetière Saint-Véran à Avignon.
Plaque sur le caveau d'Agathe de Rambaud, née Mottet au cimetière Saint-Véran à Avignon.
Archives Guy de Rambaud
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Agathe de Rambaud meurt bien des années plus tard à Aramon. Elle vivait depuis des années chez le mari de sa petite-fille, dans un hôtel particulier, rue Banasterie, à Avignon, au pied du palais des Papes. Elle meurt dans l’une des métairies de cet avocat avignonnais, qui à cette époque, est devenu magistrat. Elle est enterrée dans un premier temps à Aramon, puis elle rejoint le nouveau caveau familial au cimetière Saint-Véran (Avignon). Il existe à Avignon une  rue Agathe Mottet.

 

Bien des années après la mort de Madame de Rambaud, alors que des centaines de livres et de revues parleront d'elle, son caveau deviendra l'une des tombes célèbres du cimetière Saint-Véran (Avignon) et un tailleur de pierre sera chargé de son entretien. Une petite avignonnaise ignorant visiblement tout de l'histoire si captivante de cette Agathe, sera fascinée par celle-ci, aimera à en lire et relire l'épitaphe. Elle racontera un jour tout cela dans ses mémoires, Oui je crois, de Mireille Mathieu.

 

 

NOTES ET RÉFÉRENCES

 

 

1. Acte de baptême d'Agathe Rosalie Mottet, numérisé par les archives départementales des Yvelines, 1112625, B, Versailles paroisse Saint Louis, 1764, p. 78, le parin a été messire Jean Augustin Accaron, intendant général des colonies.

2. Annales historiques de la révolution française, organe de la Société des études robespierristes, Société des études robespierristes - 1930, Page 279 ou Swallowfield and its owners, Constance Charlotte Elisa Lennox Russell, Longmans, Green, and co., 1901, p.267 ou Dod's parliamentary companion, Charles Roger Dod, Robert Phipps Dod, Dod's Parliamentary Companion, ltd., 1896, vol. 64, P.340 ou Debrett's House of Commons and the judicial bench,  Henry Mair, Dean and Son, 1897, p.139...

3. Registres paroissiaux, Les hommes illustres du département de l'Oise,  par Ch. Brainne, L'hôtel du Mess, Compiègne 1911, L'Intermédiaire des chercheurs et curieux. 1864.

4. Radier, Jean-François, Bibliothèque historique, et critique du Poitou, contenant les vies des savans de cette Province, depuis le troisième siècle jusqu'à présent ; une notice de leurs ouvrages, avec des observations pour en juger ; la suite historique et chronologiques des Comtes héréditaires, et celle des Evêques de Poitiers depuis Saint Nectaire / par M. Dreux Du Radier, avocat au Parlement, p.39.

5. Colonel Arnaud, Répertoire des généalogies françaises imprimées.

6. Les jésuites à Poitiers (1604-1762), Joseph Delfour, Hachette, 1902, p.12.

7. Inventaire analytique des archives du château de La Barre, Alfred Richard, Château de la Barre, Reversé, 1868, vol. 1, p.280.

8. Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise - Page 136, de Académie de Versailles, Charles Hirschauer - 1926

9. La grande encyclopédie d'Henri Monin Inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, Tome vingt-quatrième, Moissonneuse-Nord. 1995. p.851 ou L'intermédiaire des chercheurs et curieux, Benj. Duprat, Libraire de l'Institut, 1927, vol. 90 ou Lectures pour tous, Hachette et cie, 1915, vol. 19 ou La légitimité, 1882, vol. 26-28...

10. Alain Decaux, Louis XVII retrouvé, p. 306

11. Acte de mariage d'Agathe de Rambaud numérisé par les AD 78, 1112523, M, Versailles paroisse Saint Louis, 1785, p. 23, mais aussi conservé par les archives de la mairie de Versailles

12. Montgrand, comte Godefroy de, Armorial de la ville de Marseille : recueil officiel dressé par les ordres de Louis XIV / publ. pour la première fois, d'après les manuscrits de la Bibliothèque impériale, par le ..., éd. de, Marseille : A. Gueidon, 1864

13. Acte de baptême de Georges, Auguste, Benoît de Rambaud, numérisé par les AD 78, 1112631, B, Versailles paroisse Saint Louis, 1786, p. 9.

14. Annales maritimes et coloniales: publiées avec l'approbation du ministre de la marine et des colonies, Imprimerie royale, 1845, p.16.

15. A. Geffroy, Gustave III et la cour de France, tome 1, page 234.

16. Statistiques de Chandernagor, 1823, 1827, 1838, Volume 78 de Publications de l'Institut français d'indologie, Joseph-Marie-Emmanuel Cordier, Achille Bédier, Jean Deloche, Institute français de Pondichery, 1990, p.78.

17. Historia general del Estado de México, María Teresa Jarquín, Manuel Miño Grijalva, Gobierno del Estado de México, 1998, v.4, p.464.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Pour l'amour du Dauphin, Agathe de Rambaud (1764-1853)
Pour l'amour du Dauphin, Agathe de Rambaud (1764-1853)
© Guy de RAMBAUD
Guy de RAMBAUD
Friedrichs Otto, Correspondance intime et inédite de Louis XVII, Charles-Louis, duc de Normandie "Naundorff" avec sa famille : 1834-1838 / avec introduction, notes et éclaircissements historiques en partie tirés des archives secrètes de Berlin, préface par Jules Bois. Paris : H. Dargon, 1904-1905, 2 vol., ill.

Bordonove Georges, Louis XVII et l'énigme du Temple, Pygmalion (4 juillet 1997)

Cléry Jean-Baptiste, Journal de ce qui s'est passé à la tour du Temple pendant la captivité de Louis XVI, Londres, 1798.

Decaux Alain, Louis XVII retrouvé, Perrin, 1947

Delorme Philippe, L'Affaire Louis XVII, Tallandier 1995

Delorme Philippe,  Louis XVII, la vérité, Pygmalion

Friedrichs Otto, Correspondance intime et inédite de Louis XVII, Charles-Louis, duc de Normandie "Naundorff" avec sa famille : 1834-1838 / avec introduction, notes et éclaircissements historiques en partie tirés des archives secrètes de Berlin, préface par Jules Bois. Paris : H. Dargon, 1904-1905, 2 vol., ill..

Rambaud, Guy de, Pour l’amour du Dauphin, Anovi, 2005, ISBN : 2-91418-02-5

Saint-Germain, Rodolphe de, La Famille Gaillard de Saint Germain, Christian 2003

Trousset Hugues, Contre-enquête sur l'affaire Louis XVII, Christian (6 novembre 2007)

...

 

 Correspondance d'Agathe de Rambaud

 

FILMOGRAPHIE

 

14 août 1957 : Un nommé Charles Naundorf, Énigmes de l'histoire, réalisateur : Stellio Lorenzi, auteurs : Stellio Lorenzi, Alain Decaux et André Castelot, avec Berthe Bovy dans le rôle d'Agathe de Rambaud (La télévision dans la République, les années 50, de Marie-Françoise Lévy, Evelyne Cohen, p.210.).