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Une Alfa de compétition dotée de deux moteurs imaginée par Enzo Ferrari.
Pour tenter de contrer la domination des redoutables bolides du Troisième Reich, Alfa Romeo et la Scuderia Ferrari ont inventé la Bimotore, un monstre curieux, motorise par deux huit cylindres de Grand-Prix.
La légende veut que cette idée vienne à l’issue du repas de fin d’année fort arrosé de la Scuderia. Enzo Ferrari, charge l’ingénieur Luigi Bazzi de créer une monoplace de formule libre à deux moteurs, pour les courses de Tripoli et de l’AVUS.
Luigi Bazzi assisté du chef d’atelier Stefano Meazza, fait allonger de 15 cm et renforcer un châssis d’Alfa-Roméo Tipo B équipés de la suspension avant à roues indépendantes ‘Dubonnet’.
Un moteur huit cylindres est installé à sa position habituelle tandis qu’un autre identique est implanté dans l’extension à l’arrière du pilote, ce qui contribue à améliorer la répartition des masses.
Le mouvement du second moteur est transmis à l’avant par un arbre vers à la boîte de vitesse commune. A partir du différentiel placé immédiatement derrière la boîte de vitesses, deux demi-arbres à pignons coniques amènent la puissance aux transmissions finales avec couple conique à l’intérieur des roues arrière, suspendues par des ressorts semi-élliptiques associés à des amortisseurs à friction. Cette transmission à double arbre, comme sur la Tipo B, est l’œuvre d’Armando Roselli.
Deux voitures de ce type sont construites chez Ferrari, l’une équipée de deux moteurs 2,9 L. soit 5,8 L. (68 x 100 mm) 520 ch. et l’autre de moteurs de 3,2 L. soit 6, 4 L.(71 x 100 mm) 540 ch. Les voitures se montrent très gourmandes en pneus, les nombreux arrêts aux stands empêchent Tazio Nuvolari de se qualifier le 26 mai 1935 aux Coupes de L’AVUS, Louis Chiron termine second à 1’35’’ de la Mercedes de Luigi Fagioli et devant l’Auto Union d’Achille Varzi.
Le 5 juin 1935, T. Nuvolari porte le record du mile lancé à 323.12 km/h et celui du kilomètre à 321,42 km/h, avec la 6,4 L.