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L'ennemi des Jansénistes
Étienne Joseph de La Fare est né dans une famille noble depuis des siècles, au service des Orléans. Il va devenir du fait du jeu des parentèles et des clientèles évêque-duc de Laon (1723-1741), second pair ecclésiastique de France, abbé de Saint-Nicolas de Ribemont et comte d'Anizy-le-Château. Il est surtout connu comme l’ennemi des jansénistes, un constitutionnaire [1]. Les démêlés de Monseigneur de la Fare, évêque de Laon, avec la justice, à cette époque sont connus de tous. La bulle Unigenitus n'a guère de plus ardent défenseur qu'Étienne Joseph de la Fare. Il nous laisse aussi un grand nombre de textes qui révèlent aussi un grand amour de la France, de son armée, et de la monarchie. Étienne Joseph de La Fare est né le 10 décembre 1691 à Paris et mort le 23 avril 1741 au château de Leschelles.
Étienne Joseph de La Fare est le fils de Charles-Auguste de la Fare (1644-1712), capitaine des gardes de Monsieur et poète, et de Louise-Jeanne de Lux de Ventelet (1667-1691). Leur contrat de mariage est signé par le Roi le 7 novembre 1684. Étienne Joseph est le frère de Philippe Charles de La Fare, et le cousin des cardinaux François-Joachim de Pierre de Bernis (1715-1794) et Anne Louis Henri de La Fare.
Comme son frère, pendant toute sa vie, Étienne Joseph de La Fare va aider ses parents et ses amis à obtenir des charges, des avancements, des pensions… Le mécanisme des nominations fait intervenir le jeu des parentèles et des clientèles : pour obtenir une charge d’aumônier par exemple du roi, rien ne vaut un parent bien placé à la cour, parent qui a toujours le souci de sauver de l’oubli une branche de sa famille enterrée en province. Cela est vrai pour les Moreton de Chabrillan, Sabran, Choiseul, Lascaris, Durfort, Grimaldi, Talleyrand ou les La Fare.
La famille bénéficie des appuis de la maison d’Orléans. Ils sont leurs serviteurs à la cour, depuis que la monarchie s’est faite absolue et la mort de Mazarin. Ils fréquentent au château de Versailles et reçoivent en leurs hôtels ou dans les villes qu’ils gouvernent tout ce que la France compte de personnages importants au niveau de l’administration de l’État, de l’armée, du clergé, de la culture.
Armoiries de la famille de La Fare : D'azur à 3 flambeaux d'or allumés de gueules, posés en pal.
Étienne Joseph de La Fare perd sa mère à l’âge de onze mois. Il fait des études comme bien d’autres futurs prélats au séminaire de Saint-Sulpice. Durant sa jeunesse, il se montre très dépensier et vend un bénéfice, dont il était pourvu. Pour le punir, son père le fait enfermer à la prison Saint-Lazare. L'archevêque de Paris, le cardinal Louis Antoine de Noailles, lui refuse les ordres [2].
Étienne Joseph de La Fare représente dès sa jeunesse un courant du catholicisme qui s'oppose au Gallicanisme. Cela lui vient-il de ses ancêtres qui combattaient les protestants ? Ses portraits sont ceux des partisans des jansénistes qui voient en La Fare un ennemi. L’Almanach du diable pour 1738 nous dit que ce prélat avoit la figure peu avantageuse, petit de corps et de taille, les membres irrégulièrement constitués, le tein peu favorable ; aussi était-il valétudinaire, sujet à quantité d’infirmités qui l’obligeoit de sa faire soigner souvent. D’ailleurs il avoit beaucoup de vivacité et son grand feu lui causoit des insomnies. Son imagination étoit extrêmement féconde en projets idées et en idées souvent nouvelles et changeantes [3].
Néanmoins Étienne Joseph de La Fare devient licencié en droit canonique à la Sorbonne et docteur en théologie. Intrigant, actif, bavard, ne doutant jamais de rien, on le dit difficile à déconcerter.
Ses nominations comme abbé de Saint-Barthélémy de Noyons (28 octobre 1717) et de Mortemer (8 janvier 1721) au diocèse de Rouen sont certainement dues à sa famille. Il est par la suite vicaire général de Soissons.
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, va écrire le pire des réquisitoires contre Étienne Joseph de La Fare. Dans ses Mémoires, qui sont le pire des réquisitoires, Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, affirme que le futur successeur de Charles de Saint-Albin [4] comme évêque-duc de Laon est surpris en train de voler et scandalise étrangement : Ce fut le frère de la Fare, qui ne lui ressembloit en rien. L’ennemi est un misérable déshonoré par ses débauches et par son escroquerie, que personne ne vouloit voir ni regarder.
D’après ce vieux courtisan aigri, Philippe d'Orléans (1674-1723) lui raconte qu’il l’a chassé du Palais-Royal pour avoir volé cinquante pistoles [5] qu'il envoyoit, par lui, à Madame de Polignac [6]. Saint-Simon ajoute : Je la nomme, parce que sa vie a été si publique que je ne crois pas manquer à la charité, à la discrétion, à la considération de son nom.
Mais, cinquante pistoles, environ 1.000 francs, représentent une somme vraiment dérisoire par rapport à la fortune des La Fare. Son frère va dépenser quatre millions et sa fille sera encore très riche. François Bluche critique la passion que l’on trouve dans les Mémoires de Saint-Simon. Là, il s’agit de jalousie provoquée par la réussite des enfants de
Saint-Simon va jusqu’à nous décrire une scène vraiment peu crédible, quand on sait qu’Étienne Joseph de La Fare est un ecclésiastique important, que son père était ami du Régent, et que son frère Philippe Charles de La Fare, après avoir été officier des mousquetaires, est maréchal de France et membre de l'Ordre du Saint-Esprit et de la Toison d’or. Sans oublier qu’un autre La Fare est aumônier du roi.Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, écrit : Ce bon ecclésiastique fut une fois chassé des Tuileries à coups de pied, depuis le milieu de la grande allée jusque hors la porte du Pont-Royal, par les mousquetaires et d'autres jeunes gens qui s'y attroupèrent, avec des clameurs épouvantables, répétées par la foule des laquais amassés à la porte. Enfin, et c'est un fait qui fut très public, les deux capitaines des mousquetaires leur défendirent à l'ordre de le voir. Sacha Guitry, dans Si Versailles m’était conté, nous montre dans une scène devenue célèbre que le roi Louis XIV jugeait les Mémoires de Saint-Simon peu crédibles.
Saint-Simon continue son réquisitoire : Pour sortir d'un état si pitoyable, ce rebut du monde fit le converti, frappa à plusieurs portes pour être ordonné prêtre sans y pouvoir réussir, à ce que me conta lors Rochebonne [7], évêque-comte de Noyon, qui fut un de ceux qui le refusèrent, malgré une prétendue retraite qu'il fit dans un bénéfice qu'il avoit dans Noyon [8]. Enfin il trouva un prélat plus traitable par la conformité de conduite. J'aurois horreur de le nommer et de dire avec quel scandale il l'ordonna contre toutes les règles de l'Église. Incontinent après, il se jeta au cardinal de Bissy [9], et à Languet [10], évêque de Soissons, à qui tout étoit bon moyennant le fanatisme de la constitution [11], qui le rendit digne d'être grand vicaire de Soissons, où il se signala en ce genre à mériter toute leur protection.
Étienne Joseph de La Fare assiste, en 1715, à l'assemblée du clergé. Celui-ci est divisé entre partisans de la bulle Unigenitus ou Unigenitus Dei Filius, dits constitutionnaires et ses adversaires qui s’opposent aux condamnations du pape Clément XI. Ces derniers, les appelants défendent le courant janséniste et notamment les idées exprimées dans les livres de l'oratorien Pasquier Quesnel. Face au refus du parlement de Paris de l'enregistrer et aux réticences des évêques appelants, Louis XIV a cherché à l'imposer par la force.
En 1715, le roi meurt. Le Régent, prince irreligieux qui met fin au temps des dettes et des guerres, combat les jansénistes qu’il accuse d'être dans l’erreur en théologie. Fleury qui arrive au pouvoir fait devenir loi du royaume la bulle Unigenitus par le lit de justice royal du 24 mars 1730 et continue une épuration du clergé, ce qui attise les oppositions. Les raisons de cette attitude sont peut-être la politique d’alliances du Régent. Les projets de mariages de Louis XV avec l'Infante d'Espagne et celui du prince des Asturies, Louis d'Espagne, avec la fille du régent, ont besoin de l'aide des jésuites pour être conclus, dont celle de Daubenton, son confesseur. Le Régent se déclare le protecteur des Jésuites et fait exécuter la constitution.
Deux sectes rivales s’affrontent, avec d’un côté les jansénistes et de l’autre les jésuites, partisans du gallicanisme contre ceux du pape. L'une prêchant une morale rigide et ne composant jamais avec les principes, ne reconnaît dans les matières de foi que l'autorité des États généraux de l'Eglise. L'autre, plus indulgente pour les faiblesses humaines et toujours prête à se plier aux circonstances, accorde aux chefs de la religion le droit de décider du dogme.
Des évêques, comme Charles de Saint-Albin, fils du régent ou Étienne Joseph de La Fare, frère d’un ami de ce prince, se passionnent pour des opinions si étrangères à leurs goûts. La Fare n’est qu’un des évêques qui approuve la bulle Unigenitus, parmi eux on trouve le célèbre Bossuet.
Les opposants à la bulle demandent la tenue d’un concile général. Sur les listes des appelants figure une forte proportion de laïcs et même de femmes. Leur nombre est estimé à 2.000, ce qui est vraiment peu. Toutefois ils disposent de l’appui des parlements et de beaucoup d’argent (1.500. 000 livres, somme considérable pour l’époque).
Cette querelle va durer de 1713 à la mort de La Fare en 1743.
Saint-Simon ajoute : Avec ce secours et celui des jésuites [12], il trafiqua l'évêché de Viviers avec Martin de Ratabon [13], qui y avoit passé du siège d'Ypres, et que l'épiscopat ennuyoit, malgré la non-résidence. Il lui donna deux abbayes qu'il avoit, avec un bon retour, et fut sacré évêque de Viviers, au scandale universel.
En février 1723, Étienne Joseph de La Fare est effectivement nommé évêque de Viviers, dans le Vivarais, moyennant une démission qu’il donne de l’abbaye cistercienne de Mortemer, en Normandie, et de celle de Saint-Barthélemy à Noyon et auparavant comme Grand Vicaire de Soissons.. Il perd deux bénéfices importants, mais il devient l’évêque de la région dont est originaire sa famille. Étienne Joseph de La Fare a trente deux ans. Il vit très peu de temps dans le palais construit par l'ancien évêque Martin de Ratabon à Viviers, avec l'argent de la vente du château et la baronnie de l’Argentière au marquis de Brison. Il n’a pas encore reçu ses bulles que le roi l’envoie à Laon, le 25 novembre 1723.
Le diocèse de Laon s’est imprégné des idées jansénistes. Louis Annet de Clermont-Chaste de Roussillon (1662-1721), son ancien évêque-duc de 1695 à 1721 était un appelant et même si le mouvement ne touche que 2.000 personnes en France, deux chapitres et trente et un curés le sont encore en 1724.
Le Régent envoie Charles de Saint-Albin, son fils, pour remplacer en 1721 ce janséniste. Il s’applique à faire respecter les décisions du pape. Des doyens et des dignitaires des chapitres sont révoqués.
Henri François-Xavier de Belsunce-Castelmoron (1670-1755) est nommé pour le remplacer. Il est très heureux de cette nomination, mais cela dure peu car quelques semaines après son oncle meurt et il préfère devenir évêque de Marseille.
La Fare profite de son refus. Il arrive au milieu de toutes ces luttes. La Fare, évêque de Viviers qui n'étoit pas pour être si délicat, fut mis à Laon, à son refus, où on a vu depuis ce qu'il savoit faire. Il y est mort abhorré et banqueroutier, après avoir de gré ou de force escroqué tout son diocèse qu'il avoit d'ailleurs dévasté, crache comme du venin, Saint-Simon. Le Régent, Philippe d'Orléans (1674-1723), lui donne plusieurs grands bénéfices. Il est assez étonnant que le régent fasse d’un prélat qui l'a paraît-il volé, du rebut du monde, selon Saint-Simon, un évêque et un duc, second pair de France [15] et comte d'Anizy.
La Fare est consacré évêque de Laon à Paris, le 25 juillet 1724. Il prête serment entre les mains du roi, Louis XV, le 6 août suivant. Il prend possession de son diocèse le 12 du même mois et lors d’une séance au Parlement de Paris, le 22 janvier 1725. Il sait que lui, l'évêque-duc de Laon, en tant que titulaire de l'une des anciennes pairies de France, il a le privilège de porter la sainte ampoule lors du sacre des rois de France à Reims.
Dès 1724, l'évêque de La Fare, en prenant possession du siège épiscopal de Laon, trouve un clergé profondément divisé par les passions entre constitutionnaires et anticonstitutionnaires [17] qui se livrent une lutte acharnée les uns contre les autres.
Il participe à l’assemblée générale du Clergé de 1726. Le 12 mai 1726, La Fare accomplit normalement les tâches ordinaires d’un évêque. Par exemple, il confirme à Coucy-le-Château, 25 hommes et garçons, 22 femmes et filles de la paroisse [16].
Mais le 15 juin 1728 il réunit un synode des prêtres de son diocèse. Il veut leur faire reconnaître la bulle Unigenitus. Dans chaque doyenné, un, deux ou trois prêtres refusent de signer. La Fare fait révoquer les ecclésiastiques qui refusent d’obéir au pape ou de mentir à leur conscience. L’évêque ne se contente point de punir de l'interdit et de la suspense le refus d'accepter la bulle, il fait prononcer contre les refusants la perte de leurs bénéfices. Certains opposants sont expulsés par lettres de cachet du diocèse. Le zèle avec lequel de La Fare continue le combat, s'efforçant par tous les moyens de ramener les âmes à l'unité romaine, suscite contre lui de vives inimitiés. Et ce zèle va lui valoir plusieurs fois les foudres du Parlement [18].
L’histoire de Laon et du Laonnois résume ainsi la situation : Étienne de La Fare, aidé des seuls jésuites, entre en guerre contre chapitre, bourgeoisie de Laon, Parlement de Paris, Conseil du Roi, oratoriens, bénédictins, sœurs de la Congrégation, régent du Collège de France et même contre soixante curés qu’il renvoie pour ramener le diocèse dans l’obéissance du Pape. Selon les partisans de la bulle la situation réclamait une solution énergique. Les jansénistes parlent de dragonnades. La réalité des faits est bien différente. Il n’y a pas de dragonnades même si par exemple le curé de Saint-Germain est exilé. Devenu maître d’école dans le diocèse de Meaux, il est dénoncé et détenu pour ses opinions au château de Vincennes pendant deux ans.L'on voit, paraît-il, des jansénistes moribonds troublés par des refus de sacrement.
Certes le nombre des réfractaires est des plus réduits, mais ils sont apparentés à des familles de parlementaires. L’évêque peut toutefois compter sur le soutien de la bourgeoisie laonnoise. Dans les campagnes et les autres villes, La Fare excommunie les diocésains qui critiquent la Constitution de Clément XI.
Étienne Joseph de La Fare continue son combat. Il écrit, le 18 janvier 1730, un mandement sur la soumission due à la constitution apostolique de la bulle Unigenitus [19] : Mandement de Monseigneur l'Évêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d’Anizy, et Sur la soumission due à la Constitution Unigenitus, sur la fidélité indispensable des Sujets envers leur Souverain, & sur les Droits Sacrez de l’Épiscopat …. La plupart de ses mandements sont interdits par la Cour suprême. Il écrit également au cardinal Thomas Philippe d'Alsace (1716-1759), archevêque de Malines, en lui demandant de refuser la communion à ceux qui sont notoirement rebelles à la Constitution Apostolique Unigenitus.
La Fare, qui porte à ses armes trois bouts de flambeaux, continue de se battre désespérément en faveur de la cour de Rome. Le Parlement, le 20 février 1731, supprime son mandement du 13 novembre 1730. Il y a aussi un autre arrêt du 2 mars 1731, qui supprime, comme séditieuse et attentatoire à l'autorité royale, la lettre pastorale de cet évêque du 24 février, au sujet de l'arrêt du Parlement du 20 du même mois.
La Fare fait, le 1er avril 1731, une instruction pastorale contre les réquisitoires de l'avocat général Gilbert. Le parlement de Paris s'assemble en 1731 pour mortifier, s'il le peut, l'évêque de Laon. Le cardinal http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Fleury/119681 Fleury, même s’il oblige le parlement à enregistrer la déclaration du 24 mars, qui décrète la bulle Unigenitus loi du royaume, se plaint de La Fare. Il le présente au cardinal Corsini, neveu du pape, qui dirige le Saint-Siège, comme un évêque boutefeu qui contribue d’accentuer les divisions dans l’église dans une lettre écrite qu’il lui écrit en septembre 1731 [26]. Madame de Sévigné écrit qu’un arrêt du conseil d'État du 2 septembre suivant ordonne la suppression de cette instruction. Madame de Simiane écrit au marquis de Caumont que Monsieur de Laon fait feu et flamme contre ces décisions. Il interdit la lecture des arrêts du parlement contraires à la foi sous peine d’excommunication le 1er juin 1733. Les groupements de croyants libres ou organisés, si nombreux dans l’ancienne France, le défendent contre les excès du pouvoir royal. La monarchie n’est absolue que contre les ennemis de la contre-réforme et ses successeurs. Après les protestants, c’est le tour des jansénistes.
Étienne Joseph de la Fare essaie de diffuser ses idées hors de son diocèse. Le 12 janvier 1735, il reçoit l’ordre de ne plus en sortir. Il proteste de nouveau, ainsi que ses amis évêques nommés par le Régent qui le défendent. Toutefois, ils ne s’opposent pas au pouvoir royal, se contentant des vagues promesses de la Cour. Le Pape,Clément XII, lui écrit des lettres pour l’assurer de son soutien. Les papes se succèdent, mais sont tous partisans de la bulle Unigenitus. D’ailleurs d'autres évêques, dont Bossuet, ont soutenu les mêmes idées, mais d’une façon souvent moins polémique.Dans une lettre à un chanoine d'Arras, il précise à nouveau ses idées sur la Constitution Unigenitus, le 18 décembre 1738. Un arrêt du parlement du 1er septembre 1740 supprime une autre de ses lettres pastorales du 8 septembre 1739, et un arrêt du conseil d'État du 6 septembre annule celui du parlement. Mais à la longue, plusieurs appelants de son diocèse se soumettent. Selon le Journal de l’abbé d’Orsonne, La Fare permet toutes sortes d’explications verbales.
Toutes ces querelles ont un écho à Laurent, localité située près de Laon. Un obit du 6 mars 1728 institue un salut avec exposition du Saint Sacrement le jour de Pâques. À Laurent, Joseph de La Fare autorise le curé à y célébrer tous les ans un salut solennel en ladite paroisse le jour de Pâques, d’y exposer le saint sacrement et d’en donner la bénédiction au peuple avec les cérémonies et prières accoutumées [21]. Par ailleurs, on trouve parmi les biens appartenant à la fabrique un Pré la Passion, au lieudit Le Crotoy. Tout cela relève des querelles religieuses. Le refus de faire ses Pâques, d’adorer le Saint Sacrement, et de célébrer la Fête de la Passion, sont une forme de résistance des jansénistes.
Les Pères de l’Oratoire, ordre proche des Jansénistes, se voit ôter le séminaire de Laon, par lettres-patentes du roi en février 1726. Il est donné aux prêtres de Saint-Nicolas du Chardonnet. Bien entendu, tout cela se fait à la demande de La Fare. Il veut former de futurs prêtres ennemis des Jansénistes. Le nouveau Supérieur, M. Favray est désormais son bras droit dans ce combat pour une théologie orthodoxe. Il est interdit aux séminaristes de lire des textes hostiles à la Constitution Unigenitus sous peine d’excommunication.
L’ancien catéchisme des curés du diocèse est remplacé par celui de Soissons par mandement du 27 août 1724.
Au collège de Laon, des séculiers jansénistes étaient chargés de l'enseignement. Le 27 juin 1729, ils sont expulsés, malgré quelques opposants. Une Assemblée générale composée de notables vote pour. Seul un avocat vote contre. Les Jésuites les remplacent en vertu d'une lettre de cachet de Maurepas qui sera renouvelée tous les six ans.
Dans la magistrature, la ville compte beaucoup d'hommes qui détestent les Jésuites. On les accuse de jansénisme, et des lettres de cachet les arrachent à leurs foyers. Il est vrai qu’une grande agitation règne dans la ville du fait d’avocats et membres des familles des jansénistes persécutés. Ils écrivent des mémoires et vont plusieurs fois à Versailles. En vain !
Étienne Joseph de La Fare étend son action sur les communautés religieuses. Les cisterciens sont soumis à des visites de leurs Supérieurs. Les religieuses de la Congrégation sont devenues Jansénistes. L’évêque interdit aux plus endoctrinées d’enseigner. Au bout de quelques années, il peut leur rendre la direction de leurs écoles.
Le doyen du Chapitre est exilé par lettres de cachet. Par contre, les chanoines et tous les prêtres insoumis du diocèse connaissant l’attitude hostile du Parlement se servent de lui pour désobéir à La Fare.
Un mourant vivant chez des Jansénistes de Laon est, paraît-il, guéri par un morceau de bois du lit du diacre François de Pâris. Ils parlent de miracle. La Fare fait une enquête et l’ex-mourant dénonce la supercherie devant notaire.
Le comte Maxime de Sars nous donne un portrait du prélat totalement différent de celui de Saint-Simon. Il voit en La Fare un confesseur de la foi. Son étude insiste sur la lutte de La Fare contre le jansénisme du XVIIIe siècle. François Laurent [20] est plus sévère : Les exemples de proscription sont si nombreux que l’énumération en serait fatigante. C’est toutefois réduire sa pensée à son action dans cette querelle religieuse.
Bien des textes de cet évêque révèlent un grand amour de la France, de son armée, et de la monarchie. Il fait aussi de nombreux sermons comme par exemple sur l'heureux succez des armes de Sa Majesté le 29 décembre 1733, et les autres victoires de la France [22], qu’il fait imprimer. Certes ces valeurs sont partagées par tous, même ses adversaires, mais lui en parle beaucoup plus souvent et avec plus de force. Étienne Joseph de la Fare dit également des messes qu’il publie.
Mandement de Monseigneur l'Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Pour faire chanter le Te Deum dans son Diocèse en actions de graces de l'heureux succez des armes de Sa Majesté... 29 décembre 1733, Laon, Chez François Meunier
Mandement de Monseigneur l'Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Qui ordonne que le Te Deum sera chanté dans toutes les Eglises de son Diocèse, en actions de graces de la prise du Château de Milan. ... 18 Janvier 1734, Laon, De l' Impr. de François Meunier.
Mandement de Monseigneur l'Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Pour faire chanter le Te Deum dans son Diocèse en actions de graces de la Victoire remportée sur les Impériaux par les Troupes du Roy, près de Parme en Italie... 20 juillet 1734
Mandement de Monseigneur l'Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Pour faire chanter le Te Deum dans son Diocèse en actions de graces de la Prise de Philisbourg par l'Armée du Roy... 1er août 1734
Mandement de Monseigneur l'Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Qui ordonne que le Te Deum sera chanté dans toutes les Eglises de son Diocèse, en actions de graces de la Victoire remportée proche Guastalle, par les Troupes de Sa Majesté & celles du Roy de Sardaigne... 9 octobre 1734, Laon, de l'Impr. de F. Meunier
Avertissement de Monseigneur l'Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Messe pour le repos des Ames des Officiers & Soldats morts cette année en Allemagne & en Italie au Service de Sa Majesté... 4 novembre 1734
Tous les ecclésiastiques ne publient pas à cette époque autant de textes sur le sujet. L’évêque de Laon écrit et fait éditer aussi un mandement pour rétablir la fête de saint Louis, le 1er août 1736.
Étienne Joseph de La Fare se préoccupe beaucoup de son diocèse, comme le montre un texte du 24 février 1731, aux doyens, curés, vicaires et autres prêtres, tant séculiers que réguliers de son diocèse, et un autre sur la mission dans la ville de Laon, le premier jour de mai 1735. L’évêque n’oublie pas d'écrire sur le sort des mendiants, l'Hôpital Saint Hubert, les Biens de la terre... .
Étienne Joseph de La Fare vit la plupart du temps à Lyon ou chez son ami et cousin, Cérice François de Vogüé (1683-1739), un grand baron millionnaire qui a vingt domestiques et un carrosse de six chevaux de princière apparence [23]. Son ami est grand bailli du Haut et Bas-Vivarais, Viennois et Valentinois, capitaine dans le régiment du roi et chevalier de Saint-Louis.
Il est mort le 23 avril 1741 au château de Leschelles et inhumé dans l'église paroissiale de Leschelles. Son épitaphe est : HIC JACET/STEPHANUS JOSEPHUS DE LA FARE/EPISCOPUS DUX LAUDUNENSIS/PAR FRANCIAE/ROMANAE FIDEI DEFENSOR ARDENS/DEBITUM FECIT CLERO FIDELI/OBSEQUIUM ASSERVANS PAPAE/PAUPERUM PATER SEDULUS/HOS SUA LARGITATE SUSTINUIT/EXTREMAM DIOECESIM VISITANS/PASTOR BONUS/OBIIT/IN HUJUS LOCI CASTELLO/DIE 23A APRILIS ANNO CHRISTI 1741/AETATIS IN EUNTE 49/ET HAC IN ECCLESIA/QUAMIPSE ANNO 1733 CONSECRAVERAT/SEPELIRI VOLUIT/ABI VIATOR/ET TANTI PROESULIS AEMULARE/CHARITATEM SI CHRISTIANUS/FIDEM SI CATHOLICUS. La dalle, autrefois dans le coeur, a été relevée et placée debout, contre le mur sud du bras sud du transept.
Charles Philippe d'Albert de Luynes [24], ami de son frère, écrit à l’occasion de sa mort, le 23 avril 1741, au château de Leschelles : Du jeudi 1er juin 1741 Fête-Dieu, Versailles. - II y a déjà un mois environ que M. l'évêque de Laon est mort; il étoit frère de M. le marquis de La Fare, ci-devant commandant en Languedoc, mais il ne lui ressembloit point du tout, car il étoit petit et d'une vilaine figure. Il a beaucoup fait parler de lui par son zèle pour la Constitution. Ce sentiment, quelque louable qu'il soit et quoique très digne d'être approuvé, étoit accompagné dans M. de Laon d'une si grande vivacité que l'on a souvent pensé qu'il poussoit les choses à l'excès.
Selon ses partisans, peu de diocèses paraissent avoir eu autant que celui de Laon besoin d'un pontife habile à combattre l'erreur de Jansénius.Jean François Joseph de Rochechouart-Faudoas [25] lui succède comme évêque-duc de Laon. Selon ses adversaires, la mort de La Fare met enfin un terme aux troubles qui agitent depuis si longtemps le pays. Son successeur, Jean-François-Joseph de Rochechouart, d'un caractère doux et conciliant, donne tous ses soins à ramener le calme dans son diocèse. D'ailleurs rempli de bienfaisance, il distribue la majeure partie de ses revenus aux pauvres, ce qui lui vaut bientôt la vénération et l'amour de son troupeau.
Le duc-évêque Étienne Joseph de La Fare ne s’est pas enrichi du fait de ses fonctions. Pourtant, il ne tint pas une maison convenable à sa dignité. Il vit toujours d’expédients, et meurt insolvable, ne laissant comme héritage que quelques livres, des chevaux hors d’âge et des vieux vêtements, alors que ses cousins les cardinaux Anne Louis Henri de La Fare et François Joachim de Pierre de Bernis meurent millionnaires. Ses dettes par contre se montent selon ses ennemis à 100.000 écus, somme considérable. Les revenus de l’évêché sont faibles : 9.500 livres avec lesquelles il faut payer 2.000 livres pour les charges ordinaires, les dons gratuits, les réparations des bâtiments, les frais d’administration de la justice temporelle, les visites pastorales, les aumônes obligatoires et les secours en cas de calamités. L’évêché et le château d’Anizy tombent en ruines, car il doit soulager et aider ses diocésains pendant une épidémie et dépenser 50.000 écus pour faire réparer l’abbaye Saint-Martin. Les missions qu’il fait prêcher et ses nombreuses publications l’endettent énormément. Ses créanciers lui laissent 2.000 livres pour vivre, il les donne à l’hôpital de Laon et à un couvent de La Fère.
La Fare a reçu du roi le privilège d’imprimer en 1724.
Lettre de l'Evêque de Laon (Est. Jos. de La Fare), au Card. d'Alsace, archevêque de Malines, sur l'obligation de refuser la communion à ceux qui sont notoirement rebelles à la Constitution Unigenitus
Mandement de l'évêque de Laon... Est.-Jos. de La Fare... au sujet de la déclaration du roy concernant les mendians. Donné à Laon... le 14 oct. 1724
Mandement de Monseigneur l'Évêque Duc de Laon, second pair de France, comte d’Anizy, & Sur la soumission dûe à la Constitution Unigenitus, sur la fidélité indispensable des Sujets envers leur Souverain, & sur les Droits Sacrez de l' Episcopat... 18 Janvier 1730, Laon, Chez François Meunier
Lettre Pastorale de Monseigneur l’Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Au sujet de l’Arrêt du Parlement du 20. Février 1731, sur son Mandement du 13 Novembre 1730
Aux Doyens, Curez, Vicaires & autres Prêtres, tant Séculiers que Réguliers, approuvez pour la Confession dans son Diocèse... 24 février 1731
Lettre de l'Evêque de Laon au Card. de Fleury. Laon, ce 1er nov. 1731
En 1731, Louis XV, craignant de le voir passer en jugement devant les ducs et les pairs, lui interdit de publier des mandements sur la bulle et son conflit avec les appelants et leurs amis des parlements. La Fare cède son privilège à l’éditeur François Meunier. Outre les textes sur les succès des armées françaises déjà cités, il est l’auteur de :
Mandement de Monseigneur l'Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Pour faire des Prières dans son Diocèse pour les Biens de la terre... 20 avril 1731, Laon, Chez François Meunier
Mandement de Monseigneur l'Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Au sujet de la continuation de la Visite de son Diocèse, pour disposer le Clergé & le Peuple à en profiter. Avec une Ordonnance sur le pouvoir des Curez, Vicaires & Déservans, de Prêcher & Confesser hors de leurs Paroisses... 1733, A Laon, Chez François Meunier
Mandement de Monseigneur l'Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Au sujet de la Mission qui commencera dans la Ville de Laon, le premier jour de May 1735. & qui finira le dernier jour du même mois... 22 avril 1735, Laon, de l'Impr. de F. Meunier
Mandement de l'évesque duc de Laon (Est. Joseph de La Fare), pour rétablir la fête de S. Louis, Roy de France. du 1er août 1736,
Mandement de Monseigneur l'Evêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d'Anizy, & Pour ordonner de chanter le Te Deum dans toutes les Eglises de son Diocèse, en action de graces du rétablissement de la Paix... 8 juin 1739, Laon, De l'Impr. de François Meunier
Mandement de Monseigneur l'Evesque Duc de Laon, Pour l'Hôpital de S. Hubert... 19 septembre 1736
Ordonnance de Monseigneur l'Evesque Duc de Laon, Second Pair de France, Comte d'Anizy, & [fausses absolutions]... 15 mars 1737
Lettre de l'Evêque de Laon, à un Chanoine d'Arras, sur l'obligation de priver de l'obligation du Sacrifice de la messe et des Suffrages de l'Eglise ceux qui meurent appelants de la Const. Unigenitus. Du 18 déc. 1738
Il importe de mentionner la correspondance échangée entre le cardinal Fleury et Étienne Joseph de La Fare.
1. Constitutionnaires : ceux qui considèrent qu'il y a un danger à laisser se développer le jansénisme, un risque pour l'unité de l'Église.
2. Histoire de la Ville de Laon, Par Jacques-François-Laurent François Laurent, p.134.
3. L'esprit révolutionnaire avant la révolution, 1715-1789, Par Félix Rocquain, p.59
4. Charles de Saint-Albin, fils illégitime de Florence Pellerin et du régent, Philippe d'Orléans (1674-1723), il fut évêque-duc de Laon en 1721, puis archevêque-duc de Cambrai en 1724. L'évêque-duc de Laon, et qui en avoit fait la fonction au sacre, n'avoit pu se faire recevoir pair de France au parlement. Sa mère étoit la comédienne Florence, et M. le duc d'Orléans ne l'avoit point reconnu. Ce fut l'obstacle qu'on ne put vaincre, parce qu'il faut dire qui on est, et le prouver. Dans cet embarras, il fut transféré, avec conservation du rang et honneurs d'évêque, duc de Laon. II ne perdit pas au change, puisqu'il eut l'archevêché de Cambrai. Mémoires de Saint-Simon.
5. Monnaie d'or espagnole du XVIIe siècle, on dit aussi doublon d'Espagne. Le doublon de deux écus vaut vingt francs trente-sept centimes.
6. D’Allonville écrira : "Trois familles seules, quoiqu’elles ne pussent citer, ni services ni talents, reçoivent environ trois millions en bienfaits annuels : c’étaient les Noailles, les Polignac et les Talleyrand." François Bluche dans "La noblesse française au XVIIIe siècle" précise que "la faveur des Polignac est récente", l’on voit ici que le régent est un précurseur en leur distribuant l'argent de la France. La somme d’argent n’a peut-être pas été volée...
7. Charles François de Châteauneuf de Rochebonne, l'un des rares amis de Saint-Simon, devient le Primat des Gaules, en 1731.
8. L’abbaye cistercienne de Saint-Barthélemy de Noyon.
9. Le cardinal de Bissy, successeur de Bossuet à Meaux, est l’ennemi juré des jansénistes
10. Compatriote de Jacques-Bénigne Bossuet, qui l'estima, docteur en Sorbonne, Languet est nommé évêque de Soissons, archevêque de Sens, membre de l'Académie française, en 1721 et conseiller d'État ordinaire sous Louis XV. Il exerce toutes ses fonctions avec un zèle rigoureux dans la défense de l'orthodoxie catholique et dans la lutte contre les idées nouvelles.
11. La bulle Unigenitus (1713), ou Constitution Apostolique condamnant le jansénisme, provoque de longues et violentes querelles entre les jansénistes (gallicans) et ceux de la papauté, ainsi qu’entre Parlement et jésuites. L'évêque de Senez, Jean Soanen (1696-1727) est l'une des figures les plus marquantes des opposants à la Constitution dans un conflit d’influences qui durera des décennies et favorisera l’expansion du courant philosophique du XVIIIe siècle. Les dévots forment un véritable parti politique à l’ombre des jupes d’Anne d’Autriche, puis de Madame de Maintenon. Louis de France (1661-1711) et la Dauphine, que sert le frère de notre futur évêque-duc, sont opposés eux-aussi aux idées nouvelles.
12. Jésuites et jansénistes continuent de se quereller tout au long du XVIIIe siècle. Condamné comme mouvement religieux, le jansénisme résiste en tant que philosophie, vision de l’homme et du monde. Au contraire, la morale accommodante et la soif de pouvoir des jésuites sont condamnés par une partie de la noblesse. En 1764, Louis XV dissout la Compagnie de Jésus.
13. Martin de Ratabon, évêque d'Ypres de 1693 à 1713. Le 5 novembre 1716, Martin de Ratabon, il devient évêque de Viviers.
14. p.11
15. Pair de France, c’est la première dignité de l'État ; les pairs sont les grands du royaume et les premiers officiers de la couronne : ce sont eux qui composent la cour du roi, que par cette raison l'on appelle aussi la cour des pairs. Les pairs de France sont selon Diderot et d'Alembert :
Les princes du sang, lesquels sont pairs nés lorsqu'ils ont atteint l'âge de 20 ans, qui est la majorité féodale.
Les princes légitimés, lesquels sont aussi pairs nés.
Les pairs ecclésiastiques, qui sont présentement au nombre de sept ; savoir, les six anciens pairs, et l'archevêque de Paris, duc de Saint-Cloud ; mais le rang de cette pairie se règle par celui de son érection, qui n'est que de 1622.
Les ducs et pairs laïques.
16. A.D. Aisne. E Suppl. : 820 (GG3)
17. Les anticonstitutionnaires : le milieu parlementaire et les jansénistes. Les jansénistes du XVIIIe siècle peuvent être définis comme des opposants à la bulle Unigenitus.
18. Le parlement est pro-janséniste. En 1762, il fera fermer les collèges des jésuites, puis le 6 août condamnera les bulles, brefs, constitutions, et autres règlements de la Société se disant de Jésus. Les membres de la compagnie seront expulsés hors de France. Le Parlement est à l’origine et aussi d’un arrêt du 20 février 1731, sur le mandement de l’évêque de 1730.
19. La bulle condamne 101 propositions extraites des Réflexions morales sur le Nouveau Testament, du père Pasquier Quesnel, théologien janséniste et membre de la Congrégation de l'Oratoire. Les propositions condamnées par l'Unigenitus sont la toute-puissance de la volonté divine et l'impuissance de l'homme sans la grâce de Dieu, la foi et la charité, qui seules comptent devant Dieu, les propositions relatives à la conception de l'Église, à l'accès des fidèles à l'Écriture Sainte, et à l'autorité au sein de l'Église.
20. Histoire de la ville de Laon / par J.-F.-L. François Laurent... ; avec une introduction de Cécile Souchon,... 2. - Paris : Berger-Levrault ; Laon : Bruneteaux, 1980.
21. 18 Mars 1728 - G1515
22. La prise du château de Milan, le 18 janvier 1734, la victoire remportée sur les Impériaux par les troupes du Roy, près de Parme en Italie le 20 juillet 1734, la prise de Philipsbourg par l'armée du Roy le 1er août 1734, la victoire remportée proche de Guastalla, par les troupes de Sa Majesté & celles du Roy de Sardaigne le 9 octobre 1734 ou le rétablissement de la paix le 8 juin 1739.
23. Luynes, Charles-Philippe d'Albert (1695-1758, duc de), Mémoires du duc de Luynes sur la Cour de Louis XV (1735-1758), 1860.
24. Bluche François, La noblesse au XVIIIe siècle…
25. ↑ Bluche François, La noblesse au XVIIIe siècle...
26. Les Tencin, Jean Sareillé, Librairie Droz 1969.
Comte Maxime de Sars, Bulletin de la Société académique de Laon, 1910 (T33), Un confesseur de la foi, Étienne Joseph de La Fare, évêque-duc de Laon (1691-1741), p.73-108.
Le Clergé de France, dédié à monseigneur l'évesque duc de Laon, pair de France, 1724, par Alexis Naquet.
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