Émile Calando
Publié le:29/04/2008
Photographe amateur (1872-1953).
Un photographe amateur (1872-1953).

Promenade à Gourdon© Émile Calando
Archives communales de Grasse
Les photographies d’Émile Calando constituent un témoignage précieux sur Grasse et sa région dans les années qui ont précédé la guerre de 1914. Pour mieux comprendre l’attachement qu’il a porté à son art, il est nécessaire considérer son ascendance familiale qui, pour beaucoup, a concouru à sa formation.
Son grand-père paternel, Dominique Calando (1807-1854), spécialisé dans les réseaux d'eau, prospéra avec l'expansion industrielle du 19e siècle en participant aux grands travaux haussmaniens qui transformèrent Paris, signant, entre autres, avec le baron Pereire et le comte de Rothschild. Cependant, ne se relevant pas des conséquences de plongées dans la Seine pour la pose d’un collecteur, il décède à l’âge de 47 ans. Il laisse alors deux fils qui héritent d’un important actif immobilier.
Ses deux enfants bénéficient d'une éducation solide et raffinée - pension au lycée impérial de Versailles - qui les conduit dans les milieux du théâtre, de la littérature et de la peinture. Un seul des deux frères se marie. Prénommé Émile (1840-1899), comme le sera plus tard son fils, il consacre toute sa vie à l'art, graphique principalement, dont il est très connaisseur et amateur. Il devient un grand collectionneur, mais aussi négociant d'objets d'art (peintures et dessins).

La leçon de gymnastiquePhoto Émile Calando
© Émile Calando
Archices communales de Grasse
Son fils Émile Calando (1872-1953) est avant tout, comme son père, un amateur d'art. A Paris, il gère avec son épouse un commerce de broderie passe-menterie près de Drouot, lieu probablement choisi à cause de sa proximité avec l’Hôtel des Ventes !
La médecine ayant conseillé à sa femme Marie, âgée de 28 ans mais de santé fragile, le climat de l'arrière-pays de la Côte d'Azur, ils se rendent à Grasse où, séduits, ils s'installent avec leurs deux enfants, Pierre et Marguerite.
Ils commencent par louer la villa “Les Orangers”, puis la villa Gonnelle et, enfin, se fixent dans la villa “Le Collet”, ancienne résidence d'été du général napoléonien Gazan, avenue du Général Leclerc.
En s'installant à Grasse vers 1907, il rompra beaucoup des liens tissés en compagnie de son père avec les milieux artistiques. Il mène une vie plus paisible. Cependant, la guerre de 1914-1918 l'envoie au Cap Nord, à Mourmansk et Arckangel avec des unités de la Marine Française. Il en revient, la santé assez affectée, pour liquider son commerce parisien et s'installe alors complètement à Grasse pour n'y plus gérer que de loin ses affaires parisiennes, mais en continuant à entretenir à travers la peinture, le dessin et la photographie, son goût de l'art.
Nous avons vu que l’environnement familial d’Émile Calando a été propice pour former ses dons artistiques. On ne sait pas si quelqu'un l'a initié à la photographie, mais il est certain que, pour le moins, sa familiarité avec les grands artistes des 17e, 18e et 19e siècles - et surtout leur travail du dessin qui est fondateur dans les arts visuels -, a dû jouer un rôle décisif dans sa capacité à saisir la mise en page, l’éclairage et l’équilibre d'une “image”. La plaque photographique peut être aussi artistique !
François Calando