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Mots proches


Accords et difficultés de le

 le, la, les

pronom personnel



Orthographe
  1. Élision. Le et la s'élident en l' devant un mot commençant par une voyelle ou un h muet : je l'aurais parié ; votre clé, vous l'aviez posée là ; ce scrupule l'honore.
  2. Trait d'union. Quand le pronom le, la ou les suit immédiatement le verbe dont il est complément (c'est le cas à l'impératif à la forme affirmative), il est lié à celui-ci par un trait d'union : appelle-le, donne-la. Quand le verbe à l'impératif est suivi de deux pronoms, l'un représentant un complément direct, l'autre un complément indirect, le verbe et les deux pronoms sont liés par des traits d'union : donne-la-moi, rappelle-le-lui.

Emploi
  1. Le, la, les, pronom personnel. Accompagne toujours un verbe, à la différence de le, la, les, article, qui accompagne toujours un nom : cette bague, je vous la donne (la, pronom) ; la bague que je vous donne (la, article).
  2. Dans beaucoup de locutions verbales figées, le pronom neutre le représente de manière vague l'ensemble de la situation («  les choses, les faits, ce qui se passe, ce qui est dit  ») : je vous le donne en mille, l'emporter sur qqn, il l'a pris de haut, tenez-vous le pour dit, il ne le cède à personne sur ce point, il me le paiera, etc. - Dans d'autres locutions, en revanche, le pronom représente implicitement un nom, et prend la forme le, la ou les en fonction du genre et du nombre de ce nom : vous me la baillez belle (la balle), il se la coule douce (la vie), tu les mets ? (les voiles, les bouts, dans le registre familier).

Construction
  1. Pronom et locution verbale Dans l'usage courant, on ne reprend pas par un pronom un nom sans article faisant partie d'une locution verbale (demander grâce, avoir peur, prendre conseil, chanter pouilles, etc.) : on ne dit pas *s'il demande grâce, il l'obtiendra, *tout à l'heure j'avais faim, maintenant je ne l'ai plus, *j'ai pris conseil auprès de personnes compétentes et elles me l'ont donné, *son chef lui a chanté pouilles et il a bien fallu qu'il les entende. La langue littéraire est moins réticente : «  On doit pardonner aux chrétiens qui font pénitence. Je la fais  » (Voltaire, cité par Le Bidois). «  Si ce sommeil dura longtemps, je ne sais, car je n'en avais plus conscience et je ne la repris que sous l'effet d'un trouble intérieur  » (H. Bosco, cité par Hanse).
    recommandation
    Éviter à l'oral comme à l'écrit ce tour discuté. Dire par exemple : tout à l'heure j'avais faim, maintenant cela m'a passé ; s'il demande sa grâce, il l'obtiendra ; j'ai pris conseil auprès de personnes compétentes qui m'ont aidé ; son chef lui a chanté pouilles et il a bien fallu qu'il l'écoute.

  2. Le, la, les ou lui, leur sujet d'un infinitif. Avec les verbes apercevoir, écouter, entendre, laisser, ouïr, regarder, sentir, voir suivis d'un infinitif complément, on peut employer indifféremment le, la, les ou lui, leur : je les ai souvent entendus citer ce proverbe ou je leur ai souvent entendu citer ce proverbe ; nous l'avons laissée faire tout ce qu'elle a voulu ou nous lui avons laissé faire tout ce qu'elle a voulu ; on les a parfois vus prendre des décisions courageuses ou on leur a parfois vu prendre des décisions courageuses.
  3. Omission de le, pronom neutre complément. Le, pronom neutre, est souvent omis dans les cas suivants.

    Dans les propositions comparatives introduites par que : il est plus malin que je ne pensais (ou que je ne le pensais).

    Dans les propositions comparatives où un verbe tel que croire, dire, faire, penser, pouvoir, savoir, vouloir reprend un autre verbe : il a réparé le moteur mieux que n'aurait fait un mécanicien (ou mieux que ne l'aurait fait un mécanicien) ; j'en ai fait plus que vous ne vouliez (ou que vous ne le vouliez).

    Dans les propositions incises au présent de l'indicatif, à la 1re personne du singulier, telles que je t'assure, je crois, j'espère, j'imagine, je pense, je suppose : vous êtes arrivé hier, je crois ; ils aimeraient avoir une augmentation, je suppose ; elle n'a rien à voir dans cette affaire, je t'assure.

    Avec les verbes pouvoir, vouloir, dire : viens dès que tu peux ; nous nous rencontrerons où vous voudrez, quand vous voudrez ; il était comme K.-O., si j'ose dire ; je vous rembourserai tous vos frais, cela va sans dire.

    À la forme négative, dans les emplois semi-figés : je ne crois pas, je ne dis pas, je ne pense pas, je ne veux pas, je ne vois pas.
  4. Le, la, les complément de verbes coordonnés. Lorsque le, la, les est complément d'un verbe coordonné à d'autres, il est répété devant chacun des verbes complétés : je les cherche mais je ne les trouve pas ; vous l'apprendrez ou vous l'oublierez, mais vous devez lire ce chapitre au moins une fois. Aux temps composés, quand ni l'auxiliaire ni le sujet ne sont répétés, le pronom complément n'est pas répété : je l'ai cherché et trouvé pour je l'ai cherché et je l'ai trouvé ou je l'ai cherché et l'ai trouvé (registre soutenu).

Accord
  1. Accord du pronom attribut.

    Pour représenter un nom sans article ou précédé d'un article indéfini, un adjectif qualificatif, un verbe ou un participe, on emploie le pronom neutre le : «  Êtes-vous française ? - Je le suis  » ; «  Vous devriez être contents. - Nous le sommes  » ; «  Mais vous êtes mariés ? - Nous ne le sommes plus depuis hier.  »

    remarque
    Cette règle formulée par Vaugelas et confirmée par Voltaire n'était pas encore fixée par l'usage à l'époque classique : «  Je veux que sur toutes choses vous soyez contente et quand vous la serez, je la serai  » (Mme de Sévigné).



    À l'écrit et dans le registre très soutenu, quand le, la, les représente un nom précédé de l'article défini, d'un démonstratif ou d'un possessif, il s'accorde avec ce nom : «  Je ne la suis plus, cette Rosine que vous avez tant poursuivie  » (Beaumarchais). Je me regarde comme la mère de cet enfant ; je la suis de cœur (Académie).

    remarque
    Quoique grammaticalement correctes, ces phrases paraîtraient aujourd'hui peu naturelles, non seulement dans la langue parlée, mais aussi dans la langue écrite courante. Spontanément, on dirait plutôt : je ne suis plus la même ou je ne suis plus cette Rosine que vous avez tant poursuivie ; je me regarde comme la mère de cet enfant, et, de cœur, c'est bien ce que je suis. Dans une réponse, on dirait oui, c'est moi (ou non, ce n'est pas moi, ce n'est plus moi) : «  Vous êtes pourtant la Rosine que j'ai tant poursuivie. - Non, ce n'est plus moi  » ; «  Êtes-vous la mère de cet enfant ? - Oui, c'est moi.  »

  2. Accord du participe passé avec le pronom neutre le. Le participe passé reste au masculin singulier lorsque son complément d'objet direct est le pronom neutre le : la difficulté était moins ardue que nous ne l'avions imaginé (l' ne reprend pas ici difficulté, mais l'ensemble de l'idée exprimée, «  la difficulté était moins ardue  ». En revanche, dans la phrase la difficulté, nous l'avions grossie en imagination, le pronom l' reprend difficulté et le participe passé s'accorde au féminin).

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