Journal de l'année Édition 2004 2004Éd. 2004

Le 24 mai, le président Bouteflika, qui se rendait à Boumerdès, a été accueilli à coups de pierres et de slogans tels que « Pouvoir assassin ! ». La télévision n'en a rien montré. En réponse, le gouvernement algérien a promis d'ouvrir une enquête et d'accélérer l'acheminement de l'aide aux sinistrés. Et les bulldozers de l'armée sont venus remplacer les mains nues des sauveteurs, signe ô combien symbolique qu'il n'y avait plus aucun espoir de retrouver trace de vie.

Christophe Lancelin

Les précédents

Aux confins des plaques européenne et africaine, la côte algérienne constitue une zone d'activité sismique particulièrement sensible. L'histoire récente des séismes meurtriers, en Algérie, remonte à 1715. Cette année-là, 20 000 personnes périssent dans la destruction de la capitale. En septembre 1954, Orléansville, entre Alger et Oran, est rasée par deux secousses espacées d'une semaine : 1 400 personnes trouvent la mort. Le sort va s'acharner contre la ville, reconstruite et rebaptisée El-Asnam : en octobre 1980, un séisme la frappe à nouveau, faisant 3 000 morts. En octobre 1989, c'est la région de Tipaza, à l'ouest d'Alger, qui est victime d'une secousse tellurique à l'origine d'une trentaine de morts. Dans l'Ouest, Mascara est frappée en août 1994 – 172 morts – et Aïn Témouchent en décembre 1999 – 28 morts. Dans l'Est, Sétif en 1963 et 1975 ainsi que Constantine en 1985 ont aussi été le théâtre de séismes meurtriers. Enfin, en novembre 2001, Bab el-Oued a été dévasté par des coulées de boue consécutives non pas à un séisme, mais à de violentes pluies, qui ont fait près de mille morts.