Parmi les interprètes, Leonie Rysanek, « la » soprano Strauss par excellence, s'est éteinte le 7 mars à Vienne, qui l'avait vue naître en 1926 et se produire un demi-siècle sur scène ; le baryton Doda Conrad, fils de Marya Freund, dont il a livré l'émouvant journal de déportation en appendice à ses propres souvenirs dans un livre aussi passionnant qu'agaçant, est mort à quatre-vingt-treize ans ; la mezzo-soprano colorature Lucia Valentini-Terrani, qui, révélée en 1973 dans Cenerentola, devint l'une des plus brillantes interprètes de Rossini ; Ilva Libague, incomparable verdienne et mozartienne que les habitués d'Aix-en-Provence et de Glyndebourne connaissaient bien, est morte à Palerme ; le baryton Hermann Prey, qui a tout chanté avec un égal bonheur, est brutalement décédé le 22 juillet à soixante-neuf ans. Le 11 janvier, le chef d'orchestre Klaus Tennstedt disparaissait à soixante et onze ans ; venu d'Allemagne de l'Est, il était surtout connu en Occident pour ses affinités avec Mahler. La première femme à avoir dirigé l'Orchestre symphonique de Chicago, Margaret Hillis, est morte le 5 février. Vittorio Negri s'en est allé à son tour le 9 avril ; musicologue, chef d'orchestre, il avait contribué à la résurrection des oratorios de Vivaldi, Albinoni, Cimarosa. Le 15 août, au cours d'une tournée en Asie, le flûtiste Alain Marion disparaissait à Séoul, quelques semaines après la mort accidentelle de son petit-fils.

Bruno Serrou