Chrono. : 3/04.

Nigeria

Le général Sani Abacha (arrivé au pouvoir en novembre 1993) maintient avec une grande rigueur la fédération nigériane sous autorité militaire. La dénonciation en mars d'un complot lui permet de pratiquer une épuration radicale jusque dans l'armée. Il garde en prison Moshood Abiola, qui se considère toujours comme le président élu du Nigeria depuis 1993. En juillet sont jugées, par un tribunal militaire spécial, une quarantaine de personnalités civiles et militaires considérées comme complices du complot dénoncé en mars. Parmi elles, le général Obasanjo, ancien chef d'État nigérian qui avait remis le pouvoir aux civils, et son second, le général Yar'Adua, sont condamnés à mort ou à la prison à vie ; finalement, les peines capitales sont toutes commuées en peines de prison.

Le Nigeria continue de s'isoler de la communauté internationale par ses décisions économiques et politiques. À Londres, en septembre, le Premier ministre britannique John Major refuse de recevoir le ministre des Affaires étrangères nigérian, Tom Ikimi, qui vient informer le gouvernement britannique des détails d'un plan de transfert du pouvoir aux civils le 1er octobre 1998. Au mois de novembre, la pendaison de neuf opposants (dont l'écrivain Ken Saro-Wiwa) provoque la « suspension » du Nigeria par le Commonwealth qui fait planer sur lui une menace d'exclusion définitive. Enfin, l'Union européenne met en place un embargo sur les ventes d'armes au Nigeria.

Chrono. : 14/07, 10/10, 10/11.

Cameroun

Le principal événement de l'année est la visite du pape Jean-Paul II en septembre 1995. C'est sa deuxième visite au Cameroun. Il ne s'agit pas cette fois d'une visite « pastorale » : le souverain pontife publie à Yaoundé une « exhortation apostolique » qui fait le bilan du synode des évêques africains tenu à Rome en 1994. Ce texte important définit les objectifs à assigner à l'Église catholique en Afrique pour ses dirigeants, ses prêtres et ses fidèles. Il engage les catholiques à prendre part à la vie politique de leurs pays respectifs pour défendre les valeurs chrétiennes et les droits de l'homme. Le pape y condamne aussi en termes très directs la corruption de la classe politique africaine et demande, avec le synode, l'effacement de la dette extérieure des pays pauvres.

Gabon

Le premier référendum organisé depuis l'indépendance, en juillet 1995, approuve par 96,48 % de « oui » les accords de Paris, signés en octobre 1994 par les partisans du président Omar Bongo et l'opposition en vue d'une démocratisation du pays. Le scrutin ne fait l'objet d'aucune contestation, puisque tous les partis signataires de ces accords ont milité en faveur du « oui ». La prochaine étape de la démocratisation progressive du Gabon est la réforme de la Constitution, puis la ratification des accords de Paris par l'Assemblée nationale, avant le vote de lois d'application qui devraient transformer profondément le code électoral gabonais.

Chrono. : 23/07.

Congo

Des grèves de fonctionnaires accompagnent au début de l'année le renforcement de la politique de privatisation et de restriction des dépenses de l'État, qui a permis notamment l'arrivée au Congo d'intérêts économiques sud-africains. Le Congo est pourtant sorti de la période de guerre civile qui a marqué les précédentes années à Brazzaville. Les finances publiques ne sont pas encore rétablies. Faute de résultats satisfaisants pour la politique d'ajustement structurel, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ne renouvellent pas, contrairement à ce qui était prévu, leur programme d'aide au premier semestre 1995.

Chrono. : 23/07.

République centrafricaine

Un référendum organisé le 28 décembre 1994 permet, avec 82 % de « oui » (mais 55 % d'abstentions), d'adopter une nouvelle Constitution, l'ancienne datant de 1986. L'opposition présente le nouveau texte comme exagérément favorable au président Ange-Félix Patassé. Celui-ci pourrait rester en fonctions dix-huit ans si, à la fin de son mandat, il était réélu deux fois pour six ans. Le chef de l'État rencontre le président Jacques Chirac à Paris le 15 septembre et se déclare convaincu de l'excellence des relations avec la France (qui maintient toujours des troupes dans le pays) ainsi que de la reprise prochaine des prêts du FMI et de la Banque mondiale.

Zaïre

Le maréchal Sese Seko Mobutu et son Premier ministre Kengo Wa Dondo (membre de l'opposition modérée) ont des relations difficiles en début d'année. Le HCR/PT (Haut Conseil de la République/Parlement de transition) décide le 30 juin de prolonger de deux ans l'actuelle période de transition politique. Cette décision est entérinée le 9 juillet par le président Mobutu.