L'interdiction des partis politiques est levée en juin. Le RUF refuse de participer aux travaux de la Conférence, et les affrontements reprennent avec plus de violence en milieu d'année. Les 150 délégués de la conférence proposent en août de reporter à février 1996 les élections présidentielle et législatives qui devaient se tenir à l'origine à la fin de l'année. En septembre, on annonce des négociations entre le gouvernement et le RUF, mais les combats avec les rebelles reprennent ensuite, alors qu'une tentative de coup d'État (semble-t-il limitée) est déjouée à Freetown, au début du mois d'octobre.

Chrono. : 27/09.

Liberia

La guerre civile est théoriquement en voie de règlement après la signature par six factions armées libériennes d'un accord de paix en août, au Nigeria. C'est le onzième depuis 1990. Un cessez-le-feu est instauré aux termes de cet accord. Mais, d'après Charles Taylor, président du NPFL (National Patriotic Front of Liberia), celui-ci n'est pas respecté. Un nouveau Conseil d'État est mis en place en septembre. Contrairement à la précédente institution collégiale de transition, il comprend les trois principaux chefs de guerre, Charles Taylor, Alhadji Kromah (Ulimo) et George Boley (LPC). Les Forces armées du Liberia (AFL) conservent leur commandant en chef durant la période de transition et doivent intégrer en leur sein des combattants des autres factions. Le désarmement des groupes rebelles doit s'achever le 30 janvier 1996. Des élections générales devraient se tenir en août suivant.

Chrono. : 19/08.

Côte d'Ivoire

Henri Konan Bédié, président en vertu de dispositions constitutionnelles depuis la mort d'Houphouët-Boigny, est confirmé à son poste par les élections d'octobre, avec plus de 90 % des voix, mais avec une participation électorale tournant seulement autour de 60 % (selon les chiffres officiels). Il n'avait face à lui qu'un seul candidat, très marginal, Francis Wodié, du Parti ivoirien des travailleurs (PIT). Les deux principaux partis d'opposition, le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo et le Rassemblement des républicains (RDR) de Djény Kobina, ont constitué un Front républicain (FR) qui boycotte les élections parce que l'Assemblée nationale, toujours dominée par le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), a voté un code électoral interdisant la candidature à ceux dont le père et la mère ne sont pas ivoiriens de naissance. Selon l'opposition, ce texte ne vise qu'à exclure de la campagne Alassane Ouattara, directeur général adjoint du Fonds monétaire international et ancien Premier ministre. À la mort du président Houphouët-Boigny, en décembre 1993, une lutte pour le pouvoir l'a déjà opposé à Konan Bédié, alors président de l'Assemblée nationale et successeur constitutionnel du chef de l'État en cas de décès.

L'approche de l'élection présidentielle d'octobre s'accompagne de nombreuses et violentes manifestations à Abidjan, la capitale économique, et dans le nord et l'ouest du pays. Le vote est troublé dans de nombreuses localités, notamment dans le pays bete, dans l'ouest, où des immigrants baoules (l'ethnie du président) sont victimes de violences. Cette situation est préjudiciable au redressement économique du pays, alors qu'une croissance de 1,7 % avait été enregistrée en 1994 grâce à la dévaluation du franc CFA et au relèvement du cours des principales cultures d'exportation (cacao, café, coton).

Chrono. : 2/10, 22/10, 28/11.

Ghana

À la suite de l'introduction de la TVA qui remplace l'ancienne sale tax, de violentes manifestations contre l'augmentation du coût de la vie ont lieu dans la capitale et à Kumasi, la deuxième ville du pays. Elles sont durement réprimées. Le gouvernement doit finalement faire des concessions, et le ministre des Finances, Kwesi Botchwey, présente sa démission au début du mois de juillet. Celle-ci est acceptée par le président Jerry Rawlings le 21, mais K. Botchwey reste cependant en fonctions dans l'attente de la nomination d'un successeur, car il représente aux yeux des bailleurs de fonds le symbole du redressement économique et financier du Ghana.

Togo

Après la reprise en main du pays par le président Gnassingbé Eyadéma l'année précédente, 1995 n'est marquée que par des tensions épisodiques, mais discrètes, entre Eyadéma et le Premier ministre Edem Kodjo. Des pluies diluviennes causent des dégâts importants en septembre.

Bénin

Le Ve Sommet de la francophonie se tient à Cotonou en fin d'année. Le président Nicéphore Soglo, qui a subi à Paris une intervention chirurgicale en septembre, compte sur l'effet de prestige de cette manifestation pour favoriser sa réélection au début de 1996.