Journal de l'année Édition 1993 1993Éd. 1993

Nouvelle donne. 11 des 31 titres mis en jeu, 27 médailles sur un maximum possible de 57, cinq records du monde sur les dix de battus. La natation américaine est restée la première au monde malgré sa carence en demi-fond masculin et son incapacité nouvelle à gagner une course individuelle en nage libre. Mais jamais une équipe américaine n'avait été aussi âgée (plus de 22 ans de moyenne d'âge) depuis que le système universitaire, qui fit la gloire du sport US, ne permet plus de répondre au défi lancé par les mercenaires européens.

Sport et études sont devenus en effet des activités incompatibles. L'amateurisme est banni. C'est bien dommage.

L'Est. La deuxième place de la CEI au classement des nations est trompeuse. Les doublés d'Alexandre Popov et d'Evgueni Sadovyi ne sont pas représentatifs de la natation russe. Formés il y a maintenant près de dix ans, lorsque le sport était privilégié en Union soviétique, les deux champions n'ont pas de successeur en vue. Il n'y a pas de relève. La natation russe est en voie de disparition. Ce qui ne risque pas d'arriver de sitôt à la Hongrie, qui a une nouvelle fois figuré dans le tiercé gagnant. Grâce au triplé de la reine de ces Jeux, Krizstina Egerszegi, et aux deux médailles d'or de Tamas Darnyi, qui reste invaincu depuis sept ans sur 200 m et 400 m 4 nages.

La Chine. Mais la révélation de ces Jeux est venue des Chinoises, qui ont pleinement profité des services des entraîneurs de l'ancienne RDA, dont les méthodes de préparation ont été pourtant très controversées. Au point qu'on a parlé de dopage pour expliquer les victoires de leurs protégées au physique de lutteur de foire. De véritables montagnes de muscles. Et, finalement, s'il fallait désigner un perdant à l'issue de cette semaine de compétition, ce serait l'Europe de l'Ouest, qui, à l'image de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et de l'Italie, a été loin de renouveler sa performance de Séoul, où elle avait contesté la suprématie américaine.

La France. Avec trois médailles de bronze, la France a en revanche rempli son contrat. Ses piliers, Catherine Plewinski, Stéphane Caron et Franck Esposito ont été présents au rendez-vous. Christophe Kalfayan (4e du 50 m), Franck Schott (6e du 100 m dos) et le relais 4 × 100 m masculin, aussi. On n'attendait rien de plus. Mais la question de l'avenir reste posée : aucun jeune de talent de dimension « olympique » n'a paru en effet devoir relever la vieille garde.

Pentathlon moderne

Individuel : 1. A. Skrzypaszek (Pol.) 2. A. Mizner (H) 3. E. Zenovka (CEI).
Par équipes : 1. Pologne 2. CEI 3. Italie.

La France hors du coup. Dominé traditionnellement par les pays de l'Est, le pentathlon moderne n'a pas échappé à cette règle à Barcelone, puisque trois des représentants de l'Est ont pris les trois premières places. Septième par équipes, la France a déçu, alors qu'elle avait manqué le podium à Séoul pour seulement trois petites secondes. À charge maintenant pour le nouveau directeur technique national, Joël Bouzou, qui vient de remplacer à ce poste Istvan Laszo, de trouver les solutions adéquates pour effacer cet échec. On peut lui faire confiance.

Tennis

Messieurs

Simple : 1. M. Rosset (CH) 2. J. Arrese (Esp.) 3. G. Ivanisevic (Cro.) et A. Cherkasov (CEI).
Double : 1. B. Becker – M. Stich (All.) 2. W. Ferreira – P. Norval (AdS) 3. G. Ivanisevic – G. Prpic (Cro.) et J. Frana – C. Miniussi (Arg.).

Dames

Simple : 1. J. Capriati (É-U) 2. S. Graf (All.) 3. A. Sanchez (Esp.) et M. J. Fernandez (É-U).
Double : 1. M. J. Fernandez – G. Fernandez (É-U) 2. A. Sanchez – C. Martinez (Esp.) 3. R. McQuillan – N. Provis (Aus.) et L. Meskhi – N. Zvereva (CEI).

Faute de mieux. Malgré la sympathique victoire du géant suisse Marc Rosset (2,03 m), qui a offert à son pays sa seule médaille d'or de tous les Jeux, le tennis n'a pas réussi son examen de passage. Sans doute parce que le tournoi se situait dans une des deux périodes de repos de la saison. Celle où les champions soufflent après six mois d'efforts soutenus, attaqués en Australie au mois de janvier et conclus par l'enchaînement Roland-Garros – Wimbledon. Des épreuves du grand chelem qui demandent une telle dépense d'énergie que la plupart des stars sont arrivées en Espagne éprouvées ou hors de forme. Ce n'est pas la volonté de gagner qui a fait défaut à Jim Courier, à Stefan Edberg, à Boris Becker ou à Pete Sampras, mais le manque de fraîcheur physique et mentale. Difficile dans ces conditions de les accuser d'avoir eu à Barcelone un comportement d'enfants gâtés. En tout cas, ils n'ont pas bafoué l'idéal olympique comme Henri Leconte en 1988 à Séoul.