Deux siècles exactement après la création des départements français, les Côtes-du-Nord ont renié le nom choisi pour elles par l'Assemblée constituante : depuis le 8 mars 1990, il faut parler des Côtes-d'Armor. On espère attirer un plus grand nombre de touristes étrangers, jusqu'ici rebutés − paraît-il − par un nom aux consonances polaires...

Déjà installés à Liffré (Canon), à Tanzé (Trio Kenwood) et à Fougères (Murata Kikaï), les Japonais continuent d'investir en Bretagne : le dernier arrivé est Mitsubishi Electric, qui mettra en service en juin 1991 une usine de fabrication de téléphones pour voitures à Étrelles (220 emplois créés sur deux ans). Canon a d'ailleurs choisi Cesson-Sévigné, plutôt que Sophia-Antipolis ou Grenoble, pour installer son septième centre de recherches à travers le monde.

Centre

■ En septembre, Vendôme est devenue la gare TGV la plus proche de Paris : « 42 minutes et le confort d'une classe affaires » ; et trois arrêts par jour dans chaque sens. La nouvelle gare, située en pleine forêt à quatre kilomètres du centre-ville, jouxtera un parc technologique de 150 hectares dessiné par l'architecte Michel Cantal-Dupart. Une société d'économie mixte, la Société du Vendômois (SODEVE), est chargée de mener à bien le projet ; 49 communes sont partie prenante.

Tout le monde en Touraine souhaite la création du technopôle de Tours, dénommé « Sciences de la vie », qui devrait entraîner la création de 2 000 emplois, mais son implantation sur les rives du Cher, en zone inondable, pose problème. L'association « Loire vivante » s'oppose à l'Établissement public d'aménagement de la Loire et de ses affluents présidé par M. Jean Royer, maire de Tours ; elle a saisi le secrétariat à l'Environnement du fait que ce parc technologique nécessite un remblaiement de 5 mètres sur 60 hectares, l'élargissement du Cher et la construction d'une digue étanche de 1,5 km pour mettre le site hors d'eau, au moment où le gouvernement souhaite le réexamen des aménagements sur le fleuve.

Champagne-Ardennes

■ Après quinze années d'une vigoureuse croissance, la Champagne craint un retournement de tendance après l'annonce d'une augmentation de 20 % du prix du raisin. Dans ses limites actuelles, 29 000 hectares fixés par la réglementation, la Champagne atteint ses limites de production. Le vignoble peut encore gagner 5 000 hectares, mais, au-delà, il faudrait réviser la loi de 1928 qui délimite la zone d'appellation. Or la demande ne cesse de croître, surtout à l'exportation qui absorbe 38 % des 275 millions de bouteilles produites en 1989. Et la vendange de 1990 a été affectée par le gel du printemps qui a amputé la production de 10 % par rapport à celle de 1989.

Le contrat de 1959 qui liait les grandes maisons de négoce et les viticulteurs n'a pas été renouvelé à son échéance d'avril 1990. Selon ses termes, les grands négociants, qui produisent 67 % du Champagne et 90 % des quantités exportées, mais ne possèdent que 12 % du vignoble, se voyaient garantir un approvisionnement en raisin par les vignerons : l'« engagement », qui portait sur 47 % de la récolte et que les viticulteurs voulaient abaisser à 43, voire à 40 %. Le fragile accord conclu en mai a consacré le retour à un prix libre, mais proche du prix indicatif − ce qui veut dire sans obligation de le respecter − fixé par le Comité interprofessionnel des vins de Champagne (CIVC).

Corse

■ La Corse cumule une série de retards par rapport aux normes nationales. L'île de Beauté ne participe que pour 0,3 % au produit intérieur brut (PIB). Le PIB par habitant place le Corse en dernière position : il produit 75 000 francs de richesses quand l'habitant d'Île-de-France en crée pour 155 700 francs. Dans le budget régional, les transferts qui viennent de l'État et des fonds communautaires européens représentent près de 45 % du total, beaucoup plus que dans les régions d'outre-mer. Les handicaps structurels semblent encore insurmontables : une population peu nombreuse (densité : 27 habitants au kilomètre carré), âgée (18 % ont plus de 65 ans) et touchée par le chômage (près de 12 %), un commerce déséquilibré (la Corse importe quinze fois plus qu'elle n'exporte). Trois entreprises seulement comptent plus de 100 salariés, dont la plus célèbre est la Corse Composites aéronautiques (CCA), qui emploie 547 personnes dans la zone industrielle du Vazzio à Ajaccio. CCA est une entreprise de sous-traitance fournissant Aérospatiale, la SNECMA et Dassault, ces trois firmes étant associées à parts égales dans le capital de l'entreprise.