En prévision de l'échéance sportive de 1992, les grandes manœuvres financières sont engagées. Sept milliards de francs vont être injectés en quatre ans dans les réseaux de transports, les équipements sportifs et les communications. L'État est en première ligne, surtout depuis la baisse du dollar et la diminution probable des recettes des droits de retransmission par la télévision. À sa charge, la moitié du programme routier et 25 p. 100 des frais d'organisation. Les collectivités locales qui pensent déjà à l'après-1992 songent à s'associer à des opérateurs privés et à des sociétés d'économie mixte. Malheureusement, la prolongation de la ligne nouvelle du TGV entre Lyon et Valence par l'aéroport de Satolas et l'Isle-d'Abeau, présentée en octobre par le préfet de région, ne sera pas réalisée avant les jeux.

Soucieux de l'environnement, Michel Barnier, président du Conseil général de Savoie, successeur de J.-C. Killy à la tête du Comité d'organisation, et Alain Carignon, ministre de l'Environnement, ont signé un protocole pour la sauvegarde du paysage savoyard.

DOM-TOM

L'aide au développement reste un des fondements de la politique française pour les départements et territoires d'outre-mer ; le budget du ministère des DOM-TOM s'élève à 1,8 milliard de francs pour 1988 et les crédits ont augmenté de 30 p. 100 depuis deux ans.

En Nouvelle-Calédonie, le référendum s'est déroulé dans le calme le 13 septembre. La participation a été plus élevée que prévu, malgré les appels à l'abstention du FLNKS : 58,99 p. 100 des inscrits ont voté, alors que les mouvements indépendantistes espéraient qu'ils ne seraient pas plus de 50 p. 100. La participation a dépassé 50 p. 100 dans les onze communes où les Calédoniens d'origine européenne sont majoritaires (84,96 p. 100 à Nouméa par exemple). À l'inverse, le taux d'abstention a été nettement supérieur à 50 p. 100 dans les régions occupées par les indépendantistes (75,09 p. 100 aux îles Loyauté). En moyenne, le taux d'abstention s'élève à 72,69 p. 100 dans les communes à prédominance canaque.

Ce référendum n'a en rien atténué les clivages d'une population qui se répartit entre groupes ethniques de la façon suivante : Mélanésiens 42,5 p. 100, Européens 32 p. 100 ; Wallisiens 8,3 p. 100, Polynésiens 3,8 p. 100.

Le nouveau projet de statut de la Nouvelle-Calédonie préparé par M. Bernard Pons est adopté par le Parlement en novembre 1987. Le territoire, qui bénéficie d'une « autonomie de gestion », reste divisé en quatre Régions, mais seule celle des îles Loyauté ne subit pas de modifications de frontières. Chaque Région est administrée par un conseil élu à la proportionnelle. Comme en Polynésie française, « les Calédoniens assumeraient la gestion et l'administration du territoire, l'État ne conservant que les grandes responsabilités, la monnaie, la politique étrangère, la défense et la justice ». Entre l'État et le territoire, le haut-commissaire de la République disposera d'un pouvoir d'arbitrage, de contrôle de la légalité des décisions ainsi que d'un pouvoir de dissolution des institutions.

La direction politique du territoire, enfin, est exercée par un conseil exécutif de dix membres : un président choisi par un congrès composé de 48 membres élus, cinq membres élus au scrutin de liste, et les quatre présidents de régions.

Le délire religieux de Faaïté, marqué par le massacre de six insulaires, à la fin août, et les émeutes de Papeete, le 29 octobre, ont attiré l'attention sur le malaise de la Polynésie française. Les rééquilibrages politiques de la fin de l'année ne semblent pas contribuer à l'assainissement de la situation : la nouvelle majorité, dirigée par Alexandre Leontieff, est une coalition hétérogène, et le nouveau président de l'Assemblée territoriale, Jean Juventin, un opposant déclaré du Centre d'essais nucléaires du Pacifique.

Malgré les divisions politiques et la fraude électorale, qui a provoqué trois inculpations, la Réunion a été plutôt affectée par les dégâts causés par le cyclone Clotilda, l'un des plus violents du siècle, qui a ravagé l'île en février.