Sans licenciement et après concertation avec les organisations syndicales « atelier par atelier, usine par usine, service par service », le président du premier constructeur français propose le 2 octobre d'adapter les effectifs aux inévitables mutations technologiques. Un dispositif Renault d'une soixantaine de personnes est mis en place pour assurer la formation sur de longues périodes (jusqu'à 24 mois) et le reclassement du personnel à l'intérieur ou à l'extérieur du groupe. Dès 1985, les résultats devraient être tangibles et les « équilibres sociaux » retrouvés en 1986.

Parallèlement, B. Hanon compte sur le renouvellement accéléré de ses modèles (un modèle par an, voire un et demi) pour reconquérir le terrain perdu en France et en Europe. Un programme rigoureux d'économies est défini pour stopper les hémorragies financières (3,6 milliards de F de pertes au premier semestre, dont 1,4 pour Renault Véhicules Industriels), tout en poursuivant un fort rythme d'investissements (10 milliards de F par an). À tout prix, la Régie doit, pour reprendre sa place de leader européen (après être tombé, en 1984, au sixième rang), gagner 7 % de productivité par an.

Seule éclaircie dans un paysage plutôt sombre : les États-Unis où, sous l'impulsion de José Dedeurwaerder, American Motors Corp. (dans laquelle Renault détient 46,9 % du capital) redevient bénéficiaire et retrouve un dynamisme commercial disparu depuis longtemps. En 1984, AMC vend 177 000 Alliance (la R 9 américanisée) et Encore (la R 11), 15 000 Renault importées (Fuego et R 18 break), 14 000 Eagle et 132 000 Jeeps. Dans trois ans, il projette de capturer 4 à 5 % du marché américain de la voiture particulière, 20 % du marché du 4 × 4 (grâce en particulier à la nouvelle Jeep Cherokee) et 6 à 7 % du marché des utilitaires légers. AMC va également aider la Chine populaire à construire une usine de Jeep (30 000 par an au démarrage début 1986, et 70 000 trois ans plus tard). De son côté, Mack Trucks, dans lequel Renault détient désormais 40,7 % et deux postes d'administrateurs (Pierre Séméréna et Elios Pascual), négocie en souplesse début octobre le renouvellement de sa convention salariale et termine l'année en force. En gagnant en pénétration commerciale et en résultats financiers.

Le 17 décembre, Pierre Séméréna remplace Pierre Tieberghien au poste de directeur délégué à l'automobile et devient du même coup le dauphin de Bernard Hanon.

Alain Jemain

Les vedettes de l'année
Renault Supercinq

La voiture fétiche de la Régie fait peau neuve. La caisse entièrement redessinée prend 6 centimètres de plus en longueur et en largeur. Les moteurs déjà utilisés sur certaines R 5 et sur les R 9 et R 11 sont désormais disposés transversalement.

Renault 25

Le nouveau haut de gamme de la Régie. Une carrosserie bien profilée et un niveau de finition comparable aux grandes routiètes étrangères. Dix versions selon la motorisation (de 1 995 cm3, 2 165 cm3, 2 664 cm3 pour la V6 injection et diesel de 2 068 cm3) et les nouveaux équipements.

Matra Renault Espace

Une mécanique Renault en version essence et turbo Diesel, une carrosserie en polyester stratifié. Une habitabilité séduisante conçue pour 5 ou 7 passagers. Des sièges avant qui pivotent, transformant l'habitacle en salon.

Audi 200 Quattro

Une grande limousine de prestige à quatre roues motrices par la marque championne du monde des rallyes. Avec un système de transmission intégrale permanente qui apporte la plus grande sécurité sur route mouillée ou verglacée. Un moteur turbo de 182 ch qui atteint sur circuit 230 km/h.

Austin Montego

Cousine germaine de la Maestro, mais avec un plus large éventail de motorisation (1 300 cm3, 1 600 cm3, 2 000 cm3 à injection) et une boîte cinq vitesses. Une carrosserie originale à grande surface vitrée. Pare-chocs aux couleurs de la voiture et multiples équipements ingénieux.

Citroën CX GTI Turbo

Moteur 4 cylindres 2,5 l renforcé et complété, sur l'injection électronique, d'une coupure d'alimentation en cas de surrégime. Régulation anticliquetis. Un nouveau tableau de bord à six cadrans ronds et lecture analogique. Et ça décoiffe : 217 km/h.

SAAB 9000 Turbo 16

Un moteur de 4 cylindres de moins de 2 litres est l'un des plus performants du monde. Très grande habitabilité. Un tableau de bord ergonomique avec servodirection à volant réglable, et ordinateur de bord. Des sièges finition cuir à ajustage en hauteur.

Alfa-Romeo : Alfa 90

Une ligne plus moderne sur les bases techniques de l'Alfetta. Un nouveau concept de sécurité/stabilité aérodynamique avec un spoiler avant à action asservie à la vitesse du véhicule. Performances élevées du moteur V6 de 2,5 l à injection électronique.

Seat Ibiza

Une trois portes dotée de suspensions avant et arrière à roues indépendantes. Deux niveaux de finition et deux moteurs de 1 200 cm3 et 1 500 cm3 ainsi qu'un diesel de 1 700 cm3. Une boîte de cinq vitesses de série.

Opel Kadett II

Avec les quatre moteurs, trois nouvelles carrosseries, quatre types de transmission et cinq niveaux de finition, la deuxième génération des Kadett dotées d'un aérodynamisme record (0,30 de CX sur la version sportive GSI), de suspensions améliorées et d'un confort accru. Le modèle de base pèse 830 kg, soit 100 kg de moins que la moyenne de la catégorie.

Citroën Axel

Elle vient de Roumanie. Dérivée d'un projet Citroën et construite avec la coopération de la marque aux chevrons. Un moteur éprouvé de GS. Des pneus Michelin TRX à jante spéciale.