Pour le génie génétique, aux quatre entreprises américaines spécialement créées depuis 1977 (Cétus, Genex, Genetech et Amagène) s'ajoutent plusieurs firmes pharmaceutiques (Eli Lilly, Upjohn, Pfizer, Merck entre autres) ainsi que trois grandes entreprises chimiques (Du Pont de Nemours, Dow Chemical et Monsanto).

Corning Glass se lance massivement dans le génie enzymatique et Schering-Plough dans l'immunologie (anticorps monoclonaux surtout).

Au Japon, la recherche fondamentale et appliquée est toujours principalement consacrée aux bioconversions agro-alimentaires, mais plusieurs firmes ont entrepris la production de protéines et d'antibiotiques (Maiyi-Go, Ajimoto, Torray, Mitsui). D'autres entreprises prévoient de grands programmes de génie génétique (Mitsubishi Chemical, Kyowa Hakko, Takeda, Kikkoman Shoyu, Asahi Chemical, Sumimoto Chemical).

Implantations

Face à ces deux leaders, quelques pays industrialisés sont déjà bien implantés dans certains secteurs des bio-industries. La Grande-Bretagne se spécialise dans la préparation des antibiotiques par bioconversion (ICI, Beecham, Glaxo) et dans la fabrication des anticorps monoclonaux (Celltech, Sera Labs, Seward Labs) et des enzymes (Sturge-Whatman et Biochemical).

Les Pays-Bas occupent une place prépondérante dans la fourniture de levures et de pénicilline-base (Gist-Brocades). La Suisse investit dans le génie génétique (Biogen, Hoffmann-Laroche, Ciba Geigy) ; la République fédérale allemande dans les anticorps monoclonaux (Hoechst) ; le Canada dans l'immunologie (Immunotech).

En Europe, la CEE met en place, à partir d'avril 1982, un programme quadriennal de génie biomoléculaire au service de l'agriculture, avec un budget de 8 millions d'écus pour la première année. Cinq projets sont consacrés à l'application du génie génétique à l'agro-alimentaire et à l'industrie chimique ; le sixième porte sur les problèmes de sécurité.

La Cellule des biotechnologies, créée en 1981 par la DGRST à la suite du rapport Pelissolo, a fait place en janvier 1982 à la Mission prioritaire aux biotechnologies, composée de deux comités : un comité scientifique national de onze membres, dont six appartenant aux grands organismes de recherche et cinq au monde industriel ; un comité stratégique représentant les grands secteurs des biotechnologies.

L'objectif de cette mission est d'établir des liaisons efficaces entre la recherche et l'industrie grâce à trois options fondamentales : formation et mobilité des chercheurs ; information, par la création de deux bulletins (La lettre des biotechnologies et Biosciences) et d'une revue (Biofutur), accords internationaux, en particulier avec le Québec, Israël et les pays de la CEE.

Le ministère de la Recherche et de la Technologie a organisé, le 17 décembre 1981, une Journée de génie biologique et médical et créé un comité de coordination pour les sept pôles régionaux de génie biomédical mis en place entre 1979 et 1981. Ce comité doit promouvoir une politique de recherche et d'innovation pour l'instrumentation biologique et médicale, et encourager la création de laboratoires pilotes d'évaluation d'instruments et de méthodes.

Compiègne et INSA-Toulouse sont spécialisés dans la recherche sur l'automatisation des bioréacteurs et sur la mise au point des capteurs, instruments très sensibles qui permettent la conversion d'une grandeur physicochimique en une mesure susceptible de traitement informatique.

L'ANRT a tenu (5-7 janvier 1982) un colloque sur les biotechnologies.

On y a notamment exposé les découvertes les plus récentes aux États-Unis et au Japon, dans quatre domaines de pointe : l'immobilisation des enzymes et des cellules utilisées dans les fermenteurs ; la culture in vitro de cellules végétales pour la production de métabolites utiles ; les électrodes à enzymes, qui permettent de mesurer avec précision de faibles concentrations d'enzymes ; enfin, la génétique des facteurs de tolérance aux stress environnementaux (sécheresse, salinité) chez les végétaux.

Quatre universités françaises poursuivent des recherches de pointe en biotechnologie médicale et alimentaire : Strasbourg, Orsay, Compiègne, INSA-Toulouse. Ces travaux occupent une centaine de chercheurs ; 500 autres chercheurs travaillent dans la filière biotechnologie au CNRS, à l'Institut Pasteur, à l'INRA, à l'INSERM, à l'ORSTOM (outre-mer), à l'IRCHA.