Au problème éthique posé par la naissance du premier bébé-éprouvette en 1978 s'ajoute celui d'éventuelles altérations du développement psychomoteur de l'être humain né d'un embryon soumis au processus de congélation-décongélation. Plusieurs associations médicales suggèrent un moratoire pour ces recherches et leurs applications.

Nouveau test de grossesse

Grâce à un nouveau procédé de titrage de la chaîne bêta d'une hormone placentaire, la gonadotrophine chorionique, une grossesse peut être repérée dès le premier jour de retard des règles. Cette hormone, dont la sécrétion est liée à l'implantation de l'œuf fécondé dans l'utérus, se compose de deux parties dissemblables : la chaîne alpha, qui a une structure identique à celle de plusieurs hormones hypophysaires, et la chaîne bêta, dont la formule chimique est spécifique et permet d'identifier la gonadotrophine chorionique. Avec le nouveau test, il est possible de doser 100 microgrammes d'hormone par litre d'urine. En outre, contrairement aux tests de grossesse précédents, ce procédé, qui est d'une extrême sensibilité, permet de déceler des grossesses extrautérines et de distinguer, chez les femmes en début de ménopause, les premières phases d'une grossesse d'un simple retard de règles.

Nouveau contraceptif

Un contraceptif mis au point en France par un laboratoire de l'INSERM et la firme pharmaceutique Roussel-Uclaf va modifier radicalement les méthodes anticonceptionnelles et remplacer sans doute les techniques actuelles d'interruption de grossesse. Contrairement aux contraceptifs classiques, qui perturbent le cycle hormonal de la femme et suppriment l'ovulation le nouveau produit, baptisé RU 486, agit comme antihormone ; il déclenche la menstruation par blocage ponctuel de l'hormone de gestation, la progestérone. Administré par voie orale pendant quelques jours à des femmes enceintes, à six à huit semaines de gestation, il provoque des saignements après moins de 48 heures ; l'avortement complet intervient dans les huit jours suivants. Chez des femmes non enceintes, absorbé au vingt-sixième jour du cycle menstruel, il induit le retour des règles dans les 48 heures, qu'il y ait fécondation ou non.

Les cellules de l'utérus portent des récepteurs sensibles à la progestérone, sans lesquels cette hormone ne peut agir. La recherche a porté sur la synthèse d'une substance capable (sans effet secondaire toxique ou hormonal) de bloquer spécifiquement les récepteurs de la progestérone. Le RU 486 est un stéroïde, de formule chimique voisine de celle des hormones sexuelles.

Le cancer de Kaposi

Les hôpitaux américains enregistrent, depuis l'été 1981, une multiplication des cas d'un cancer habituellement très rare dans l'hémisphère Nord : le sarcome de Kaposi.

Touchant les tissus conjonctifs, ce type de cancer se manifeste par l'apparition sur la peau de taches et de nodules violacés, bordés d'un liséré bleu caractéristique ; la maladie se généralise, prémices d'une mort.

Le sarcome de Kaposi frappe généralement des personnes des deux sexes âgées de plus de 50 ans ou ayant subi une greffe du rein. Or, les 41 cas observés aux États-Unis au cours de l'hiver 1981-82 concernent des hommes jeunes, homosexuels et d'origines géographique, sociale et ethnique très diverses. Pour ces malades, le cancer est la phase finale d'une série de maladies graves, infectieuses ou parasitaires, affectant successivement tous les organes et tous les tissus. Les affections les plus courantes sont des pneumonies et des septicémies causées soit par un protozoaire parasite des poumons, soit par le microchampignon responsable des candidoses. Aux États-Unis, plus de 300 personnes sont atteintes de ces affections multiples et mortelles, même sans apparition de cancer de Kaposi ; un pourcentage particulièrement élevé de ces malades sont en effet toxicomanes.

En France, l'équipe de l'hôpital Marmottan à Paris signale, chez de jeunes toxicomanes, une vague de septicémies massives, qui résultent également de candidoses et entraînent, entre autres, une cécité définitive chez un malade sur cinq.

Défaillance

La diversité d'étiologie et de symptômes des cas américains comme des cas français présente une caractéristique commune : la défaillance du système immunitaire cellulaire, celui où interviennent les leucocytes tueurs T. Le système d'immunité humorale, lui, reste intact et continue à produire les anticorps plasmatiques. La perturbation profonde de l'immunité cellulaire explique que toutes les thérapeutiques les plus récentes, y compris l'emploi de l'interféron, soient restées inopérantes.