Voyager 2 ne sera-t-il qu'un amas de ferraille inerte et silencieux lorsqu'il croisera Uranus ? Telle est la question que les scientifiques se posent avec inquiétude, en espérant que le bon sens remportera finalement et qu'on ne gâchera pas cette occasion de poursuivre l'exploration du système solaire.

L'enfer de Vénus

La première conférence internationale sur l'environnement de Vénus, réunie à Palo Alto, en Californie, du 1er au 6 novembre 1981, a dressé un bilan des connaissances acquises au cours des quinze dernières années sur l'atmosphère et la surface de la planète.

Dotée d'un altimètre radar, la sonde américaine Pioneer Vénus 1, mise en orbite autour de Vénus, le 4 septembre 1978, a permis de cartographier 93 % de la planète, relevant les formations de relief d'une taille supérieure à 25 km et leur altitude à 200 m près. Les deux tiers de la surface vénusienne sont une vaste plaine parsemée de cratères peu profonds et dominée par de vastes régions de hauts plateaux.

La première, Aphrodite Terra, dans l'hémisphère Sud, culmine à 9 000 m à l'ouest et à 4 300 m à l'est, où elle est bordée par une longue dépression qui contient le point le plus bas de la surface de Vénus : 2 900 m au-dessous du niveau moyen de la planète (défini par une sphère de 6 051,2 km de rayon). La seconde région montagneuse, Ishtar Terra, s'étend principalement au-delà de 60° de latitude nord ; sur sa bordure sud se dresse le plus haut sommet de la planète, le mont Maxwell (11 800 m).

Volcans

D'autres régions montagneuses ont été identifiées. Beta Regio, autour de 30° de latitude, est dominée par deux volcans, dont l'altitude atteint 6 000 m, entourés de coulées de lave. Ils semblent encore en activité.

Plusieurs autres ensembles volcaniques actifs ont été mis en évidence sur Vénus.

Dans l'ensemble, la topographie et la gravimétrie révèlent que l'écorce de Vénus est beaucoup plus épaisse que celle de la Terre ; elle n'est pas fragmentée en plaques. Aussi le volcanisme est-il très localisé, et il n'existe pas de longues chaînes montagneuses comparables à l'Himalaya ou à la cordillère des Andes, qui résultent de la subduction de plaques.

Plus de la moitié des communications présentées à Palo Alto concernent l'atmosphère. Comme sur la Terre, des masses nuageuses chaudes s'élèvent de l'équateur et se dirigent vers les pôles, où elles se refroidissent, redescendent et regagnent l'équateur, où elles reprennent le circuit.

Cependant, tandis que la rotation rapide de la Terre introduit une force déviatrice (la force de Coriolis) qui fractionne la masse atmosphérique, sur Vénus, qui tourne lentement sur elle-même en 243 jours terrestres, le mouvement général de l'atmosphère de l'équateur aux pôles n'est pas scindé. Mais, indépendamment des courants de convection, dont la vitesse ne dépasse pas 25 km/h, les masses nuageuses, dans l'atmosphère supérieure, sont entraînées à près de 400 km/h par un violent courant horizontal dont l'origine est encore mal expliquée.

Venera

Deux nouvelles sondes soviétiques, Venera 13 et Venera 14, sont lancées vers Vénus respectivement le 30 octobre et le 4 novembre 1981. Comme leurs devancières de la même série, elles comportent un module de satellisation autour de la planète et un module d'atterrissage. Le 1er mars, Venera 13 se pose en un point situé à 7°30′ de latitude sud et 303° de longitude est. Alors que Venera 12, en 1978, n'avait résisté que 110 min à l'enfer vénusien, Venera 13 émet pendant 127 min après son atterrissage, enregistrant au sol une température de + 457 °C et une pression de 89 bars. Venera 14 atterrit le 5 mars, par 13° 15′ de latitude sud et 310° 9′ de longitude est. La sonde n'émet que pendant 57 min, relevant une température de + 465 °C et une pression de 94 bars.

Équipés d'une foreuse, les deux engins prélèvent quelques échantillons du sol et les analysent, ce qui constitue une grande première. Les roches étudiées se révèlent très acides, comme les basaltes terrestres, ce qui suggère qu'elles possèdent une origine volcanique. Pour la première fois également, sont obtenus des clichés en couleurs. Le panorama photographié par Venera 13 montre un sol pulvérulent, parsemé de dallages de roches qui semblent avoir été soumises à une très forte érosion chimique. Venera 14 révèle un sol aussi rocailleux, mais formé de grandes roches ressemblant à du grès sombre, sans jamais laisser apparaître un sol pulvérulent. Sur les deux sites, l'éclairement au sol est semblable à celui d'un crépuscule sur la Terre. Le ciel vénusien apparaît jaune rougeâtre, tirant sur l'orange, sans doute en raison d'une absorption sélective de certaines radiations par les couches nuageuses.

L'existence des étoiles supermassives

La théorie classique de la structure et de l'évolution des étoiles prévoit que les étoiles dont la masse est supérieure à 60 fois environ la masse du Soleil ne sont pas stables. Aussi les astronomes ont-ils longtemps considéré qu'il n'existe pas d'étoiles de masse supérieure à cette limite.