L'isoprinosine, chef de file des immunostimulants, donne de bons résultats dans le traitement de certaines maladies virales graves pour lesquelles il n'existe pas de vaccin : encéphalites herpétiques, encéphalites aiguës, rougeoles chez les sujets immunodéprimés. Le champ d'application des immunostimulants va également s'étendre rapidement à l'herpès, au zona et aux otites virales, qui jusqu'à présent résistent à tout traitement.

Liposomes

Semblables à des bulles de savon de quelques nanomètres de diamètre, ces microglobules artificiels, constitués d'une paroi lipidique renfermant un volume aqueux, ont une structure proche de celle des membranes cellulaires naturelles et réagissent de façon analogue. Traversant facilement les membranes cellulaires, ils peuvent véhiculer à l'intérieur des cellules des médicaments ou des substances biologiquement actives. Par exemple, dans le cas de déficiences immunitaires d'origine génétique, les liposomes sont utilisés comme adjuvants de l'immunité pour introduire dans les cellules soit des enzymes, soit des lymphokines. Certains antigènes, lorsqu'ils sont incorporés à un liposome, voient leur activité multipliée par dix.

L'application actuellement la plus importante des liposomes est le traitement d'une maladie parasitaire tropicale, la leishmaniose, ou kala-azar, causée par un protozaire, le leishmania, transmis à l'homme par la piqûre d'une mouche minuscule, le phlébotome. Le leishmania parasite sélectivement le foie, provoquant des hémorragies. Les seuls médicaments capables de guérir cette parasitose sont des sels d'antimoine très toxiques.

Grâce aux liposomes, les sels d'antimoine introduits par voie veineuse vont directement au foie. Cette technique permet d'utiliser des doses 700 fois plus faibles que les techniques classiques. La seule limite actuelle aux applications des liposomes résulte du fait qu'ils ne franchissent pas la barrière vasculaire ; on ne peut donc les utiliser que par voie intraveineuse.

Vers des vaccins synthétiques

Des chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS (hôpital Saint-Antoine) ont élaboré un vaccin antidiphtérique ne comprenant qu'une courte séquence (16 acides aminés) extraite de la toxine diphtérique. Ce peptide, de poids moléculaire 1 600, est intercalé entre deux longues séquences de la toxine entière, dont les poids moléculaires sont respectivement 40 000 et 28 000 et dont la structure est encore mal connue. Couplé à une molécule synthétique qui sert d'adjuvant, ce peptide montre, chez le cobaye, le même effet antigénique que la toxine entière, c'est-à-dire qu'il déclenche la même réponse immunitaire par production d'anticorps antidiphtérique. On a parlé de « vaccin synthétique », du fait que des séquences peptidiques aussi courtes et bien connues pourraient effectivement être reconstituées par synthèse. Dans le cas de la diphtérie, la thérapeutique dispose déjà d'un vaccin efficace, l'anatoxine de Ramon. Mais la possibilité de créer des vaccins synthétiques ouvrirait la voie à la lutte contre d'autres agents infectieux, qui ne sont pas faciles à cultiver ou dont on ne sait pas tirer un antigène maniable. Les vaccins actuels sont parfois impurs et apportent dans l'organisme des éléments indésirables. Enfin, la recherche bénéficierait d'un excellent outil sélectif pour explorer les mécanismes immunitaires, comme par exemple les particularités génétiques qui font que les individus n'offrent pas la même résistance aux infections.

Les techniques de soins dentaires s'affinent

L'odontologie, longtemps négligée en France comme une branche mineure de l'art médical, est enfin reconnue : un doctorat d'État de chirurgie dentaire est créé au début de l'année 1980-81 et l'on ouvre quatre centres de recherche avec le concours du CNRS et de l'INSERM.

Vers la fin de la décennie 70, les techniques dentaires évoluant en fonction des matériaux, se sont considérablement améliorées et renouvelées. En septembre 1980, un colloque a réuni à la faculté de chirurgie dentaire de Paris un millier de praticiens ; au cours de ces Journées de Garancière, les spécialistes ont fait le point sur les obturations, les implants et les prothèses.

Composites

Pour les dents postérieures à fort travail de mastication, l'amalgame métallique, qui contient classiquement un mélange de poudre d'argent (70 %), de zinc, d'étain et de cuivre lié par du mercure, demeure le favori. Mais on y adjoint 0,5 % de fluor sous forme de fluorure d'étain ou d'argent. Le fluor a un rôle bénéfique sur l'émail dentaire ; les nouveaux amalgames réduisent sensiblement le pourcentage des caries.