Aux États-Unis, un vaccin de formule voisine, fabriqué par la firme Merck. Sharpe et Dohme, a été testé avec succès sur environ 1 000 homosexuels d'âge moyen ; il semble que le risque d'hépatite soit, chez les homosexuels masculins, de 10 à 15 fois plus élevé que pour le reste de la population.

Le marché potentiel de la vaccination contre l'hépatite B est estimé à 20 millions de doses en Europe et en Amérique du Nord, à 200 millions en Afrique et en Asie, en particulier dans les zones où sévit le cancer primitif du foie.

Une troisième forme d'hépatite — dénommée non-A, non-B —, a été reconnue récemment ; on a des preuves épidémiologiques et cliniques que cette maladie est causée par au moins deux virus différents.

La psychiatrie se tourne vers de nouvelles méthodes

À défaut de cerner la nature et les causes des maladies mentales, la recherche psychiatrique s'est tournée vers des méthodes de quantification qui permettront d'améliorer les diagnostics, la posologie des médicaments spécifiques, la thérapeutique. C'est ce qui est apparu au colloque sur les neurosciences réuni au Touquet, au début d'octobre 1980.

L'action des divers médicaments psychotropes (neuroleptiques, tranquillisants, antidépresseurs) est relativement bien connue ainsi que les modes d'administration les plus efficaces pour chacun d'eux. Mais il est nécessaire de définir pour chaque individu la dose optimale quotidienne.

L'état d'équilibre qui s'établit après un certain temps de traitement est régi par une loi mathématique ; mais la courbe métabolique du psychotrope dépend de divers facteurs. Elle diffère selon l'état physiologique de l'individu, selon son âge, selon l'étape de la maladie. Il est donc nécessaire, pour quantifier le transit du psychotrope dans l'organisme, d'en étudier la cinétique.

Grâce à la connaissance des facteurs — au nombre d'une vingtaine — qui modifient la cinétique et la concentration d'un psychotrope dans le plasma sanguin, on a établi le profil pharmacocinétique des principaux médicaments qui agissent sur le système nerveux. Les doses seront ainsi personnalisées, adaptées à chaque cas.

Activité électrique

Méthode déjà centenaire d'enregistrement de l'activité cérébrale, l'électroencéphalogramme est en plein renouveau. Soumis avec l'aide de l'ordinateur à diverses méthodes d'analyse quantitative, l'électroencéphalogramme ou EEG peut servir soit au diagnostic de la maladie mentale, soit à prédire le mode d'action d'un nouveau psychotrope. Par une méthode d'analyse quantitative, mise au point en France entre 1977 et 1980 au Service hospitalier universitaire de santé mentale de l'hôpital Sainte-Anne, on définit le profil EEG d'un psychotrope, c'est-à-dire l'ensemble des modifications qu'il apporte aux différents rythmes (alpha, bêta, delta, thêta) de l'EEG.

Pour chaque catégorie de médicaments (neuroleptiques, tranquillisants, antidépresseurs), le profil EEG présente certaines caractéristiques relativement stables. Se fondant sur la fiabilité de ces données, on peut faire la démarche inverse : lorsqu'une nouvelle molécule à propriétés pharmacologiques est synthétisée en laboratoire, son profil EEG permet de la classer dans l'une ou l'autre des grandes catégories de psychotropes. Une hormone androgène, la mestérolone, agit comme un antidépresseur ; un anti-allergique, la miansérine, agit également comme un antidépresseur.

Le deuxième domaine d'application de l'analyse quantitative de l'EEG est l'aide au diagnostic chez les schizophrènes : les malades dépersonnalisés, hébéphrènes, présentent un EEG à rythme alpha plus ample et plus stable que les paranoïdes, à délire activé. Partant de telles observations, on a pu, simplement d'après les tracés EEG et sans connaître les malades, repérer la nature du trouble mental et proposer un diagnostic.

Asymétrie

Découverte inattendue : l'analyse quantitative de l'EEG a mis en évidence, dans certaines formes de maladies mentales, une asymétrie entre les deux hémisphères cérébraux pour la variance moyenne de l'amplitude du rythme alpha. L. Goldstein, aux États-Unis, a montré que le rapport des variances d'amplitude entre les aires pariétales droite et gauche est inférieur à 0,5 pour les schizophrènes ; pour les dépressifs, au contraire, ce rapport serait supérieur à 2.