Les manifestations les plus spectaculaires de l'activité solaire sont les éruptions — sortes d'explosions brutales — qui libèrent une énergie équivalente à celle de milliards de bombes nucléaires et s'accompagnent de l'éjection dans l'espace d'un flux de particules chargées dont les effets se font sentir bien au-delà de la Terre.

Objectifs

Coordonner à l'échelon mondial, durant une période d'activité solaire maximale, l'observation de ces phénomènes, tel était l'objectif de l'Année du maximum solaire, qui s'achève le 28 février 1981, après avoir mobilisé pendant 19 mois une soixantaine d'équipes d'astronomes de 18 pays. La chance aura voulu que ce maximum d'activité solaire atteigne une intensité qui le place au 2e rang, après celui de 1957-58, parmi les 21 cycles observés depuis 1750. D'autre part, grâce à des observations simultanées à l'aide d'instruments répartis à travers le monde et de dispositifs embarqués sur différents engins spatiaux, tout particulièrement le satellite SMM (Solar Maximum Mission), lancé le 14 février 1980 par la NASA et porteur de sept instruments pour l'étude du Soleil, il a été possible pour la première fois de suivre une éruption depuis la surface du Soleil jusque dans des régions élevées de son atmosphère, et ce dans différents domaines de rayonnement (rayons γ, X, UV, visibles, ondes radio). On a assisté également au développement d'éruptions homologues, c'est-à-dire se suivant au même endroit, à quelques heures d'intervalle, avec des caractéristiques très voisines.

Il est encore trop tôt pour dresser le bilan de cette vaste entreprise de coopération internationale, mais l'abondance et la qualité des données recueillies laissent espérer d'importants progrès dans les trois domaines d'étude sur lesquels portaient plus spécialement les recherches :
– la formation des éruptions ;
– l'énergie qu'elles libèrent ;
– les effets de propagation dans le milieu interplanétaire.

Pour les astronomes, l'enjeu de ces travaux est une meilleure compréhension des phénomènes qui perturbent la surface et l'environnement du Soleil et, plus généralement, des processus fondamentaux qui régissent l'intérieur des étoiles. Ces recherches devraient aussi contribuer à une connaissance plus précise des répercussions sur la Terre de l'activité solaire, soupçonnée notamment d'exercer une influence sur le climat.

L'Institut de radioastronomie millimétrique

Depuis son essor, il y a une trentaine d'années, la radioastronomie a apporté des découvertes aussi capitales que celles de l'hydrogène interstellaire, des quasars, des pulsars, du rayonnement thermique du fond du ciel. Grâce aux progrès dans la technique de construction des antennes et des récepteurs associés, les observations qui débutèrent dans la gamme des ondes métriques et décimétriques s'étendent à présent à des longueurs d'onde plus faibles, jusqu'à la limite de l'infrarouge.

Bien que son développement soit récent, la radioastronomie millimétrique a déjà permis la découverte, dans l'espace interstellaire, de plusieurs dizaines de molécules, remarquables d'abord par leur présence même, qui témoigne d'une activité chimique naguère insoupçonnée dans un milieu aussi dilué et dont la température est aussi basse. Ensuite parce que ces molécules constituent des traceurs de nuages très vastes au sein desquels se forment les étoiles. Ces nuages sont indécelables avec les télescopes optiques en raison de la grande quantité de poussière. Ainsi, la radioastronomie millimétrique contribue de façon privilégiée au progrès dans l'étude du milieu interstellaire et de la genèse des étoiles.

Coopération

Soucieuses d'assurer la compétitivité de leurs équipes de recherches, la France et la RFA, au terme de longues négociations, ont uni leurs efforts en créant, le 2 avril 1979, l'IRAM.

Ce complexe comprend un institut central, situé à Grenoble, qui assure le support scientifique, technique et administratif, et deux observatoires actuellement en cours de réalisation : l'un équipé d'un radiotélescope de 30 m de diamètre, en Espagne, sur la Sierra Nevada, à 2 850 m d'altitude, légèrement en dessous du sommet du Pico Veleta ; l'autre, doté d'un interféromètre comprenant trois antennes mobiles de 15 m de diamètre environ, en France, près de Gap, sur le plateau de Bure, à 2 550 m d'altitude.