Cependant R. Reagan remporte, le 7 mai, une importante victoire, en faisant adopter l'essentiel de son projet de budget par la Chambre des représentants, où l'opposition demeure majoritaire. Cette victoire (270 voix contre 154) est obtenue par le ralliement de 63 parlementaires démocrates, de tendance conservatrice, à la politique du président.

Cinq jours plus tard, le Sénat donne également le feu vert, par 70 voix contre 20. Élaboré par une commission mixte, un projet de compromis est finalement approuvé par la Chambre des représentants le 20 mai (244 voix contre 155). Il prévoit pour l'année fiscale 1982 des dépenses de 695,4 milliards de dollars et un déficit de 37,6 milliards. Entre-temps, un projet de budget militaire de 136,5 milliards a été approuvé le 14 mai par le Sénat.

À noter aussi l'accord nippo-américain conclu le 1er mai, en vertu duquel le gouvernement japonais accepte d'imposer pendant deux ans une limitation du volume des exportations de ses constructeurs automobiles à destination des États-Unis.

Otages

Pendant de longs mois, l'interminable affaire des 52 otages de Téhéran a continué à peser sur la vie politique américaine, avec son cortège d'espoirs déçus, d'informations démenties et de coups de théâtre avortés.

Le vice-consul des États-Unis, Richard Queen, est libéré le 10 juillet 1980 pour raisons de santé. L'ex-chah meurt au Caire le 27 juillet. Le décès du souverain déchu va-t-il débloquer la situation ? Non. Les étudiants islamiques affirment bruyamment que les otages ne seront libérés que contre la restitution de tous ses biens.

Cette exigence est d'ailleurs l'une des quatre conditions posées par l'imam Khomeiny, le 12 septembre, pour la conclusion d'un accord, les trois autres étant la libération des avoirs iraniens gelés aux États-Unis, une garantie américaine de non-ingérence dans les affaires intérieures iraniennes et l'abandon des poursuites contre la république islamique. Ces conditions sont adoptées le 2 novembre 1980 par le Majlis, qui se dessaisit du dossier au profit du gouvernement.

Exigences

Entre-temps, la guerre a éclaté entre l'Iraq et l'Iran. Ce conflit modifie évidemment les données du problème : les autorités de Téhéran semblent vouloir mettre un point final à l'affaire des otages, afin de rompre leur isolement diplomatique.

Cette fois, les négociations semblent s'engager pour de bon. Téhéran annonce en effet, le 3 novembre, que le gouvernement iranien avait demandé à l'Algérie de servir de trait d'union entre les deux parties. Warren Christopher, secrétaire d'État adjoint, remet, le 10 novembre à Alger, la réponse de son gouvernement aux quatre conditions iraniennes.

Nouveau rebondissement le 21 décembre : le porte-parole iranien chiffre à 23,4 milliards de dollars la somme que Washington devra déposer dans les banques algériennes. Ces exigences sont qualifiées de déraisonnables par le secrétaire d'État Edmund Muskie. Ronald Reagan, lui, durcit le ton : il traite, le 24 décembre, les « geôliers » des otages de « criminels » et de « ravisseurs ».

Pourtant, les événements vont désormais se précipiter dans un sens positif. Le 3 janvier 1981, Washington fixe au 16 la date limite pour l'acceptation de ses propositions. Le Premier ministre, Ali Radjai, fait savoir, le 6 janvier, que l'Algérie a proposé ses bons offices pour résoudre les problèmes en suspens et que l'imam Khomeiny a donné son accord pour que les propositions algériennes soient acceptées.

W. Christopher se rend à nouveau à Alger, le 8. Reagan réaffirme, le 11, son intention de « repartir à zéro » si les otages sont toujours en Iran lors de sa prise de fonctions.

La réponse finale de Téhéran aux ultimes propositions américaines est transmise le 15 janvier à Alger. Muskie indique à Washington que la question des biens de l'ex-chah « semble avoir été résolue ».

Accord

Le principal négociateur iranien, B. Nabavi, ayant lancé un ultimatum aux Américains leur donnant 24 heures pour transférer les avoirs iraniens gelés aux États-Unis dans la banque centrale d'un pays tiers, W. Christopher décide de prolonger son séjour à Alger.