Après avoir reçu à Alexandrie l'envoyé spécial de J. Carter, Sol Linowitz, le raïs demande de nouveau, le 3 septembre, une reprise des pourparlers avec les Israéliens. Mais J. Carter indique lui-même que ces pourparlers ne pourront reprendre que « dans quelques semaines ».

Washington, qui a offert l'assistance de ses avions-radars AWACS à l'Arabie Saoudite, fait savoir, le 8 octobre 1980, que d'autres pays « amis » pourraient bénéficier de cette aide, à condition qu'ils ne participent ni directement ni indirectement au conflit iraqo-iranien. Et le Département d'État dénonce, le 23 octobre, les raids lancés par Tel-Aviv au Liban, et rappelle que l'utilisation d'armes de fabrication américaine hors du territoire israélien est formellement interdite.

R. Reagan, définissant, le 5 février 1981, la nouvelle politique de son pays au Proche-Orient, déclare que les États-Unis devront renforcer leur présence militaire dans cette région du monde. Le même jour, le secrétaire à la Défense, C. Weinberger, annonce qu'il examinera « avec sympathie » une éventuelle demande d'Israël d'accueillir des troupes américaines sur son sol.

AWACS

Au cours de son voyage de cinq jours dans les capitales proche-orientales, du 3 au 7 avril, le général Haig s'efforce de convaincre ses interlocuteurs que le conflit israélo-arabe n'est plus un dossier prioritaire et qu'il faut mettre l'accent sur « la menace des Soviétiques et de leurs représentants ». Mais l'idée d'un « consensus stratégique », qui se traduirait par des accords bilatéraux entre les États-Unis et chacun des pays concernés, se heurte à une sérieuse opposition, notamment en Arabie Saoudite et en Jordanie.

Entre-temps, Jérusalem a vivement condamné, le 6 mars, l'annonce de la vente à Riyad d'équipements destinés à accroître l'efficacité des avions F-15, livrables à partir du début de 1982. « Cette transaction est inquiétante et met Israël en danger », affirme le ministère des Affaires étrangères de l'État hébreu.

La Maison-Blanche n'en donne pas moins, le 21 avril, son accord à la vente des avions AWACS et des matériels pour F-15, malgré l'« opposition totale » d'Israël.

La situation au Liban donne lieu à une action diplomatique américaine. L'envoyé spécial de R. Reagan, Philip Habib, fait pendant plusieurs semaines, en mai et juin, la navette entre Damas, Riyad, Jérusalem et Beyrouth, pour tenter d'éviter un conflit généralisé syro-israélien.

Par ailleurs, les États-Unis décident, le 6 mai, d'expulser tous les diplomates libyens en poste à Washington. Cette mesure, qui témoigne de la détérioration des rapports entre les deux pays depuis décembre 1979, constitue la dernière étape avant la rupture officielle des relations diplomatiques.

Le gouvernement Carter reconnaît, début août 1980, que les perspectives économiques « ne sont pas satisfaisantes ». Le taux de chômage est passé à 7,8 %, soit 8,2 millions de personnes sans emploi. Dans un secteur clé comme l'automobile, environ 40 % des 700 000 ouvriers de l'industrie ont été mis à pied, et la production est inférieure de près d'un tiers à celle de 1979. L'inflation, après avoir atteint des niveaux alarmants, semble s'être stabilisée à 10,5 % par an.

Le taux bancaire de base (prime rate) est retombé à 11 %, mais la politique de restriction du crédit est considérée par de nombreux experts comme l'un des facteurs qui ont précipité la récession. Pour sa part, le gouvernement voit dans la hausse récente des prix du pétrole la cause principale des maux de l'économie.

Devant l'organisation noire Urban League, J. Carter annonce, le 6 août, à New York, le lancement prochain d'un plan de « renaissance économique » qui devrait permettre la création de centaines de milliers d'emplois dans les deux années à venir. Ce plan prévoit en particulier la modernisation des industries vieillies et la mise en œuvre d'un vaste programme énergétique, comportant notamment un important développement des équipements de production des énergies nouvelles.

Le plan de « renaissance économique » est présenté officiellement le 28 août par la Maison-Blanche. Après avoir affirmé que « l'inflation a baissé fortement » et que « la récession approche de son creux », J. Carter s'élève contre ceux qui, « dans la fièvre électorale », voudraient « gagner des voix en procédant à des réductions d'impôts mal avisées ».

Bricolage

Cependant, son nouveau plan prévoit une réduction d'impôts de 27,5 milliards de dollars en 1981 (contre 37 milliards dans le projet établi par le candidat à la présidence R. Reagan) et des crédits de 3,6 milliards de dollars en 1981 pour recycler les chômeurs permanents, aider les régions les plus touchées par la récession, favoriser la recherche, etc.