Dans le LEL, un faisceau d'électrons de haute énergie, freiné par un champ magnétique périodique, émet un rayonnement dont on modifie la fréquence à volonté en changeant l'énergie des électrons. Autre avantage : un rendement très supérieur à celui des lasers classiques. Des simulations effectuées sur ordinateur en 1979 montrent que les LEL atteindront dans l'infrarouge des puissances de l'ordre du térawatt. Pour rayonner dans le visible ou l'ultraviolet, ils ont besoin d'électrons de très haute énergie, qui pourraient être fournis par des anneaux de stockage. Les recherches s'amplifient dans plusieurs laboratoires, notamment à Orsay.

Changements de définitions dans le système métrique

Après le mètre et la seconde (Journal de l'année 1967-68), une autre unité fondamentale du système métrique, la candela, mesure d'intensité lumineuse, est rattachée à la fréquence d'une radiation. Définie précédemment comme l'éclairement d'une surface de 1/600 000 de mètre carré par un corps noir à la température de congélation du platine, à la pression de 101 325 pascals, la candela devient, par décision de la Conférence générale des poids et mesures, en octobre 1979, à Paris, « l'intensité lumineuse, dans une direction donnée, d'une source qui émet un rayonnement monochromatique de fréquence 540 × 1012 hertz, et dont l'intensité énergétique dans cette direction est 1/683 watt par stéradian ».

La fréquence choisie est celle d'une lumière verte, au maximum de sensibilité de l'œil humain. Elle est facilement produite par un laser, avec une précision très supérieure à celle de l'étalon au corps noir et au platine, au surplus fort coûteux et d'un maniement délicat.

La conférence a également adopté une nouvelle unité de radioactivité, le sievert, pour mesurer l'équivalent de dose d'une radiation ionisante, c'est-à-dire le produit de l'énergie rayonnée par un facteur d'efficacité biologique dépendant de la nature du rayonnement considéré. Elle a renvoyé à sa prochaine réunion, en 1983, un nouveau projet de changement de l'unité de longueur, qui serait rattachée à l'unité de temps, grâce à une fixation précise de la vitesse de la lumière. Elle recherche de nouvelles définitions de l'unité de masse et des unités électriques, pour lesquelles les étalons actuels s'avèrent insuffisamment fidèles.

La bureautique

Aux frontières de l'informatique et de la télématique, une nouvelle discipline est en train d'acquérir son autonomie, la bureautique. Ce terme a été proposé en 1976 (par Louis Naugès et Jean-Paul de Blasis) comme équivalent de la Bürotechnik et de l'Office automation, apparus quelques années avant en RFA et aux États-Unis et qui désignaient un ensemble de techniques visant à faciliter l'automatisation des tâches administratives.

Vulgarisation

La plupart de ces techniques (téléphone, l'interphone, la machine écrire, la photocopie, et la microcopie) sont connues depuis de nombreuses années. D'autres sont en train de se vulgariser, comme la télécopie, la téléconférence ou l'usage courant des systèmes documentaires informatiques. Le développement de la micro-informatique a enfin permis celui du traitement de texte, qui était resté longtemps un luxe réservé à certaines universités américaines, comme le MIT, ou à des applications stratégiques, comme le réseau d'alerte radar pour qui a été créé, dès 1955, le prototype de l'IBM 72 BM, machine à écrire automatique à bande magnétique.

L'ensemble de ces techniques se retrouvaient, chaque année en septembre, au SICOB. On peut considérer cette manifestation comme le premier (et le plus important) Salon de la bureautique.

On peut y apprécier l'évolution rapide de ces techniques, et surtout de celle qui a tendance à éclipser les autres, le traitement de texte. Cette suprématie atteint un tel point qu'on oublie parfois les autres aspects de la bureautique, comme si la seule activité notable d'un bureau était la fabrication de documents imprimés, en format A4. Cette activité n'aurait pas grand sens en l'absence de moyens de communication, pour recevoir les informations et en diffuser les résultats.

Innovation

Aussi, c'est dans le cadre de l'exposition adjointe à la Conférence internationale des télécommunications, à Genève, en juin 1979, qu'a été présentée par IBM la première grande innovation technique de l'année, la première machine copieuse-imprimante à laser, IBM 6670. Présentée comme un outil de diffusion d'information, par ses fonctions de copie locale rapide et de télécopie, à 36 pages par minute, elle est surtout remarquable par son aptitude à créer des textes à la même vitesse, pouvant comporter jusqu'à 9 types de caractères, de styles et de tailles différents, à partir de supports d'information variés et selon un programme incorporé, modifiable par l'utilisateur. La qualité d'impression, limitée par une résolution de l'ordre du dixième de millimètre, est voisine de celle des imprimantes à jet d'encre, comme l'IBM 6640 diffusée depuis deux ans.