C'est, en définitive, une précieuse reconnaissance de l'environnement de la planète qu'accomplit Pioneer 11, permettant d'élaborer en connaissance de cause le programme de travail des deux sondes Voyager, beaucoup plus sophistiquées, appelées à survoler Saturne le 12 novembre 1980 et le 27 août 1981 respectivement.

La mission de ces engins de seconde génération est attendue avec d'autant plus d'impatience que les campagnes d'observation de Saturne depuis la Terre, réalisées après l'opération Pioneer 11 pendant la période favorable où les anneaux se présentent par la tranche, conduisent à de nouvelles découvertes. Plusieurs équipes françaises et américaines revendiquent la découverte d'un nouvel anneau, extérieur à tous ceux précédemment repérés, qui s'étendrait jusqu'à 300 000 km au moins de la planète. Par ailleurs, deux satellites non identifiés sont détectés, correspondant peut-être à des objets déjà observés antérieurement, mais dont l'existence n'était pas encore définitivement établie.

Les nouveaux télescopes

Les instruments implantés au sol conservent, malgré l'apport des satellites, un rôle essentiel pour l'étude du rayonnement visible ou radioélectrique des astres. Mais la connaissance de l'Univers exige, pour progresser, des équipements toujours plus performants. Aussi la construction de puissants télescopes ou radiotélescopes se poursuit-elle dans le monde à un rythme soutenu.

Multimiroir

C'est un instrument de conception originale qui entre en service au début de l'été à l'observatoire du Mont-Hopkins, près de Tucson, dans l'Arizona. Il comporte six miroirs de type Cassegrain, de 1,80 m de diamètre, disposés aux sommets d'un hexagone, dont les images sont focalisées sur l'axe central et superposées pour donner une seule image résultante, équivalant à celle que fournirait un miroir unique de 4,50 m. S'il répond aux espoirs placés en lui, ce type de télescope multimiroir constituera une alternative intéressante pour disposer d'instruments d'observation astronomique puissants, en évitant les difficultés inhérentes à la réalisation d'un grand miroir.

Hawaii

Le télescope franco-canadien, plus modeste et beaucoup plus classique, est inauguré le 28 septembre 1979 dans l'île Hawaii, au sommet du Mauna Kea, à 4 200 m d'altitude. Doté d'une monture en fer à cheval pratiquement analogue à celle du télescope de 5 m du Mont-Palomar, et d'un tube ouvert en treillis de type Serrurier, cet instrument dispose des tout derniers perfectionnements de la technique : son pilotage s'effectue à l'aide d'un ordinateur, qui assure l'acquisition des données et la présentation des résultats, et l'instrumentation qui lui est associée comprend toute une gamme de récepteurs électroniques à haute sensibilité. Mais, surtout, il bénéficie d'un site, choisi au terme d'une longue campagne de prospection, qui s'avère propice aux observations astronomiques : en raison de l'altitude, on y rencontre une grande transparence atmosphérique, une très faible turbulence de l'air et un taux d'humidité réduit (favorisant les observations dans l'infrarouge) ; sa basse latitude (20°) permet d'observer jusqu'à 90 % du ciel. Enfin, il ne subit aucune pollution lumineuse, du fait de l'altitude mais aussi de la faible population de l'île. La conjugaison de ces diverses qualités explique que le sommet du Mauna Kea constitue désormais l'un des hauts lieux de l'astronomie : outre le télescope franco-canadien de 3,60 m, y sont implantés deux télescopes de l'université de Hawaii, l'un de 2,20 m, l'autre de 0,61 m, un télescope infrarouge britannique de 3,80 m et un télescope infrarouge américain de 3 m appartenant à la NASA.

La mystérieuse étoile SS 433

Les étoiles présentent généralement un spectre constitué de raies d'absorption sombres se détachant sur un fond continu brillant ; certaines se distinguent par un spectre montrant des raies d'émission intenses, indiquant qu'elles sont dotées d'une enveloppe de gaz chauds. Telle semblait être la seule particularité d'une modeste étoile de magnitude 14, découverte en 1966 dans la constellation de l'Aigle. Désignée sous le matricule SS 433 dans le catalogue des étoiles à fortes raies d'émission dressé par les astronomes américains C. B. Stephenson et N. Sanduleak, elle mobilise depuis 1979 l'attention des spécialistes. L'étoile SS 433 est brusquement tirée de l'anonymat par des observations qui établissent sa coïncidence avec une radiosource et une source de rayons X de très petites dimensions et d'intensité hautement variable.

Particularités

Étudiée à l'aide de plusieurs grands instruments, dont e télescope de 5 m du Mont-Palomar, par Bruce Margon et ses collaborateurs de l'université de Californie, SS 433 révèle de nouvelles particularités spectrales. Non seulement ses raies d'émission de l'hydrogène varient fortement en intensité à l'échelle d'une seule nuit, mais surtout deux d'entre elles se déplacent symétriquement en longueur d'onde, entre le jaune et l'infrarouge, avec une période de 164 jours, sans doute par suite d'un mouvement très rapide du gaz qui les émet (effet Doppler).