De nouveau, c'est l'impasse. À la suite des résultats des élections iraniennes, la perspective d'un règlement rapide semble s'éloigner encore. Devant l'impatience grandissante de ses compatriotes. Carter durcit son attitude. Le 30 mars, il menace l'Iran de nouvelles sanctions si les détenus ne sont pas transférés de la garde des jeunes militants islamiques à celle du gouvernement de Téhéran. Il essuie un refus catégorique de Khomeiny et décide alors, le 7 avril, de rompre les relations diplomatiques avec l'Iran et d'étendre l'embargo commercial.

Le lendemain, le Département d'État souligne que Washington a demandé à tous ses alliés de s'associer rapidement aux mesures prises par les États-Unis contre l'Iran. Le 10 avril, Carter reproche à ces mêmes alliés leurs contradictions et leur manque de soutien. Quatre jours plus tard, Washington dément cependant avoir fixé un ultimatum aux Européens pour qu'ils durcissent leur politique à l'égard de Téhéran. Il ne s'en félicite pas moins, le 22, de l'esprit de solidarité manifesté par les Neuf de la CEE à Luxembourg.

Entre-temps, le 17 avril, Carter a rendu public un nouveau train de sanctions économiques contre l'Iran et évoqué une fois encore l'éventualité de l'usage de la force pour obtenir la libération des otages (« La seule solution sera une action militaire dont les États-Unis ont la prérogative et le droit, étant donné les circonstances »).

Fiasco

Dans la nuit du 24 au 25, le feu vert est donné à une opération de tentative de sauvetage des cinquante prisonniers de l'ambassade des États-Unis. C'est un fiasco.

Le 25 au matin. Carter annonce l'échec de cette « mission humanitaire » dont il entend assumer l'entière responsabilité. L'homme de la rue est consterne, mais le souci de l'unité nationale l'emporte très vite sur tous les autres sentiments. Quant à la presse, elle accorde à ce dernier de larges circonstances atténuantes. Les principaux adversaires politiques de Jimmy Carter, d'Edward Kennedy à Ronald Reagan, s'abstiennent de toute critique.

La retombée la plus grave, sur le plan intérieur, du coup de main manqué de Tabas est la démission, annoncée le 28 avril, du secrétaire d'État Cyrus Vance. Partisan d'une politique de modération, Vance avait, dès le début de l'affaire des otages, exprimé son hostilité à l'emploi de la force. Le 11 avril, date à laquelle l'opération de commando avait été décidée — contre son avis et en son absence —, il avait fait savoir qu'il abandonnerait ses fonctions après la réalisation du raid, quel qu'en fût le résultat.

Le 29 avril, Carter désigne le sénateur Edmund Muskie pour succéder à Vance. Le secrétaire d'État adjoint Waren Christopher démissionne à son tour.

Proche-Orient

Dans l'esprit de Camp David, Carter s'est efforcé de faire progresser les négociations israélo-égyptiennes, mais, faute d'une ligne suffisamment cohérente, les résultats obtenus n'ont guère été à la mesure de ses ambitions. Le 3 juillet, Robert Strauss, son envoyé spécial au Proche-Orient, donne le ton. Avant de se rendre au Caire, il annonce que les États-Unis entendent d'être un « partenaire à part entière », mais ajoute qu'il n'a « aucune solution » à apporter ni « aucune proposition » à faire.

La question palestinienne, en tout cas, va être à l'origine de plusieurs faux pas de l'administration américaine. Le 3 août 1979, le vice-président Walter Mondale affirme que la politique de son pays à l'égard de l'OLP demeure inchangée. « Nous n'aurons pas de contacts avec elle, dit-il, tant qu'elle n'acceptera pas la résolution 242 des Nations unies et ne reconnaîtra pas le droit permanent d'Israël à exister. »

Mais, le 14 août, éclate l'affaire Andrew Young. Le représentant des États-Unis à l'ONU, apprend-on ce jour-là, a rencontré le 26 juillet, au domicile de l'ambassadeur du Koweït aux Nations unies, le représentant de l'OLP, Zehdi Labib Terzi. L'entretien, dit-on, a porté sur l'ajournement du débat du Conseil de sécurité relatif aux « droits inaliénables des Palestiniens ».