Doté de 3 milliards de F, ce fonds permet de financer jusqu'à 50 % des investissements sur 3 ans, dont 25 % de subventions. Les dossiers déposés par les industriels sont instruits dans des délais très brefs.

Pour les trois premiers mois de fonctionnement, le Fonds a examiné 50 projets et en a retenu 29. Ses premières décisions, annoncées par le Premier ministre le 17 janvier 1979, illustrent l'efficacité des nouvelles procédures, puisqu'elles aboutissent à la création de 6 005 emplois entre 1979 et 1983, dont 3 626 pour le Valenciennois, 324 pour la Lorraine, 756 pour la Loire-Atlantique et 1 299 pour la zone Marseille-Toulon. Ce sont les secteurs de l'automobile, de l'électronique, de la confection qui constituent les secteurs les plus créateurs d'emplois.

Les 6 005 emplois créés bénéficient de 757 millions de F du FSAI (dont 426 millions de subventions et 331 de prêts participatifs), ce qui correspond à une participation financière de l'État de 131 000 F par emploi en moyenne, chiffre dont le caractère incitatif n'est pas à démontrer.

Préoccupés — assaillis — par des problèmes conjoncturels chaque jour nouveaux, dans un climat social et économique morose, les responsables de l'aménagement du territoire n'ont guère eu le temps en 1978-1979 de penser à d'autres dossiers que ceux de l'emploi. L'avenir des zones rurales ? On continue à conclure ici ou là des contrats de pays, on tente (mais la lourdeur, la centralisation et l'uniformité administratives sont si pesantes !) de favoriser la polyvalence des services publics, la poste en première ligne, dans les régions rurales de faible densité. Mais la politique urbaine, la politique d'animation culturelle régionale, la décentralisation administrative, la politique régionale européenne, et surtout les études de prospectives — quelle peut être la France de l'an 2000 si l'on ne corrige pas les évolutions naturelles ? — ont été quelque peu négligées.

Objectifs

En annonçant à la Conférence nationale d'aménagement du territoire, le 7 décembre 1978 à Vichy, qu'un conseil de planification, en avril 1979, « aurait à définir les nouveaux choix de l'aménagement de la France », le président Giscard d'Estaing a voulu solennellement montrer que l'aménagement constituait toujours une préoccupation essentielle du gouvernement. Mais il faut donner à cette politique une nouvelle orientation, car, en vingt ans, « la géographie a changé, les Français eux-mêmes ont changé ». Trois objectifs ont été définis :
– organiser une « France juste », où chaque homme et chaque région ait droit à l'égalité des chances ;
– bâtir une « France forte », compétitive, autour d'entreprises dynamiques ;
– protéger la « France douce », celle des paysages, de son art de vivre, de sa culture.

La politique d'aménagement devra désormais, dans les régions prioritaires, recourir aux investissements publics de l'État et il faudra mieux régionaliser le budget. L'État doit donner l'exemple pour les décentralisations tertiaires. Mais « il n'a pas réussi à le faire suffisamment jusqu'à présent ». Pour leur part, les grands groupes industriels doivent, à commencer par les entreprises nationales, prendre conscience de la responsabilité qui leur incombe dans l'aménagement du territoire.

Sur le terrain, si elles ne doivent pas prendre directement des risques qui relèvent des seuls industriels, les communes doivent avoir pleine compétence pour l'aménagement urbain.

Lors du Conseil central de planification, le 3 avril 1979, le gouvernement décide d'intensifier sa politique de décentralisation de la recherche (60 % du potentiel de recherche est concentré en région parisienne) et d'accroître les pouvoirs des établissements publics régionaux, créés en 1972, dans les domaines de l'intervention économique et de l'emploi.

Mais l'aménagement, c'est aussi la préservation des grands équilibres naturels. Le marché foncier rural, a dit le président de la République à Vichy, doit être réorganisé. L'âge d'or des grandes métropoles est terminé. Elles ont engendré « le très préoccupant problème des banlieues » et, en 1978, il existe en France presque autant de banlieusards que de ruraux. D'où la boulimie ici, l'atonie là.