– Unigrains s'associe, en juillet 1978, avec Jacquet pour créer Les Grandes Boulangeries associées. Cette société prend, à la fin de l'année, des participations dans la plus importante pâtisserie industrielle Le Dessert parisien Semelin et dans la société Sopamar.

– Les fromageries Bel cèdent le contrôle (65 %) de la Société agricole de Roquefort à la Société des caves et des producteurs réunis de Roquefort.

Céréales et bétail

Les cours des céréales augmentent de 6,1 %, nettement moins que les prix fixés réglementairement à Bruxelles. La moyenne des prix des pommes de terre reste inférieure de 46 % à celle de 1977. Les prix des légumes frais baissent de 4 % (carottes : – 45 % ; asperges : – 17 %) et ceux des fruits de 21 % avec un record (– 46 %) pour les pommes qui avaient fortement augmenté en 1977. La hausse du prix des betteraves est estimée à 5,4 %. Quant aux vins, ce sont ceux de qualité qui voient leurs prix augmenter le plus (+ 17,9 % contre 11,2 % pour les vins courants).

Le volume des livraisons de bétail ne s'accroît que de 1,8 %. Il progresse de 0,6 % pour les gros bovins, de 2,6 % pour les veaux, 2,7 % pour les porcs, 2,5 % pour le lait et de 3,1 % pour les œufs.

La reprise attendue à l'automne 1978 ne s'effectue pas pour la production de gros bovins. Celle-ci se caractérise par une part croissante de taurillons (19 %), une nouvelle réduction des livraisons de vaches du fait de la reconstitution du cheptel après la sécheresse de 1976, une augmentation de poids et de l'âge des bœufs abattus. La consommation progressant de 3 %, le déficit est comblé par un accroissement des importations (30 %) en provenance d'Irlande, de RFA et de Grande-Bretagne. Ce qui limite la hausse des prix qui est de 7,4 % à la production. Phénomène identique pour le veau, dont la consommation s'accroît de 3,6 %. Malgré la baisse du second semestre, le haut niveau des cours du début de l'année fait que la hausse moyenne atteint 13,2 %.

Le décalage est encore plus grand pour les porcs, puisque la consommation progresse de 6 %. Les importations massives en provenance des pays à monnaie forte font que les cours baissent de 0,7 %. Le prix du lait augmente de 9,3 %, compte tenu de la réduction due à la taxe de coresponsabilité. Celle-ci, fixée à 1,5 centime par kilo, passe à 0,5 à partir de mai. Elle procure 160 millions de F destinés à financer des incitations à la consommation de produits laitiers.

Le volume des achats de consommations intermédiaires s'accroît de 6,4 %. Les subventions d'exploitation sont, avec 3,2 milliards de F, très inférieures à celles des trois années précédentes. La plus grande partie va aux sinistrés des inondations du Sud-Ouest de 1977. La masse des salaires augmente de 9,3 % et les cotisations sociales de 12,7 %.

Ainsi le revenu agricole global progresse-t-il, en francs courants, de 5,7 %. Le taux de diminution du nombre des exploitations agricoles restant fixé, comme en 1977, à 2,4 %, la progression du revenu global atteint 8,3 % en francs courants. En francs constants, le revenu brut moyen par exploitation s'établit à un niveau voisin de celui de 1974. Sur l'ensemble des années 1970 à 1978, la hausse moyenne annuelle est de 2,3 %.

Réforme et négociation

La réforme du Crédit agricole dont il est question depuis plusieurs mois est décidée fin novembre. L'institution sera progressivement assujettie, en trois ans, à l'impôt sur les sociétés pour les deux tiers de ses résultats. Ses compétences sont élargies, d'une part à toutes les communes de moins de 12 000 habitants (7 500 auparavant), d'autre part aux industries agro-alimentaires, collectivités locales et, à partir du 1er janvier 1981, à toutes les PME de moins de cent salariés. L'encadrement est assoupli pour 1978. En contrepartie, le Crédit agricole marquera une pause de trois ans dans l'ouverture de nouveaux bureaux ainsi que dans l'évolution des dépenses de publicité.

Les banques privées critiquent très vivement cette reforme. Leur président estime « choquant » le fait que le monde rural soit la chasse gardée du Crédit agricole. Les ressources de la banque verte atteignent, pour 1978, 276 milliards de F et ses emplois 212. Le Crédit agricole tient la première place avec 32 % du marché de l'épargne-logement (41,2 milliards d'en-cours).