Tous les secteurs concernés seront associés dans un Conseil supérieur d'orientation de l'économie agricole et alimentaire qui doit être créé. Les aides publiques seront réservées, en priorité, aux agriculteurs organisés. De nouvelles interprofessions seront créées, mais l'État ne veut pas être partie prenante de la procédure de conciliation et d'arbitrage prévue. L'amélioration de la productivité et de la compétitivité doit être poursuivie dans tous les domaines. L'exportation doit passer au premier plan et, pour cela, un fonds de promotion des productions sera créé.

Une profonde réforme fiscale sera entreprise. Afin de dégager le maximum de terres pour l'installation des jeunes, plusieurs mesures sont prévues pour mieux encourager le départ des exploitants âgés. Un ensemble de dispositions doit alléger la charge du capital foncier qui pèse sur les jeunes. La politique d'aménagement rural est complétée pour mieux affecter les sols. La pluriactivité sera facilitée. Le projet prévoit encore la maîtrise de l'évolution des dépenses sociales. Le régime mutualiste sera réservé aux agriculteurs à titre principal et une harmonisation de la contribution des exploitants sera effectuée. La situation des femmes d'agriculteurs et des salariés agricoles doit être améliorée.

Bien que les organisations professionnelles aient été associées à la préparation de ce projet, la rédaction finale est vivement critiquée par elles lors de sa publication. Quelque peu retardé par la préparation des élections européennes [le ministre, Pierre Méhaignerie, se présente sur la liste de Simone Veil], le projet de loi est examiné en mai par une commission composée de députés des divers partis. Il doit être présenté, en première lecture, devant l'Assemblée nationale, en octobre 1979.

François Guillaume

Michel Debatisse abandonne, après le 33e congrès de la FNSEA en avril 1979, la présidence qu'il occupe depuis le 5 octobre 1971, pour présenter sa candidature aux élections européennes sur la liste de Simone Veil. Le nouveau président de la FNSEA est François Guillaume, qui en était secrétaire général depuis 1975. Né le 19 octobre 1932, il exploite en fermage 115 ha à Ville-en-Vermois (Meurthe-et-Moselle).

Ancien du CNJA, dont il a été président de 1964 à 1968 après en avoir été secrétaire général adjoint un an, il a occupé et occupe encore de nombreux postes professionnels et économiques. La succession est lourde et l'ombre du prédécesseur envahissante. Mais François Guillaume s'affirme progressivement. Il n'a pas le sens politique de Michel Debatisse et raisonne plus en économiste, ce qui, dans le syndicalisme paysan, est une nouveauté. Cela ne rendra pas toujours facile la tâche des pouvoirs publics, bien que la continuité de la politique syndicale actuelle paraisse acquise.

Revenu : en baisse

Comme l'an dernier, l'INSEE révise en baisse ses calculs sur le revenu agricole. En novembre, la commission des comptes estime qu'il progressera de 0,9 % par exploitation et en francs constants. Chiffre inférieur à celui de 1977 qui, en définitive, s'établit à + 1,1 % (et non à + 1,7 %) après correction d'un certain nombre d'éléments. Mais, en avril 1979, le rapport sur les comptes nationaux de l'agriculture 1978 révèle que le revenu moyen par exploitant en francs constants a baissé de 1,2 % par rapport à 1977. La cause principale de l'écart constaté est la surestimation des livraisons de produits végétaux, des prix des fruits, légumes et betteraves. Les consommations intermédiaires ont, en revanche, été sous-estimées.

Le volume de la production finale a fortement augmenté (+ 7 %), sans toutefois rattraper le retard accumulé depuis 1974. Le volume des livraisons est plus faible (+ 5,6 %), les agriculteurs ayant accru leurs stocks.

La récolte de blé est, avec 207 millions de quintaux, la plus forte enregistrée, avec un rendement de 51 q/ha. Les livraisons de pommes de terre s'accroissent fortement (17,7 %) du fait de la commercialisation d'une partie de la récolte de 1977. Le volume de la production de légumes frais progresse de 7,5 % et celui de la production de fruits de 28 %, marquant un retour à la normale après les pertes de 1977. La production de betteraves industrielles ne baisse que de 4 % malgré la réduction des surfaces. La récolte de vins progresse de 11 % sur celle de l'année précédente, très faible.

Rachat et prises de contrôle

– Bonduelle, no 1 des légumes en conserve et surgelés, reprend les deux usines de l'Oise de la Compagnie générale de conserves. En fait, cette coopérative avait déjà dû céder, compte tenu de ses difficultés financières, la majorité de son capital au Crédit agricole.