En vérité, ce dernier chiffre le montre, le problème des prêtres n'est pas seulement quantitatif. C'est la conception même du sacerdoce qui est en cause. Or, on constate que la lettre aux prêtres de Jean-Paul II, réaffirmant en la matière les positions traditionnelles, est mal accueillie par une fraction du clergé français. Et l'on voit réapparaître les signes d'une contestation que l'on croyait éteinte : un groupe de prêtres du Centre-Est écrit au pape pour exprimer leur désaccord avec sa conception du sacerdoce, et 87 autres (parmi lesquels on retrouve nombre d'anciens membres du mouvement Échanges et Dialogue) créent un Collectif d'action contre la répression dans l'Église.

Europe

Événement inédit provoqué par les élections au Parlement européen : pour la première fois, le 19 avril 1979, les présidents des conférences épiscopales des neuf pays membres de la Communauté publient un texte commun. Bien entendu, ils déclarent qu'il ne leur appartient pas de se prononcer sur « les solutions techniques de la construction de l'Europe ». Mais ils insistent sur la nécessaire ouverture de celle-ci : « Comment pourrions-nous construire une communauté où il ferait bon vivre, en oubliant le reste de l'Europe et du monde ? » Et ils demandent que cette Europe donne leur place aux valeurs spirituelles : « Nous ne saunons nous contenter d'une Europe basée exclusivement sur l'intérêt économique ou politique de ses membres. »

Hollande

Une « tempête », selon les termes mêmes du cardinal Johannes Willebrands, archevêque d'Utrecht, éclate au début de l'année dans l'Église hollandaise, une Église dont les innovations et les prises de position depuis le concile Vatican II ont souvent retenu l'attention. Cette Église est en effet divisée, et deux de ses évêques, de tendance traditionaliste, Mgr Adriaan Simonis, de Rotterdam, et surtout Mgr Johannes Gijsen, de Roermond, s'opposent ordinairement aux cinq autres. C'est ce qui se produit au cours d'une réunion à huis clos, le 13 janvier 1979 : les évêques traditionalistes reprochent notamment à leurs confrères une trop grande permissivité dans les domaines de l'avortement et de l'homosexualité. Le 16 janvier, le cardinal Willebrands part pour Rome où il doit rencontrer le pape Jean-Paul II. À son arrivée, il apprend que Mgr Gijsen a donné à l'hebdomadaire Elseviers Magazine une interview dans laquelle il expose ses griefs et les points de désaccord, ce qui met le feu aux poudres dans l'opinion hollandaise. Les 19 et 20 janvier, le cardinal est reçu longuement par le pape qui, ayant entendu par ailleurs les deux évêques traditionalistes, lui exprime le désir de rencontrer tout l'épiscopat afin de s'informer plus complètement. C'est ce qu'il fait dans les mois suivants. Et finalement une lettre de Mgr Agostino Casaroli, secrétaire d'État, annonce au cardinal Willebrands, à la fin de mai, que le pape a décidé de réunir en synode extraordinaire (probablement au début de 1980) tous les évêques du pays afin d'étudier avec eux les principaux problèmes théologiques et pastoraux ce l'Église hollandaise.

Tchécoslovaquie

Le 30 novembre 1978, un document de la commission Justice et Paix, dépendant de l'épiscopat français, apporte d'importantes précisions sur la situation de l'Église en Tchécoslovaquie. Celle-ci, depuis 1949, a perdu la moitié de ses prêtres. Cinq cents d'entre eux sont empêchés d'exercer leur ministère, une centaine emprisonnés. Sur quatorze diocèses, trois seulement ont un évêque résidentiel. Les ordres religieux ont été dissous dès 1950. Toute nomination ou désignation à des fonctions religieuses est soumise à l'approbation de l'État. Toute activité religieuse également : les infractions à cette loi sont punies de peine d'emprisonnement. Les retraites, commémorations religieuses, et pèlerinages sont interdits. L'instruction religieuse donnée aux enfants se heurte à des obstacles permanents. Le sort des protestants, soulignent les auteurs du document, est identique.

Deux papes se succèdent sur le trône de saint Pierre en l'espace de 72 jours après la mort de Paul VI

Le dimanche 6 août 1978, à 21 h 40, Paul VI meurt dans sa résidence d'été de Castel Gandolfo. La semaine précédente, une recrudescence de l'arthrose dont il souffrait depuis longtemps l'avait fatigué. Mais, le matin encore, alité, il poursuivait l'examen de ses dossiers. Sur l'acte de décès, les docteurs Mario Fontana et Renato Buzzonetti en précisent ainsi les causes immédiates : crise d'hypertension, insuffisance ventriculaire gauche, œdème pulmonaire aigu.

Succession

La mort du pape, si elle ne surprend pas tout à fait (la santé de Paul VI, qui allait avoir 81 ans le 26 septembre suivant, suscitait depuis longtemps des inquiétudes), provoque une réelle émotion dans le monde catholique et au-delà. La messe solennelle des obsèques est célébrée le samedi 12 août, sur la place Saint-Pierre, en présence d'une grande foule.