La fièvre de Lassa fait parler d'elle en 1969, lorsqu'une sage-femme de l'hôpital de Lassa, au Nigeria, meurt après avoir contracté une maladie foudroyante. Sauf une infirmière, les membres du personnel hospitalier qui l'approchèrent meurent de la même fièvre. En dix ans, on a recensé 400 cas de fièvre de Lassa au Nigeria, au Libéria et en Sierra Leone. L'agent pathogène est un virus du sang, du groupe des arénovirus. La maladie réapparaît chaque année pendant la saison sèche. Le réservoir naturel du virus semble être un rongeur d'Afrique occidentale, le mastomys, dont les habitants locaux sont très friands. Actuellement, le seul traitement efficace est l'injection de sérum de convalescent dans les trois jours qui suivent le début de la maladie.

Une autre maladie a fait, en 1976, 150 victimes au Soudan, dont le quart parmi le personnel soignant. Au début de 1977, une nouvelle épidémie de cette maladie a causé près d'un millier de morts au Zaïre. La cause de cette nouvelle forme de fièvre hémorragique est un virus, baptisé ebola, contre lequel on ne dispose pas encore de protection. L'incubation dure une semaine environ et la mort survient dans le mois qui suit l'infection.

Asie

Des milliers de villageois habitant à proximité de la forêt de Kaysanur, en Inde, sont, depuis 1973, terrassés par une maladie inconnue, mortelle pour les singes, qui vivent nombreux dans cette forêt : d'où le nom de maladie du singe. Le virus responsable est transmis par les tiques. Il appartiendrait au même groupe que le virus de la grave encéphalite dite de Russie qui apparaît chaque printemps en Sibérie. Les malades souffrent de fièvre soudaine, d'hémorragies nasales et buccales et, occasionnellement, intestinales. Au laboratoire Hoffkine de Bombay, on a mis au point un vaccin qui n offre qu'une protection relative.

Épidémies

Dans la région de Naples, en quelques mois, deux épidémies ont frappé les enfants en bas âge, provoquant la panique. La première a tué 21 enfants de moins de deux ans entre juin et novembre 1978. Les décès étaient dus à des lésions cérébrales ; certains des enfants sont tombés malades après injection de vaccin antidiphtérique et antitétanique ; mais on n'a pas pu établir de liens entre la maladie et la vaccination. En l'absence d'autopsie, la mort est restée sans explication.

La deuxième épidémie a touché une centaine d'enfants entre décembre 1978 et février 1979 et tué une soixantaine d'entre eux. Dans ce cas, l'agent responsable est le virus respiratoire syncytial (VRS), ainsi appelé parce qu'il provoque dans les cultures cellulaires in vitro la formation de cellules géantes à plusieurs noyaux. Le virus VRS est très répandu ; il est proche du groupe des para-myxovirus dont fait partie le virus de la rougeole. À Naples, l'évolution fatale de la plupart des cas observés semble due à l'état de malnutrition chronique des enfants atteints. La majorité des victimes vivaient dans de mauvaises conditions d'hygiène.

À deux mois d'intervalle, à Paris, trois hôpitaux de pointe sont mis en accusation. À la maternité Baudelocque, une infection intestinale provoque la mort d'un nouveau-né, des interventions chirurgicales et des traitements lourds sur une trentaine de nourrissons. Le germe en cause serait un clostridium, microbe anaérobie particulièrement redoutable. À la Pitié-Salpêtrière, huit malades décèdent après avoir subi de graves opérations ayant nécessité l'emploi d'albumine ou plasma sanguin.

Fin juin, trois malades sont frappés de septicémie au centre de dialyse de Tenon. Une enquête est ouverte.

Selon le professeur Claude Sureau qui dirige le service de gynécologie-obstétrique de Baudelocque, une des causes de l'infection hospitalière serait la suroccupation des services hautement spécialisés.

Éradication de la variole, retour offensif du paludisme

L'éradication totale de la variole marque l'année 1979. Dans les zones d'endémie, les populations ont été vaccinées en masse grâce au pistolet injecteur qui permet d'inoculer 1 000 personnes à l'heure.