L'effort mondial de radioprotection se poursuit néanmoins pour la protection du public et dans l'industrie nucléaire.

Alerte au gaz carbonique

Plusieurs scientifiques américains, travaillant indépendamment (Alvin Weinberg, de l'Administration pour la recherche sur l'énergie ; George Woodwell, du laboratoire de Brookhaven), attirent l'attention sur une forme majeure de pollution : l'augmentation accélérée de la teneur de l'atmosphère en CO2 (gaz carbonique, ou bioxyde de carbone). De 1850 à 1957 elle est passée de moins de 290 à 311 ppm (parties par million). Actuellement, elle dépasse 330 ppm. Si les tendances actuelles se confirment, cette proportion aura doublé en l'an 2000.

Industrie

Jusqu'ici, cette évolution était imputée uniquement à la consommation de combustibles fossiles : le carbone des hydrocarbures et du charbon se retrouve dans l'atmosphère sous forme de CO2. On évalue à 5 milliards de tonnes par an les émissions du CO2 d'origine industrielle. Il existe divers processus d'élimination, le principal étant la photosynthèse, par laquelle les végétaux terrestres et marins fixent le carbone atmosphérique pour synthétiser des molécules organiques. On évalue à environ la moitié la part non éliminée, responsable de l'accumulation dans l'atmosphère.

Par ailleurs, des travaux publiés en 1977 mettent en lumière l'importance de la masse de carbone libérée dans l'atmosphère par la destruction des organismes vivants, et notamment des forêts tropicales. L'effet est double. Qu'elle soit brûlée ou abandonnée à la décomposition, la matière végétale (y compris l'humus) dégage du CO2. En second lieu, les végétaux détruits sont perdus pour l'activité de photosynthèse.

Limites

Le CO2 n'est pas toxique. Un accroissement de sa concentration dans l'atmosphère – du moins dans les limites prévisibles – n'aura guère d'effets sur l'organisme humain. En revanche, les effets climatiques peuvent être catastrophiques. Le CO2 est opaque au rayonnement infrarouge par lequel la Terre renvoie dans l'espace une partie de la chaleur solaire. L'accroissement de la teneur en CO2 entraînerait, par effet de serre, un échauffement du climat terrestre de 2 à 3 °C vers l'an 2020 ou 2050, particulièrement aux pôles, d'où fonte des calottes glaciaires et élévation, de 40 à 80 mètres, du niveau de océans. La mer recouvrirait Paris, sauf peut-être les hauteurs de Montmartre et de Belleville.

Le CO2 est légèrement soluble dans l'eau de mer. Si sa concentration dans l'atmosphère atteint un certain niveau, l'eau de mer deviendra acide et les coquilles des mollusques s'y dissoudront.

Bilan

Les prévisions des scientifiques américains pour les décennies à venir sont extrêmement pessimistes. La nouvelle politique énergétique américaine, tendant à développer la consommation du charbon, et le grignotage de la forêt amazonienne accroissent les périls. Avec l'arrêt de la déforestation, le recours à l'énergie nucléaire et à l'énergie solaire apparaît seul susceptible d'arrêter la croissance de la pollution carbonique. Des recherches sont en cours pour faciliter les mécanismes biologiques de stockage du carbone dans les eaux océaniques. Mais il est peu probable, selon George Woodwell, que l'on puisse connaître dans un avenir proche les détails du bilan mondial du carbone.

Nouvelles hypothèses sur les changements de climat

En quelques mois de l'année 1977, plusieurs grandes hypothèses ont été publiées pour expliquer les fluctuations du climat terrestre, particulièrement les glaciations. Car on en a décelé plusieurs à des époques antérieures au Quaternaire : tout un groupe à la fin de l'ère primaire, il y a environ 250 MA (millions d'années) ; d'autres encore vers les débuts de la même ère, voici quelque 450 MA. Peut-être y en a-t-il eu auparavant, pendant les temps immenses baptisés précambriens : vers 650, vers 900, vers 1 250 MA. Il semble bien que des séries d'oscillations froides soient venues troubler un climat terrestre en général beaucoup plus uniformément tiède sinon même tropical. Elles paraissent même avoir présenté une certaine périodicité.

Soleil

Pour expliquer ce phénomène, certains chercheurs recourent à des causes astronomiques. L'Anglais McCrea (université du Sussex) fait intervenir la vitesse relative du Soleil par rapport à la Galaxie. Le Soleil rencontrerait un bras de spirale galactique tous les cent millions d'années à peu près. Il y traverserait des nuages de poussières, particulièrement denses à la partie interne du bras, le long d'une « zone de compression ». Son éclat augmenterait par capture de poussières. Il y aurait davantage d'évaporation, donc de précipitations, donc de neige..., ce qui pourrait déclencher une glaciation.