Le président américain met également à profit son séjour parisien pour traiter à plusieurs reprises des « nouvelles tâches à l'ordre du jour de la démocratie » et rencontrer deux dirigeants de l'opposition, Robert Fabre et François Mitterrand. (Ses propos sur le « rôle bénéfique » du premier secrétaire du parti socialiste déclencheront d'ailleurs une longue controverse.)

Le 6 janvier, Jimmy Carter se rend à Bruxelles, où il apporte aux membres de l'Alliance atlantique « le soutien sans réserve des États-Unis à l'Europe et à l'OTAN ». C'est dans le même esprit, semble-t-il, que, quelques jours après son retour à Washington, le département d'État met en garde l'Italie contre une éventuelle participation du PCI au gouvernement et dit souhaiter voir « se réduire l'influence communiste dans tout pays d'Europe de l'Ouest ».

Du 28 mars au 3 avril, Jimmy Carter accomplit son deuxième grand voyage à l'étranger. Les résultats en sont médiocres. Au Venezuela, aucun rapprochement n'est enregistré sur les questions en litige, notamment celle des prix pétroliers. Au Brésil, où l'hostilité américaine aux accord nucléaires passés entre ce pays et la RFA a été vivement ressentie, le président des États-Unis est accueilli avec froideur, les dirigeants de Brasilia n'hésitant pas à souligner que J. Carter s'était invité lui-même.

À Lagos, au Nigeria, le chef de la Maison-Blanche condamne sans équivoque le régime sud-africain de l'apartheid et dénonce l'organisation par Pretoria d'élections en Namibie (Sud-Ouest africain) « en infraction avec les résolutions des Nations unies ». Il fait également l'éloge du plan anglo-américain de règlement de la question rhodésienne.

Mais la méfiance qui entoure les États-Unis en Afrique n'est pas dissipée par ces propos, et les Nigérians regrettent, entre autres, que Jimmy Carter n'ait pas annoncé de sanctions économiques contre l'Afrique du Sud. (Le 27 octobre, il s'était déclaré favorable à un embargo sur les armes à destination de ce pays.)

Une brève escale de quatre heures à Monrovia, capitale du Liberia, fondée il y a plus d'un siècle par d'anciens esclaves revenus d'Amérique, met un terme à ce voyage.

Washington se retire de l'OIT

Jimmy Carter annonce, le 1er novembre 1977, le retrait de son pays de l'Organisation internationale du travail. Membres de l'OIT depuis 1934, les États-Unis avaient, dès 1975, déposé un préavis de retrait afin de protester contre la participation de syndicats étatiques, la présence de l'OLP en qualité d'observateur à la Conférence internationale du travail (juin 1975) et contre plusieurs résolutions visant à condamner certains États membres, notamment Israël. Avant d'annoncer officiellement sa décision, Jimmy Carter s'était entretenu avec le président de la centrale AFL-CIO, George Meany, qui lui avait apporté son appui.

Économie

Le 11 avril, Jimmy Carter affirme à Washington : « Notre santé économique ne peut être protégée que si nous faisons face aux deux phénomènes qui la menacent le plus gravement : le niveau élevé des importations de pétrole et le taux croissant de l'inflation. » « Ces deux facteurs, ajoute-t-il, affectent le dollar et doivent être contrôlés. »

Sur le premier point, Jimmy Carter laisse entendre qu'il pourrait appliquer des mesures administratives pour réduire les achats américains d'or noir, si le Congrès ne se prononce pas rapidement sur son programme de lutte contre le gaspillage (Journal de l'année 1976-77).

Le 13 octobre, déjà, prenant acte de l'hostilité rencontrée par son plan au Sénat, le Président a violemment dénoncé les grandes compagnies pétrolières qui, selon lui, « empochent des superprofits au détriment des consommateurs » et dont les agissements « conduiront inévitablement au plus grand vol qualifié de l'histoire ».

Les importations excessives de pétrole, souligne le président J. Carter, engendrent le chômage ; elles entraînent la perte d'environ 200 000 emplois chaque fois que leur valeur augmente de 5 milliards de dollars ; elles privent les entreprises de certains investissements et il devient difficile d'équilibrer le budget et de financer le programme. En outre, les USA consomment trop d'énergie : au cours des 10 dernières années, les importations ont plus que doublé, alors que les autres pays ont tout mis en œuvre pour diminuer les leurs.