La situation des catholiques de Chine inspire aussi de grandes inquiétudes. L'Osservatore Romano y consacre, le 13 septembre, un article remarqué. Il précise que depuis quinze ans plus aucun séminaire n'est en fonction en Chine ; seulement 500 à 600 prêtres chinois vivraient encore sur les 3 000 qui étaient en activité en 1948, et ils sont privés de toute possibilité d'exercer leur ministère. Le journal conclut toutefois : « Tout n'est pas perdu. » Il rappelle le message adressé par Paul VI à la Chine lors de son voyage à Hongkong en 1970 (Journal de l'année 1970-71).

Préoccupations

Les problèmes internes de l'Église retiennent beaucoup plus l'attention. Ils sont d'ordres divers. Le Vatican se plaint de difficultés financières : ses disponibilités lui permettraient tout au plus de financer deux années de fonctionnement normal. Une fois encore pourtant, la presse italienne souligne l'importance des biens immobiliers du Vatican. Le 7 janvier 1977, l'hebdomadaire Europeo y consacre un important dossier, dans le but, dit-on à Rome, de créer des difficultés entre catholiques et communistes. L'Osservatore Romano lui répond que l'auteur de l'article confond, à tort, les biens du Vatican avec ceux de tous les instituts religieux ou organismes ecclésiastiques. Mais tout le monde admet que l'ensemble des propriétés ecclésiastiques — qu'elles dépendent ou non du Vatican — constitue une masse énorme.

La situation de la femme dans l'Église provoque un autre débat. En août 1976, L'Osservatore Romano rend publiques quatre lettres échangées entre le pape Paul VI et l'archevêque de Cantorbéry à propos de l'ordination des femmes au sacerdoce. La première lettre de l'archevêque, datée du 9 juillet 1975, soulignait que l'opinion selon laquelle il n'existe pas d'objections fondamentales à cette ordination commençait à prévaloir dans l'Église anglicane. Toutefois, dans le souci de ne rien faire qui puisse nuire à la recherche de l'unité, l'archevêque Donald Coggan souhaitait connaître l'opinion de l'Église catholique sur cette question. Par deux fois, en novembre 1975 et en mars 1976, le pape lui a répondu en réaffirmant la position traditionnelle de l'Église catholique à cet égard. La déclaration officielle de la congrégation de la Doctrine de la foi, publiée le 27 janvier 1977, ne constitue donc pas une surprise. « L'égalité, dit-elle, n'est pas l'identité (...). Les rôles sont distincts et ne doivent pas être confondus. » Et elle conclut au maintien de la règle traditionnelle.

Un dernier mouvement d'opinion, enfin, se manifeste pour demander à Paul VI de dénoncer plus vigoureusement la pratique de la torture et des mauvais traitements. Une association œcuménique, l'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture), s'est créée à cet effet et a recueilli de nombreuses signatures.

Déviation

Au total, dans son discours aux cardinaux du 20 décembre 1976, le pape est amené à dresser un bilan plutôt positif. Mais il note l'existence de « pénibles déviations ». Et il explique : « Pour les uns, le développement de l'Église est conçu de telle façon qu'on n'arrive plus à en voir les limites, tant la notion même en a été perdue ; pour d'autres, au contraire, un souci de fidélité mal comprise conduit à nier et à refuser tout développement, à l'encontre de l'évidence même de la tradition vivante de l'Église. » Pour tous ses auditeurs, ces derniers propos sont très clairs ; le pape fait ainsi allusion à l'affaire qui, alors, trouble le plus profondément l'Église de l'Europe de l'Ouest : l'affaire Lefebvre.

France : l'affaire Lefebvre

Malgré l'interdiction formelle qui lui en avait été notifiée par le Saint-Siège, Mgr Marcel Lefebvre ordonne, le 29 juin 1976, au séminaire qu'il a fondé à Écône (Valais suisse) treize prêtres et treize diacres. Quelque 1 500 personnes, venues de France pour la plupart, assistent à la cérémonie. Dans son sermon, Mgr Lefebvre expose sa position ; selon lui, le pape et l'Église actuels n'ont pas le droit d'abolir le rite de la messe de saint Pie V ; depuis plusieurs mois, des émissaires du Vatican lui ont demandé, dit-il, de se soumettre, mais il a refusé, préférant la sauvegarde de la foi aux apparences de l'obéissance.

Enjeu

Les premières réactions viennent de l'évêque de Lausanne, Mgr Pierre Mamie : le 30 juin, il interdit à Mgr Lefebvre toute prédication sur le territoire du diocèse. Mais le Vatican va beaucoup plus loin. Un de ses porte-parole indique, le 1er juillet, que « Mgr Lefebvre a encouru automatiquement la suspension pour un an de la collation des ordres »; en outre, ceux qui ont été ordonnés sont ipso facto suspendus de l'ordre reçu.