Largement répercutées par les mass média des pays atteints par la sécheresse au cours du désastreux été 1976, ces prédictions pessimistes sont contestées par d'autres climatologistes mais aussi soupçonnées d'arrière-pensées politiques. Ainsi à Londres, l'Earthscan (organisation indépendante subventionnée par le programme des Nations unies sur l'environnement) réunit un séminaire sur la désertification. Selon les experts de la FAO qui y prennent part, le danger est moins dans une hypothétique évolution naturelle du climat terrestre que dans la surexploitation des sols, le gaspillage des réserves d'eau fossile et l'expansion démographique dans les zones semi-arides.

Glaciations

Depuis la fin de la dernière période glaciaire, il y a quelque 8 000 ans, le climat terrestre ne semble avoir varié, à l'échelle du globe, que dans des limites assez étroites. Les relations d'hivers très froids ou d'étés torrides, à l'époque historique, ne concernent probablement que des régions déterminées et durant une seule saison. Cependant, un petit âge glaciaire est discernable depuis le milieu du XVIe siècle jusqu'au milieu du XIXe, avec des températures moyennes inférieures de 1 à 2° à celles d'aujourd'hui.

Depuis 1850, date qui correspond à peu près à l'époque à partir de laquelle on dispose d'observations météorologiques valables, on note une tendance au réchauffement, surtout dans l'Atlantique Nord. Mais, depuis une vingtaine ou une quinzaine d'années, cette tendance se renverse : le volume des glaces polaires s'accroît de nouveau.

Prévisions

Partant des observations archivées depuis deux ou trois cents ans et, pour un passé reculé, de données telles que les anneaux de croissance des arbres ou les variations du niveau des mers, on cherche à mettre en évidence des séries répétitives, des cycles dans les variations climatiques. Les résultats sont incertains.

Selon le directeur de l'Office météorologique britannique, Mason, dans le domaine de la prévision on peut tout au plus formuler des probabilités statistiques. On peut penser que la période chaude qui dure depuis la fin de la dernière glaciation laissera finalement la place à une période plus froide, mais la probabilité qu'une telle transition débute au cours des cent prochaines années se situe aux environs de 1 % ; le changement complet, de l'ordre de 10, ne s'opérerait qu'en deux mille ans, aboutissant à une nouvelle glaciation. Un refroidissement plus modéré, revenant au climat de la fin du XVIe siècle, est plus probable : environ, une chance sur cinq.

Si la prévision météorologique à long terme apparaît encore aussi aléatoire, il n'est pas exclu qu'elle perfectionne ses méthodes. Des modèles physico-mathématiques de la circulation générale de l'atmosphère et des océans semblent devoir donner des résultats.

OMM

En attendant, les experts de l'OMM font preuve de réalisme. Dans une déclaration diffusée en juillet 1976, ils soulignent que des changements climatiques à l'échelle du globe, dus à des causes naturelles, ne s'amorceront (s'ils se produisent) que d'une façon très progressive et pratiquement imperceptible, car cette évolution serait masquée par l'ampleur des fluctuations temporaires à court terme. Ce sont donc les fluctuations à court terme (naturelles ou résultant des activités humaines) qu'il est urgent d'étudier.

L'augmentation de la teneur de l'air en gaz carbonique (foyers urbains et industriels) pourrait, par effet de serre, produire, durant les deux cents prochaines années, un réchauffement général du climat mondial. Il en résultera peut-être une disparition totale des glaces arctiques, « ce qui constituerait une situation exceptionnelle sans précédent depuis des millions d'années ».

À ce facteur de changement s'ajoutent le dégagement de chaleur dû à l'usage de combustibles fossiles ou nucléaires, l'accumulation des poussières (boue atmosphérique), la montée vers la haute atmosphère des chlorofluorométhanes libérés par les bombes à aérosol, qui menacent la couche d'ozone.

Surveillance

En l'état actuel de nos connaissances sur le comportement de l'atmosphère, il n'est pas possible, selon l'OMM, de prévoir l'ampleur des changements à court terme. L'OMM recommande donc de mettre sur pied des programmes de surveillance des phénomènes naturels et artificiels qui sont à l'origine de la variabilité du climat, de façon, en particulier, à pouvoir évaluer suffisamment à l'avance tout risque de variation importante.