Mais cet effort de diversification des activités industrielles ne pourra être totalement bénéfique sans une large « ouverture de la région sur l'Europe ». En dépit de sa situation privilégiée de carrefour au sein du Marché commun, la Lorraine ne peut en effet exploiter toutes ses possibilités internationales. La raison principale de cette carence se situe tout d'abord dans l'insuffisance persistante du réseau de communications, qui n'assure pas de façon satisfaisante le raccordement de la Lorraine aux régions voisines, françaises ou étrangères.

C'est pourquoi l'aménagement des liaisons nord-sud et est-ouest est considéré comme prioritaire.

Autoroutes

L'autoroute Nancy-Metz-Thionville, amorce de l'axe nord-sud, a permis de réduire de moitié la distance-temps entre ces trois villes. Il s'agit donc de poursuivre l'achèvement de cet axe à la fois vers le sud (avec la liaison Lorraine-Bourgogne et, à travers elle, avec Rhône-Alpes et Provence-Côte d'Azur) et vers le nord, en permettant l'interconnexion des réseaux français et belgo-luxembourgeois.

Voies fluviales

Après la canalisation, sur plus de 100 km, de la Moselle, il s'agit de prévoir le raccordement à long terme de la Moselle au bassin du Rhône par des liaisons fluviales à grand gabarit.

Routes et autoroutes

L'achèvement de l'autoroute A 4 en 1976 aura pour résultat de placer la Lorraine septentrionale sur ce grand axe d'intérêt national mettant en liaison les régions de l'est avec la région parisienne et la façade atlantique. La liaison de la Lorraine méridionale et des Vosges avec l'Ouest est à peine amorcée.

Liaisons ferroviaires

S'inscrivant dans le cadre d'un réseau européen de dessertes rapides des principaux centres de la Communauté, les études du projet de TGV (train à grande vitesse) Paris-Lorraine-Alsace du Nord devraient combler le vide existant entre les distances favorables à l'avion et celles qui sont adaptées au train.

Enfin, conclut sur ce point le rapport, « la fonction de plaque tournante européenne de la Lorraine ne sera complète que lorsqu'elle disposera d'un aéroport capable de relier la région non seulement aux grandes villes françaises, mais aussi aux grandes métropoles européennes ».

Au début du VIe Plan, les liaisons avec l'étranger étaient en effet quasi inexistantes. Cette carence est désormais partiellement comblée grâce à l'ouverture des lignes Metz-Düsseldorf (1973) et Nancy-Londres (1974), amorces de « la toile d'araignée à tisser peu à peu avec les grands centres économiques européens ». « Outre son rôle d'ouverture sur l'Europe, une telle infrastructure contribuerait sérieusement à modifier l'image de marque de la Lorraine, et serait un élément incitatif important pour de nouvelles implantations industrielles. »

Ainsi, des emplois aux transports, la boucle serait-elle bouclée.

Champagne-Ardenne

Mieux diffuser la croissance

La région comprend deux départements au solde migratoire positif — la Marne et, dans une moindre mesure, l'Aube — et deux départements au solde migratoire négatif — les Ardennes et la Haute-Marne.

Les deux premiers départements connaissent une expansion économique et une croissance démographique diffuses, qui ne se limitent pas aux principales villes : en effet, elles rayonnent autour d'elles en milieu rural et s'appuient sur un réseau de villes petites et moyennes. Sans négliger le problème posé par le poids considérable du textile aubois (50 % des effectifs industriels du département), il faut bien voir que l'Aube et la Marne ont le plus largement bénéficié de la décentralisation parisienne.

Dans le cas des Ardennes et de la Haute-Marne, le développement économique a tendance à se concentrer dans les zones d'ancienne industrialisation : vallée de la Marne et vallée de la Haute-Marne. De ce fait, on constate un phénomène de migration interne des zones rurales vers les zones urbaines de ces deux départements. Mais ce premier mouvement se prolonge par l'émigration des habitants de ces zones urbanisées vers la Marne, l'Aube et l'extérieur de la région : 73 % des émigrants ayant quitté la vallée de la Meuse pour s'installer à Reims entre 1962 et 1968 avaient moins de 30 ans.