Le VIe Plan a été aussi l'occasion, sur le plan national, d'un effort plus soutenu en faveur des villes moyennes, dont cinq ont été choisies dans la région Rhône-Alpes : Annecy, Chambéry, Roanne, Valence, Annonay.

Enfin, pour donner aux ruraux des conditions de vie plus proches de celles des urbains, des opérations de modernisation des services publics, des aides soutenues à l'habitat rural ont été décidées.

Les communications

Le réseau autoroutier a été complété par la jonction A 6-A 7 de l'autoroute du Soleil et par la mise en service de la déviation de Vienne. Les premières sections du réseau des autoroutes alpines et de l'autoroute Blanche ont été lancées.

Enfin, la desserte aérienne a été marquée par la mise en service des aéroports de Lyon-Satolas et d'Annecy-Meythet.

Les tendances nouvelles

Les besoins fondamentaux étant satisfaits sur le plan quantitatif, en ce qui concerne le logement, l'alimentation ou l'équipement des ménages, les exigences portent désormais sur la qualité de ces biens et de l'environnement offert. Au niveau de l'habitat, notamment, ces nouveaux désirs se traduiront d'abord par une demande plus forte d'espace : un desserrement sensible des familles est constaté depuis 1968. Cette évolution explique en partie la désaffection des centres-villes. Elle se traduit encore dans la recherche de logements neufs plus grands et plus individualisés.

Les mêmes tendances se retrouvent en faveur « d'un cadre bâti plus harmonieux », qui se situe soit au niveau du quartier, pour les grandes villes, soit au niveau de la ville tout entière pour les plus petites.

Tous ces éléments qualitatifs doivent être pris en compte par les responsables régionaux ayant à fixer les orientations d'aménagement du territoire régional pour le VIIe Plan. Ainsi, le récent recensement a montré la densification de la périphérie et de l'agglomération lyonnaise, qui (Lyon et Villeurbanne exclus) ont accueilli 156 300 habitants supplémentaires entre 1968 et 1975, tandis que se faisait jour un phénomène nouveau de dépeuplement de la zone centrale.

« Cette évolution, affirment les aménageurs, ne saurait se prolonger longtemps au rythme actuel sans entraîner la saturation des sites et leur blocage définitif. » Aussi prévoient-ils d'orienter la croissance urbaine sur l'axe naturel de développement vers l'est et dans la ville nouvelle de L'Isle-d'Abeau.

Parallèlement, un effort considérable sera effectué pour offrir un cadre de vie plus agréable, plus humain, dans les villes moyennes, qui constituent l'ensemble le plus dynamique de la région et ont accueilli 140 000 habitants supplémentaires. Enfin, les petites villes (+ 150 000 hab.) devront jouer un rôle non négligeable pour la stabilisation de l'espace rural, qui a crû d'environ 30 000 habitants de 1968 à 1975, alors qu'il avait perdu un nombre équivalent d'habitants de 1962 à 1968.

Ce renversement de tendance, encore fragile, demandera beaucoup de continuité pour être consolidé, notamment dans les zones de montagne, les plus menacées par la désertification, sauf dans certains secteurs touristiques.

Bourgogne

Résorber les déséquilibres

Déséquilibres entre zones fortes et zones faibles, comme entre les villes et les campagnes peuvent handicaper profondément le développement des pays bourguignons.

Zones fortes et zones faibles

La carte des zones d'étude socio-économique établie en vue de la préparation du VIIe Plan fait apparaître :
– des zones à activité dominante industrielle, dites zones à influence urbaine : ce sont, d'une part, la Saône-et-Loire à l'ouest de la Saône et la moitié est de la Côte-d'Or, et, d'autre part, la partie nord de l'Yonne à partir d'Auxerre ainsi que le Val de Loire dans la Nièvre ; là est l'essentiel des industries et des hommes, et la croissance, qui s'y est accrue au cours du VIe Plan, devrait spontanément s'y poursuivre ;
– le reste du territoire, ou Bourgogne fragile, qui dessine une vaste écharpe depuis le nord du Châtillonnais à la Puisaye, en passant par le Morvan et le Nivernais ; à ce mal profond on doit ajouter la Bresse, où, en dépit d'efforts parfois payants, l'exode rural atteint des seuils critiques.