Ce constat amène les responsables de la région à promouvoir les actions indispensables dans trois directions essentielles :
– pour rééquilibrer géographiquement la région, un effort tout particulier sera effectué en faveur des plateaux nord et sud, où la diminution des emplois agricoles entraîne le départ de jeunes actifs.
Pour les plateaux nord, un schéma d'aménagement prévoit la revitalisation de trois secteurs : foyer d'activités de Dieppe, Aliermont et de la vallée de la Bresle, à vocation industrielle et urbaine ; les deux zones d'Yvetot et de Fécamp, destinées à jouer un rôle de centre-relais entre la vallée de la Basse-Seine et les plateaux ; les zones du Caux central et maritime, et du pays de Bray, à vocation touristique et agricole.
Pour les plateaux sud, et en particulier pour l'ouest du département de l'Eure, le parti retenu repose sur un maillage d'unités d'aménagement constituées par les petites villes et leurs zones d'influence rurale.
– pour assurer une meilleure rentabilité des exploitations agricoles, le remembrement de 15 000 ha chaque année est prévu, contre 5 000 ha au cours des dernières années. En effet, 200 000 ha restent à remembrer dans la région, dont 150 000 dans le département de Seine-Maritime. « Un délai de dix à douze ans pour en finir serait raisonnable » ;
– pour assurer la diversification industrielle, l'évolution des techniques de manutention et de transport va sans doute permettre d'implanter les industries utilisatrices de matières importées sur un espace géographique beaucoup plus vaste, alors qu'actuellement ces industries sont installées à proximité immédiate des ports.

Par ailleurs, la Haute-Normandie pourrait et devrait acquérir une position privilégiée dans des activités de production plus élaborées, largement orientées vers l'exportation. L'essor d'industries mécaniques et de biens d'équipement permettrait enfin d'améliorer largement la qualification des emplois.

Le rattrapage du retard pris par le secteur tertiaire devrait être assuré par :
– la poursuite de grandes opérations de promotion tertiaire, comme la rénovation du quartier Saint-Sever à Rouen, la construction d'un centre de commerce international au Havre et l'édification de la ville nouvelle sans nuisance du Vaudreuil ;
– la création de plusieurs parcs d'activités tertiaires susceptibles d'offrir des terrains aménagés à d'éventuels investisseurs ;
– la relance du tourisme, par la création et la modernisation d'hôtels, le doublement des campings-caravanings, l'amélioration des ports de plaisance existants (Le Havre, Fécamp, Saint-Valéry, Le Tréport et Dieppe), l'aménagement de bases de plein air et de loisirs.

Basse-Normandie

Faire coexister l'industrie et la mer

Les objectifs du VIIe Plan se partagent en trois grands impératifs qui concernent la compétitivité économique, l'équilibre régional et la qualité de la vie.

La compétitivité économique

Pour y parvenir, la région devra tout d'abord mieux exploiter ses atouts naturels :
– la qualité de ses sols. Parce que la majeure partie de sa production provient encore de la terre, il est nécessaire de favoriser la restructuration des exploitations et d'encourager l'expansion des industries alimentaires ;
– la proximité de la région parisienne. Elle peut constituer un atout à la fois pour la décentralisation industrielle et tertiaire et pour un développement raisonné des activités touristiques et de loisirs ;
– la naissance d'un nouvel état d'esprit industriel. Après s'être concrétisé par l'apparition de grandes unités industrielles autour de Caen, Alençon et Cherbourg, il doit désormais permettre la valorisation des emplois créés par élévation de leur niveau de qualification ;
– la prise de conscience de l'importance de la façade maritime. Souvent inspirée par la révélation de la dégradation considérable du milieu marin, cette prise de conscience doit maintenant inspirer la mise en place d'un programme de valorisation. Parallèlement, il sera nécessaire de réduire les handicaps dont souffre la région, notamment en achevant le désenclavement des zones situées au centre et au sud.

Équilibrer le développement

Sur ce plan, il s'agit essentiellement :
– de valoriser sur place les produits agricoles ;
– d'accroître l'importance du secteur tertiaire et le potentiel de recherche de l'université de Caen ;
– d'améliorer la qualité professionnelle des emplois existants ;
– de réanimer, par une politique de désenclavement et d'industrialisation, les zones dépressives du Bocage et du Perche.
– d'améliorer la qualité de la vie :
la croissance urbaine doit être réorientée, par un effort dans le domaine de la rénovation de l'habitat comme dans celui des équipements socioculturels « trop souvent absents ou saturés » ;
les milieux marin et fluvial doivent être « reconquis » afin de concilier l'essor des activités industrielles, l'accroissement de la fréquentation touristique et la préservation de l'image de marque de la Basse-Normandie « qui constitue un atout non négligeable » ;
enfin, les espaces naturels, et tout particulièrement ceux situés sur les côtes, doivent être mieux protégés. « Parce qu'ils constituent un bien rare soumis à de trop nombreuses convoitises, il est nécessaire de stopper la privatisation des franges littorales et d'affecter les sols à un usage public, en implantant des équipements de loisirs spécifiques au littoral qui respectent et valorisent les milieux naturels. »

Bretagne

Créer 90 000 nouveaux emplois

L'un des objectifs des Ve et VIe Plans en Bretagne était de mettre un terme à l'exode de la population. Les résultats du recensement de 1975 montrent que cet objectif a été atteint : à la fin du VIe Plan, le bilan migratoire de la Bretagne est largement positif.