Ce qui revêt moins d'importance :
les performances sur route, puissance, vitesse (3 % et 10 %) ;
la nervosité (3 % et 2 %) ;
la place pour les passagers et les bagages (12 % et 6 %).

Ce que souhaitent les automobilistes

Signe révélateur des temps, 89 % des automobilistes aimeraient que les constructeurs produisent « des voitures qui assurent un service satisfaisant le plus longtemps possible », alors que 10 % seulement préféreraient « des voitures qui offrent des caractéristiques techniques avancées ».

Qu'est-ce qu'une voiture économique et qu'est-ce qu'une voiture robuste ?

L'économie met en valeur la consommation en carburant (60 % des réponses) et le coût d'entretien (36 %). En revanche, le prix à la revente (13 %) ne tient qu'une faible place dans les mobiles des acheteurs.

Pour la robustesse, la fiabilité (c'est-à-dire le fait que la voiture soit en état de démarrer et de rouler en toutes circonstances) vient en troisième position (avec 46 % des réponses) derrière des éléments moins surprenants : rareté des réparations (69 %) et durée de vie (47 %). En revanche, le désir d'une carrosserie résistant aux chocs et à l'usure (27 %) et la fonction (4 %) ne semblent guère constituer des préoccupations importantes.

Comment évolue le comportement du conducteur ?

La SOFRES a voulu savoir dans quelle mesure l'augmentation du prix de l'essence, mais également les limitations de vitesse entraînent des modifications dans le comportement des automobilistes quand ils sont au volant. On constate que près de la moitié des personnes interrogées (46 %) reconnaissent implicitement qu'il va y avoir un changement dans leur façon de conduire. « Je crois, commente Pierre Weil, que ce résultat est très important, parce que l'expérience montre que l'on trouve rarement un énorme pourcentage de gens pour dire explicitement qu'ils vont changer leur comportement, les gens préférant toujours dire qu'en principe ce qu'ils font est très bien et qu'il n'y a aucune raison pour que les choses changent. »

Ce changement sensible dans le comportement des conducteurs est confirmé par la réponse à cette question : « Sur route, quand vous avez le choix, quelle est celle de ces deux attitudes que vous préférez adopter : la conduite sportive ou la conduite décontractée ? » En effet, 87 % des automobilistes se prononcent pour la décontraction et 13 % seulement pour la sportivité, c'est-à-dire pour la vitesse et l'esprit de compétition.

Une voiture pour quoi faire ?

À la question « La voiture est-elle avant tout un objet exprimant la personnalité de son propriétaire ? », 6 % seulement répondent affirmativement. Tandis qu'une écrasante majorité (93 %) estime que l'auto est « un objet utilitaire de la vie quotidienne ».

« Ainsi, conclut Pierre Weil, face à l'augmentation du prix de l'essence, à la limitation de vitesse, au renforcement de la répression en matière de fautes de conduite, un nombre de plus en plus grand d'automobilistes ont, à l'égard de leur voiture, une attitude beaucoup moins romantique, beaucoup moins passionnelle. Ils la considèrent de plus en plus comme un simple objet utilitaire. Pourquoi pas (peut-être demain ?) comme un réfrigérateur ou comme une machine à laver la vaisselle ? Faut-il s'en réjouir ou le déplorer ? Je pense en tout cas qu'il faut en tenir compte. Car, au fond, tout se passe comme si la crise de l'énergie n'avait fait qu'accentuer une mutation déjà constatée auparavant, mais qui maintenant devient quelque chose de très profond. Et qui est, en quelque sorte, une banalisation de l'automobile. »

Les autoroutes

Premier acte symbolique, la réhabilitation de la marche à pied, considérée comme l'un des beaux arts par Valéry Giscard d'Estaing, a marqué le début de son septennat. Beaucoup moins séduit par les Le nouvel automobiliste charmes de la bagnole que son prédécesseur, Georges Pompidou, Giscard a, en effet, annulé d'un trait de plume certains projets autoroutiers : la voie express rive gauche et le superpériphérique notamment.

Frein

Mais cette condamnation idéologique aurait dû, normalement, ne porter que sur les ouvrages prévus dans la capitale et les autres grandes agglomérations. La conjoncture est alors intervenue pour ralentir sensiblement le rythme d'avancement des programmes autoroutiers. Les sociétés privées, notamment, hésitaient à s'engager plus avant, dés lors que l'augmentation du coût de l'essence freinait l'essor de la circulation et que la hausse du prix de leurs propres travaux bouleversait leurs prévisions.