Le radiothérapeute doit également (travaux du docteur Hayward) s'attacher à ne pas irradier abusivement, après l'ablation d'une tumeur mammaire de taille limitée, ces zones ganglionnaires de protection.

Quant au chirurgien américain B. Fisher (Pittsburgh), il établit une comparaison entre les résultats à long terme de la chirurgie large du cancer du sein (où toute la glande est enlevée) et la chirurgie conservatrice (où seule la tumeur est extirpée). La première est mutilante, mais efficace ; la seconde est plus esthétique, mais risque de laisser en place des nœuds tumoraux ou ganglionnaires qui devront être opérés ultérieurement. Tant et si bien que la bataille entre partisans et adversaires de ces deux types de chirurgie est sévère. Il reste toutefois un terrain d'accord sur le traitement du cancer du sein : à Florence sont présentés de nouveaux médicaments chimiques qui améliorent le pronostic de la maladie, et l'école française (Mathé, Halpern, Israël) rallie les Anglo-Saxons à l'emploi de l'immunothérapie dans cette localisation de la maladie. Il est certes trop tôt pour en apprécier les effets, mais les éléments présentés paraissent suffisamment convaincants pour qu'à leur tour les cancérologues américains poursuivent leurs essais cliniques à une grande échelle.

Hormones

Il est maintenant admis que les dosages hormonaux peuvent permettre de déterminer les groupes de femmes à haut risque de cancer du sein ; ce sera peut-être la grande affaire du dépistage des prochaines années. D'autre part, la confirmation de l'existence de récepteurs hormonaux dans le sein, de cibles endocriniennes, va permettre d'orienter le choix d'une thérapeutique hormonale. Pour certains spécialistes (en particulier l'Américain Mc Guire, le Norvégien S. Olsnes), si on décèle l'existence de ces récepteurs chez une malade, on a toutes les chances qu'elle présentera une réponse positive à un traitement hormonal ; dans le cas contraire, il est inutile de lui imposer ce traitement. L'optimisme de Mc Guire n'est assurément pas partagé par tous les cancérologues : certains estiment qu'un trop petit nombre de preuves est apporté pour qu'on soit certain de la fiabilité de la méthode.

Écologie

Les congressistes de Florence mettent l'accent sur les facteurs d'environnement dans l'apparition du cancer chez l'homme : les écologistes leur attribuent 8 cancers sur 10. Cette théorie n'exclut pas la responsabilité de virus pour certains cancers humains. Beaucoup pensent que le virus peut rester à l'état dormant dans une cellule hôte et ne se manifester d'une façon pathologique qu'après un léger coup de pouce de l'environnement. Les chercheurs de l'Institut de l'environnement de Cincinnati calculent que l'homme vit au contact de 50 000 substances chimiques, dont un millier vraisemblablement cancérogènes. Éliminer ces 1 000 substances serait un des moyens de prévenir les maladies cancéreuses.

Le sommeil : bien des inconnues, mais une thérapeutique de ses troubles

L'ouverture d'une consultation des troubles du sommeil à l'hôpital de la Salpêtrière (octobre 1974), où peuvent être reçus aussi bien les insomniaques que les hypersomniaques ou les somnambules, la tenue à Rome du deuxième congrès européen de recherches sur le sommeil (8-11 avril 1974) remettent au premier plan de l'actualité l'étude des perturbations du sommeil. Étude d'autant plus difficile que les mécanismes de base qui règlent, semble-t-il, le phénomène du sommeil dans son ensemble commencent à peine à être inventoriés.

Cerveau

On sait presque parfaitement comment se déroule une nuit de sommeil, avec ses alternances de sommeil profond, sans rêve, et de phases oniriques – les secondes représentant environ 20 % de la durée totale du sommeil, soit une centaine de minutes.

Certains chercheurs, comme l'équipe lyonnaise du professeur Michel Jouvet, ont identifié dans le cerveau les structures du sommeil et celles de l'éveil. Le système du raphé inférieur, dans le tronc cérébral, est vraisemblablement responsable du sommeil. Chez l'animal, la destruction des noyaux du raphé rend possible la suppression totale du sommeil.