Les hauts fonctionnaires responsables de ces problèmes sont peu favorables à la généralisation de microvéhicules urbains ; ils affirment : « Dans une agglomération comme la région parisienne, par exemple, l'importance du parc automobile est telle que la circulation n'y est encore possible que dans la mesure où... tous les véhicules ne roulent pas tous à la fois. Si les habitants de cette région achetaient et utilisaient en grand nombre un minivéhicule urbain à une ou deux places, ce qui semblerait logique, mais en conservant une automobile 4/5 places pour la route et les voyages en famille, toutes les voies routières (rues, périphériques, rocades, etc.) seraient saturées et toute circulation deviendrait absolument impossible... »

Risques

En l'état actuel de la circulation, et en attendant que nos rues et nos routes soient totalement saturées, la petite deux-places, longue de moins de 3 m, est une formule idéale.

Certaines d'entre elles, toutefois, présentent des risques en matière de sécurité : en cas de choc avant ou arrière, le véhicule tamponneur n'a pas beaucoup de tôle à froisser pour atteindre les passagers.

De plus, que le véhicule soit minuscule ou de grandes dimensions, le stationnement payant est le même ; le moteur, grand ou petit, est polluant s'il fonctionne à l'essence. Enfin, les frais d'études et de mise en production sont à peu près les mêmes pour une grosse routière que pour une minuscule urbaine, ce qui explique les prix exorbitants des modèles présentés.

Il est probable que les recherches s'orienteront, en attendant, vers des voitures mixtes (plutôt urbaines ou plutôt routières) susceptibles de bénéficier d'une diffusion de masse.

Le problème de pollution (et du pétrole) demeure le problème majeur. Le moteur électrique serait idéal s'il était possible d'alléger notablement le poids des accumulateurs tout en augmentant leur capacité énergétique.

Certains constructeurs, comme General Motors, mettent actuellement au point des véhicules hybrides, équipés d'un minuscule moteur à essence (195 cm3, comme celui d'un vélomoteur) à vitesse constante (ce sont surtout les accélérations qui sont polluantes et coûteuses en carburant), couplé avec un moteur électrique. D'autres orientent leurs recherches vers la vapeur, dont on redécouvre l'efficacité non polluante. En attendant l'énergie atomique pour... après-demain.

Garages privés au secours de la circulation

Le Conseil de Paris a décidé, pour la première fois, de s'adresser à des sociétés privées pour procéder à l'enlèvement des véhicules dont le stationnement entrave la circulation dans la capitale. À partir du 1er septembre 1974, les deux sociétés choisies seront en mesure d'amener à la fourrière 525 voitures par jour. La Préfecture de police conserve l'initiative et la responsabilité de l'enlèvement comme de la restitution du véhicule. L'automobiliste négligent devra, pour récupérer son bien, payer une amende de 150 F plus les taxes. En province, Toulouse est la première ville a avoir fait appel à des garagistes privés pour améliorer ses problèmes de circulation.

La surveillance électronique

Cinémomètres, télétachymètres, Traffipax, plus généralement appelés radars, sont de plus en plus utilisés sur les routes pour surveiller et enregistrer le non-respect des vitesses maximales imposées. Le procédé est contesté depuis février 1974 ; la plupart de ces nouveaux appareils n'étant pas homologués par les services des Poids et mesures, certains prétendent que les informations et les photographies qu'ils fournissent sont légalement discutables. Les clubs automobiles protestent contre l'utilisation de ces espions électroniques, selon leur formule ; ils font remarquer notamment que les compteurs de vitesse montés sur les tableaux de bord des véhicules ne peuvent indiquer qu'une vitesse approximative, susceptible d'être légèrement modifiée par plusieurs éléments : différence de gonflage des pneumatiques, usure des pignons du compteur, précision incertaine de l'appareil (– 5 + 5).

Recouvrement des amendes sur les comptes courants

Un décret d'application, en date du 18 janvier 1974, autorise les pouvoirs publics à prélever sur les comptes bancaires, les comptes courants postaux ou directement chez les employeurs le montant des contraventions impayées. Cette mesure s'applique aux amendes d'un montant maximal de 160 F.

Pour Paris, une troisième lettre

Le nouveau système d'immatriculation en vigueur depuis le 25 mars 1974 utilise, pour Paris, trois lettres au lieu de deux. Il permettra d'immatriculer environ 13 millions et demi de véhicules jusqu'en l'an 2000. Les lettres W, I, et O ont été supprimées pour éviter toute confusion avec des chiffres. Le premier numéro attribué est 1 AAA 75.

Le prix de la sécurité

En préface à la IVe Conférence technique internationale de Kyoto, de nombreux constructeurs ont mis au point des véhicules expérimentaux de sécurité (ESV) : Ford ESV, General Motors ESV, Mercedes ESV, Fiat ESV, etc. Le but de ces recherches :
– mettre au point des techniques appropriées pour introduire, dans la conception même du véhicule, la sécurité (cette dernière ne devant plus être considérée comme une caractéristique additionnelle) ;
– développer de nouvelles technologies ;
– promouvoir une collaboration internationale pour le développement et l'utilisation en commun de technologies nouvelles.

Prix

Malheureusement, ces véhicules, s'ils apportent d'inestimables innovations techniques, se présentent comme de véritables monstres absolument incompatibles avec les possibilités financières d'un marché de masse.