Prompte à se renouveler, la radio demeure en alerte constante pour satisfaire son public et, même si les nouveautés que tel ou tel propose ne sont pas toujours (hélas !) marquées du sceau du bon goût, les programmes présentent assez de variétés et de nuances pour que chacun y trouve de quoi satisfaire son humeur du moment tout au long de la journée ou fort tard dans la nuit.

Initiatives

Sur le réseau d'État, France-Musique tente deux expériences intéressantes. Pour la première fois, en avant-première au 26e Festival international d'Aix-en-Provence, se déroule l'opération intitulée : Musique dans la rue. Plus de cent manifestations musicales (toutes gratuites) sont organisées dans les rues de la ville. Et, du 18 juin au 14 juillet 1973, en moins d'un mois, on compte 100 000 participants environ. Le public a répondu massivement, aussi bien dans la cité qu'à l'écoute des programmes, retransmis en direct et en différé.

Seconde initiative de la chaîne musicale française : de jeunes réalisateurs se voient confier certains programmes le temps du mois d'août. Un ton nouveau a pu se faire entendre. À la rentrée, on prolonge les émissions jusqu'à une heure plus avancée, on développe la stéréophonie (qui représentait jusque-là 52 % du temps de programme) et on multiplie les concerts en direct. France-Musique se révèle une chaîne vivante et qui, au fil de l'année, gagne des auditeurs.

France-Culture est également sur la voie du renouveau en poursuivant l'expérience d'ouverture entreprise la saison précédente. Le ton a évolué. Il est moins académique et plus vif. Trente pour cent des programmes sont consacrés à la musique et des cases régulières sont attribuées au théâtre lyrique. Les émissions à caractère littéraire sont regroupées l'après-midi, et une place beaucoup plus grande est accordée aux formes les plus actuelles de la culture, dans tous les domaines, de la littérature à la musique, en passant par le cinéma.

François Billetdoux est chargé de mission, en janvier 1974, afin de préparer la réforme de la station, dont le programme devrait, à partir d'octobre 1974, disposer d'un nouveau réseau d'émetteurs d'ondes moyennes. La réforme des réseaux pourrait d'ailleurs entraîner des bouleversements importants, notamment la suppression d'Inter-Variétés. Jean-Philippe Lecat, ministre de l'Information de l'époque, y a fait allusion en expliquant qu'il semble difficile de maintenir de 20 heures à minuit quatre programmes de radio, alors qu'il n'en existe que trois dans la journée, et quand, de plus, on sait la place qu'occupe la télévision après 20 heures dans la vie des Français.

Informations

Sur France-Inter, la rentrée est marquée par la rénovation de l'information. Le matin, de 6 heures à 9 heures, Philippe Gildas, transfuge de la télévision et après un crochet par RTL, tente et réussit en grande partie le difficile éventail informations-variétés–informations pratiques ; il s'entoure de bons chroniqueurs (Édouard Sablier, par exemple). Le journal de 13 heures est aussi quelque peu transformé tandis que des émissions traditionnelles de la soirée sont reprises par Inter-Variétés. Les après-dîners sont essentiellement constitués par Pas de panique, qui se veut décontracté, humoristique et quelque peu délirant (le dossier des OVNI consacré aux extra-terrestres, lancé pour une semaine, se prolonge bien au-delà et atteint une audience record), une heure de jazz et de musique pop animée par Pierre Lattes, et enfin le traditionnel, mais chaque fois renouvelé, Club de José Artur. Inter-Nuit remplace Route de nuit. Inter-Femmes et Radioscopie, de Jacques Chancel, demeurent des valeurs appréciées. L'oreille en coin (le samedi après-midi et le dimanche), à la recherche d'un ton nouveau, a ses nombreux fanatiques et ses détracteurs.

Un effort particulier est fait avec la radio de service, qui s'installe d'ailleurs à France-Culture et à France-Musique. Elle tente de répondre aux soucis quotidiens des auditeurs. Élément par élément et au fil des ans, se sont ainsi créés et améliorés Inter-Service route, Inter-Service neige, Inter-Service mer, Inter-Service jeunes, Inter-Service courses, Inter-Emploi, Inter-Troisième âge, Inter-Femmes, etc. Chacun dispose de son propre numéro de téléphone et d'un personnel qu'on peut joindre en permanence ; des bulletins spéciaux sont diffusés à heures et jours fixes.